Tagué: portrait

Comme une peinture flamande

Ce matin je vais faire un tour en vélo jusqu’au bout de la vallée, ça grimpe sec, la route est magnifique, au bout il y a un petit hameau bien tranquille.

Je passe devant le hangar de monsieur O. C’est à moitié ouvert … il y a de l’activité à l’intérieur  … je vais voir … il est affairé à dépecer un petit chevreuil.

Il découpe la viande avec beaucoup de dextérité. La lumière … cette atmosphère … Tout est magnifique ! Cette scène me frappe par sa beauté.

Je lui dis, on dirait une peinture flamande du seizième !

Ah ah il rigole, du Brueghel ??

Le chevreuil devait avoir un an et demi. Il s’est pris dans les filets autour d’une rizière. Dans ce cas les villageois font appel aux bons services de monsieur O. Il les zigouille dit il en les électrocutant. C’est moins douloureux pour la bête dit il.

Il explique encore que, comme on prend leur vie, il faut prendre la viande avec respect et faire qu’il n’y ait pas de gâchis. En effet à la fin il ne reste que la tête, et la colonne vertébrale.

Les organes, tripes etc il les laisse sur place dans la montagne, et c’est les renards et les blaireaux qui vont les manger. les côtes et les os, c’est pour le ien’ch; et ce qui reste, pour les zumains.

 

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Tout ça, ça me fait penser à l’intérieur de cuisine de Joachim Bueckelaer, que l’on peut admirer au Louvre ….

Joachim_Beuckelaer_monsieur O

Deux autres villageois arrivent et dans le petit hangar c’est presque un attroupement. On le regarde faire, une conversation commence

 

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Penser à Madame M

En Octobre 2012, nous étions à peine arrivés au village, j’écrivais un portrait de notre voisine, Madame M, l’un des premiers articles de ce blog .

Madame M nous a quittés il y a deux ans maintenant.

La page 11 de ma nouvelle BD lui est consacrée.

Wakame Tamago_011.jpg

Voici une version allégée de l’article de 2012.

Sa maison est juste à côté de la notre. Elle doit avoir 88 ans ?
Elle vit seule depuis j’imagine plusieurs années.
Son corps est très fin. Son visage bien sûr très ridé. Elle est courbée. Elle doit être toute légère. Comme un moineau. On la dirait faite en papier.
Pour se déplacer elle s’aide d’une canne. Pour les distances plus longues elle s’appuie sur un petit caddie qu’elle pousse.
Elle vit quasiment en autarcie. On la voit parfois 800 mètres en aval jusqu’à une superette, ou elle achète des petites choses. Pour tout le reste elle se nourrit de la production de son jardin.
Chaque jours elle traverse le village pour travailler sur ses deux jardins; un potager et un verger parsemé de chataigners. Le potager a une surface impressionante et je crois qu’il aurait facilement raison de mon dos et de ma patience.
Mais elle travaille dur, et ne laisse aucun espace inexploité, le potager est recouvert de plants de haricots, de patates douces et là ou il n’y a pas de légumes des fleurs draguent les abeilles.
Je la vois le soir l’été à son retour des jardins, elle rentre chez elle; pliée en deux au dessus de son caddie, son tshirt trempé de sueur.
Son jardin est situé en hauteur par rapport à la rivière qui irrigue le village. Si bien qu’elle doit transporter l’eau dans des seaux l’été lorsqu’il fait chaud.
Je la vois aussi sur le chemin du jardin transporter un débroussailleur à essence. L’engin est lourd, elle le pose à moitié sur le caddie qu’elle pousse, et je me demande bien comment elle peut parvenir à s’en servir dans le jardin.
Vous voyez, toute la détermination et la force qu’elle deploie dans son quotidien. J’avoue, moi qui ai la moitié de son âge, ne pas avoir cette même énergie.
Ma boite de vitesse est toujours en première, elle, est en cinquième.
Mais comme toujours et partout les efforts payent. Madame M. arbore un sourire qui éblouit. Son sourire, c’est comme un rayon de soleil, le champ d’un oiseau ou le rire d’un enfant.

 

 

Expo photo de Kristophe Noël dans le village !!!

Kristophe Noël, on a fait connaissance grâce à ce blog.

Kristophe dans le cadre de son projet photographique est venu nous voir deux fois l’année dérnière. (voir les articles un et deux). Nous sommes ainsi allés à la rencontre des villageois sympathiques et Kristophe a travaillé à son projet intitulé demande à la terre.

Ce projet a de bonnes vibrations, et ces vibrations vont très bien avec notre façon de vivre et de voir les choses, ici, à la campagne au Japon.

Et aussi c’etait l’opportunité de passer plusieurs heures avec des gens formidables du village; pour moi en fait Kristophe et son projet étaient la clef sésame qui me permettait de me faire introduire auprès de personnes que je ne connaissais pas encore. Particulièrement les légendes vivantes, ces gens mystérieux dont on entend parler ici dans la vallée mais qu’on ne voit jamais ….

Le marchand ambulant, les agriculteurs, le planteur de thé, les forestiers, les fabricants de saké, le faiseur d’épouvantails ….

Cette fois ci nous arrivons à un grande étape: Kristophe lors de son prochain passage au village en Février va faire une exposition !

L’exposition se tiendra dans un café, café do Raku. Situé dans le village, on y mange une cuisine saine et délicate.

Donc si vous passez dans les environs, venez voir!

Ci-dessous l’affiche de l’expo.

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