Catégorie: journal
Le retour des monstres
Le motoculteur et les anciennes rizières
La fête du ‘Mune-age’
Monsieur S avait fait raser ses deux vieilles maisons pour en construire une nouvelle. Les deux maisons détruites, nous avions récupéré le bois pour alimenter Calcifer, notre poêle a bois.
Bois de Chauffe (suite et fin)
Bon on a fini de tronçonner les poutres des deux maisons de Monsieur S. Tout est rangé et celà fait un joli tas de bois. Cela a été beaucoup de travail.
Ca a pris deux jours. La machine hydraulique à fendre les bûches a été super utile et nous a économisé beaucoup de temps.Ranger le bois a pris trois heures.
C’est un travail qui a sens; en transpirant dans mes pulls je me disais que ce travail permettra à ma famille de passer les prochains mois sans avoir froid. Voilà une pensée qu’il est bien difficile d’avoir en ville, ou tout est plus simple mais aussi beaucoup plus abstrait. En rangeant le bois aussi je me suis demandé comment j’ai pu faire pour tenir si longtemps en ville. Ici à la campagne; les choses que nous faisons ont un sens palpable, qu’il s’agisse de planter un arbre, construire quelque chose, couper du bois ou participer aux fêtes du village.
Entre autres choses il était intéressant de voir les types de bois utilisés dans les maisons japonaises; récentes et anciennes. Différentes essences sont utilisées, mais elles sont choisies et chacune est utilisée dans une partie spécifique de la maison; les poutres de châtaignier sont par exemple utilisées pour les colonnes; les supports verticaux, et le cryptomère est utilisé pour la toiture. certaines poutres étaient impressionnantes par leur taille. Des arbres centenaires. Si l’on sait que la maison la plus ancienne avait 80 ans; on en déduit que les arbres datent de 180 ans; on remonte donc jusqu’à 1830.
Dans ces deux maisons; les poutres étaient assemblées suivant la technique traditionnelle. C’est à dire que tout s’emboîte l’un dans l’autre, sans l’intervention de clous ou de vis.
Pour la maison de 80 ans, les pièces de bois sont toutes différentes, elles ont été découpés et préparées sur place; par des artisans. Chaque poutre a son caractère; elle ne ressemble à aucune autre. Certaines; une fois découpées font même penser à des statuettes de l’art primaire. J’ai décidé de garder celle-ci pour mon bureau. Essuyée et vernie, elle sera magnifique.
2013
La tradition, ici au Japon, veut que l’on se rende au temple bouddhiste du quartier ou du village, et que l’on fasse sonner la cloche du temple 108 fois; avant le nouvel an.
La scie
bricolage: getabako
Getabako 下駄箱 c’est le placard à chaussures, litéralement la boite à guetas.
On se déchausse à l’entrée de la maison, le getabako est situé dans l’entrée de la maison.
L’entrée de notre ferme est un doma traditionnel, une entrée très spacieuse, carrée.
Vocabulaire: doma 土間 signifie espace de terre. Le sol du doma était originellement constitué de terre battue. On a vu dans un poste précédant (ici) que les pièces d’habitation sont surévelées par rapport au sol. Le doma aujourd’hui a pratiquement disparu, on ne peut en trouver que dans les maisons très anciennes ou traditionnelles modernes. Le sol du notre a été recouvert de béton il y a 20 ou 30 ans, modernité oblige.
Chez nous, le doma donne directement sur deux pièces, le salon-cuisine, et une ancienne pièce d’habitation à tatami qui sert aujourd’hui un peu à tout.
D’où l’idée de faire une getabako basse et qui ait la même hauteur que le plancher de cette pièce. La getabako devient l’extension de la pièce au delà des fusumas. On peut marcher dessus ou bien s’y asseoir. La getabako est constituée de trois sections, et celle le plus à gauche peut être utilisée comme un escalier. Le sol de la pièce d’habitation est en effet élevé de 40 centimètres, et la getabako offre un point où poser ses pieds à mi-hauteur.
Voilà le concept.
Pour la réalisation j’utilise les anciennes planches de sugi (cryptomère) que nous avions rétirées des anciens planchers. Ce sont elles qui pendant plusieurs décennies ont supporté les tatamis. Un coup de ponceuse leur donne une nouvelle jeunesse. Ce sont de belles planches, certaines ont été endommagées par les insectes qui se sont bien régalés mais quelques unes sont en bon état et peuvent resservir .
Une fois le tout découpé et assemblé, je peints au bengara, cette peinture traditionnelle. Le terme bengara vient du néerlandais et a été importé dans la langue japonaise vers 1700.
Le noir bengara; à mesure qu’il sèche, devient de plus en plus profond. On utilise le bengara le plus souvent pour peindre les extérieurs en bois, et il est réputé décourager les insectes.
Voilà.
Les présents
Hier, je bêchais le jardin entre deux réunions téléphoniques; histoire de retirer les herbes flottes qui envahissent les haricots. Madame Y qui habite un pleu plus loin, au fond de la vallée, arrive en voiture et apporte des croissants et des pains aux haricots rouges qu’elle vient de faire cuire chez elle. Ils sont encore chauds et sont déclieux. Elle offre aussi un petit melon qui tiend dans la main, elle l’a ceuilli dans son jardin.
Les relations avec les habitants du village sont toujours ponctuées de petits présents. Les produits des potagers sont d’ailleurs les présents idéaux, car ils sont à profusion et ne coûtent pas d’argent.
Monsieur K passe devant la maison, dans son petit camion blanc, il s’arrête à peine, juste pour nous donner un sac plastique blanc empli de tomates fraichement cueillies.
La relation est bien sûr bi directionelle, et si l’on reçcoit un présent, on se doit de retourner le geste et d’offrir quelque chose en retour. La production de notre jardin étant ce qu’elle est nous sommes réduits à acheter des petits gâteaux dans le magasin le plus proche.
Accompagnée de transactions physiques, l’échange de présents; la relation avec les autres est plus forte et tangible. On la voit avec les yeux et on peut la toucher avec les mains. Elle n’est pas réduite à des salutations et des formules d’usage et gagne en épaisseur; ça devient du 3D.
Les jardins
Je m’interesse de plus en plus aux jardins des voisins. Comme très souvent au Japon, les gens n’y vont pas à demie mesure dans leurs occupations et sont de vrais pros pour ce qui concerne l’organisation de leurs potagers et du travail nécessaires à leur développement.
On note, là où la rue du hameau courbe vers le petit pont de béton et d’acier, les pierres à aiguiser alignées, au sortir du jardin et au bord d’une canalisation. rien n’est laissé au hasard … et je vois le paysan maintenir le tranchant de ses faux et de ses bèches avec le plus grand soin.
Nous sommes arrivés au village, je venais de lire l’ouvrage remarquable de Sepp Holzer, et celui non moins informatif de Masanobu Fukuoka. Les deux auteurs-gourous-philisophes, chantres de la permaculture, sont très photogéniques sur Youtube.
L’idée de Fukuoka que l’on peut faire pousser plein de bonnes choses avec des rendements raisonnables et un minimum de travail m’a particulièrement séduit. Allez donc savoir pourquoi. J’ai semé de-ci de-là, des haricots rouges, du soja fin juillet. Plus tard fin août je suis passé aux daikons (radis géants japonais). Deux constatations s’imposent.
C’est magique, mais tout a surgi de terre et a poussé.
Patr contre, les haricots par exemple sont peu developpés, à peine s’affirment-ils au milieu des herbes folles, ils sont presque risibles au vu des gigantesques baobabs haricots, qui prolifèrent dans les jardins des voisins.
Une troisième constatation c’est que je me prends au jeu de la compétition, auxquels tous les jardiniers se prêtent sans doute, celui d’avoir un jardin plus beau et plus fourni que celui du voisin.
La réalité n’est pas aussi simple que dans les livres. J’ai beaucoup de choses à apprendre. Je tiendrai ma résolution de ne pas m’emcombrer d’herbicides, de pesticides etc … mais il me faudra observer, et dans tous les cas travailler un peu plus, donner de moi-même avant d’espérer produire des légumes plus beaux et plus heureux.


















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