Tagué: vivre à la campagne au japon

La vidéo de l’interview de M Iwata est en ligne !

Ca y est la vidéo de l’interview de monsieur Iwata est en ligne.

Pour rappel: C’est un artiste qui vit à Himeji et produit des gravures sur bois mais a également écrit de nombreux livres. Il écrit également un magnifique fanzine; le hérahéra tsushin https://www.hera-hera.net/nikki.html

Faire le montage et ajouter les sous titres en français a pris beaucoup de temps mais je voulais vraiment vous faire découvrir et rencontrer ce personnage et artiste formidable.

Dans l’interview vous constaterez qu’il est plein d’humour.

Si, lors d’un voyage au Japon, vous souhaitez voir ou même acquérir ses œuvres, contactez moi et je pourrai vous guider vers sa galerie – musée, à Himeji.

Si vous avez des commentaires ou des questions pour monsieur Iwata, n’hésitez pas à le mes envoyer en commentaire sur l’article ou sur youtube et je les lui transmettrai.

C’était formidable

L’interview de monsieur Iwata s’est très bien passée et c’était formidable.

Nous étions installés dans un petit bâtiment où il stocke des œuvres. Il y avait avec nous son assistant monsieur S., une personne tout à fait charmante et étonnante.

Sa maison ressemble à la nôtre; dans le sens où sur un grand terrain se dressent quatre différents bâtiments. Nous sommes voisins, moins de trente kilomètres nous séparent.

Il vit en bordure de la ville de Himeji, d’un côté de sa maison sommeille une rizière, de l’autre, un grand potager.

Le style des petits bâtiments est moderne, en bois et -ça n’est certainement pas une coïncidence- rappelle la maison de Hayao Miyazaki à Tokyo (j’étais passé devant en vélo lors d’une longue balade lorsque nous vivions à Tokyo et la présence d’une deux chevaux Citroën devant la maison confirmait la présence du maître).


Monsieur Iwata était en train de travailler sur une gravure sur bois, représentant la ligne de chemin de fer qui relie la ville de Himeji au nord … la ligne ‘bantan’ ban – banshuu la région historique de Himeji, tan – tajima la région historique éponyme. Une superbe composition.

J’avoue que je craignais de ne pas être à la hauteur. Est ce que j’arriverais à poser mes questions; à entretenir le flot de la conversation et pour mon plus grand soulagement dès notre arrivée la conversation coule naturellement et s’ensuivent des moments merveilleux.

A plusieurs reprises j’ai été complètement choqué par les réponses et la pensée de monsieur Iwata …

A un moment par exemple je dis quelque chose comme la vie c’est un peu comme un marathon c’est à dire que ça n’est pas un sprint, et que l’on peut faire des pauses; des pauses pipi et des pauses banane ….

Lui alors il réfléchit et puis il dit: la vie, c’est une danse !!!

Voila quelque chose à laquelle que je n’avais JAMAIS pensé !! Incroyable.

Bref, de cet interview nous revenons éclairés et humbles !!

A gros coups de ciseaux électroniques, j’ai réduit 3 heures de vidéo en quinze minutes.

Il faudra encore plusieurs heures de travail pour finir les sous titres en Français et publier la vidéo sur youtube….

Encore une belle aventure.


Pour remercier monsieur Iwata et monsieur S pour leur générosité je dessine une carte postale que je leur envoie, avec mes remerciements. Je fais la carte postale « dans le style Iwata » c’est à dire que je noircis une page sur mon software de BD et ensuite je dessine en utilisant la gomme, comme si je gravais une planche de bois …

Ce qui est très amusant et flatteur c’est qu’aujourd’hui monsieur Iwata a publié la carte postale dans son fanzine hérahéra: https://www.hera-hera.net/nikki.html#top (date du 23 juillet)

Faire son chemin à la machette

Samedi matin 5 heures. Le temps est sublime, il y a une magnifique lumière, le soleil est toujours caché derrière la montagne et donc il fait encore un peu frais. On est encore protégé de ses javelots de photons.

C’est un moment magique et pour bien en profiter je me suis installé dehors dans le jardin pour écrire cet article. J’entends les chants des grenouilles. Les chants des insectes. Les chants des oiseaux.

Les pluies continuelles (c’est la saison des pluies) nous ont dissuadés d’aller dans le jardin cette semaine, sauf hier, il a fait beau et nous avons alors récolté un seau de pommes de terre.


Je parlais dans l’article précédent de mon collègue Christopher; cette semaine on a fait un truc très sympa: chaque jour on a regardé tous les deux un épisode d’une série d’entretiens avec Joseph Campbell, qui a du être réalisée dans les années 80 dans le ranch de George Lucas. (le skywalker ranch). La série d’entretiens se nomme la Puissance du Mythe. (Voici le link du blog de Christopher: https://mushroom-paladin.com/; et ici un article qu’il avait fait sur moi https://mushroom-paladin.com/f/how-the-ai-war-is-won-the-king-maker très drôle !!!!)

Il regarde l’épisode dans sa soirée aux US, il m’envoie une photo de sa TV, vers ce même moment je me mets sur mon rameur dans le bureau, et je regarde le même épisode, en ramant.

Ramer en regardant quelque chose de compliqué comme cela je peux comprendre et retenir au plus 50 pour cents, car souvent je me focalise sur le compteur du rameur et n’écoute plus, ou alors ma pensée se met parfois à faire de longues promenades mais c’est comme ça souvent aussi que j’ai de nouvelles idées pour mes dessins.

Les mythes. Les religions. Par exemple; les similarités entre des passages du livre de la genèse et d’autres mythes …. Ce sont des sujets tout à fait passionnants. Dans ma jeunesse étudiant en école d’ingénieur j’avais pris une option anthropologie et cela m’avait passionné, j’avais alors lu beaucoup des Mircea Eliade et Marcel Griaule … C’est peut être les seuls trucs que j’ai retenus de mon école d’ingénieur d’ailleurs …

Il y a vraiment des choses magnifiques dans ces documentaires. https://www.youtube.com/watch?v=hEqR73j_oMY Certains propos sont repris aujourd’hui par Jordan Peterson. Passionnant. Je connecte tout cela aussi avec un formidable podcast par Jonathan Pageau, sur Dante et la divine comédie.

Encore un problème: comment pouvoir passer du temps et s’éduquer sur des sujets passionnants comme ça quand le travail nous occupe 10 heures par jour si ce n’est plus. …

Une image créée avec IA par Chris avec ses champignons magiques les connexions intergalactiques et Joseph Campbell…


Pour ces élections en France j’ai voté électroniquement de nouveau. Le deuxième tour. J’avais l’impression d’être en classe économique; sur un vol aeroflot, et une énorme hôtesse de l’air, ancienne haltérophile aux bras velus (toutes ses anciennes piqures de testostérone) pousse vers moi un chariot avec les plats et me dit BEEF OR FISH mais moi je veux du CHICKEN

Franchement avec la technologie actuelle on pourrait se défaire de tous ces députés qui vivent et s’engraissent à nos frais, et généraliser le vote électronique, une fois par mois. Pour approuver ou désapprouver toute nouvelle loi. Référendum continu. Ce serait un équivalent des votations suisses et alors ce serait vraiment la démocratie. Techniquement c’est faisable.

Car pourquoi essayer de résoudre les problèmes du 21è siècle avec une technologie du 19è ?


Laurent aux yeux bleus a réagi à mon dernier article sur fessebouc, lorsque j’évoquais certains aspects de la vie politique japonaise qui semblent avantageux.

Et oui, on finit par se dire que l’indifférence des Japonais vis a vis de la politique est peut-être salutaire, dans ce monde si chaotique (oui, mais on pourrait dire cela seulement si ce pays n’etait pas ronge de l’interieur par le système quasi-mafieux patriarcal-ultra-libéral du Jiminto, qui sacrifie les femmes et les campagnes, et de fait entraine automatiquement une chute du taux de fécondité jusqu’a 0,9 a Tokyo !… d’ou aussi un manque d’ouverture et de rêves pour nos enfants élevés ici au Japon…

En effet ce système japonais a été successfull dans l’après-guerre mais aujourd’hui comme Laurent aux yeux bleus je ne vois pas comment il sera capable d’évoluer, de se réinventer: en tout cas il a été incapable de s’attaquer au gravissime problème de la natalité, et il continue toujours sur sa même trajectoire comme si de rien n’était, à faire des jeux olympiques à Tokyo, des expositions universelles à Osaka toutes ces choses du 19è siècle dont le monde on n’a plus vraiment besoin … sans voir le mur de béton épais de 20 mètres , au bout du rail. L’impact va faire très mal.

Être jeune au Japon aujourd’hui ? Oui, la garantie de trouver un boulot. Mais une très grande chance d’être payé le minimum, pour juste de quoi survivre. Et pour longtemps. Un peu comme en France, sauf qu’on y est peut être souvent au chômage. C’est difficile. Et comment s’en sortir en vivant à Tokyo avec un petit salaire … Pas étonnant que les gens n’y fassent plus d’enfants …

Dans tous les cas c’est la démerde, c’est à dire qu’il faut penser et agir par soi-même, et essayer faire son propre chemin, comme dans la jungle, à la machette … stage commando de survie tropicale … Je dis ça, mais moi j’ai toujours été guidé par mes peurs …


Côté projet de nouveau livre BD, j’ai fait d’énormes progrès cette semaine. Le prochain livre fera un peu moins de 80 pages. J’ai scotché ensemble deux classeurs pour faire 80 pages max et où je mets mes dessins à mesure que je les fais. Cela me permet de bien visualiser et de mesurer la progression.

Ici j’ai un bon sketch pour le dessin qui accompagnera la gomen machine

Ici un dessin style ukiyoé sur le thème du travail que je ne veux pas faire ….. manque encore le petit dessin pour l’accompagner


Dans tout cela le plus important c’est le process de fabrication plutôt que le résultat

car à chaque nouveau dessin

je change,

j’évolue,

je progresse….

je vieillis …

et ça m’occupe …

chaque nouveau dessin, chaque seau rempli de pommes de terres récoltées c’est comme un coup de machette dans la jungle … On avance …

Samedi dans les bois

Article en Japonais ici …https://wakametamago.wordpress.com/2024/06/18/%e5%9c%9f%e6%9b%9c%e6%97%a5%e3%80%81%e8%96%aa%e3%82%92%e5%8f%96%e3%82%8a%e3%81%ab%e8%a1%8c%e3%81%93%e3%81%86/

Ici on ne dit pas forêt mais montagne, car en effet ça n’est pas plat.

Samedi mon ami Saki chan est allé chercher du bois dans une vallée voisine de notre hameau, et je suis allé l’accompagner. Le bois c’est six cryptomères qu’il avait coupés l’an dernier, et, depuis; laissés à sécher.

Le chemin de montagne qui mène à l’endroit est complètement défoncé, de fortes pluies l’année dernière l’ont partiellement détruit, et on ne peut y aller qu’en petit camion kéitora.

Pour avancer il faut enclencher le mode 4 roues motrices du camion et se mettre dans le mode Low gear (vitesse basse). Je fais attention car à 20 cm près je pourrais tomber dans la rivière.

A peine un kilomètre sur ce petit chemin, et on se sent loin de tout le reste. Les arbres et les montagnes bouchent le paysage et font tout oublier, nous sommes dans un autre monde.


Ce lieu, je l’avais dessiné dans ma bande dessinée car il y a plusieurs années j’étais allé apporter du café à Saki chan qui était en train de couper des cryptomères pour construire une maison.


On travaille assez dur et prenons peu de pauses, mais on est bien comme ça à nous affairer. Avec sa pelleteuse équipée d’une grosse pince il saisit les troncs d’arbre de 25 mètres de long et les tire, et vazyla que je te les découpe par tronçons de quatre mètres avec ma tronçonneuse.

Ma tronçonneuse, de marque shindaiwa, une marque que je recommande, elle démarre toujours sans problème. Quand la tronçonneuse se tait on entend des champs d’oiseaux.

A sept heures d’ailleurs quand nous sommes d’abord allés repérer l’endroit on pouvait entendre une chouette.

C’est vraiment une belle journée. Un gros effort physique aussi. Le bois Saki chan va l’utiliser pour faire des fagots, qu’il vend au camping du village. Tous les morceaux qui ne lui conviennent pas; trop gros ou trop petits, conviendront très bien à notre poêle à bois, Calcifer. Je charge 5 camionnées … C’est du volume …

Bien entendu nos camions sont de la même couleur !!

Je veille à ne pas trop charger le camion vu l’état du chemin

Ensuite; couper; fendre … ranger … y a du boulot.

Intelligences Humaine et Artificielle

Article en Japonais

Mercredi c’était, dans un restaurant du coin, mon interview par Iwata Kenzaburo.

Ca s’est très bien passé et ce fut l’occasion de faire de nouvelles connaissances, dont une lectrice qui avait commandé ma BD en version française et japonaise il y a deux ans: c’est une chanteuse soprano qui a étudié en France et maîtrise parfaitement le français.

Quelle belle rencontre! Elle m’a offert un de ses CD, un CD de chansons où elle chante en japonais et en français des chansons d’Emile Jacques Dalcroze, un compositeur suisse. C’est absolument superbe. Le CD maintenant tourne en boucle dans mon camion (je n’ai pas d’autre lecteur CD sinon)…

D’autres rencontres, avec un chasseur professionnel que monsieur Iwata avait interviewé il y a quelques mois. Et puis un gars très sympathique qui comme moi a quitté Tokyo mais travaille en remote pour une boite dans l’IT. Et enfin Benoît, un musicien burkinabais.

Ces interviews; dans le restaurant, l’assistant de monsieur Iwata prend des notes et les publie ensuite dans le fanzine hérahéra.

C’est vraiment bien organisé.

On commence par un petit morceau de musique; joué au koto par une collégienne du village.

Puis on fait l’interview, pendant 30 minutes.

Autre petite pause musicale, avec un couple de musiciens du village. Leur chanson est très drôle et mélange texte et chants d’oiseaux. Vous pouvez les suivre sur Spotify: https://open.spotify.com/intl-fr/artist/3M6fq1I66LVV44BCrtIWa2?si=C9REeL8UTWOHRvUAf00owg

Puis encore 30 minutes pour continuer l’interview… Et c’est fait.

Ensuite tout le monde rentre chez soi…. ce processus de rentrer chez soi … prend une heure, car tout le monde préférerait rester plus longtemps, plutôt que de rentrer chez soi !!!

Bref: c’est merveilleux. Cet événement allie intelligemment tous les sens, la musique, le langage; le contact humain, la beauté puisque le cadre est fleuri et magnifique. C’est vraiment très beau.

Dostoïevski a écrit que la beauté sauvera le monde et c’est vraiment ce que l’on a senti.


Dans le jardin les choses suivent leur cours. Je pourrai bientôt récolter les pommes de terre. Les haricots grimpants sont sur leur fin. J’ai remarqué que des petites guêpes aiment bien y établir leur nid, ce qui est finalement une mauvaise idée car avec le vent les longues tiges des zaricots peuvent plier et se renverser: exposant alors le petit nid au soleil et à la pluie ! Ainsi j’ai remarqué dans les zaricots plusieurs nids de guêpe qui ont finalement été abandonnés, car exposés à la pluie …

Il fait tout de même moins chaud que d’habitude et les légumes progressent plus lentement.

Cette année aussi nous faisons pousser des légumes dans le champ de Sakichan et nous voyons la même chose, un développement assez lent des taro, et des patates douces.

Pour faire joli et faire plaisir aux oiseaux nous avons aussi planté une centaine de tournesols.


En suivant les événements mondiaux je pense à l’importance d’avoir une exit strategy, une stratégie pour se sortir d’une situation difficile.

La guerre en Ukraine traine en longueur. Il semble que les russes avaient une exit strategy au début des hostilités car un traité de paix a failli être signé au tout début de la guerre mais les US ont insisté pour que cela ne se fasse pas …. et donc cette porte fermée, l’exit strategy semble inexistante: la guerre va durer encore combien de temps?

Macron dit envoyer des militaires français pour entrainer des pauvres ukrainiens quinquagénaires ou adolescents. Les entrainer à quoi ? à de faire sauter sur des mines ? Il devrait plutôt chercher à se désengager le plus possible et chercher des moyens de désescalade, pour une exit strategy. Macron fait cela par calcul politique mais il sous estime le possible prix à payer.

Chirac avait vraiment été très bon lorsqu’il avait dit non à la deuxième guerre du golf. Finalement dans cette affaire ukrainienne les deux chefs d’état les plus malins sont Erdogan et Orban…

On peut se demander aussi si Israel a une exit strategy …

On voit tous ces événements qui se répètent. Les dirigeants politiques ayant une vraie compréhension des événements et des enjeux sur le moyen et long terme semblent faire exception, sera-t-il possible un jour de remplacer les médiocres par une intelligence artificielle ?

(au sujet de Macron, pour autant, il maîtrise le sujet d’exit strategy; son mariage avec Brigitte le démontre; qui sait d’ailleurs, peut-être ne s’est-il jamais aventuré à l’intérieur)


Donc ce concept d’exit strategy. Cela s’applique à moi aussi …. J’ai le même boulot depuis 17 ans … incroyable !! Quelle est mon exit strategy. Ma cheffe elle prend sa retraite, elle a 67 ans. Et elle m’a posé la question la semaine dernière à savoir que quand je pense m’arréter… Elle doit sentir mon manque de motivation parfois … Bien sûr au Japon même comme ailleurs le système des retraites va juste s’évaporer dans les airs, comme les volutes de tabac des Gitanes de Serge Gainsbourg … à défaut d’être un fumeur de havanes …..

A moi aussi il me faudrait une intelligence artificielle pour bien me conseiller … remplacer mes rorones …


Côté projet galerie, je fais des petits progrès, j’ai fini un banc, et puis monté un petit muret pour éviter des chutes …

Les pieds du banc … un cryptomère qui était tombé dans notre montagne …

Je remets aussi en état une partie du sol … Ils ont vraiment fait cette grange avec les moyens du bord ! Mais ils n’avaient peut être pas le choix. Et finalement ça a très bien tenu donc pourquoi s’enquiquiner.

Déjà Juin.

Juin. C’est l’été. La deuxième des cinq saisons du Japon. (Printemps Eté Enfer Automne Hiver)


Ce mercredi 5 juin c’est du big car l’après midi monsieur Iwata Kenzaburo dont le fanzine hérahéra m’a donné une énorme claque va faire mon ‘interview’ dans un restaurant galerie à 10 km d’ici.

Il publie ensuite les interviews dans son fanzine …

Pour préparer l’interview il est venu nous rendre visite lundi dernier, avec son assistant. On a donc passé une heure et demie dans le jardin avec thé et café. C’était un moment assez incroyable. Mais nous étions tellement dans le moment que nous n’avons pas pris de photo !


Côté jardin la récolte des oignons est très décevante. Décidément je n’ai toujours pas la méthode. Les oignons sont rikiki.

Les carottes et les laitues marchent bien. Mais ici aussi la récolte sera-t-elle à la hauteur des espérances ? Pas certain.


Jeudi un villageois a aperçu un ours au sud de notre vallée.

Apparemment beaucoup de châtaigniers n’ont pas survécu à l’été dernier, à cause d’un insecte. Il faut que je demande à Sakichan de quel insecte exactement. Voila, avec cette cata pour les châtaigniers, les ours ont beaucoup moins pour se nourrir avant l’hiver … Ces changements dans les forêts touchent les ours directement qui, affamés; n’ont alors plus qu’à se rapprocher des villages … Déjà que les forêts constituées ici à 80 pour cents de cryptomères forment un écosystème pauvre avec peu de nourriture pour les animaux….

Regarder les niouzes à ce sujet est également pathétique. Les niouzes vont décrire les ours comme un animal dangereux etc mais sans remarquer du tout que si leur habitat leur permettait de s’y nourrir eh bien il n’y aurait pas de problème. Décidément l’homme moderne a été perdu sa connexion avec la nature.

Je m’étais fait cette remarque il y a 2 ans déjà; lorsque les feux de forêt faisaient rage en Australie, j’avais alors évoqué ces incendies avec une collègue de Sidney, et la seule chose qu’elle évoquait, c’était … les fumées … aucune pensée pour les millions d’êtres vivants; végétaux, animaux qui disparaissaient dans la fournaise ?? Cela m’avait vraiment attristé. Exactement pareil lors des feux de forêt en Californie et j’avais alors eu exactement le même genre de réflexion de la part des collègues américains.

L’homme est foutu !


Mardi il y a eu des pluies très violentes qui en une nuit ont presque rempli la rivière qui coule juste à côté de chez nous …

Très impressionnant

Un petit canal d’irrigation autrefois installé pour alimenter les rizières en eau qui s’étend sur l’autre côté de la maison était lui aussi plein à rabord, menaçant d’inonder notre maison…

A cinq heures du matin deux voisins s’y affairaient à retirer des pierres et des branches dans le canal d’irrigation pour éviter les débordements. Ce matin j’ai alors annulé mes meetings du boulot pour pouvoir me joindre à eux.

Pour éviter que ce canal ne déborde on est allés le bloquer plus en amont avec une planche coupée illico presto ….

Les choses sont retournées à la normale; la pluie a cessé vers 15 heures et les niveaux ont commencé à baisser peu après.


Au sujet de mes dessins inspirés du style ukiyoé j’ai fini le 47è cette semaine. Je vais essayer d’en faire un livre où il y aura une sélection des dessins et, à côté, des dessins plutôt style BD … Il y a encore beaucoup de travail à faire ! Mais je pense que cela pourra aboutir à quelque chose de très original.


Revenons aux moutons de monsieur Kenzaburo Iwata …. Son fanzine hérahéra tsushin dont j’ai dévoré quelques numéros m’a soudainement fait penser au classique japonais: les heures oisives, écrit au 14è siècle par Urabe Kenko. Le titre japonais de ce chef d’oeuvre c’est tsurezure gusa ….

Je l’ai donc relu; en avril. pour la 4è fois. Et c’était vraiment passionnant. Je devrais faire un article avec des extraits. ISBN– 2070709256 Qu’il est bon de lire de telles merveilles!!!

Lorsque monsieur Iwata est venu nous voir lundi; je lui ai parlé de cette analogie que je m’étais faite; entre son travail et le tsurezure gusa … Voila qui l’a bien intéressé … Je vais chercher le livre, que j’avais acheté à la fnac à Paris en 1992 ou 1993 … et je lui montre alors le passage où Urabe Kenko parle du temple de Shosha qui est à Himeji à juste 25 kms de notre village: Voila qui l’époustoufle !!

Il demande une photocopie du passage avant de partir …

Et voila que le lendemain; sur son blog où il poste les pages de son fanzine avant impression …. Il parle de notre rencontre et de tsurezuregusa !!! https://www.hera-hera.net/nikki202405.html#top …. sur le menu à gauche sélectionner la date du 28 MAI

Inspiration (Re-suite)

Des choses incroyables se sont passées.


Dans la boite aux lettres j’ai reçu le dernier numéro du merveilleux fanzine hérahéra ….

vous voyez ce beau mélange de dessins et de texte …. Dans ce numéro paru en mars il parle beaucoup des oiseaux migrateurs …

et qu’est-ce-que je vois en dernière page …. le dessin que j’avais donné à monsieur Iwata … Il a mis mon dessin de locomotive dans son magnifique fanzine … Quel honneur !! J’étais super content.


Mais ça n’est pas tout: en continuant mes recherches (je suis vraiment un stalker) je découvre que monsieur Iwata se rend toutes les deux semaines dans un restaurant à 10 km de notre village pour faire un entretien avec une personne choisie … dans chaque numéro de hérahéra il y a en effet … un entretien.

Les entretiens que j’ai lus d’ailleurs sont variés. Un chasseur, Madame T Wood, le directeur de la poste d’un village pas loin d’ici, etc…


Si le monde est petit, il l’est plus encore à la campagne !

Il fait ces entretiens dans un restaurant que je connais un peu pour y être allé il y a quelques années, et puis la charmante dame qui tient ce restaurant a lu ma BD Retour Sur Terre et avait écrit une très gentille note sur son instagram …

Ce restaurant https://www.instagram.com/komegalleryotemae/ d’ailleurs est tout à fait particulier; installé dans une magnifique maison ancienne au milieu d’un beau jardin, la cuisine y est très recherchée, et tout, les meubles, la décoration, l’arrangement est empreint de gout et de sensibilité. Après le déjeuner la patrone madame Reiko Okada va se mettre au piano et chanter. On y va vraiment pour vivre une expérience totale.

Je pense d’ailleurs que cette expérience esthétique et gastronomique pourrait vous intéresser si vous veniez vous aventurer dans la région.

Donc je la contacte pour savoir si je pourrais assister à un de ces entretiens, afin de pouvoir revoir mon maître à penser.


Reiko répond « je viens te voir dimanche; je voulais faire ta connaissance! » Génial. Elle vient avec son mari et sa fille et nous passons l’après-midi ensemble; en fait elle veut me demander de l’aider pour dessiner une affiche pour un nouveau projet à elle: une séance de théâtre de noh dans un champ où elle plantera du makomo. (makomo = wild rice https://en.wikipedia.org/wiki/Wild_rice).

Ce projet s’inscrit dans un projet plus ambitieux encore: une école d’agriculture et de théatre noh! cela va loin tout cela et elle est vraiment entreprenante et pleine d’énergie et de courage .

Nous discutons de ce projet … et puis à la fin elle me propose de faire un entretien avec monsieur Iwata lui-même… quel honneur encore !!! Ce sera le 5 juin. Bon, qu’est ce qu’on va raconter ? Voila la collision improbable, de la comète Iwata et de la poudre de comète, wakamé tamago … Délire !


Le projet d’école d’agriculture et de noh, on continue par converser via instagram et à partir des idées de Reiko j’obtiens ce dessin qui devient une affiche.


Ces dernières semaines, ça a donc été une série d’électrochocs … la découverte de monsieur Iwata et de son fanzine héra héra, pouvoir le rencontrer en personne, puis faire la connaissance de madame Okada et pouvoir l’aider dans son projet avec l’affiche … j’en suis très honoré … et puis pouvoir, bientôt, être interviewé par le maitre lui-même ….


Inspiration (Suite)

Dans l’article du 3 mars je parlais du choc reçu en découvrant dans un restaurant un petit fanzine nommé ‘hérahéra tsuushin’, écrit par un artiste qui vit à Himeji, monsieur Iwata Kenzaburo.


Rentré à la maison je lui écris pour lui commander quelques numéros du zine. Reçus quelques jours plus tard je les feuillette et les lis un à un.

Les dessins, les textes dans le fanzine sont si chaleureux et humains … Dès qu’on l’ouvre, on se sent bien !

La plupart des textes sont écrits à la main. J’y trouve dans ce fanzine une innocence et de l’honnêteté … C’est authentique. Les sujets traités ? ses rencontres; ses lectures, sa vie de tous les jours, la santé aussi un peu et ce qu’il lit et mange ….


Je me suis renseigné sur l’auteur: Monsieur Iwata écrit ce fanzine depuis … une trentaine d’années. C’est un artiste, il dessine, il fait des estampes (ou ‘hanga’)… Monsieur Iwata a 77 ans ….

Et justement Monsieur Iwata a une expo de ses gravures dans une salle à Himeji … Et ce qui est génial c’est que nous pourrons l’y rencontrer…


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J’achète une boite de chocolats et fais un petit dessin, d’une locomotive à vapeur, avec des wagons, chaque wagon portant un caractère de héra héra …

C’est en effet l’image générale que je retiens …

ce fanzine qu’il écrit depuis trente ans me fait penser à une vieille loco à vapeur

qui, malgré les aléas, continue son chemin … et rien ne l’arrête…


L’exposition a lieu dans un bâtiment municipal situé dans une vallée à l’est de la ville de Himeji, un quartier que nous ne connaissions pas …

Tout à fait surprenant, car dans cette vallée on peut voir d’anciennes sépultures du 7è siècle, des « kofun » http://bansyu.com/1204kohun/kohun.htm qui m’ont fait penser aux dolmens bretons…

Revenons à notre mouton ….


Il y a une grande salle, où des gravures sont exposées sur des panneaux. Au centre, une table avec des livres et des classeurs pleins de gravures par ce monsieur Iwata. Ces gravures, simples allégories de la jeunesse, il dessine beaucoup d’enfants, et des fleurs, des légumes, qui évoquent les saisons. Les compositions sont très dynamiques, on sent la vie et le mouvement. L’angle est toujours surprenant.

Nous sommes les seuls visiteurs lorsque nous arrivons mais d’autres viennent se joindre à nous …. comme nous je crois ils ont choisi cette heure de début d’après midi sachant que monsieur Iwata arrivera, en vélo, vers 13 heures …


Et voila l’honorable bonhomme qui arrive, il porte une petite sacoche, pleine de dessins et d’outils pour ses gravures …

On va le saluer, je lui donne la boite de chocolats et le dessin, il nous invite à nous asseoir et on discute une bonne dizaine de minutes en toute simplicité. Une vieille dame arrive, elle aussi est une fan de Monsieur Iwata et nous discutons alors tous ensemble … voila un moment bien agréable.

Monsieur Iwata explique qu’il a décidé de devenir dessinateur et d’en faire sa profession lorsqu’il avait quelque chose comme 17 ans, après avoir vu le film A Bout de Souffle, lorsque Jean Paul Belmondo dit: Les voleurs volent Les assassins assassinent Les amoureux s’aiment

Il s’est dit alors ‘eh bien: les dessinateurs dessinent’ ….


C’est assez merveilleux de rencontrer ce formidable personnage et de voir ses autres fans…


Quand je lui donne la carte postale avec le dessin de la locomotive, il me dit:

« tu sais, je me considère moi-même comme un train ! et regarde, –il ouvre une page de son dernier hérahéra où l’on voit un train passer sur un pont — ce train la, c’est moi, c’est mon auto portrait »

Ne pas oublier la gratitude

Article en Japonais ici

Là où nous vivons, dans un petit hameau situé au nord de la ville Himeji nous goûtons une vie paisible et en sécurité.

Comme c’est à la campagne, les infrastructures qui supportent la vie quotidienne en ville sont cependant absentes: il n’y a pas de gaz de ville; il n’y a pas non plus de tout à l’égout…

Notre vie ici à la campagne est donc possible grâce entre autres aux employés des société de distribution de gaz et d’entretien de fosses sceptiques.

Les gars qui viennent pour livrer de nouvelles bouteilles de gaz, et pour les inspections ou le nettoyage de nos fosses sceptiques sont de vrais pros.

Les gars ont toujours le sourire et sont polis. Quand ils arrivent travailler ils nous saluent, tout comme lorsqu’ils ont fini et s’en vont en disant merci. Leurs camions sont immaculés.

On voit qu’ils ont une fierté à faire leur travail.

C’est pareil aussi pour le livreur de Takkyubin ou le postier qui sillonnent la région avec leur camions et nous livrent des trucs d’Amazon, commandés souvent la veille.

La vie à la campagne est donc rendue possible par ces professionnels sérieux et dévoués et je voulais leur rendre hommage dans ce dessin et leur exprimer ma gratitude.


Ce paragraphe qui suit, je ne l’ai pas écrit dans l’article du blog en Japonais car un lecteur Japonais ne pourrait pas comprendre pourquoi cela arrive, mais depuis quand, les années 2000 ? les camions de pompiers sont régulièrement attaqués en France et peut être d’autres pays en Europe.

Comme vous savez ce sont pas des phénomènes isolés ou exceptionnels (d’après chatgpt qui cite senat.fr et interieur.gouv.fr):

Les pompiers en choisissant leur métier on décidé de se mettre au service de la population tout en s’exposant à des risques considérables.

or, par lâcheté et pour des calculs politiques, les politiques français et la population française ont laissé ces agressions se faire … et augmenter terriblement:

Et je me dis, que vaut et où va une société qui ne protège pas ces personnes mêmes qui ont décidé de se mettre au service, quitte au péril de leur vie, de cette même société? Pourquoi une telle ingratitude ??

Voila quelque chose qu’il m’est impossible de comprendre!

Chatgpt:

Visite chez TWood

Article en Japonais ici https://wakametamago.wordpress.com/2024/03/14/twood%e3%81%95%e3%82%93%e3%81%ae%e7%a7%98%e5%af%86%e5%9f%ba%e5%9c%b0%e3%82%92%e8%a8%aa%e5%95%8f/

Je reviendrai plus tard sur le petit magazine herahera tsushin dont je décris la découverte dans l’article précédent.

C’est que nous sommes aussi allés visiter la base secrète de TWood! (https://www.instagram.com/twood346/)

Ce qu’ils ont construit est magnifique. Plein de poésie, d’imagination, et de tendresse.

TWood on a fait connaissance sur instagram, mais nous avons des amis en commun.

TWood est un couple qui vit en ville à Himeji la semaine, et le week end profite de la nature et du calme dans une petite maison, une vraie tiny house, en pleine montagne.

Ils sont juste dans une vallée parallèle à la nôtre, mais dans un endroit beaucoup plus isolé, et plus sauvage. Ce sont des passionnés de montagne, et l’emplacement qu’ils ont choisi n’est pas fortuit car le chemin qui serpente jusque chez eux permet si l’on continue tout droit en serpentins de gagner le mont Seppiko; une montagne qui culmine à 915m.

Je les suivais sur instagram avec intérêt depuis longtemps, et sur une de leurs photos insta ils montraient une petite bibliothèque qu’ils avaient conçue pour y mettre en valeur des livres sur la montagne et la nature. J’ai du ajouter un commentaire signifiant mon admiration pour ce projet, et leur réponse disait: ‘on voudrait bien ajouter ta bande dessinée 失われた田舎暮らしを求めて dans cette bibliothèque (la version japonaise de Retour Sur Terre– dont le titre japonais traduit littéralement signifie ‘à la recherche de la vie à la campagne perdue‘.)

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Leur tiny house qu’ils ont construite eux-mêmes donc est construite à flanc de montagne. Ils ont alors ajouté plusieurs éléments, en jouant très intelligemment sur les différent niveaux, ce que la pente abrupte de la montagne rend possible.

Une fois chez eux on se croirait dans un magazine ou alors chez un vieux trappeur au Canada (il s’appelle sans doute Pierre) :). Tout est arrangé avec style. Le poêle à bois. les haches accrochées au mur. Une petite cuisine. Une belle collection de dutch ovens. C’est magnifique. On note aussi l’installation électrique qui imite les installations d’avant ou juste après guerre où les deux fils conducteurs sont deux fils séparés…

Adjacent à leur maison ils ont installé une plateforme surélevée où avec une vue plongeante sur la forêt ils donnent des cours le week end de composition florale. Leurs élèves de la journée arriveront bientôt et ils feront des choses avec du mimosa.

Pour ces cours ils utilisent beaucoup de fleurs et de plantes qui poussent autour de leur base, dans la foret.

Madame TWood m’offre une couronne d’ailleurs, faite avec des feuilles de cyprès et une autre plante dont je n’ai su saisir le nom, elle explique: j’ai fait cette couronne en pensant à toi, Wakamé Tamago, et j’ai utilisé une plante qui a des épines.

Ils ont ajouté aussi une petite extension à la plateforme qui rejoint un bel arbre. Là on peut s’assoir « en altitude » et se mettre dans un kotatsu (table basse chauffante) et admirer le paysage comme si l’on était un momonga. (l’écureuil volant japonais).

Elle m’a vraiment compris ! Alors que nous nous voyons pour la première fois.

Avec toute son astuce Monsieur TWood a installé un petit atelier sous la maison. Tout est si bien rangé !! Il est très adroit.

Je suis tellement intéressé et curieux, je n’arrête pas de poser des questions. Mais malheureusement le temps nous fait défaut.

Nous aurions pu observer le four à pain et à pizza. Nous aurions pu observer aussi leur baignoire traditionnelle (et extérieure), le fameux goémon buro, avec vue sur la foret et les momongas.

Tout l’amour que TWood a mis dans ce projet, c’est vraiment impressionnant. Il y a du goût et une recherche esthétique. Une fantaisie aussi. et puis ils partagent tout cela, avec leurs cours de composition florale.

Ils ont un bon écosystème, rendu possible par la proximité de la ville et de la montagne. Ils ont une vie double. La semaine en ville et le travail, et le week end dans leur base fortifiée dans les montagnes.

Mais leurs élèves arrivent on ne peut pas s’attarder ! Nous devons partir.

Mais qu’il est bon de se faire de nouveaux amis.

Et wakame tamago s’en alla porter sa couronne d’épines…..