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Retourner au village

Après une semaine de boulot a Tokyo, je suis de retour au village.

Ce court séjour à Tokyo m’a rappelé les joies de la ville. Par exemple pouvoir marcher la nuit au hasard dans les rues, observer, explorer. Ou aller prendre un verre avec un collègue après une journée de travail.

Cette semaine à Tokyo m’a presque donné la gueule de bois.

Je suis de retour au village. Aujourd’hui après six heures de réunions téléphoniques, de six heures du matin à midi,  je pars faire un tour à pied jusqu’au fond de la vallée. J’ai besoin de marcher, de me ressourcer et de me resynchroniser avec la vie du village.

C’est une belle marche d’une heure à peu près, et il est si bon de gambader ainsi entouré des montagnes, avec la route qui serpente le long de la rivière qui serpente.

Je continue jusque dans la forêt.

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Et la dernière maison qui tombe en ruine. Le Titanic.

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En levant la tète on peut admirer le ciel. La, je suis de nouveau connecté à l’univers et au cosmos, me dis-je.  Il y a une connexion entre le ciel et la terre que l’on peut sentir.

A cet instant je remarque quelque chose au fond de la rivière. Un bout de bois qui n’en est pas un.

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C’est le bois d’un chevreuil. C’est la première fois cette année que je trouve le bois d’un chevreuil. L’année dernière j’en avais trouvé trois fois, dont une fois avec un crâne entier.

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Intéressant, n’est-ce-pas, que je fasse cette découverte peu après avoir senti cette connexion avec le cosmos…..  oh yeah ! ! !

Par chance encore je porte des bottes et je descends dans la rivière saisir ce précieux présent de Dame Nature.

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Revenir à Tokyo

Tokyo, je n’y étais pas allé depuis deux ans. Nous avons vécu dix ans en tout à Tokyo.

J’y suis retourné une petite semaine le mois dernier pour le travail. Deux ans, ça passe vite et j’avais oublié combien Tokyo est belle dès que l’on s’éloigne  des quartiers business.

La beauté est fragile à Tokyo, car elle cède vite sous les coups des pelleteuses et de l’appétit immobilier.

Tokyo foisonne et est organique. La solitude y est plus profonde encore que dans notre village, où je connais tous les vivants. Ici, tout le monde m’ignore.

Tokyo c’est aussi un peu le trou noir du Japon, car elle en aspire et dévore toute sa jeunesse, et les provinces autour se dépeuplent, dans ce pays où l’on fait de moins en moins d’enfants.

Tokyo on se laisse s’y noyer avec plaisir même si l’on finit par y perdre un peu ses repères, à force de marcher sur l’asphalte et de ne pouvoir fouler la terre.

Voici quelques photos.

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Dimanche

Dimanche est le jour du Seigneur et nous voyons beaucoup de petites créatures aujourd’hui.

Une salamandrenihon imori 日本イモリ

A propos; imori s’écrit 井守, ce qui signifie le protecteur du puits.

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Regardez, les belles taches rouges qu’elle porte sur le ventre. En fait; il est déconseillé de toucher les salamandres directement car elles contiennent beaucoup de toxines. Ces toxines proviennent des insectes dont elles se nourrissent. A l’époque de Edo, les salamandres était un mets recherché. Nous même y avons goûté d’ailleurs il y a quelques années dans un troquet à Tokyo.

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Dans le jardin nous avons de vieux tatamis dont nous allons réutiliser la paille pour le jardin. On y découvre un kokuwagata mort. (Lucanidae) En effet ces gros coléoptères si apréciés des enfants ici aiment dit-on pondre dans les tatamis …

コクワガタ小鍬形 Dorcus rectus).

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En puis dans une rizière non loin; cette grenouille grosse comme le pousse d’un enfant.

 

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De Retour de ville

De Retour de ville

Passé une semaine à Tokyo. Il y a eu des moments forts. Retrouver les amis. Une bonne cuite. Les trains pleins de noyés.
De retour au village, le printemps s’est installé. Cacophonie des oiseaux. Les plantes aussi.
Alors que le travail sur ordinateur m’attend, je lui vole quelques instants pour faire des gestes, impossibles en ville. Ca m’a manqué de ne pouvoir bouger ainsi;
Couper des herbes folles dans le jardin, avec la petite faucile kama
Apporter de l’eau aux rosiers et aux fraisiers qui ont soif.
La discussion avec K, artiste et chef sushi à Tokyo, me fait penser à mes haches. Je les sors du garage; m’assieds les pieds dans la rivière et répare avec la pierre à aiguiser les lames fatiguées de tout le travail l’hiver.
Faire ces gestes simples les pieds dans l’eau et le chant des oiseaux, et voir la lame de la hache reprendre vie, tout celà me repose de la fatigue du voyage et des 600 kilomètres dans les bottes.
K aiguise ses couteaux chaque jour, après le service de midi. Pour un chef sushi; le couteau, c’est la vie. Il m’a montré deux couteaux. Un neuf et un autre qu’il utilise depuis 10 ans. Bien qu’ils soient le même modèle, le plus vieux fait la moitié du nouveau, on dirait son enfant.

Un nouveau départ

Nous avons vécu plus de 10 ans à Tokyo. J’ai cessé de compter au delà de 10. Je n’ai que dix doigts.

La ville gigantesque fait partie de notre vie. Nous l’avons aimée, vénérée, haie, détestée.

Tokyo est si grande, elle est une planète à part entière.

Elle nous a beaucoup donné et beaucoup pris.

Mais le moment est venu de quitter cette maitresse monstrueuse, et de commencer quelque chose d’entièrement nouveau, avec plus de simplicité, plus de solitude, moins de salary men et de pachinkos.

Nous allons donc vivre à la campagne, dans un petit village, 600 kms à l’ouest du Monstre(1), aux pieds de montagnes fatiguées.

A suivre.

(1) si j’affirme que Tokyo est un monstre, je dois préciser que Paris est un cadavre. pour être juste.