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Minou (encore) dans la montagne
Les grands senseis (ou maîtres jedi)
Pendant les fêtes de fin d’année nous avons eu la visite de grands amis, venus du nord de la Scandinavie. Nous en avons profité pour aller voir ensemble des voisins vénérables et discuter un peu autour d’une tasse de café, les pieds bien bottés au chaud.
L’occasion de constater une nouvelle fois que nous sommes entourés de grands senseis.
Sensei (先生), c’est celui qui est né (生) avant (先). C’est le professeur, le maître, le mentor. Le sensei c’est un peu le maître jedi de la guerre des étoiles, qui guide le novice (que nous sommes) vers le chemin de la Vérité.
Ci-dessous, les paroles des sensei K et Y recueillies lors de ces conversations de fin d’année.
La parole du sensei K.
全ては練習
subete ha renshu
Tout (dans la vie) est apprentissage
La parole du sensei Y
畑を作るには3年
山を作るには50年
人間を作るには100年
hatake wo tsukuru ni ha 3 nen,
yama wo tsukuri ni ha 50 nen,
ningen wo tsukuru ni ha 100 nen
Il faut 3 ans pour faire un champ
Il faut 50 ans pour faire une forêt
Il faut 100 ans pour faire un homme
La parole du sensei S
人間より怖いものはない
ningen yori kowai mono ha nai
Rien n’est plus redoutable que l’homme
A propos de sensei et de philosophie de la vie, souvenez vous des dix règles de longévité.
Et pour finir sur ce sujet, les paroles de Minou, notre autre sensei.
ニャー
nyah
Miaouh
Montagne: premier inventaire des arbres à abattre
La forêt a perdu toute valeur économique et, depuis, les gens ne s’en occupent plus. Normalement il faudrait éclaircir la forêt régulièrement pour permettre aux meilleurs arbres de se développer dans les meilleures conditions.
Si on ne le fait pas, les cryptomères se gênent, se courbent, ne savent developper le volume de feuillage (et de racines) adéquat et auront des problèmes.
Les mauvais cryptomères, les vents violents ou la neige vont les faire s’écrouler à un moment ou un autre. Gare à celui qui se promène dessous au mauvais moment !
山が傷んでいる Comme on dit. La montagne a mal.
Comme je viens de finir de dégager la troisième terrasse, auparavant encombrée d’arbres écroulés, nous pouvons envisager la prochaine étape.
Plusieurs options sont possibles. Ne rien faire. Couper tous les cryptomeres et planter des fruitiers à la place etc.
En attendant de décider, nous allons commencer par couper les cryptomères en situation critique. Ceux dont le tronc est courbé ou abimé. Cela permettra d’éclaircir un peu la forêt et offrira une meilleure visibilité
Nous essaierons de re-utiliser le bois, en faire des planches par exemple pour faire un wood deck dans la forêt et pourquoi pas une petite cabane pour y abriter les voyageurs égarés.
Ces cryptomères font vingt cinq mètres de haut ! Ils sont impressionnants. Je demande à un ami de venir voir. Il connait très bien la montagne et les arbres. C’est un professionnel. Nous marquons d’une ficelle blanche les arbres à abattre. Nous en avons identifié huit.
Celui la le plus dangereux est complètement courbé.
Celui-la dérange d’autres arbres en bien meilleure condition
Celui-la, je ne me souviens plus !
Le tronc est abimé. Sans doute est-il déjà pourri à l’intérieur. Notez le feuillage sous développé et déséquilibré.
Pareil pour le feuillage de celui-ci. on note des irrégularités dans la ligne du tronc également.
Il est pas droit celui-la !
et c’est le septième j’ai oublié de photographier le dernier.
Dans ce travail de grand intérêt, Minou nous a accompagnés.
Minou retrouve la montagne
Dimanche. Mon épouse est à la maison avec Minou le chat pendant que je suis dans la montagne à planter quatre noyers.
Elle dit alors à Minou: On va faire un tour dans la montagne ? 山に行く?Minou miaule de façon décidée et se met sur ses quatre pattes, racontera-t-elle plus tard. Lorsqu’elle sort de la maison, Minou court en avant et il est clair que Minou a parfaitement compris !
Et voila donc Minou qui retrouve la montagne. On prend ces quelques photos. Elle a l’air très heureuse de retrouver sa montagne !
Je suis en train d’essayer d’arracher une vieille souche de cryptomère pour planter un noyer à la place. Les vielles racines sont enfoncées dans la terre et la roche. Je dois suer un litre d’eau dans l’effort.
Surprise par la tiédeur du jour, une grosse sangsue se promène sur la lame de ma hache, je la tranche en deux sans hésitation. Du trou sous la souche; surgit un énorme scolopendre, je l’admire courir ainsi de ses mille pattes synchrones.
Minou et les oiseaux qui se mettent soudainement à chanter. La beauté glorieuse de la nature. Les promesses de ces arbres que nous plantons. La paix.
Vocabulaire
Hiru 蛭 ひる Sangsue
Mukadé 蜈蚣 むかで Scolopendre
Kurumi no ki クルミの木 Noyer
Minu ミヌ Minou
Minou in a box (3)
Futon hoshi, onomatopées et la toilette de Minou
Quiconque a vécu ou voyagé au Japon aura remarqué les futons sortis des maisons et laissés à sécher sous le soleil les belles journées.
Les futons qui sont souvent faits de coton; auront tendance à prendre de l’humidité et cette opération de futon hoshi (séchage des fuyons) est nécessaire.
futon hoshi 布団干し
梅干し le hoshi est le même idéogramme que dans uméboshi et désigne le séchage.
Sous le soleil les fibres de coton du futon reprennent leur souplesse … on dit que le futon est alors fukafuka ふかふか。Les UV aussi tuent les acariens qui se promènent à la surface.
Lorsque j’avais commencé à étudier la langue japonaise en autodidacte dès 1988 j’avais été très amusé par ces onomatopées japonaises, tout à fait intraduisibles et qui expriment une sensation ou un phénomène particulier. Il y a aussi donc pékopéko, garagara, bétabéta, gunyagunya, batabata, hokahoka, pokapoka, daradara, komikomi, boroboro, barabara, nikoniko, kachikachi, sarasara, zarazara, jabajaba, jobojobo et caetera.
Elles sont caractérisées par deux syllabes répétées. On les appelle aussi kurikaeshikotoba 繰り返し言葉, ou mot qui se répète.
Dans le cas du futon séché au soleil, deux expressions viennent à l’esprit:
fukafuka pour la sensation de gonflement que donnent les fibres du coton étendues et aérées.
et pokapoka qui exprime la douce chaleur du futon
Le fukafuka et le pokapoka n’échappent pas à Minou qui se presse d’aller se hisser sur un futon et de faire une toilette poussée.
Minou in the Blue Sheet
Cuisiner Dehors
J’aime bien faire des currys, lesquels se ratent très difficilement.
Par contre depuis ces derniers mois je cuisine dehors. Dans le jardin. C’est un bon moyen de profiter de la fin de la journée, ces instants magiques après 5 heures de l’après midi où l’on sent que tout aspire au repos. C’est plus agréable que dans la cuisine. On est toujours mieux dehors que dedans.
J’emporte donc la marmite dans le jardin et la pose sur un camping gaz.
Et on laisse mijoter tranquillement, accompagné des chants des grillons.
Et avec Minou bien sûr !
Minou vs Serpent
Hier j’avais remarqué un petit serpent se promenant devant la maison. De couleur bleu et portant des motifs en losanges je suppose qu’il s’agissait d’une couleuvre.
Aujourd’hui en sortant de la maison j’aperçois Minou le chat qui fouille au milieu des fleurs et de la jungle devant la maison … en se rapprochant on comprend qu’elle a débusqué le même serpent !
S’ensuit un fight. Minou le poursuit et donne de ces coups de pattes qui de loin ont l’air si mignon… c’est parce que on ne voit pas les griffes. Minou est sur le point de tuer le serpent je pense. Le serpent lui fait le mort.
Tout à coup Minou s’éloigne. Elle se met à cracher de la salive blanche, de gros paquets de salive blanche. A-t-elle en mordant le serpent ingéré du poison ?
Je suis tout de suite inquiet pour Minou et vais chercher un gros bâton pour buter le serpent -réflexe- à mon retour sur les lieux … le serpent arrête de faire le mort et se barre dare dare … Minou continue de cracher cette salive blanche … ma femme cherche sur google ce qu’il y a faire dans ce cas …
Minou s’éloigne et se met à l’abri sous le plancher de la maison …. on pense à la phrase les oiseaux se cachent pour mourir … On est inquiet pour Minou … Puis Minou retourne dans le jardin et y mange quelques brins d’herbe. Est ce en réaction à ce qui vient d’arriver …
Une heure plus tard je retrouve Minou qui se repose tranquillement … Ouf !
L’été et les animaux
Fin Mai, il y a la chaleur déjà mais pas encore l’humidité de l’été. C’est une des meilleures saisons au Japon.
Nous apercevons de nombreux animaux. Toutes les bêtes sont sorties.
Des apparitions sont fortuites; le moment d’un battement de cil:
Cette semaine nous voyons un lièvre dans le jardin (apparition rarissime selon les voisins), et une mujina se baladant sous les canalisations dans le village. Je pense que c’est cette mujina qui se régale de nos fraises et des vers de terre du jardin, en fouillant un peu partout.
Dans notre montagne; en face du jardin, ma femme aperçoit un chevreuil. Ma femme et le chevreuil échangent quelques mots en silence, et il y a même assez de temps pour aller chercher le Nikon et prendre une photo.
La nuit en sortant de la maison .. ce beau crapaud aux yeux rouges …
Et aujourd’hui notre voisin qui se promène en pyjama, avec un serpent au bout d’une perche. Il retire le serpent de son jardin, de peur qu’il ne dévore les tétards de moriaogaeru, une espèce de grenouilles menacée d’extinction. Il ne fait pas mal au serpent, et va le relâcher un peu plus loin dans la rivière.
Toutes les bêtes sont sorties. Et les cultivateurs sortent leurs pièges dans l’espoir d’en choper quelques unes. Au détriment de Minou qui à deux reprises se laisse prendre et renfermer dans une cage de métal. Alertés de son absence nous faisons le tour du village et des maisons plusieurs fois jusqu’à ce que nous la trouvions prise dans un piège, misérable et exténuée.
Minou une semaine après l’incident du piège, et encore la marque de la blessure sur le nez.





























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