Catégorie: japon
Les jardins
Je m’interesse de plus en plus aux jardins des voisins. Comme très souvent au Japon, les gens n’y vont pas à demie mesure dans leurs occupations et sont de vrais pros pour ce qui concerne l’organisation de leurs potagers et du travail nécessaires à leur développement.
On note, là où la rue du hameau courbe vers le petit pont de béton et d’acier, les pierres à aiguiser alignées, au sortir du jardin et au bord d’une canalisation. rien n’est laissé au hasard … et je vois le paysan maintenir le tranchant de ses faux et de ses bèches avec le plus grand soin.
Nous sommes arrivés au village, je venais de lire l’ouvrage remarquable de Sepp Holzer, et celui non moins informatif de Masanobu Fukuoka. Les deux auteurs-gourous-philisophes, chantres de la permaculture, sont très photogéniques sur Youtube.
L’idée de Fukuoka que l’on peut faire pousser plein de bonnes choses avec des rendements raisonnables et un minimum de travail m’a particulièrement séduit. Allez donc savoir pourquoi. J’ai semé de-ci de-là, des haricots rouges, du soja fin juillet. Plus tard fin août je suis passé aux daikons (radis géants japonais). Deux constatations s’imposent.
C’est magique, mais tout a surgi de terre et a poussé.
Patr contre, les haricots par exemple sont peu developpés, à peine s’affirment-ils au milieu des herbes folles, ils sont presque risibles au vu des gigantesques baobabs haricots, qui prolifèrent dans les jardins des voisins.
Une troisième constatation c’est que je me prends au jeu de la compétition, auxquels tous les jardiniers se prêtent sans doute, celui d’avoir un jardin plus beau et plus fourni que celui du voisin.
La réalité n’est pas aussi simple que dans les livres. J’ai beaucoup de choses à apprendre. Je tiendrai ma résolution de ne pas m’emcombrer d’herbicides, de pesticides etc … mais il me faudra observer, et dans tous les cas travailler un peu plus, donner de moi-même avant d’espérer produire des légumes plus beaux et plus heureux.
scolopendre (mukade)
Voici une autre insertion dans le bitume, un scolopendre (mukade).
Toutes les personnes à qui nous posons la question ont quelque chose à dire, et une expérience avec un mukade. Personne dans le village n’affirme ne pas en avoir chez lui.
Une personne rencontrée le charmant monsieur O a déjà été mordu. Très douleureux. Heureusement son chien les découvre dans la maison, et il peut les anéantir le plus souvent sans heurt.
C’est un bête incroyable en tous cas (le scolopendre, pas monsieur O).
Mamushi
Les tategu
Les tategu. 建具
Vous encryptez les visages et les ombres pour créer l’anonymat.
On peut vous retirer sans effort, l’hiver on vous change pour des modeles plus lourds, afin de se préserver du froid. L’été on opte pour de plus légers.
Efficacité.
Il n’y avait jamais assez de place, partout où j’ai vécu en ville.
Les appartements, les maisons, n’étaient jamais assez grandes. Il fallait toujours se soucier de rangement, de l’optimisation du moindre mètre carré. J’ai toujours déploré l’espace pris et gâché par les portes pivotantes. Elles créent un espace mort autour d’elles; ces portes qui tournent autour de leurs gonds.
Enfin, une maison qui coulisse et ne pivote point. Tout va devenir comme un jeu. Fluide et léger. La seule ouverture qui comme partout auparavant continuera de pivoter, c’est la porte des toilettes. Nous lui avons d’ailleurs accordé une dernière chance, puisqu’avant les travaux elle donnait sur le jardin.
une maison du village
Tsuchibake
La plus belle heure de la journée
le dieu de la montagne
Le sanctuaire shinto dédié au dieu qui protège le village est situé sur le flanc d une montagne, à 180 metres en hauteur soit là ou commence la forêt de sugi qui recouvre la montagne jusq’à son sommet.
Une provision de sourires
Nous faisons une provision de sourires et de moments de bonheur avec les artisans qui travaillent sur le chantier de la maison.
Ici, avec Monsieur W., venu avec son camion et sa pelleteuse pour poser une dalle de béton sur la fosse sceptique.
Monsieur W. explique qu’il n’aime pas recevoir d’ordres, qu’il tient beaucoup à sa liberté et que c’est pourquoi il a monté sa propre activité.
Il a un très beau sourire. Le soir après les travaux il fait monter les enfants sur sa pelleteuse et leur explique comment s’en servir.
Une vache dans la cuisine
Nous sommes dans le village depuis trois semaines.Les voisins s’habituent à nous et leur réserve s’estompe. On parle plus. On discute. Les coeurs d’ouvrent et c’est le moment de poser des questions sur le village et son histoire.
Dans un post précédant on comparait le plan de la maison avec celui d’une ferme qui date de mille ans, ils sont en effet comparables. La maison de mille ans intégrait une écurie (馬屋).
Nos voisines expliquent qu’autrefois; avant l’apparition des objets mécanisés dans les travaux agricoles, les propriétaires de la maison possédaient une vache; et qu’elle logeait à l’emplacement actuel de la cuisine. Voilà qui renforce la ressemblance de notre maison avec celle de mille ans.
La maison, ou disons le corps de ferme, est bâtie sur un étage et demi. Toutes les pièces sont au niveau du rez de chaussée et le demi-étage au dessus est une sorte de grenier. Aujourdhui on ne peut y accéder que par le toit. Il y avait sans doute autrefois une ouverture dans le plafond qui permettait d’y accéder avec une échelle. Le grenier est éclairé par deux paires de fenêtres.
Mais à quoi servait ce grenier ou demi-étage ? Les voisins expliquent qu’on y entreposait le foin l’hiver.
Toutes les pièces du puzzle sont là.
Le foin stocké dans le grenier est facile d’accès pour nourrir la vache l’hiver, elle vit à l’emplacement actuel de la cuisine, il suffit de le descendre du grenier.
Le foin offre également l’isolation nécessaire, car les hivers sont froids, et il n’y a presque pas de chauffage, le foin stocké en haut permet au rez de chaussée de garder un peu de la chaleur diffusée par le irori.












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