Catégorie: le bonheur
Visite au temple shinto et les nouvelles amitiés
Les Dieux qui protègent le village, leur sanctuaire shintô est à la hauteur du deuxième hameau, un peu plus au fond de la vallée. Il faut s’aventurer jusqu’à mi-montagne. Nous sommes déjà allés au sanctuaire l’été. On suit la route qui monte; on traverse le deuxième hameau. Tout y est un peu plus sauvage; la vallée est plus étroite; regroupée.
Promenade en ville
Dans la ville voisine de Shiso.
Les vieux
La nature qui nous entoure n’a pas d’age. Elle se renouvelle constament, le cycle jamais ne s’arrête.
Par contre la population du village elle a un age bien visible.
La plupart des habitants ont plus de 50 ans. Notre fils est le seul enfant du hameau. Nous sommes le seul couple dans la quarantaine.
Il y a aussi des personnes très agées, de plus de 90 ans.
Ces vieux méritent le respect, car ils ont une sacrée pêche. Ils cultivent leur champs, coupent du bois dans les forêts, ils s’occupent de la communauté, veillent à ce que les enfants se rendent à l’école en toute sécurité en surveillant les carrefours le matin à sept heures trente, et ils maintienent les rites ancestraux. Ils portent avec eux la culture séculaire du village. Beaucoup donc repose sur leurs épaules. Physiquement actifs; impliqués dans la communauté et utiles aux autres. Sans doute les clefs d’une vieillesse heureuse et épanouie.
On a dressé les portraits de deux personnages exemplaires. Madame M. Monsieur H.
Brel décrivait une bien mésirable vieillesse:
les vieux ne parlent plus
ou alors seulement parfois du bout des yeus
même riches ils sont pauvres
ils n’ont plus d’illusions; ils n’ont plus qu’un coeur pour deux ….
les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides
leur monde est trop petit….
Sa chanson aurait été différente s’il était venu voir ici …
On a connu des villages en France, ou la population se rajeunit et se renouvelle, avec les arrivées de jeunes retraités, d’anglais fortunés, et de jeunes couples recherchant un immobilier plus abordable. Cependant dans ces villages je n’ai pas trouvé trace de culture. Tout est parti avec l’évaporation du Christianisme et Intermarché.
Ici non, les traditions sont encore vivaces.
A Tokyo on est surpris de voir, en effet dans la foule, beaucoup de personnes agées, et surtout des personnes très agées; de plus de 80 ans; beaucoup plus qu’ailleurs. On sait des écoles primaires désaffectées, commes les églises chez nous, et changées en appartements ou ateliers d’artistes (ce qu’elles auraient dû être dès le début).
Ici à la campagne le phénomène est beaucoup visible, car il y a peu de jeunes et très peu d’enfants. Tokyo et les très très grandes villes continuent d’aspirer les jeunes, si bien que les campagnes ici ont définitivement des cheveux blancs.
Quelques usines, que l’on imagine être performantes car pas encore transférées en Chine, permettent de retenir une poignée de couples jeunes.
Nous sommes une rare exception, en nous installant ainsi à la campagne. Le travail à distance n’est pas si populaire ici au Japon… Imaginez donc l’effet de l’arrivée d’un Françcais et de sa famille … quel scoop …
La question de l’avenir se pose. Que deviendra le village dans 10, 20 ans ? Les très vieux seront partis. Il y aura t il du sang frais ? … Le village finira t il par disparaitre ? Et que deviendra la culture qui l’anime et l’irrigue ?
Chaque changement appelle des opportunités. La campagne ou nous nous sommes établis est une chance formidable pour toute famille souhaitant changer de vie.
Une maison spacieuse avec grand jardin s’achète pour le prix d’une BMW. Les infrastructures les plus modernes sont disponibles. Nous sommes à 30 km d’une gare de Shinkansen et de là; à trois heures d’une mégalopole de 30 milions d’habitants, et à une heure d’un aéroport international.
La supply chain au Japon est une mecanique parfaite. Même ici, aux creux des montagnes, Amazon livre dans la journée. C’est fantastique.
On parle de la globalisation, et de la disparition des frontières entre les pays, mais c’est vrai aussi pour les frontières entre les villes et les campagnes.
Le garage
Les jardins
Je m’interesse de plus en plus aux jardins des voisins. Comme très souvent au Japon, les gens n’y vont pas à demie mesure dans leurs occupations et sont de vrais pros pour ce qui concerne l’organisation de leurs potagers et du travail nécessaires à leur développement.
On note, là où la rue du hameau courbe vers le petit pont de béton et d’acier, les pierres à aiguiser alignées, au sortir du jardin et au bord d’une canalisation. rien n’est laissé au hasard … et je vois le paysan maintenir le tranchant de ses faux et de ses bèches avec le plus grand soin.
Nous sommes arrivés au village, je venais de lire l’ouvrage remarquable de Sepp Holzer, et celui non moins informatif de Masanobu Fukuoka. Les deux auteurs-gourous-philisophes, chantres de la permaculture, sont très photogéniques sur Youtube.
L’idée de Fukuoka que l’on peut faire pousser plein de bonnes choses avec des rendements raisonnables et un minimum de travail m’a particulièrement séduit. Allez donc savoir pourquoi. J’ai semé de-ci de-là, des haricots rouges, du soja fin juillet. Plus tard fin août je suis passé aux daikons (radis géants japonais). Deux constatations s’imposent.
C’est magique, mais tout a surgi de terre et a poussé.
Patr contre, les haricots par exemple sont peu developpés, à peine s’affirment-ils au milieu des herbes folles, ils sont presque risibles au vu des gigantesques baobabs haricots, qui prolifèrent dans les jardins des voisins.
Une troisième constatation c’est que je me prends au jeu de la compétition, auxquels tous les jardiniers se prêtent sans doute, celui d’avoir un jardin plus beau et plus fourni que celui du voisin.
La réalité n’est pas aussi simple que dans les livres. J’ai beaucoup de choses à apprendre. Je tiendrai ma résolution de ne pas m’emcombrer d’herbicides, de pesticides etc … mais il me faudra observer, et dans tous les cas travailler un peu plus, donner de moi-même avant d’espérer produire des légumes plus beaux et plus heureux.
La plus belle heure de la journée
Une provision de sourires
Nous faisons une provision de sourires et de moments de bonheur avec les artisans qui travaillent sur le chantier de la maison.
Ici, avec Monsieur W., venu avec son camion et sa pelleteuse pour poser une dalle de béton sur la fosse sceptique.
Monsieur W. explique qu’il n’aime pas recevoir d’ordres, qu’il tient beaucoup à sa liberté et que c’est pourquoi il a monté sa propre activité.
Il a un très beau sourire. Le soir après les travaux il fait monter les enfants sur sa pelleteuse et leur explique comment s’en servir.
Monsieur H.
Quelques mots sur monsieur H qui habite dans le hameau.







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