Catégorie: japon
Les hommes à poêles
Les hommes à poêles sont de sacrés professionnels.
Ce sont eux qui ont installé Calcifer le poêle à bois lors de notre emménagement dans le village.
Nous leur avons demandé de venir ramoner et de faire le full health check de Calcifer !
D’abord ils sont chics et élégants; regardez les beaux pantalons, ensuite on voit le soin et la fierté qu’ils ont à faire leur travail. Et dans la bonne humeur.
Marque de respect du client, il ne demandent pas à utiliser les toilettes à la maison, ils font faire pipi au loin, on ne sait où. Allez trouver pareil en France !
Et quand on demande à les prendre en photo, pour le souvenir et pour le blog, ils font nian avec le poing, en imitant la petite patte du chat. .
ニャン!
Bref ce sont de vrais artistes … A droite Monsieur K, CEO, accompagné de ses superbes acolytes. Allez !!! Toute le monde à poêle !!!
Momigara ou glume de riz
Les récoltes de riz ont bien commencé dans les rizières du village. Les dates des récoltes dépendent du type de riz qui a été planté. Des variétés sont tardives et d’autres pas.
On voit les agriculteurs montés sur des machines qui ressemblent à des robots gundam.
C’est donc le moment d’aller prendre du momigara, ou glume de riz.
Certains le déposent aux pieds des légumes l’hiver dans les jardins pour les protéger du froid et du gel. Je me dis aussi que cela doit être très aussi bien pour pailler le potager, je suis curieux d’essayer en tout cas.
La voisine d’en face me propose d’aller en chercher ensemble. On part tous les deux dans le camion, et nous nous rendons a quelques kilomètres, chez un agriculteur. C’est monsieur T.
A cote de ses combain, mini moissonneuses batteuses montées sur chenilles de caoutchouc, un gros tas de momigara.
Monsieur T est content de nous voir car le momigara ne lui est d’aucune utilité et il souhaite s’en débarrasser. Nous en chargeons le camion.
A vivre à la campagne nous sommes proches des réalités et à bien y réfléchir une des choses les plus fantastiques que nous pouvons vivre, c’est d’être acteurs des cycles de transformation. Si la société de consommation rime souvent avec déchet, poubelle, gâchis (« waste » en anglais), à la campagne nous participons aux cycles de transformation où les matières organiques se transforment et sont utilisées de nouveau et à l’infini. Pas de plastique dans tout ça.
Examples, la récolte de riz s’accompagne donc de production de glumes, lesquels sont utiles pour le jardinage; leurs elements retournent à la terre et l’enrichissent.
Le bois coupé alimente Calcifer qui nous réchauffe, la cendre laissée par sa combustion retourne dans le jardin où elle enrichit le sol.
Pareil pour les déchets de la cuisine, ou encore le crottin de cheval du club hippique pas loin, la matière organique retourne à la terre et n’est jamais perdue, et alimente les organismes vivants du sol.
Cercles vertueux donc qui peuvent être répétés à l’infini.
Vocabulaire
もみがら 籾殻 momigara glume du riz
Kakis et édamamés
I AM THE BOSS
Démographie de la vallée
Le village est situé dans une petite vallée, fermée en cul de sac sur le nord et qui s’enfonce sur une dizaine de kilomètres.
Voyons la démographie de la vallée. C’est une question que je me suis longtemps posée ….
La mairie de Himeji dont nous dépendons publie des statistiques: http://www.city.himeji.lg.jp//toukei/index.html
Pour être précis la vallée se nommait autrefois Tomisu et comprend quatre hameaux.
- Tochihara
- Seki
- Suehiro
- Minago
Voici les statistiques présentées en graphiques en utilisant « Power BI » (Business Intelligence) de Microsoft.
Nous voyons donc que:
Il y a 804 habitants recensés dans notre vallée. 800 personnes c’est beaucoup … c’est pour ça que je connais pas encore tout le monde. 🙂
La population est âgée ! ! 110 enfants de moins de 14ans, soit 14%.
Les moins de 24 ans représentent seulement 22% de la population de la vallée.
Les moins de 44 ans sont 41% de la population.
12% de la population ont plus de 80 ans.
Il est clair que la population n’est pas répartie de façon homogène entre les hameaux:
A droite on voit le hameau de Seki, situé au bout de la vallée avec moins de 50 âmes et dont la très grande majorité a plus de 60 ans. Il n’y a pas d’enfants. Situé a 10 kilomètres du commerce le plus proche …. et historiquement peut être fermé aux gens de l’extérieur on peut se poser la question du devenir de ce hameau d’ici 10 ou 20 ans.
Dans les trois autres hameaux la population est plus conséquente, Suehiro et Minago ont chacun presque 300 âmes.
Les femmes (à gauche) sont plus nombreuses que les hommes ! C’est frappant dans la catégorie des plus de 80 ans. Il y a eu la guerre, l’alcool et le tabac …
64 octogénaires et plus femmes, pour 35 hommes.
Bon finalement, je me demande si ces statistiques m’apprennent beaucoup de choses. Il était clair dès le départ que la population est plutôt âgée ….et qu’il y a peu d’enfants.
Je sais aussi que mon fils et moi sommes les deux seuls français de la vallée …
Nous sommes les 0.2 % ! ! !
Et malgré toutes les statistiques possibles notre message reste le même,…. n’allez pas vous installer a Tokyo où 30 millions de personnes s’entassent et se gênent les unes les autres … non, venez vous installer dans la belle campagne japonaise … on y vit bien et de peu … et en plus on s’y sent utile. Et les esprits de la forêt veillent sur nous.
La fête de l’école
Samedi c’était la fête de l’école primaire du village. Notre fils y est, en CM2.
Vocabulaire; Fête de l’école – 運動会- undoukai
La fête de l’école dure toute la journée et c’est comme une grande fête du village entier. Car les parents mais aussi le club 3e age, la brigade de pompiers volontaires et tous les habitants intéressés s’y rendent.
Les enfants ont l’occasion de montrer à tous leurs progrès et les développements de leurs capacités dans les domaines de la course à pied, de la gymnastique, de la danse et de la musique.
Il y a aussi des jeux auxquels les clubs des mères de famille et les clubs des ainés participent. C’est donc ouvert à toute la communauté.
C’est un mélange de sérieux, de rire et de burlesque qui dure toute la journée et permet à la communauté du village de se retrouver et d’admirer la puissance et les promesses de sa jeunesse.
Ce spectacle est d’autant plus précieux que le nombre d’enfants dans la vallée a été divisé par trois en 50 ans. Effet conjugué de l’éxode rural et de la chute de la natalité.
Chacun dans l’assistance fait un peu comme il veut. Certains s’asseyent ensemble et boivent de l’alcool. 🙂 je dissimule les visages mais n’en pensez pas pour autant que les messieurs sur la photo ne sont pas respectables !
D’autres se retrouvent et discutent. D’autres encore se reposent et dorment.
Un tour qui me fait à chaque fois manquer de mourir de rire, c’est le tour burlesque de la brigade de pompiers volontaires. Déguisés en cochon, en canard ou encore en grenouille.
On fait assoir un pompier sur un fauteuil de bureau que l’on fait tourner rapidement. Puis le pompier doit pouvoir marcher sans tomber le long d’une poutre de gymnastique. Ensuite on lui plonge le visage dans de la farine et on lui fait avaler un infect jus de salade etc …
Cet épisode de blagues potaches style bizutage devant tout le village rappelle qu’il est bon de ne pas se prendre au sérieux !
En tout cas, on voit encore ici comment les Japonais savent vivre ensemble et en communauté. C’est vraiment remarquable.
Les rizières et les épouvantails
C’est Afro ! (afuro-kun)
On ne peut s’empécher de partager cette photo … un produit vu au Monsieur Bricolage du coin … pour une brosse abrasive qui se monte sur une perceuse et qu’on utilise pour retirer la rouille …
le produit est appelé mister Afro ou アフロ君 ‘afuro kun’.
Appréciez le design du paquet et le dessin du petit bonhomme coiffé d’une magnifique coupe afro… (la brosse) …
Il y a trois versions. La plus abrasive montre le gars avec l’air fâché et il est mal rasé … on dirait un yakuza … Il pointe l’index et il a l’air menaçant … Pour la brosse la moins abrasive le gars porte une moustache de gentleman et fait le signe OK en levant son pouce …
Je parie 10 kopecks que Monsieur Bricolage (en France) n’a pas un seul produit présenté aussi drôlement que celui-ci !!!!
C’est un tour de force de gens de marketing de la société SK11 (藤原産業株式会社)de pouvoir rendre drôle et pop une brosse pour retirer la rouille …
Lorsque l’on vit au Japon, on découvre souvent des choses tout à fait délirantes comme cet afuro kun … ça ajoute un peu de peps dans le quotidien. On adore !!! Love it !!!
Passer à l’orange et accidents de chasse
Cette année j’ai arrêté de porter des treillis militaires pour les travaux du jardin et dans la montagne.
Changement radical de style: Je suis passé à l’orange, et porte désormais des salopettes de cette couleur.
Le but, c’est de repérer facilement les sangsues et éviter que, indétectables sur les motifs de camouflage, elles arrivent à se promener dans mon slip !
Question treillis militaire nous aimions bien les camouflages à base de points Flecktarn de la Bundeswehr (allemagne fédérale), avec ce motif qui évoque les forêts de la lointaine Europe. Et aussi la variante désert qui convient très bien à la chaleur de l’été Japonais … mais bon …. par contre essayez de repérer une sangsue se promènant la-dessus …. C’est purement impossible.
Le pratique l’emporte sur l’esthétique.
Un autre soucis c’était d’éviter des accidents lorsque je travaille dans la montagne en période de chasse. Un mouvement, et hop on pourrait être pris pour du gibier et se prendre des plombs. J’avais donc posé la question à un bucheron qui travaille dans la région. Je lui avais demande s’il recommandait d’éviter de porter des camouflages militaires et s’il valait mieux opter pour des couleurs très voyantes. Sa réponse avait plus fait que m’étonner.
Le raisonnement du bucheron: ‘en fait la plupart des chasseurs sont des gens agés. Ils ont une mauvaise vue. Ils tirent plutôt a l’oreille, dans la direction des bruits que ferait un animal dans la montagne. Plutôt qu’un pantalon orange, mieux vaut emporter avec soi une radio, et mettre la musique à fond. C’est le meilleur moyen pour éviter les accidents de chasse (et aussi éviter les ours).’
Etonnant non ?
Message du temple #3
Je n’avais pas remarqué ce message affiché à l’entrée du temple bouddhiste du village. Il fait référence aux devoirs de vacances. :
On se dit quarante fois « oh ça je le ferai demain »,
que les vacances d’été seront déjà du passé






















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