Catégorie: japon
l’entrée du village
légumes de saison
Quand les voisins ne nous en offrent pas, nous achetons nos légumes à la cooperative agricole du village. Ce sont les mêmes villageois qui y vendent les productions de leurs jardins.
Les étiquettes sur les poches plastiques portent le nom du producteur.
Ces légumes ont été ceuillis dans la journée et ils sont délicieux.
Voici ce que l’on trouve, en ce début de novembre.
en haut à gauche : yuzu
en bas à droite : sato imo
gecko la nuit
photo
photo…
Madame M
Les présents
Hier, je bêchais le jardin entre deux réunions téléphoniques; histoire de retirer les herbes flottes qui envahissent les haricots. Madame Y qui habite un pleu plus loin, au fond de la vallée, arrive en voiture et apporte des croissants et des pains aux haricots rouges qu’elle vient de faire cuire chez elle. Ils sont encore chauds et sont déclieux. Elle offre aussi un petit melon qui tiend dans la main, elle l’a ceuilli dans son jardin.
Les relations avec les habitants du village sont toujours ponctuées de petits présents. Les produits des potagers sont d’ailleurs les présents idéaux, car ils sont à profusion et ne coûtent pas d’argent.
Monsieur K passe devant la maison, dans son petit camion blanc, il s’arrête à peine, juste pour nous donner un sac plastique blanc empli de tomates fraichement cueillies.
La relation est bien sûr bi directionelle, et si l’on reçcoit un présent, on se doit de retourner le geste et d’offrir quelque chose en retour. La production de notre jardin étant ce qu’elle est nous sommes réduits à acheter des petits gâteaux dans le magasin le plus proche.
Accompagnée de transactions physiques, l’échange de présents; la relation avec les autres est plus forte et tangible. On la voit avec les yeux et on peut la toucher avec les mains. Elle n’est pas réduite à des salutations et des formules d’usage et gagne en épaisseur; ça devient du 3D.
La campagne japonaise et les banlieues françaises
On peut dresser un parallèle entre la campagne japonaise, du moins celle où nous nous sommes installés, et les banlieues françaises. Elles souffrent en effet de maux semblables, à savoir, des mêmes actes de vandalisme et d’incivilité causés par une jeunesse désoeuvrée qui ne comprend le sens ni de la morale ni du travail.
Dans les banlieues françaises, les jeunes analphabètes vivent en bandes, ils adoptent des codes vestimentaires, linguistiques et musicaux communs. Il oeuvrent la nuit; rôdent dans leurs cités; s’aventurent jusque dans les villes où ils sèment la panique sans le moindre remords. Ils volent, braquent; détruisent, frappent tout ce qui leur tombe sous la batte de baseball.
Les politiques se sont succédés, mais on peut affirmer que tous les efforts annoncés publiquement se sont soldés par des échec cuisants; les bandes de jeunes ne redoutent rien, rien ne les fait fuir ni ne les arrête, elles ont même gagné en assurance depuis les dix dernières années.
Eh bien, lecteur de France, sache que dans notre profonde et belle campagne japonaise, nous souffrons des mêmes maux; et des mêmes razzias commises par des bandes sans peur ni morale. Je les ai vues à l’oeuvre; hilares, et je n’hésiterai pas à poster des photos pour appuyer mes propos; dès lors que je pourrai saisir ces malappris avec mon appareil photo.
A la nuit tombée je les observe. Les premiers encore prudents sont dissimulés dans les forêts avoisinantes et s’approchent du village vers huit heures du soir. Il fait déjà nuit noire, mais ils savent que les habitants chez eux sont encore éveillés et finissent de digérer leur diner en regardant tranquillement la télé.
C’est une heure plus tard, au tour de neuf heures du soir, que les chevreuils se regroupent; du côté nord est du village, juste derrière le temple bouddhiste. Ils s’assurent de l’absence de voitures ou de chiens pour aller s’engouffrer dans le village, comme le font les bandes de voyoux à Châtelet les Halles. Et c’est parti pour le carnage et la dévastation; les chevreuils, les biches, les faons tout le monde s’y met et se jette sur les jardins et les potagers, c’est une vraie émeute, silencieuse certes mais non moins destructrice, car tout y passe; les légumes, les fruits, arbres, poubelles, etc.
C’est le bordel et que fait la police ?
L’ami le gecko
Les jardins
Je m’interesse de plus en plus aux jardins des voisins. Comme très souvent au Japon, les gens n’y vont pas à demie mesure dans leurs occupations et sont de vrais pros pour ce qui concerne l’organisation de leurs potagers et du travail nécessaires à leur développement.
On note, là où la rue du hameau courbe vers le petit pont de béton et d’acier, les pierres à aiguiser alignées, au sortir du jardin et au bord d’une canalisation. rien n’est laissé au hasard … et je vois le paysan maintenir le tranchant de ses faux et de ses bèches avec le plus grand soin.
Nous sommes arrivés au village, je venais de lire l’ouvrage remarquable de Sepp Holzer, et celui non moins informatif de Masanobu Fukuoka. Les deux auteurs-gourous-philisophes, chantres de la permaculture, sont très photogéniques sur Youtube.
L’idée de Fukuoka que l’on peut faire pousser plein de bonnes choses avec des rendements raisonnables et un minimum de travail m’a particulièrement séduit. Allez donc savoir pourquoi. J’ai semé de-ci de-là, des haricots rouges, du soja fin juillet. Plus tard fin août je suis passé aux daikons (radis géants japonais). Deux constatations s’imposent.
C’est magique, mais tout a surgi de terre et a poussé.
Patr contre, les haricots par exemple sont peu developpés, à peine s’affirment-ils au milieu des herbes folles, ils sont presque risibles au vu des gigantesques baobabs haricots, qui prolifèrent dans les jardins des voisins.
Une troisième constatation c’est que je me prends au jeu de la compétition, auxquels tous les jardiniers se prêtent sans doute, celui d’avoir un jardin plus beau et plus fourni que celui du voisin.
La réalité n’est pas aussi simple que dans les livres. J’ai beaucoup de choses à apprendre. Je tiendrai ma résolution de ne pas m’emcombrer d’herbicides, de pesticides etc … mais il me faudra observer, et dans tous les cas travailler un peu plus, donner de moi-même avant d’espérer produire des légumes plus beaux et plus heureux.









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