Catégorie: vie à la campagne

Récolte (7)

Finalement ce sont les citrouilles qui ont le plus donné cet été. Avec les mini tomates; les piments et la coriandre.

Ce soir je découpe les citrouilles en cubes et les fait cuire dans la marmite, avec des tranches de cochon, du curry et autre épices. C’est assez réussi.

La terre du jardin demandera encore beaucoup de temps, de travail et de crottin de cheval; pour être ce que nous voudrions ce qu’elle soit.

Mais nous apprécions le dîner et ce cadeau de la terre.

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Les animaux

Vivre à la campagne entouré de la nature c’est vivre à proximité d animaux sauvages et partager avec eux le même espace. Et parfois les mêmes ressources lorsque ceux ci viennent dévorer, la nuit, en cachette, les légumes et les fleurs des jardins.
La présence de ces animaux, chevreuils, sangliers, blaireaux, fouines et mêmes singes et ours signifie que l’environnement où nous vivons n’a pas été saturé de polluants et de poisons. Si les bêtes peuvent vivre ici, il y fera bon vivre pour nous aussi les hommes.
Il est cependant assez rare de voir les animaux, ce sont des visions fortuites au hasard de promenades nocturnes ou au lever du jour. La journée, les animaux se dissimulent dans les montagnes et ils ne sont plus visibles.
Par contre on découvre parfois les ossements d’animaux.
  • je trouve la carapace d’un bébé tortue à côté du jardin.
  • un jour en forêt ma femme découvre le crâne d’une biche.
  • plus récemment nous apercevons au bord d’une route le crâne d’un blaireau.
  • et le squelette de chat trouvé derrière la maison
On peut se demander par quelles magies ces ossements d’animaux viennent croiser nos chemins.
Il y a peut etre un peu de Totoro là-dedans…comme les mondes parallèles, ceux de la réalité (le monde des adultes) et ceux des enfants, et ceux des esprits de la forêt qui parfois s’entrecroisent. Les enfants sont sur la frange intermédiaire, entre le monde des adultes et celui des esprits de la forêt. Voilà l’histoire de Totoro.
Les ossements découverts sont l’empreinte minérale des animaux sauvages.
En disparaissant les animaux sauvages cessent d’etre invisibles. C’est comme si soudain il existaient à la fois dans leur monde et le nôtre.
Les animaux sauvages après leur mort viennent nous rappeler leur existence, et le fait que les montagnes; les forêts, le village n’appartiennent pas qu’à nous les hommes, mais que nous les partageons avec d’autres êtres.

Insectes d’Octobre

Cache cache

La chèvre (le bouc)

Pour quelques semaines cet été nous avons une chèvre. Un ami nous la prête.

Enfin, c’est un bouc.
Au début les habitants du village ont crû à une nouvelle extravagance, après la construction de ma palissade gigantesque et celle de notre nouvelle petite maison selon les méthodes ancestrales. Ils nous demandaient si nous avions acheté la chèvre et si l’on pouvait avoir du lait.
Nous l’avons installée dans une méchante cage en fer, en général utilisée pour piéger du gibier dans les montagnes et en faire des steaks et du sashimi.
Le temps que la chevre s’habitue à nous, ensuite nous la ferons sortir dans le jardin. Nous l’avons fait promener dans le village déjà à deux reprises. Elle n’est pas très farouche. Bien qu’elle ait fait mine de s’échapper.
Plus je regarde la chèvre plus je la trouve belle. Voilà une tête incroyable. Quelles oreilles. Et les yeux. Et le pelage délicat. Superbe animal.
Je suis aussi très intéressé par le fait que c’est un herbivore. C’est très pratique. Il suffit de partir le long de la rivière remplir la brouette de branches et de lianes avec la vieille serpe et le tour est joué. La chèvre ne mange pas n’importe quoi et choisit ce qu’elle mange. On voit qu’elle apprécie certaines plantes plus que d’autres et qu’elle ne touche pas du tout à certaines. Néanmoins cela permet de faire oeuvre utile, car, chaque jour je dégage les rives qui-, obstruées de végétation, sont le repaires de serpents.
Aussi elle adore les nouilles précuites instantanées (kappu ramen).
Au début; l’idée était d’avoir la chèvre  pour distraire les enfants cet été pendant les vacances, mais je me suis pris au jeu et j’affectionne désormais aller prendre mon café entre deux séances de travail et de m’asseoir face à la chèvre et de la regarder. Je lui parle en français et elle semble m’écouter sans me comprendre.
En fait; dès que je peux m’éloigner du travail je vais la voir. Faut dire que dès que je m’éloigne et fais mine de retourner au travail elle m’appelle. méééé t’en vas pas.
Son visage expressif, parfois on distingue ce qui ressemble à un sourire.
Et puis c’est amusant de la voir se gratter le dos avec ses cornes.
Nous qui n’avons jamais eu d’animal de compagnie, c’est une belle expérience; qui nous permet des réflexions nouvelles. S’occuper d’un animal et pouvoir lui prodiguer de la gentillesse; de la douceur; prendre soin de lui, donne beaucoup de satisfaction en retour. C’est donc un moyen de développer son coeur.
Cette expérience nous rouvre les yeux, comme tout ce qui nous arrive ici au village.
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Dimanche

Dimanche est le jour du Seigneur et nous voyons beaucoup de petites créatures aujourd’hui.

Une salamandrenihon imori 日本イモリ

A propos; imori s’écrit 井守, ce qui signifie le protecteur du puits.

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Regardez, les belles taches rouges qu’elle porte sur le ventre. En fait; il est déconseillé de toucher les salamandres directement car elles contiennent beaucoup de toxines. Ces toxines proviennent des insectes dont elles se nourrissent. A l’époque de Edo, les salamandres était un mets recherché. Nous même y avons goûté d’ailleurs il y a quelques années dans un troquet à Tokyo.

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Dans le jardin nous avons de vieux tatamis dont nous allons réutiliser la paille pour le jardin. On y découvre un kokuwagata mort. (Lucanidae) En effet ces gros coléoptères si apréciés des enfants ici aiment dit-on pondre dans les tatamis …

コクワガタ小鍬形 Dorcus rectus).

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En puis dans une rizière non loin; cette grenouille grosse comme le pousse d’un enfant.

 

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Tortues

Ce matin à cinq heures. Une belle tortue attend sur le bord de la route, en face du jardin. Certainement elle s’est hissée de la rivière. Il s’agit d’une nihon ishi game ニホニシガメ(Mauremys japonica).

 

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A quelques mètres d’elle je découvre une autre tortue, bébé, malheureusement écrasée sur la route.

 

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Remède de grand-mère

Remède de grand-mère pour les morsures de scolopendres.

Attraper des scolopendres, les plonger vivants dans une bouteille emplie d’huile ou de saké.

Si l’on est mordu par un scolopendre, appliquer l’huile ou la saké. Cela neutralise la douleur.

Point important, il faut que le scolopendre que l’on met dans le flacon soit vivant.

Nous avons commencé, avec de l’huile d’olive italienne ….

scolopendre dans l'huile scolopendre dans l'huile

Ca me fait penser à la chanson;

Une souris verte qui courrait dans l’herbe

Je l’attrape par la queue

Je la montre à ces messieurs

Ces messieurs me disent 

Trempez la dans l’eau

Trempez la dans l’huile

Ca vous fera un escargot tout chaud.

Fleurs et pommes de terre

Mes rangs de patates ressemblent à un champ de fleurs

C’est comme ça, la permaculture ?
Ne pas s’enquiquiner à retirer toutes les (mauvaises ?) herbes ?
Distraire les insectes avec des fleurs; et pleins d’autres choses à manger. Pour le plaisir des abeilles aussi…
Par contre il est assez difficile pour les grenouilles de se cacher dans le champ. Je vais ajouter quelques grosses pierres pour leur servir d’abri. Les grenouilles pourraient se nourrir de ces insectes indésirables qui dévorent nos brocolis ?
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Les Ours

Dans le kairan, les messages que l’ont se passe de maison en maison dans le village, un pamphlet nous avertit du danger des ours, qui s’éveillent de leur période d’hibernation et risquent de s’haventurer sur les chemins de montagne à proximité du village, voire dans le village même.

Le pamphlet prodigue quelques conseils en cas de rencontre impromptue avec l’animal, ainsi que des précautions à prendre, comme éviter de laisser des restes de pique nique en montagne etc..

Il décrit aussi l’animal et explique lesquels de ses sens sont les plus développés etc … c’est vraiment bien fait.

A propos, le sac à dos de notre fils est équipé d’une grosse clochette, histoire d’avertir les ours de sa présence sur les chemins de l’école.

Pour ce qui concerne l’espèce d’ours en question, il s’agit du Tsukinowaguma, soit Ursus thibetanus, ou Ours Noir d’Asie, l’une des deux espèces d’ours qui vivent au Japon.

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