Catégorie: journal

En tronçonnant

Je tronçonne les poutres de notre vieil hanaré, démoli en juin. Les poutres devenues bûches nourriront Calcifer le poêle à bois. C’est un très bon exercice et l’occasion pour moi de me familiariser avec le maniement de la tronçonneuse. Certaines poutres sont minées de clous et il faut veiller à les éviter, pour ne pas endommager la chaine. Je me protège les mains avec de gros gants de cuir.

Les essences, essentiellement du cryptomère, du cyprès et du pin. Pas de chataigner malheureusement. Pas forcément donc le meilleur bois pour se chauffer, mais ce sera comme rendre un dernier honneur au bois du vieil hanaré. Certaines poutres au fil des ans ont fait le régal des insectes qui y ont creusé des réseaux de galeries. D’autres poutres sont en excellent état et je me dis que c’est un peu dommage de les donner à manger au poêle à bois car elles pourraient très bien servir pour d’autres projets. Il suffirait de passer un coup de rabot rapide sur les faces grises pour redonner au bois toute sa beauté d’origine.

DSC_0638

DSC_0587

Une surprise, dans la mortaise d’une poutre, deux oeufs de gecko.

 

DSC_0644

Récolte (8)

Les petits camions

Le voyageur les remarquera partout dans les campages, au bord des champs, garés auprès des fermes, sur les chemins de montagne.
Les petits camions, on les appelle keitora. 軽トラ
軽 kei – 軽自動車 keijidoudhsa ou véhicule léger.
トラ tora – トラック torakku – truck écrit à la japonaise, ou camion.
La catégorie des véhicules légers est très spécifique.
Le moteur fait moins de 660cc, et les dimensions du véhicule sont limitées:3.4m de longueur, largeur max de 1.48m et hauteur max de 2m.
Universel, le keitora l’est aussi dans la couleur. Ils sont quasiment disons à 95% tous blancs ! On les voit vraiment partout.
La charge utile du petit véhicule, va tout de même jusqu’à 350kg, on pourra donc transbahuter beaucoup de choses.
Le léger uilitaire n’est pas gourmand en essence et la fiscalité avantageuse en fait le véhicule de choix pour ceux qui vivent à la campagne et ont besoin d’un deuxième ou troisième véhicule, ou le professionnel qui doit se déplacer avec ses outils et son matériel.
Petit, le camion passera partout, sur les routes et les chemins les plus étroits et Dieu sait qu’il y a beaucoup de chemins étroits au japon, dans les campagnes ! La plupart des modèles sont équipés de 4 roues motrices.
Si bien que presque tout le monde dans le village en a un. Les rares qui ne bricolent ni ne jardinent font exception.
Le kei tora est le descendant du triporteur , populaire des années 30 à 50-60.
Il hérite de son ancêtre la simplicité et la rusticité. Robustesse, manœuvrabilité, facilité d’entretien. Cela fait penser au char russe T34.
Tous les fabricants d’auto ont dans leurs catalogues un keitora. Honda, Suzuki, Daihatsu, Nissan, Mitsubishi, Toyota, Subaru.
Le keitora est tellement adapté à la vie à la campagne, il en est tellement emblématique, qu’on ne peut pas faire sans.
Dans mon cas il me servira à transporter du bois de chauffage, des pierres et du bois pour des projets de bricolage, ainsi que du crottin de cheval pour le jardin.
Voici quelques photos de keitoras, qui sauront ravir les amateurs.
DSC_0233 DSC_0299

Récolte (7)

Finalement ce sont les citrouilles qui ont le plus donné cet été. Avec les mini tomates; les piments et la coriandre.

Ce soir je découpe les citrouilles en cubes et les fait cuire dans la marmite, avec des tranches de cochon, du curry et autre épices. C’est assez réussi.

La terre du jardin demandera encore beaucoup de temps, de travail et de crottin de cheval; pour être ce que nous voudrions ce qu’elle soit.

Mais nous apprécions le dîner et ce cadeau de la terre.

DSC_0492

Les animaux

Vivre à la campagne entouré de la nature c’est vivre à proximité d animaux sauvages et partager avec eux le même espace. Et parfois les mêmes ressources lorsque ceux ci viennent dévorer, la nuit, en cachette, les légumes et les fleurs des jardins.
La présence de ces animaux, chevreuils, sangliers, blaireaux, fouines et mêmes singes et ours signifie que l’environnement où nous vivons n’a pas été saturé de polluants et de poisons. Si les bêtes peuvent vivre ici, il y fera bon vivre pour nous aussi les hommes.
Il est cependant assez rare de voir les animaux, ce sont des visions fortuites au hasard de promenades nocturnes ou au lever du jour. La journée, les animaux se dissimulent dans les montagnes et ils ne sont plus visibles.
Par contre on découvre parfois les ossements d’animaux.
  • je trouve la carapace d’un bébé tortue à côté du jardin.
  • un jour en forêt ma femme découvre le crâne d’une biche.
  • plus récemment nous apercevons au bord d’une route le crâne d’un blaireau.
  • et le squelette de chat trouvé derrière la maison
On peut se demander par quelles magies ces ossements d’animaux viennent croiser nos chemins.
Il y a peut etre un peu de Totoro là-dedans…comme les mondes parallèles, ceux de la réalité (le monde des adultes) et ceux des enfants, et ceux des esprits de la forêt qui parfois s’entrecroisent. Les enfants sont sur la frange intermédiaire, entre le monde des adultes et celui des esprits de la forêt. Voilà l’histoire de Totoro.
Les ossements découverts sont l’empreinte minérale des animaux sauvages.
En disparaissant les animaux sauvages cessent d’etre invisibles. C’est comme si soudain il existaient à la fois dans leur monde et le nôtre.
Les animaux sauvages après leur mort viennent nous rappeler leur existence, et le fait que les montagnes; les forêts, le village n’appartiennent pas qu’à nous les hommes, mais que nous les partageons avec d’autres êtres.

Comment repeindre sa boite aux lettres

Construction d’une maison japonaise – suite et fin !

C’est terminé.

Le sakanya pose un enduit blanc shikkui sur les murs extérieurs découvertes.

DSC_0809

 

L’électricien a installé l’éclairage.

Et les cloisons coulissantes en papier derrière les porte fenêtres, permettront de contrôler la lumière et de s’isoler un peu.

 

DSC_0861

Le résultat est vraiment au dessus de nos espérances.

Nous sommes très reconnaissants à S. et à son équipe.

Pour leur dire notre apréciation nous les invitons pour un diner français. Foie gras, confit de canard. Tout le tralala. Avec du pain ! du vin ! Nous passons un très bon moment.

DSC_0993

Construction d une maison japonaise les yaki itas – finition

Construction d’une maison japonaise – Yaki ita

 

Les murs de terre offrent une certaine isolation. Technique traditionnelle et ecologique.
Cependant, il faut bien entendu protéger les murs des précipitations, sous peine de voir l’eau les emporter.

Les parties les moins exposées c’est à dire celles protégées par le toit seront recouvertes d’enduit. Shikkui. 漆喰 しっくい

Les parties plus basses sont beaucoup plus exposées à la pluie. On agrafe une couverture imperméable (technique moderne), et l’on recouvre le tout de planches de bois, les yaki ita.

焼き板 やきいた
Ce sont des planches dont une face est carbonisée. Celà permet d’atténuer l’appétit des insectes et de protéger le bois de l’eau.

Les yaki itas sont faites sur place.

 

 

 

DSC_0469

 

Le manomètre, à mi-chemin entre Mickey Mouse et Tchernobyl.

 

DSC_0539

 

La préparation des yaki ita.

 

DSC_0580

 

On recouvre les parties basses des façades avec les yaki ita. Elles seront ainsi protégées des intempéries.

Construction d’une maison japonaise – Les murs de terre (3)

On voit, les semaines qui suivent, l’évolution de la terre et les changements qui accompagnent le séchage naturel.

Des craquelures apparaissent. Certains petits morceaux de terre même se défont du mur et tombent à terre.
Il est important, le temps que les murs de terre sèchent complètement, de laisser les fenètres ouvertes et d’assurer un courant d’air afin de laisser l’humidité partir, sous peine d’avoir des moisissures etc. On laisse donc un ventilateur tourner en boucle 24 heures sur 24.
En sèchant la terre se rétracte. On devine des rais de lumière entre la terre et la structure de bois de la maison.
Toutes ces transformations. On voit que la maison respire, et qu’il y fera bon vivre.
DSC_0889