Catégorie: Bande Dessinée

Préparer l’interview de Monsieur Iwata Kenzaburo – Comment faire ?

J’ai déjà parlé de monsieur Iwata Kenzaburo ici de nombreuses fois et quel choc j’ai reçu plus tôt cette année lorsque j’ai découvert le fanzine qu’il produit.

Ici le numéro 309

où l’on voit ce superbe dessin de poissons médaka

Tout est allé très vite: découverte de son fanzine dans un restaurant au mois de mars, puis rencontre lors d’une de ses expositions, rencontre encore dans un café où il interview des gens pour le fanzine, ensuite il est venu chez nous et a fait mon interview, pour son fanzine.

Le mois dernier j’ai appelé son assistant et lui ai proposé d’aller rencontrer monsieur Iwata, le filmer et lui poser quelques questions, je mettrais les sous titrages en français et posterais la vidéo sur mon channel youtube, cela pourrait être l’occasion de faire connaitre le travail de monsieur Iwata en France ….

Tout a été décidé rapidement, et demain lundi, avec mon épouse nous allons le rencontrer chez lui, dans son atelier, pour l’interviewer !!!

Je le filmerai en train de travailler sur une gravure sur bois… Si tout marche bien je mettrai la vidéo sur ma chaine youtube.

Côté technique: les piles des caméras sont rechargées et les cartes mémoire ont été vidées ….

Je prépare quelles questions à lui poser. Je les note ici. Mais peut-être que je changerai tout. Il ne faut pas être sur-préparé, il faut pouvoir être spontané … mais faut pas être vide non plus …

Quelques questions possibles:

  • Votre parcours en tant qu’artiste
    • Comment avez-vous commencé ?
    • Avez-vous appris seul la gravure sur bois ? (版画)
  • Il y a t il des influences qui ont façonné votre travail ?
    • Des artistes particuliers, dans la gravure sur bois ?
  • Comment la ville de Himeji et sa culture locale influencent-elles votre art ?
    • Est-ce qu’il y a un esprit himeji-esque (il y a une certaine truculence particulière à cette région de Harima, ou encore Banshuu).
  • Comment trouvez-vous l’inspiration ?
  • La gravure sur bois joue un rôle particulier dans votre production mais vous faites beaucoup d’autres choses aussi…
    • Est ce qu’il y a des choses particulières que vous n’exprimez que via la gravure sur bois ? ….
    • La gravure sur bois a-t-elle pour vous une puissance particulière ?
  • Quels thèmes principaux ou messages cherchez-vous à transmettre à travers vos œuvres ?
  • Pourquoi avoir décidé d’écrire le fanzine hérahéra tsuushin ?
    • Ca correspond à un énorme travail !
    • J’ai l’impression que c’est une sorte de synthèse
  • Dans votre travail qu’est-ce qui vous apporte le plus de satisfaction ?

Cette liste de questions …. c’est peut être un problème des questions comme ça. Faire cette liste cependant est important car cela permet à mon cerveau de se préparer, de faire son échauffement.

Idéalement on ne posera pas de question; ce sera plus une discussion qu’un interrogatoire, mais la discussion comme le papillon ira butiner certains de ces thèmes ….


Non finalement nous changeons les questions !

A travers tout ce que vous avez créé, gravures; dessins, peintures et reportages radio, vous avez toujours été original. Cette originalité qui est bien à vous est elle venue naturellement ?

Dans le fanzine hérahéra on trouve plein de choses, des dessins des gravures des articles; comment êtes vous arrivé à ce concept ?

Quand on lit le fanzine hérahéra on sent de l’intimité et l’on en ressent de la joie, est ce que les lecteurs vous écrivent souvent ? Comment décrivez vous la relation avec les lecteurs ?

La gravure sur bois offre t elle une façon particulière de s’exprimer, par rapport (example) au dessin ?

Comment faire si, en gravant, on fait une erreur ?

On a remarqué lorsque l’on a fait votre connaissance lors de votre exposition que tous les visteurs étaient vraiment heureux de vous voir!!

Faire son chemin à la machette

Samedi matin 5 heures. Le temps est sublime, il y a une magnifique lumière, le soleil est toujours caché derrière la montagne et donc il fait encore un peu frais. On est encore protégé de ses javelots de photons.

C’est un moment magique et pour bien en profiter je me suis installé dehors dans le jardin pour écrire cet article. J’entends les chants des grenouilles. Les chants des insectes. Les chants des oiseaux.

Les pluies continuelles (c’est la saison des pluies) nous ont dissuadés d’aller dans le jardin cette semaine, sauf hier, il a fait beau et nous avons alors récolté un seau de pommes de terre.


Je parlais dans l’article précédent de mon collègue Christopher; cette semaine on a fait un truc très sympa: chaque jour on a regardé tous les deux un épisode d’une série d’entretiens avec Joseph Campbell, qui a du être réalisée dans les années 80 dans le ranch de George Lucas. (le skywalker ranch). La série d’entretiens se nomme la Puissance du Mythe. (Voici le link du blog de Christopher: https://mushroom-paladin.com/; et ici un article qu’il avait fait sur moi https://mushroom-paladin.com/f/how-the-ai-war-is-won-the-king-maker très drôle !!!!)

Il regarde l’épisode dans sa soirée aux US, il m’envoie une photo de sa TV, vers ce même moment je me mets sur mon rameur dans le bureau, et je regarde le même épisode, en ramant.

Ramer en regardant quelque chose de compliqué comme cela je peux comprendre et retenir au plus 50 pour cents, car souvent je me focalise sur le compteur du rameur et n’écoute plus, ou alors ma pensée se met parfois à faire de longues promenades mais c’est comme ça souvent aussi que j’ai de nouvelles idées pour mes dessins.

Les mythes. Les religions. Par exemple; les similarités entre des passages du livre de la genèse et d’autres mythes …. Ce sont des sujets tout à fait passionnants. Dans ma jeunesse étudiant en école d’ingénieur j’avais pris une option anthropologie et cela m’avait passionné, j’avais alors lu beaucoup des Mircea Eliade et Marcel Griaule … C’est peut être les seuls trucs que j’ai retenus de mon école d’ingénieur d’ailleurs …

Il y a vraiment des choses magnifiques dans ces documentaires. https://www.youtube.com/watch?v=hEqR73j_oMY Certains propos sont repris aujourd’hui par Jordan Peterson. Passionnant. Je connecte tout cela aussi avec un formidable podcast par Jonathan Pageau, sur Dante et la divine comédie.

Encore un problème: comment pouvoir passer du temps et s’éduquer sur des sujets passionnants comme ça quand le travail nous occupe 10 heures par jour si ce n’est plus. …

Une image créée avec IA par Chris avec ses champignons magiques les connexions intergalactiques et Joseph Campbell…


Pour ces élections en France j’ai voté électroniquement de nouveau. Le deuxième tour. J’avais l’impression d’être en classe économique; sur un vol aeroflot, et une énorme hôtesse de l’air, ancienne haltérophile aux bras velus (toutes ses anciennes piqures de testostérone) pousse vers moi un chariot avec les plats et me dit BEEF OR FISH mais moi je veux du CHICKEN

Franchement avec la technologie actuelle on pourrait se défaire de tous ces députés qui vivent et s’engraissent à nos frais, et généraliser le vote électronique, une fois par mois. Pour approuver ou désapprouver toute nouvelle loi. Référendum continu. Ce serait un équivalent des votations suisses et alors ce serait vraiment la démocratie. Techniquement c’est faisable.

Car pourquoi essayer de résoudre les problèmes du 21è siècle avec une technologie du 19è ?


Laurent aux yeux bleus a réagi à mon dernier article sur fessebouc, lorsque j’évoquais certains aspects de la vie politique japonaise qui semblent avantageux.

Et oui, on finit par se dire que l’indifférence des Japonais vis a vis de la politique est peut-être salutaire, dans ce monde si chaotique (oui, mais on pourrait dire cela seulement si ce pays n’etait pas ronge de l’interieur par le système quasi-mafieux patriarcal-ultra-libéral du Jiminto, qui sacrifie les femmes et les campagnes, et de fait entraine automatiquement une chute du taux de fécondité jusqu’a 0,9 a Tokyo !… d’ou aussi un manque d’ouverture et de rêves pour nos enfants élevés ici au Japon…

En effet ce système japonais a été successfull dans l’après-guerre mais aujourd’hui comme Laurent aux yeux bleus je ne vois pas comment il sera capable d’évoluer, de se réinventer: en tout cas il a été incapable de s’attaquer au gravissime problème de la natalité, et il continue toujours sur sa même trajectoire comme si de rien n’était, à faire des jeux olympiques à Tokyo, des expositions universelles à Osaka toutes ces choses du 19è siècle dont le monde on n’a plus vraiment besoin … sans voir le mur de béton épais de 20 mètres , au bout du rail. L’impact va faire très mal.

Être jeune au Japon aujourd’hui ? Oui, la garantie de trouver un boulot. Mais une très grande chance d’être payé le minimum, pour juste de quoi survivre. Et pour longtemps. Un peu comme en France, sauf qu’on y est peut être souvent au chômage. C’est difficile. Et comment s’en sortir en vivant à Tokyo avec un petit salaire … Pas étonnant que les gens n’y fassent plus d’enfants …

Dans tous les cas c’est la démerde, c’est à dire qu’il faut penser et agir par soi-même, et essayer faire son propre chemin, comme dans la jungle, à la machette … stage commando de survie tropicale … Je dis ça, mais moi j’ai toujours été guidé par mes peurs …


Côté projet de nouveau livre BD, j’ai fait d’énormes progrès cette semaine. Le prochain livre fera un peu moins de 80 pages. J’ai scotché ensemble deux classeurs pour faire 80 pages max et où je mets mes dessins à mesure que je les fais. Cela me permet de bien visualiser et de mesurer la progression.

Ici j’ai un bon sketch pour le dessin qui accompagnera la gomen machine

Ici un dessin style ukiyoé sur le thème du travail que je ne veux pas faire ….. manque encore le petit dessin pour l’accompagner


Dans tout cela le plus important c’est le process de fabrication plutôt que le résultat

car à chaque nouveau dessin

je change,

j’évolue,

je progresse….

je vieillis …

et ça m’occupe …

chaque nouveau dessin, chaque seau rempli de pommes de terres récoltées c’est comme un coup de machette dans la jungle … On avance …

Inspiration (Re-suite)

Des choses incroyables se sont passées.


Dans la boite aux lettres j’ai reçu le dernier numéro du merveilleux fanzine hérahéra ….

vous voyez ce beau mélange de dessins et de texte …. Dans ce numéro paru en mars il parle beaucoup des oiseaux migrateurs …

et qu’est-ce-que je vois en dernière page …. le dessin que j’avais donné à monsieur Iwata … Il a mis mon dessin de locomotive dans son magnifique fanzine … Quel honneur !! J’étais super content.


Mais ça n’est pas tout: en continuant mes recherches (je suis vraiment un stalker) je découvre que monsieur Iwata se rend toutes les deux semaines dans un restaurant à 10 km de notre village pour faire un entretien avec une personne choisie … dans chaque numéro de hérahéra il y a en effet … un entretien.

Les entretiens que j’ai lus d’ailleurs sont variés. Un chasseur, Madame T Wood, le directeur de la poste d’un village pas loin d’ici, etc…


Si le monde est petit, il l’est plus encore à la campagne !

Il fait ces entretiens dans un restaurant que je connais un peu pour y être allé il y a quelques années, et puis la charmante dame qui tient ce restaurant a lu ma BD Retour Sur Terre et avait écrit une très gentille note sur son instagram …

Ce restaurant https://www.instagram.com/komegalleryotemae/ d’ailleurs est tout à fait particulier; installé dans une magnifique maison ancienne au milieu d’un beau jardin, la cuisine y est très recherchée, et tout, les meubles, la décoration, l’arrangement est empreint de gout et de sensibilité. Après le déjeuner la patrone madame Reiko Okada va se mettre au piano et chanter. On y va vraiment pour vivre une expérience totale.

Je pense d’ailleurs que cette expérience esthétique et gastronomique pourrait vous intéresser si vous veniez vous aventurer dans la région.

Donc je la contacte pour savoir si je pourrais assister à un de ces entretiens, afin de pouvoir revoir mon maître à penser.


Reiko répond « je viens te voir dimanche; je voulais faire ta connaissance! » Génial. Elle vient avec son mari et sa fille et nous passons l’après-midi ensemble; en fait elle veut me demander de l’aider pour dessiner une affiche pour un nouveau projet à elle: une séance de théâtre de noh dans un champ où elle plantera du makomo. (makomo = wild rice https://en.wikipedia.org/wiki/Wild_rice).

Ce projet s’inscrit dans un projet plus ambitieux encore: une école d’agriculture et de théatre noh! cela va loin tout cela et elle est vraiment entreprenante et pleine d’énergie et de courage .

Nous discutons de ce projet … et puis à la fin elle me propose de faire un entretien avec monsieur Iwata lui-même… quel honneur encore !!! Ce sera le 5 juin. Bon, qu’est ce qu’on va raconter ? Voila la collision improbable, de la comète Iwata et de la poudre de comète, wakamé tamago … Délire !


Le projet d’école d’agriculture et de noh, on continue par converser via instagram et à partir des idées de Reiko j’obtiens ce dessin qui devient une affiche.


Ces dernières semaines, ça a donc été une série d’électrochocs … la découverte de monsieur Iwata et de son fanzine héra héra, pouvoir le rencontrer en personne, puis faire la connaissance de madame Okada et pouvoir l’aider dans son projet avec l’affiche … j’en suis très honoré … et puis pouvoir, bientôt, être interviewé par le maitre lui-même ….


Surprise et inspiration

{article en Japonais ici}

Dimanche dernier … j’ai reçu un véritable choc … je ne m’y attendais pas du tout …

Nous sommes allés déjeuner dans une petite ville à vingt minutes vers l’Est …

Cette ville s’est développée récemment, il y a des industries, une ligne de chemin de fer, un autoroute, c’est un petit ‘hub’ et il y a de nombreuses grandes surfaces etc … ce genre de gros blurb; pratique et un peu moche … c’est un peu comme la France des rond points, sauf qu’au Japon il n’y a pas de rond points.

Cependant si l’on fait l’effort d’aller dans la vieille ville, et si l’on ne craint pas de s’aventurer dans des ruelles tortueuses où passeraient difficilement deux ânes, et la, vraiment énorme respect pour tous ceux qui parviennent à y manœuvrer leurs énormes bagnoles ! Même avec mon petit camion j’ai l’impression que je passe juste ….

Dans cette partie ancienne de la ville se collent les unes sur les autres des petites maisons et leurs jardins et on peut trouver une ancienne demeure qui date de 1871. Cette demeure est organisée avec un petit jardin intérieur et tout autour de celui-ci il y a des dépendances, sans doute ce qui était autrefois des granges ou des écuries.

Or, des petits commerces se sont installés, dans ces dépendances. Un peut comme des start ups … Il y a une boulangerie, un restaurant, et un petit hôtel.

Bref, nous allons voir cette vieille demeure pour déjeuner dans un tout petit restaurant qui est installé dans une de ses anciennes granges. https://kotohogicafe.jimdofree.com/ Le site du resto. Ce resto a été lancé par l’épouse d’un agriculteur. Diversification et création de valeur ajoutée.

Il faut observer que les Japonais excellent à faire vivre et ‘maximiser’ les espaces réduits. On sait ne pas prendre de place.

Tout y est très compact et il y a peut-être une vingtaine de clients déjà.

L’endroit comme dit plus haut est assez étroit, mais on sent que tous les clients se sentent bien et sont contents d’être la.

On se met au comptoir.

La nourriture est simple et excellente. Après le repas on sent un bien-être très particulier. Un véritable plaisir.

Mais la grosse surprise n’est pas dans l’assiette, mais sur le comptoir.

Des livres et des livrets y sont posés… or un petit livret a tout de suite attiré mon regard … Il y a un beau dessin une aquarelle et des textes sur la couverture … je trouve le dessin superbe…

Ca s’appelle HERA HERA TSUSHIN へらへらつうしん

C’est un petit… comment dire … un fanzine ?? fait par un artiste qui vit à Himeji; Iwata Kenzaburo. Un petit fascicule de 40 pages avec des dessins, des gravures des textes qui racontent son quotidien et ses rencontres.

Il ressort de cela une douceur, une joie de vivre tout à fait incroyables …, je me sens profondément ému. J’en ai presque les larmes aux yeux.

Et c’est difficile à expliquer.

Mais cela me rappelle une bande dessinée que j’avais faite il y a bien longtemps, je devais être au collège … . J’avais d’ailleurs complètement oublié, et c’est regarder ce petit magazine qui me le rappelle … Ce genre de foisonnement avec des textes et des dessins dans tous les sens, le genre, on pourrait lire le truc une centaine de fois sans se lasser !!! C’est un peu mon rêve ça ….

Bref je fais là une énorme découverte; ……… et je me dis ah putain mais c’est ça en fait ce que je voulais faire dans ma vie !! ou disons plutôt … c’est ce que je veux faire !! Enfin bon je ne sais pas vraiment ce que cela veut dire ….

Sitôt le repas fini et rentrés à la maison 1 on remet du bois dans le poêle à bois, 2 on caresse les chats 3 on fait quelques recherches sur ce monsieur Iwata …

Je lui envoie un mail pour lui commander des numéros de son magazine et puis on voit aussi qu’il est en train de faire une exposition de ses gravures sur bois (hanga) à Himeji … nous irons le voir et faire sa connaissance la semaine prochaine !!!! https://www.himeji-kanko.jp/event/1222/

Les onigiris !

Les onigiris ! C’est un peu le sandwich Japonais ! (article en Japonais ici)

Un onigiri est une boulette de riz japonaise, souvent enveloppée d’une algue nori et fourrée d’un ingrédient salé ou acide. C’est un en-cas très populaire au Japon, que l’on peut trouver dans les konbini (supérettes) ou les onigiri-ya (magasins spécialisés). Les onigiri existent depuis le XIᵉ siècle et ont des formes variées, comme le triangle, le cylindre ou la galette.

En pensant à mon ami Philippe qui tient avec son épouse le restaurant Japonais Yoisho! à Tours, spécialisé dans la soul food Japonaise, avec des onigiris au menu, j’ai eu l’idée de faire des dessins d’onigiri.

Le mot onigiri veut dire en Japonais « se tient dans la main » et s’écrit en général en hiragana … おにぎり

Mais on peut se laisser inviter à quelques jeux de mots. car « oni » peut désigner le démon, giri est la nasalisation de kiri qui peut signifier couper… ou tuer avec un sabre…

Je me suis bien amusé !

En détail:

l’onigiri qui se défait

l’onigiri qui fait dans son algue

l’onigiri qui mange un onigiri

l’onigiri qui s’habille

l’onigiri qui « découpe » un démon

un onigiri qui se fait griller (délicieux)

un onigiri sumotori

un onigiri qui fait du vélo.

Joyeux Noël !

Je veux vous souhaiter un Joyeux Noël et d’excellentes fêtes de fin d’années.

Je vous remercie aussi de continuer à suivre ce blog, et de vous intéresser à mes petites histoires, que ce soit dans le blog ou dans mes bandes dessinées et mes dessins.

Grâce à vous, à votre suivi et à votre soutien, s’opère une transformation profonde: comme vous consommez mes « productions » artistiques … je deviens un artiste!!

Être un artiste c’était un de mes rêves et petit à petit je sens cette transformation se produire.

En cette fin d’année on sent que les choses dans leurs mouvements commencent à ralentir … Le nouvel an c’est vraiment un big deal au Japon.

On peut en profiter pour faire une pause et se rappeler aux choses qui sont essentielles:

l’amour

et vivre le moment présent.

L’amour, d’ailleurs, est une source d’énergie infinie, comme l’explique ce dessin:

愛情は無限エネルギー L’amour, énergie infinie.

Bien sûr il est important de garder aussi à l’esprit la dureté du monde et de ses réalités.

Amour et vivre le moment présent, dans la réalité d’un monde qui peut être dur, qui n’est pas bisounours.

C’est la signification de la silhouette lointaine du cuirassier japonais Yamato, dans le dessin.

Joyeux Noël!!!

Le mot du mois du temple et en faire un dessin

Merci aux lectrices et aux lecteurs pour leurs commandes de ma bande dessinée Retour Sur Terre.

Il m’en reste encore quelques exemplaires ….


Il y a un très joli temple bouddhiste dans notre hameau; et le prêtre bouddhiste est un sacré personnage. L’année de notre installation au village il nous avait épaté en organisant un concert de rock au temple… L’un des premiers articles du blog ce fut …

D’ailleurs, j’ai déjà dessiné le prêtre ici.

Et puis régulièrement il affiche des messages pleins d’humour et de sagesse, et je ne manque pas de les partager avec vous. 1 2 3 4 5 6 7

En plus de tout cela chaque premier jour du mois il envoie par IM sur LINE (équivalent de what s app)  »le mot du mois » 今月の言葉.

Ce 1er décembre il m’a envoyé:

Traduction:

Plutôt que de me plaindre tout le temps

Et de tirer les autres vers le bas (tirer par le pied)

Je veux montrer de la gratitude

Et les tirer vers le haut (tirer par la main)


Je trouve ce mot du mois formidable et ça me donne envie d’en faire un dessin …

que voici;

Idée cadeau pour Noël !!!

Dans un mois, c’est Noël et peut-être réfléchissez-vous aux cadeaux que vous allez offrir à ceux que vous aimez ….!!

De mon côté il me reste une vingtaine d’exemplaires de ma bande dessinée Retour Sur Terre …

Alors n’hésitez pas à commander ma BD pour l’offrir à Noël …

Voila qui ferait un cadeau original … Et ce sont les vingt derniers exemplaires !!!

avec la bande dessinée, j’ajouterai une impression en couleurs et en format A4 d’un de mes dessins de ukiyoé:

  • Sisyphe à la campagne (ici)
  • La liberté (ici)
  • Le gomen machine (ici) – le secret des relations qui durent
  • Se retirer la merde de la tête (ici)
  • L’homme sur la Lune et tout ce que l’on ne sait pas (ici)
  • La sagesse des villageois se transforme en pépites d’or (ici)
  • L’homme peut-il être sauvé ? (ici)
  • (Pas encore publié sur le blog) Le sens de la vie
  • (Pas encore publié sur le blog) Chaque jour peut être le dernier
  • (Pas encore publié sur le blog) Let it go !!!
  • (Pas encore publié sur le blog) Focus on what you can control

Ici un paquet de 10 exemplaires en attente d’une maison d’accueil ….

…. Merci !!

Sisyphe à la campagne

Sisyphe dans la mythologie grecque avait été condamné à rouler éternellement un énorme rocher jusqu’en haut d’une colline, seulement pour le voir redescendre, et répétant cette tâche pour l’éternité.

Voila une histoire qui a 2800 ans et qui nous fout toujours les boules (au moins une grosse boule) et ceci, parce que cette histoire résonne et nous parle à nous humains du 21è siècle après J-C.

Dans la répétition des jours des saisons et des années à travers ce métro boulot dodo gigantesque nous sommes un peu comme Sisyphe …

C’est aussi la réflexion que je me fais quand je passe la débroussailleuse dans le jardin … je passe la débroussailleuse mais quelques jours après, surtout si il y a eu un peu de pluie, il fait recommencer … l’herbe repousse toute de suite !!

Je me demande aussi si avec le climat presque tropical pendant l’été au Japon avec chaleur et une humidité extrême, si l’herbe ne pousse pas plus vite ici qu’en Europe … pas impossible…

En tout cas devoir débroussailler et entretenir son jardin et son champ ici c’est aussi partager le destin de Sisyphe …

La conférence ….

La conférence s’est bien passée ! Devant donc quinze anciennes élèves de l’université de Nara.

Je dis que ça s’est bien passé car seulement une personne s’est endormie… le reste répondait bien aux plaisanteries, et il y a avait une bonne dynamique.

J’y ai pris vraiment plaisir, mais c’est normal, quand on la chance de parler de son histoire et de se savoir écouté.

Et en plus huit personnes ont acheté ma bande dessinée « retour sur terre » … Super cool !!

Préparer cette présentation c’était un peu résumer ma vie et essayer d’en extraire un sens et des choses qui pourraient intéresser des personnes de 70 ans …(qui ont donc plus de XP points que moi)

Voici quelques slides du power point.

La maison, en Charente Maritime, où mon père est né.

Dans un petit village de 300 âmes … Oh ces belles maisons charentaises qui évoquent un climat doux et clément … et les belles façades .. et ces murs de pierres d’un mètre d’épaisseur!

Un souvenir d’enfance c’est quand nous « re descendions » dans les Charentes, de Paris pour aller aider mon grand oncle aux travaux des vendanges… Je n’ai plus de photos de tout cela mais les outils, les barriques, on trouve les mêmes photos sur le net et même mon arrière grand père Gaston dont je n’ai pas de photo, la photo du vieil homme lui ressemble tant … même casquette … le même genre de chemise à carreaux … mon Gaston ne portait pas de bretelles par contre … mais lui aussi faisait godaille… et pour le dessert il versait du vin dans son verre et y trempait des biscuits brossard … je crois que ça s’appelait les boudoirs … ces biscuits

Ah oui mon arrière grand père Gaston ne portait pas la moustache … mais mises à part la moustache et les bretelles donc, la photo décrit le même personnage … la même génération d’hommes qui ont travaillé long et dur, et sont passés à travers les mailles des filets de 14 18 … des générations décimées. Gaston était bon en calcul et allait devenir charpentier … pendant la guerre il était artilleur … il y avait une photo, avec son équipe …

Voila je raconte ça aux vielles dames honorables, qui jadis ont étudié à l’université de Nara…

Après je continue sur la famille de ma mère, oléronaise … Oléron et tout ce que l’océan y offre … quelle belle région, encore !!

J’y fais la liste de toutes le choses que faisait mon grand père la chasse, la pèche, l’élevage de pigeons; poules, lapins, moutons; les abeilles aussi et tous les légumes … C’était une vraie industrie … Au fond c’était un paysan mon grand père …. il adorait ce genre de trucs … dommage qu’il n’aie pas fait son vin d’ailleurs …

Un peu plus tard je décris notre vie à Tokyo, et je mélange photos et extraits de ma Bande Dessinée

A Tokyo nous étions dans une belle cage dorée … nous étions heureux avec mon épouse et notre fils mais le manque d’espace à Tokyo, cette ville qui n’en finit pas, fait penser tout de même aux cages de lapins de mon grand père … attention à la myxomatose les amis !!

A partir de la dans la présentation je décris comment nous nous sommes installés au village, petit village au nord de Himeji et les slides s’appuient beaucoup sur la bande dessinée …

Une des conclusions c’est que la vie à la campagne au Japon et la vie à la campagne en France se ressemblent énormément, les climats et la végétation étant en effet assez proches…

Une grosse différence quand même c’est le cochon … Je leur raconte alors qu’enfant j’avais assisté à une pelère dans un village des pyrénées où nous avions de la famille …. le village tuait le cochon … quel spectacle ce fut … quand les gens sont ensemble, se retrouvent, travaillent .. que ce soit pour le cochon, ou pour récolter le thé …

Mais encore ici il y a des similitudes avec notre village au Japon. Lors de la pelère les hommes se sont regroupés pour attraper le cochon, et lui rendre gorge. Ensuite ils font le gros travail de le laver, et le dépecer … mais une fois le travail des hommes finis ils commencent à ouvrir les bouteilles de pinard, pendant que dans les cuisines les femmes se tapent tout le boulot interminable pour faire les saucisses et les boudins.

Magnifique!

Ici au village c’est un peu pareil lorsque nous faisons le nettoyage annuel de la rivière … les hommes descendent dans la rivière et « font le boulot des hommes » assez rapidement et pendant ce temps la les femmes sont en cuisine et préparent des onigiris, des tsukémonos, du thé … cette répartition des tâches et distribution des rôles entre hommes et femmes … pareil … et logique si je pense par exemple au maniement des tronçonneuses et le hisser des troncs hors de l’eau; pour nettoyer la rivière… Dans les deux cas quand même les femmes se tapent plus de boulot c’est certain !

Ci-dessous la dernière slide de la présentation ..

ou en effet j’arrive à la conclusion que en venant nous installer ici à la campagne j’ai fait comme une immense boucle; ayant quitté la France, m’étant installé au Japon, avec femme enfant et chats … pour plus modestement refaire les gestes de mon grand père et de mon oncle. D’où le titre de la BD « retour sur terre »

Ce Retour Sur Terre, ce retour à la campagne c’est aussi une grande boucle qui se fait à travers trois générations. Mon grand père, mon grand oncle qui vivaient presque en autarcie avec toutes leurs productions, mes parents qui ont embrassé la modernité et sont partis vivre sur Paris, avec toutes les opportunités professionnelles que la ville pouvait offrir et puis moi qui, aidé par internet, travaille dans une grande boite US et y poursuit les opportunités professionnelles similaires, mais ce depuis la campagne où j’essaie de réapprendre les choses de la campagne; et essaie de produire moi même, le plus possible.

La boucle est bouclée …