montagne 2.0 (encore)
Ce week end l’ami S. a prolongé le chemin dans la montagne jusqu’à la troisième terrasse.
Ca finit par monter assez sec. Je pense pas qu’un camion 4×4 « keitora » (les petits camions blancs que l’on voit partout dans les campagnes du Japon) puisse se hisser jusqu’en haut, il faut une pelleteuse ou un rinnaisha, ce véhicule spécialise pour transporter du bois en montagne. (http://www.zenkens.jp/article/13535063.html) pour y parvenir sans danger.
Arrivés tout en haut on peut constater qu’avoir coupé quelques cryptomères cet hiver a transformé la montagne. La lumière a remplacé la pénombre. Pas l’ombre d’une sangsue d’ailleurs …
Prochaine étape, découper les troncs d’arbres coupés et les descendre de la montagne … Quelque chose me dit que ça va pas être facile à moins que S ait une super idée comme d’hab.
On accède de la route ….

Une petite clairière avec des bambous. Il y a deux ans c’était comme ça ….
Cet arbre est magnifique.
D’autres troncs à éplucher.

Les branches etc finiront dans le ventre de Calcifer.
Au fond, un petit cours d’eau où les grenouilles « moriaogaéru » abondent. Elles chantent. C’est assez incroyable à les écouter.
J’ai passé tout le samedi à dégager du bois dans ce coin … sous le chant merveilleux des grenouilles.
Le chemin continue.

Et ça monte sec.
Voilà ! on est arrivés en haut !

Qui vient dans notre montagne en plein jour ?
Qui vient dans notre montagne en plein jour ? (pour la nuit; voir ici).
Il pleut d’une belle pluie aujourd’hui et la journée s’en va lentement.
Le boulot terminé, je sors du bureau quand je vois … en zieutant vers notre montagne … la silhouette d’un chevreuil…
Allons chercher dare dare la caméra pour filmer l’animal.
S’ensuit un échange de regards pendant douze minutes. Par contre j’ai vraiment la tremblote avec la caméra. Cette caméra des bas de gamme panasonic a un bon zoom! Derrière le chevreuil on voit nos ruches.
Je vais me rapprocher jusqu’au pied de ma montagne.
A un moment il est six heures et l’on entend l’horloge -électronique- du village et le message demandant aux petits enfants et aux grands vieillards de rentrer chez eux.
L’esprit rêveur pourra se poser la question, si le chevreuil n’a pas aussi compris … car il décide de partir peu après.
Qui vient dans notre jardin la nuit ?
Mais qui vient dans notre jardin la nuit ?
Nous savons, aux crottes fraiches chaque matin, que la nuit ça se presse au portillon pour venir dans notre jardin …. D’ailleurs la fille de 4 ans de notre voisine nous dit toujours qu’il y a plein d’animaux chez nous la nuit. Voyez la réputation que ça nous fait…
Pour tout mettre au clair nous avons posé une de ces cameras qu’utilisent les chasseurs pour zieuter le gibier … Nous avons posé la camera dans notre jardin du côté de la rivière …. on sait que c’est par là que les chevreuils viennent …. ils descendent ainsi directement de la montagne …
Ces caméras sont dotées d’un détecteur de mouvement qui commande la prise de vue.
Et voyez qui nous avons pris sur le fait….
Un chevreuil tout mignon. Au début on dirait qu’il a remarqué la caméra; il semble l’observer un moment. Puis on le voit de rapprocher tout en broutant les herbes folles.
La pépite Morizou
Faisons une petite pause gastronomique.
La ville voisine, Yamasaki, bourgade à priori endormie mais où l’on peut trouver quelques restaurants ou magasins sympathiques.
Ceux-la ce sont comme des pépites, de rares éclats dorés. Ils font de la résistance, contre le vieillissement et la paupérisation de la population et l’invasion des grandes surfaces low cost. Ces pépites brillent par leur authenticité.
Nous avions déjà présenté un super café restau, Hacienda.
Il y a quelques semaines nous avons découvert une autre pépite, la pâtisserie Morizou.
C’est une bien petite échoppe et si discrète qu’il faut en avoir entendu parler d’abord pour pouvoir la trouver ! Mais une fois trouvée … j’ai été surpris d’y voir de si belles pâtisseries françaises traditionnelles.
La pâtissière en effet aime la pâtisserie française. Elle apprend le Français ! Nous tâchons donc de discuter un peu à chaque visite.
Quelle surprise n’est ce pas de trouver ces petits morceaux sucrés de France … Florentins; tuiles aux amandes, gâteau basque, ce gâteau breton au nom incompréhensible, … un broyé du Poitou (et moi qui suis charentais) …
Elle fait aussi d’excellentes confitures, originales et délicates; et de très bon cakes merveilleusement parfumés.
C’est aussi la confirmation que au Japon même dans un coin presque perdu il peut toujours y avoir de très belles surprises et de très belles rencontres, avec des personnes originales, talentueuses et déterminées.
Voici le lien de Morizou; http://conamorizo.exblog.jp

Et une jolie collection de fèves pour finir.
Montagne 2.0 – encore de l’épluchage
Bon on est pas arrivés encore tout en haut, au niveau de la troisième terrasse de la montagne. Le chemin, creusé à la pelleteuse arrive juste en dessous et il y en a encore pour deux jours de travail me dit mon ami S.
En attendant, S. a descendu cinq troncs d’arbres, découpés à 4 mètres 30. Des arbres que nous avions coupés en février. Faudra que je lui demande pourquoi ce chiffre de 4.3. Passe que 4.3 m, ça fait pas un chiffre rond en shaku ou sun, ces unités de mesure anciennes toujours utilisées par les (vrais) charpentiers.
尺 しゃく 303.030 mm shaku
寸 すん 30.303 mm sun
Shaku et sun sont similaires au pouce et au pied
Peut-être que c’est simplement la longueur maximum pour entrer dans son camion.
Tout cela c’est un nouveau développement. J’imaginais pas qu’on allait descendre du bois aussi rapidement.
Ces cinq troncs sont conséquents. On les amène jusqu’à l’atelier de S où il y a tous les outils nécessaires aux prochaines étapes.
Un tronc est vraiment massif. 41 centimètres de diamètre, sur 4 mètres de long, c’est du lourd…
Ca prend aussi énormément de temps à éplucher à la main. Les pros virent l’écorce au karcher mais c’est trop facile …. nous on préfère faire ça à l’ancienne, à la pogne!
Il me faut une heure par tronc. Le premier tronc, le plus gros, était vraiment difficile à éplucher et il a pris deux heures.
La canette de bière après tout cet épluchage en cette belle journée de mai était un pur délice ….


Montagne 2.0 (suite de la suite) et premiers épluchages
Ca n’est jamais aussi simple. Je crois que c’est là une généralité dans la vie.
Dans le projet montagne 2.0 il a fallu poser un renfort le long de la rampe d’accès au chemin pour éviter les éboulements de pierrailles, qui finiraient sur la route (danger).
Le renfort, deux troncs d’arbres … de notre montagne bien sûr. Pour éviter l’intrusion d’insectes il faut en éplucher l’écorce. Pour celà je fais la connaissance d’un nouvel outil, l’éplucheur d’arbre. ou kawamukiki.
Dans le temps, les enfants et les vieillards étaient chargés de retirer l’écorce des arbres avant la vente du bois. N’empêche, j’ai transpiré trois litres de sueur facile dans l’opération.
Une difficulté supplémentaire, la roche est très friable et il est difficile d’y planter des pitons pour y fixer le renfort. La solution, planter un piton à la verticale sur le chemin, et y attacher un câble d’acier qui va retenir les troncs d’arbres de tomber.
Montagne 2.0 (suite)
Gros progrès hier sur le projet de la montagne 2.0.
Mon ami S. a rangé les arbres coupés et a continué à établir un chemin pour pouvoir amener des engins jusqu’à la troisième terrasse. Il est maintenant à mi chemin.
Pendant ce temps j’élargissais le chemin d’accès avec le marteau piqueur.

La Sanquette
Il y a toujours ces moments tout à fait imprévus. Il pleut depuis deux jours, et les travaux pour le chemin de la montagne sont interrompus. Je vais voir mon copain dans son atelier. Il est sur le point de tuer trois poulets.
Je n’ai jamais tué de poulet et il m’invite à l’aider.
Ca me transporte en enfance tout d’un coup … Les souvenirs … Je me souviens tout d’un coup des sanquettes que faisait ma grand mère lorsqu’elle tuait ses poulets: on cuit le sang du poulet avec de l’ail. Comme une grosse omelette de sang cuit. J’adorais les sanquettes de ma grand mère ! Je me renseigne sur google d’abord et vois qu’il faut mettre aussi du persil.
Mon copain est bien surpris; il n’est pas d’usage ici de cuire le sang et de le manger. Mais ça lui plait bien.
Hello Little Boy !
Il pleut depuis deux jours. Je remarque de nombreuses salamandres écrasées sur la route. C’est la saison. Elles se régalent de têtards.
Celle-ci est bien vivante et je la prends par la queue pour la mettre sur le bord de la route pour plus de sureté.
Un Akahara imori donc, ou salamandre au ventre rouge.
アカハライモリ
On l’écrit le plus souvent en katakana (le syllabaire japonais) mais l’écriture en idéogramme est intéressante:
Imori s’écrit alors 井守, ce qui veut dire le protecteur du puits.
























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