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Une maison que j’aime beaucoup
Faisant écho à cet autre article.
J’aime beaucoup cette maison la. Située au fond de notre vallée. Je vais le faire! Un jour je le ferai! le tour du village avec mon appareil photo et un trépied pour photographier et recenser toutes les maisons du village. Les anciennes et les nouvelles. Toutes. Ce serait un bon projet.

J’aime beaucoup cette maison parce que différents styles d’y retrouvent. On voit la partie la plus ancienne; avec ce toit imposant et très pentu (à l’origine; toit en chaume, qui nécessite une plus grande inclinaison) et puis, à une époque, ce toit a été raccourci et on y a ajouté une autre construction, avec un premier étage; période de prospérité.
La maison du civet
L’opération civet de chevreuil a été un franc succès. J’en ai donné aux voisins et au chef du hameau.
Le lecteur (la lectrice?) jroulez avait demandé quelle maison nous avions présentée à nos amis… La voici !

Quel beau projet ! (My hero)
Une belle rencontre faite la semaine dernière.
Je faisais un grand tour en vélo. J’avais remarqué cette belle ferme avec son toit de chaume (recouvert de tôles comme il est d’usage). J’étais un peu inquiet, il y avait des travaux, on démolissait une maison attenante.


J’étais inquiet que cette belle ferme soit elle aussi détruite. Ici on ne pense pas que les maisons durent, et on les rase facilement pour éviter les travaux d’entretien ou même de payer des taxes. Et personne ne s’intéresse à ces fermes.
Avec chacune de ces belles fermes s’en va un vestige des temps passés et une beauté d’architecture, à chaque perte le village perd de son caractère et de son authenticité.
Je m’approche pour en avoir le cœur net. Car les travaux semblent prendre plus de temps que de normale. Il y a un gars qui s’affaire … Il m’appelle, du haut de son échelle ‘hey wakame tamago‘ …
Ah ben, on se connait! C’est monsieur T. Nous avions rencontré son père, un autre personnage hors du commun…! Il est charpentier! Je lui demande ‘qu’est ce que tu trafiques … ‘

Il a en effet viré une maison des seventies qui était juste à côté de la ferme ….. mais la ferme, il va la restaurer.
Il va la restaurer pour y vivre avec sa famille.
A part la toiture, cette maison ressemble en tous points à la nôtre. Du point de la conception c’est tout à fait pareil. L’entrée, le doma. A droite la pièce où vivait la vache, et la cuisine. A gauche un espace avec quatre grandes pièces de tatami et le tokonoma (où se trouvait sans doute le butsudan). Dans les seventies ils ont dû ajouter une salle de bains … Etonnant que les plans de nos maisons soient tout à fait identiques. Notre maison a peut être 80 ans. Cette ferme de mister T. a plus de 150 ans et date d’avant de l’ère Meiji.
Il a retiré les planchers. On voit les foyers qui ont été arrangés dans l’après guerre, c’était lorsque l’on s’affairait à la sériciculture, l’élevage des vers à soie.
Tout cela me donne la pèche. C’est extraordinaire que T. le jeune charpentier se lance dans un si beau projet. Je suis content de constater qu’il y a des gens qui apprécient les vieilles bicoques … je me sens moins seul!
Ce projet de monsieur T. je vais le suivre à la loupe, et j’écrirai moults articles pour en présenter les évolutions et les partager sur ce blog.

remarquables charpentes.


au centre de chaque pièce on voit les anciens foyers utilisés lors de l’élevage des vers à soie.

le tokonoma

le vélo a peut être 150 ans aussi …


Un coin que j’aime beaucoup
Un coin que j’aime beaucoup dans notre petite vallée.

Ces trois vielles maisons, inhabitées je crois, avec leur toit pentu, autrefois toit de chaume, recouvert de tôles. Elles sont rudement bien placées, avec la montagne dans le dos mais un peu surélevées… Chaque fois que je passe la en camion ou en vélo je me dis que c’est un coin très chouette.
Notre vallée survolée par un drone
Un voisin avec son drone a survolé notre vallée et a fait ce film.
On voit bien l’importance de la géographie, la vallée qui danse comme un serpent au bout d’un bâton, et les maisons saupoudrées tout le long.
Au sujet des maisons du village, on peut discerner trois types:
Les maisons à toit de chaume. Elles ont un toit fortement incliné (entre 39 et 45 degrés, 8寸勾配, 10寸勾配). Ce sont les maisons les plus anciennes, les plus petites aussi. Anciennes fermes. Remplasser la chaume est tres onéreux ici au Japon et en général on a recouvert les toits avec de la tôle, peinte en noir, rouge ou argent. Ces maisons la ont au moins cent ans.
Plus récentes mais toujours anciennes, les maisons avec un toit moins incliné (16 degrés 3寸勾配) et recouvert de tuiles. La plupart de celles ci auront moins de cent ans et datent d’après guerre. Attention au Japon une maison de plus de quarante ans est considérée comme ancienne…. Notre maison fait partie de cette catégorie et le lecteur attentif saura peut être d’ailleurs la repérer!
Et puis le reste, les constructions plus récentes, post seventies, à mes yeux sans grand intérêt et sur lesquelles je ne vais pas m’étaler.
Il serait intéressant de compter chaque type de maison pour chaque catégorie.
On voit bien aussi que notre vallée est de plus en plus étroite à mesure que l’on pogresse, c’est un cul de sac. Il y a donc peu de circulation et nous sommes plutôt en retrait de la modernité et de ses dépotoirs.
Une allée dans le jardin avec France Culture
Nous avons décidé de faire des petites allées dans le jardin; entre la maison et la route, pour briser la monotonie et aussi relier la maison à la route et au hanaré. Projet assez facile et qui n’a pris que quelques jours. Le travail était un peu fastidieux, répétitif mais permettait d’écouter la radio en même temps.
France CUL diffusait ce jour une conférence de 1953 sur la géographie politique de l’Amérique du Sud, par André Siegfried.
https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=f0d67765-9a61-4dcf-b18e-6d62782163a9
C’était formidable de faire mes trous et de poser les briques tout en écoutant cette voix un peu chevrotante d’autrefois, et un si beau texte lu avec tant d’intelligence.
Les villageois de passage étaient surpris à me voir travailler ainsi dehors avec la radio en français, qui leur sonnait comme de l’araméen, et à tue tête.
Choisir l’agencement des briques au départ était finalement la partie la plus délicate. Pour donner de l’équilibre, de la stabilité à ce projet il fallait une symbolique.
J’ai commencé par faire trois cercles alignés, chaque cercle représentant chacun de nous (ma femme, notre fils et moi-même). Le cercle au milieu est constitué par l’ancienne pierre d’un mortier (石臼), et représente notre fils.
Le fils est au centre des préoccupations; trois chemins convergent vers lui et se connectent à lui chacun avec un bloc de trois briques. Trois, répété trois fois.
A la fin du projet j’ai ajouté une croix dans le sol. Pour ne pas oublier le message du Christ et que, dans ce petit village perdu au milieu du Japon, je suis encerclé par les Bouddhistes 🙂
Les étés au Japon (et la chaleur)
Il y a 4 ans nous vivions encore à Tokyo. Les étés étaient si chauds! Chaleur. Humidité. Sauna permanent. Encore plus chaud quand on met une cravate pour le boulot… A Tokyo la chaleur était une obsession .. J’y pensais sans cesse … L’été c’était l’horreur !!!
Mais depuis notre installation à la campagne, c’est très différent.
une cigale
D’abord les nuits sont fraiches. Il n’y a guère que deux nuits chaque année où il fait très très chaud et où il est difficile de dormir.
Et nous pouvons vivre très bien sans climatisation. Les ventilateurs suffisent. Nous sommes pourtant peut-être les seuls du village qui sommes sans la clim… Quelle régression générale n’est-ce-pas. La maison, une maison japonaise traditionnelle, est fraiche également, grâce aux murs de terre, à l’entrée doma etc ..
De plus il faut ajouter que dès quatre heures de l’aprèm, notre maison est sous l’ombre de la montagne….
Aussi, dès la mi aout, les nuits sont plus fraiches. On peut alors déjà pressentir la fin de l’été. Ce que je ne sentais pas vraiment lorsque nous étions a Tokyo. Il fallait alors attendre jusqu’à septembre pour sentir une différence.
Nous remarquons à la maison que vers fin août, alors qu’il fait moins chaud, certains insectes viennent se promener. Ainsi l’année dernière un énorme cafard, gros comme le poing d’un boxeur, était venu s’écraser sur la table à manger un soir, fin aout. Nous étions tous attablés pour le diner. De chance, le cafard avait manqué le plat de spagghetis fumantes de quelques centimètres.
La fête de l’automne à Tatsuno
Tatsuno. Petite Ville à quelques encablures du village. Une ville d’histoire, c’est un peu un mini Kyoto, avec des clusters de temples et des ruelles anciennes bordées de vieilles bâtisses.
Sources de prospérité on y trouve encore de nombreuses fabriques de sauce de soja. Cette ville a de beaux restes.
Chaque année en novembre: la fête de l’automne.
Une centaine si ce n’est plus de petites échoppes, des marchands et des bénévoles, des paysans, des artisans s’égrainent aux bords des rues ou chez l’habitant et proposent leurs productions comme dans une grande foire.
Nous y avons passé une excellente journée et fait de belles rencontres.
Voici l’inventaire à la Prévert des différentes rencontres et découvertes. Ca donne une idée de la créativité générale. Et de la pêche qu’ont toutes ces belles personnes; tous âges confondus.
- Un jeune maçon retape l’ancien bar où officiait autrefois une geisha. Une association accompagne les jeunes qui souhaitent retaper des maisons ou commerces abandonnés pour y faire un café ou un nouveau business. L’association prend en charge une partie des travaux. Le maçon nous montre son chantier et on discute un peu. Il est jeune et a une vraie passion pour ce qu’il fait. Débordant d’énergie.
- On rencontre un agriculteur qui fait du bio. Il respire le bonheur. Il tient aussi un restaurant où ils servent un plat unique, et fort apprécié ici au Japon; le tamago kaké gohan. C’est à dire un oeuf crû mélangé à du riz.
- Une fleuriste avec une très jolie boutique. Tout y est bien arrangé. On se croirait chez un fleuriste branché de Tokyo.
- Un jeune couple retape un ancien bain publique. Construction étonnante car à priori on dirait une maison sans réel signe distinctif. Ils y monteront un restaurant au printemps prochain. On a hâte d’y aller.
- De très belles peintures de fleurs et de choses du quotidien par un groupe de femmes. On apprécie les couleurs, la sensibilité du trait et du propos.
- Les magnifiques dessins de paons; multicolores, par Akiko Ikawa, artiste trisomique, sont également exposés. Le Pape; nous dit-on; aime beaucoup ses dessins !
- Au détour d’une rue, on voit une belle bibliothèque; grande comme le salon d’une maison. Les portes sont ouvertes; les murs recouverts de livres. C’est lumineux; chaleureux. On a envie de s’y installer et d’y faire la sieste, on entre, on observe ….. ah mais c’est chez quelqu’un … oh le gars a transformé son salon en bibliothèque pour tous. C’est magnifique n’est ce pas, une vraie image du bonheur.
- Devant l’entrée d’un temple un monsieur vend des jikatabi dont il a fait le design. Ils sont très chouettes. Motifs à cheval entre modernité et tradition. Voici son site web. On discute. Il souhaite développer les ventes à l’étranger. On est d’accord que cela pourrait avoir du succès. Mais nos pieds sont peut-être trop grands. Ancien banquier, ce monsieur s’est lancé dans cette aventure. Bravo.
- A côté, trois belles jeunes femmes, les Trois Grâces de Raphael, proposent des légumes rares. Elles se sont lancées dans le jardinage bio. Une autre belle aventure.
- Musique; du jazz; il y a un groupe qui joue un truc chouette; dans le hangar d’une société de sauce de soja. Celle-ci est ouverte et nous visitons donc la fabrique. Les employés nous guident et nous montrent leur machines avec pleins de tuyaux. Le bâtiment; tout en bois, date du début de l’ère Showa et étale ses charpentes magnifiques.
Ces employés sont très sympathiques. J’apprécie de voir les ouvriers vendre directement leur production et guider le badaud dans leur usine. C’est beau. On sent la fierté de travailler pour une maison qui a de l’histoire et de faire de beaux produits.
D’ailleurs; pensez à François Michelin, qui toujours faisait référence à la société de pneumatiques avec le terme ‘maison’. Quel grand patron le fait aujourd’hui ? Aucun ! C’est fini !
Et puis nous retrouvons notre ami; tourneur sur bois. Nous lui achetons des baguettes. Il récolte lui-même la laque qui les protège.
Il y a aussi cette étrange maison n’est ce pas. recouverte de rouille. On hésite entre oeuvre d’art et tas d’ordure. Un peu des deux.
Au mur de la maison cette pancarte noire avec des signes jaunes: Dieu juge même les crimes du coeur
Immobilier et achat de maison au Japon
Nous avons reçu l’avis des taxes foncières avec la liste des bâtiments qui occupent notre terrain et leur valeur.

notre maison, une ferme japonaise traditionnelle. photo prise il y a un an, avant la construction du nouvel hanaré













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