Tagué: maison traditionnelle japonaise

Notre maison

Je me rends compte que j’écris beaucoup sur la maison et certaines de ses caractéristiques, mais ne l’ai pas encore montrée dans son entier.

A gauche, le hanaré. C’est là que l’on s’occupait des vers à soie jadis. Et au centre, la maison où nous vivons. Dans le courrant de l’année nous allons faire des travaux et retapper le hanaré afin de pouvoir en profiter.

En ce moment nous travaillons dans le jardin. Nous allons faire un passage avec des traverses en bois qu’un voisin nous a données.

Et oui c’est le printemps et c’est très agréable de passer du temps dehors.

notre maison, une ferme japonaise traditionnelle

notre maison, une ferme japonaise traditionnelle

Le hanaré

Le hanaré; nous en avons déjà un peu parlé, c’est une petite bâtisse de deux engawas entourant deux pièces de huit tatamis.
Il tient encore droit dans ses bottes. Malgré le plancher de tatamis qui s’enfonce sous les pas; et les volets, battus par des décennies de pluie.
Pour nous faire une idée des possibilités de travaux d’amélioration, j’ai dessiné le hanaré sur sketch up. En voici trois vues.
derriere travers face travers interieur

Le Doma

Ma pièce préférée de la maison, c’est le doma.

Doma s’écrit 土間:
Le premier caractère 土 signifie ‘terre’, le second 間 ‘espace’. Traditionnellement le sol du doma est en effet de terre battue; par opposition aux pièces dont le sol est en plancher ou en tatamis.

Le doma est l’entrée de la maison japonaise traditionnelle.

Chez nous le doma est carré.

Une face du carré est fixe, c’est une cloison, qui avant les travaux donnait sur un débarras. Autrefois ça donnait sur l’étable et la vache Marguerite.

Les trois autres faces du carré sont des cloisons coulissantes.

  • Une vers l’extérieur.
  • Une vers le salon cuisine
  • Une vers le bureau bibliothèque.

Ce que j’aime avec le doma; c’est la transition douce qu’il assure entre l’intérieur et l’extérieur. C’est le sas de décompression entre privé public, entre confort et nature.

Il permet aussi d’accéder directement au bureau ou à la cuisine.
Il est spacieux et l’on peut s’asseoir sur un banc et mettre ses bottes sans se presser.

J’y ai fait d’ailleurs une boite à chaussures qui fonctionne aussi comme un banc. Nous avons mis un autre banc; histoire de prendre ses aises et que tout le monde aie assez de place.

Dans les maisons japonaises contemporaines le doma est remplacé par le genkan; un espace réduit où se chausser et se déchausser est, à cause du manque d’espace, trop souvent un exercice d’équilibre.

Le doma est vraiment adapté à la vie à la campagne.
On peut y poser des légumes fraichement cueillis du jardin, venir avec ses bottes pleines de terre, sans se soucier de salir l’intérieur de la maison.
Idem, le doma se prête à poser le stock de bois de chauffe de la journée. C’est peut-être d’ailleurs un bon équivalent de la cave, car il n’y fait ni trop chaud ni trop froid.

Le doma c’est un art de vivre ancien dont nous sommes bien heureux de pouvoir profiter !

DOMA

Promenade de fin d’après-midi

Janvier.
Fin d’après-midi. On part faire un tour dehors.
chous chinois
Les chou chinois dans les potagers fatiguent. Malgré l’apparente décrépitude ils n’en conservent pas moins toute leur fraicheur; sous les couches superposées de feuilles.
On finit par se déplacer dans le temps.
Les derniers rayons du soleil caressent le chat roux et noir qui somnole sur un tas de fagots. Il est tranquille. Je ne le dérange pas.
chat
Je continue; la route longe la rivière, les maisons se font rares; il n’ya que des potagers, et le chantier d’un voisin qui coupe des cryptomères dans la montagne, pour se construire un chalet. Ce gars là est un pro; il a tout ce qu’il faut et le chantier est très bien organisé.
Un cours d’eau vient d’une autre vallée à gauche et rejoins la rivière. J’entre dans la vallée; plus escarpée; d’emblée plus sauvage. Il y a des maisons. Quelques maisons neuves.
Mais il y a aussi cette épave; une ancienne belle demeure, qui est abandonnée.
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Elle tombe en ruine; tient encre debout comme par miracle. La voiture du proprio, où est-il, attend encore dans le garage qui s’effondre sur elle. C’est un obake yashiki お化け屋敷; une maison hantée. On a soudain l’impression que le temps ici s’est arrêté; car il semble que tout dans la maison soit resté intact.
C’est impressionnant.
Je reviens en arrière et le pont me fait traverser la rivière et rejoindre l’autre rive. La plaine est large, il y a beaucoup de terre, des rizières. Autrefois; ce fut un endroit riche. C’est ce que confirme une ferme magnifique; édifiée au pied de la montagne. L’entrée de la ferme est majestueuse. On pense à un château médiéval japonais. Remarquez la petite porte, à gauche.
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Une bâtisse haute blanche et rectangulaire; faite de terre battue; c’est le kura 倉 conçu pour résister au feu. On y stockait les récoltes du riz. La taille du kura donne une idée de la prospérité passée de la ferme.
kura
Le corps de ferme est impressionnant. On distingue à gauche un jardin japonais traditionnel, dissimulé derrière de vieux murs de pierres.
Le tout doit avoir 200 à 300 ans. La grande époque. Il n’y a personne. Les habitants doivent être dans leurs champs. Sinon on aurait fait connaissance. On aimerait bien regarder à l’intérieur; voir comment c’est.
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Il fait de plus en plus sombre; le temps de rentrer à la maison et de vérifier les e-mails.
Sur les petites routes le capharnaüm des campagnes, universel.
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Bois de Chauffe (suite et fin)

Bon on a fini de tronçonner les poutres des deux maisons de Monsieur S. Tout est rangé et celà fait un joli tas de bois. Cela a été beaucoup de travail.

Ca a pris deux jours. La machine hydraulique à fendre les bûches a été super utile et nous a économisé beaucoup de temps.Ranger le bois a pris trois heures.

C’est un travail qui a sens; en transpirant dans mes pulls je me disais que ce travail permettra à ma famille de passer les prochains mois sans avoir froid. Voilà une pensée qu’il est bien difficile d’avoir en ville, ou tout est plus simple mais aussi beaucoup plus abstrait. En rangeant le bois aussi je me suis demandé comment j’ai pu faire pour tenir si longtemps en ville. Ici à la campagne; les choses que nous faisons ont un sens palpable, qu’il s’agisse de planter un arbre, construire quelque chose, couper du bois ou participer aux fêtes du village.

DSCN1035 le tas de bois (1)

Entre autres choses il était intéressant de voir les types de bois utilisés dans les maisons japonaises; récentes et anciennes. Différentes essences sont utilisées, mais elles sont choisies et chacune est utilisée dans une partie spécifique de la maison; les poutres de châtaignier sont par exemple utilisées pour les colonnes; les supports verticaux, et le cryptomère est utilisé pour la toiture. certaines poutres étaient impressionnantes par leur taille. Des arbres centenaires. Si l’on sait que la maison la plus ancienne avait 80 ans; on en déduit que les arbres datent de 180 ans; on remonte donc jusqu’à 1830.

Dans ces deux maisons; les poutres étaient assemblées suivant  la technique traditionnelle. C’est à dire que tout s’emboîte l’un dans l’autre, sans l’intervention de clous ou de vis.

Pour la maison de 80 ans, les pièces de bois sont toutes différentes, elles ont été découpés et préparées sur place; par des artisans. Chaque poutre a son caractère; elle ne ressemble à aucune autre. Certaines; une fois découpées font même penser à des statuettes de l’art primaire. J’ai décidé de garder celle-ci pour mon bureau. Essuyée et vernie, elle sera magnifique.

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La Maison du voisin

La pelleteuse a déjà commencé à detruire la vieille maison du voisin. Nous récupérons les meilleurs morceaux de bois, pour nous chauffer l’hiver prochain.

C’est l’occasion de prendre quelques photos en espérant que ce qui reste du toit ne nous tombe pas sur la tête.

On note que gràce à l’emploi de torchis pour les murs et les cloisons, il faut relativement peu de bois pour un telle construction. Economique, léger, souple …

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Sur la moitié droite, la maison en question. On discerne le torchis placé entre le toit et les tuiles.

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Cette pièce était la pièce principale. Au fond; le tokonoma avec le pilier vernissé. On distingue également les troncs d’arbres qui supportaient le plancher. Les tatamis et les planches ont été retirés.

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Une ouverture donne sur le toit. Vue sur la charpente.

Chez nous, il devait y avoir une ouverture similaire, mais elle a été fermée.

On devait stocker du foin j’imagine. On distingue un crochet métallique sans doute pour accrocher une échelle ou bien utiliser des cordes.

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L’ancien engawa

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Comme très souvent à l la campagne, un espace de rangement extérieur abrité est arrangé le long d’un mur. Idéal pour stocker du bois.

avec un peu de neige

Promenade en ville

Dans la ville voisine de Shiso.

Promenade dominicale dans ce qui fût la rue principale, à l’époque antérieure aux automobiles, de cette ville qui autrefois prospérait, et profitait de sa position, sur l’axe Himeji-Tottori. Les rues sont très étroites, on s’étonne que les bords de la voiture ne râclent pas sur les façades de maison centenaires et noires.
Il y a des temples, de très vieux magasins dont il ne reste que l’ombre; et des fabriques de saké; établies 250 ans de là.

Nous en visitons deux.
Dans la première, une très vieille dame souriante nous reçoit et nous montre sa collection d’objets anciens. Une machine à coudre de Meiji, des dès en porcelaine, qui faisaient décider la taille des gobelets de saké dans lesquels boire; un oreiller en bois laqué surélevé; afin de ne pas défaire les coiffures exubérantes de ces dames etc … Il y a aussi un superbe frigo de la marque NATIONAL qui doit bien dater de 50 ans, et qui; nous explique-t-on; a rendu l’âme le mois dernier. Il est remplacé par une horreur en plastique blanc Made in China.
Nous visitons l’autre fabrique de saké elle aussi dans le business depuis trois siècles et qui fait face au précédent. La fille de la famille a eu l’excellente idée d’y installer un salon de thé -en Japonais on appelle ces salons de thé ‘café’-. Le tout est arrangé avec bon goût et met en valeur l’architecture traditionnelle de l’ancienne bâtisse. Les poutres noires. Les sols en tatami. Et toutes les ouvertures qui coulissent. La pénombre. Les vieux meubles. Quelques objets d’autrefois; commes les téléphones noirs et massifs. De jolis meubles. Les menus sont écrits; en blanc sur des disques vyniles antiques. C’est très bien fait; le café est bon et réchauffe; quelques bonnes revues sont disponibles et entretiennent la rêverie.
Sur des étagères; des poteries, des trousses et des portefeuilles faits par des artistes de la région sont en vente.
C’est sûr, nous y retournerons.
Leur site web: http://cafesansyo.exblog.jp
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Une vieille bâtisse

flash back, les travaux

Nous sommes installés dans notre maison japonaise, traditionnelle; heureux propriétaires de cette ancienne ferme, et heureux habitants de ce petit bout de village situé à 80 kilomètres d’Osaka; dans l’Ouest du Japon.Les photos prises lors des travaux de réfections il y a plusieurs mois nous donnent un aperçu de comment cette maison a été construite.

Sur les photos; on note;

L’absence de fondations. la maison est posée à même le sol. on note qu’elle tient droit depuis 70 à 80 ans et qu’elle a vu plusieurs typhons passer au dessus de sa tête ainsi que des tonnes de neige. Elle a également survécu le grand tremblement de terre de Kobe en 95.
(situé à 70 km).

L’absence de murs. Les murs ne sont pas porteurs. Tout tient sur les colonnes, les poutres. Dans un sens c’est une construction proche des constructions modernes en acier, où les poutres en acier forment un réseau d’arêtes qui supportent la structure. Il y a quelques cloisons, mais ce ne sont pas des murs.

Les poutres. Les charpentiers connaissent le bois et savent ce qu’on peut lui demander. Les poutres transversales sont des tronc d’arbres épais, elles sont courbes. La courbe est toujours orientée vers le haut, on profite de l’élasticité du bois.
Les poutres verticales sont plus fines et droites.

La maison est bâtie sur un étage-et-demi. Un plancher rudimentaire sur le lequel jamais je n’irai m’aventurer sépare les deux.
On a vu plus tôt que le demi-étage au dessus servait de grange où l’on gardait le foin l’hiver, ce n’est pas un espace habité.
On voit sur les photos que les poutres du rez de chaussée sont noires, c’est que pendant des décennies les propriétaires ont fait du feu dans la cuisine!
Celles du demi étage en haut sont ‘naturelles’.

Sur les photos on voit les artisans au travail. Bien sûr avec une vielle maison comme ça tout doit être refait sur mesure. Ils ont travaillé dur et sué beaucoup pour nous. Sympathiques; mais attention; relativement peu fiables … ils ne tiennent pas les dates … ça nous a rappelé la France ! Les artisans de Tokyo eux étaient plus Suisses; là-bas tout était réglé comme du papier à musique.
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