Salamandre

Le yomogi

On fait sécher du yomogi.Le plante est une de mes plantes préférées.

feuilles de yomogi à sécher

feuilles de yomogi à sécher

En infusion ce sera un vrai régal. Et puis l’infusion de yomogi fait beaucoup de bien. On sent une amélioration générale de la circulation sanguine et ça donne une peau de bébé.

Le yomogi est une plante que l’on trouve un peu partout dans l’ile principale du Japon Honshuu, sur le bord des chemins et des rivières.

Il faut noter que le yomogi fait partie de la famille des armoises (Artemisia princeps, mugwort en anglais) et joue un rôle important dans la médecine traditionnelle Japonaise et Chinoise:
Car c’est avec le yomogi que l’on produit le moxa, cette substance que l’on brûle pour stimuler par la chaleur le point d’acupuncture.
D’ailleurs le terme « moxa » vient du mot Japonais mogusa qui désigne le duvet receuilli sous les feuilles du yomogi….

yomogi

yomogi

 

Le poivre japonais

 


Sanshō
. 山椒

Zanthoxylum piperitum, ou le poivre japonais.
C’est un arbuste. Deux poussent dans notre jardin.
On trouve les fruits de cet arbuste dans le Shichimi, un mélange d`epices très courant que l’on trouve sur les tables des restaurants et qui accompagne très bien les soupes de nouilles soba
Nous récoltons quelques jeunes feuilles de sanshō. Marinées, elles se dégustent avec du riz.
sansho

Tara no me

Wikipédia nous renseigne un peu sur l’angélique du Japon. Ou taranoki en Japonais.

Aralia elata; Angélique du Japon, aralie japonaise

C’est un arbuste pouvant atteindre 4-5m de haut, voire 10m dans certaines régions, au feuillage caduc, aux feuilles composées (1m de long), aux petites fleurs blanches en longs panicules, aux grosses épines sur les tiges. Il a tendance à se multiplier en drageonnant et forme des touffes, ce qui lui vaut le surnom de l’arbre qui marche.

La floraison se produit en fin d’été et les feuilles se colorent en jaune-orangé et rouge en automne. Il fait des petites drupes noires en grappes qui sont excellentes pour les oiseaux.
Wiki ne nous dit pas c’est que les pousses de cet arbuste, que l’on nomme  taranome タラの芽, sont un mets recherché ici au Japon.

On les sert surtout en tempura.
Notre voisin d’en face est un fin gourmet et il cultive une centaine de taranoki dans son jardin. Il nous a offerts quelques pousses.
On note que l’écorce des taranoki est utilsée dans la pharmacopée traditionnelle, pour fortifier l’estomac et soigne le diabète.
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Les pousses de bambou

C’est la saison. Des pousses de bambou. Jusqu’à mai. C’est beau, il suffit de demander la permission aux voisins et d’aller se servir. Les chevreuils ne demandent la permission de personne, eux, et mordent les parties affleurantes.

On dégage la terre autour de la pousse de bambou et ensuite un coup de pioche bien placé.
Les pousses de bambou ont un aspect assez intriguant. Elles sont lourdes. Et couvertes d’un duvet noir qui leur donne un aspect animal. Quand j’en tiens dans mes mains j’ai l’impression de tenir une patte d’ours. Impression renforcée par les feuilles vertes qui émergent du bout de la pousse et qui évoquent des griffes.
De toute façon il y a quelque chose de magique. Car ce que l’on va faire bouillir, avec du son de riz (こめぬか) et un (鷹の爪 -griffe d’aigle ou piment rouge) et va devenir un délicieux ingrédient à la texture unique aurait pû continuer à pousser et jusqu’à trois quatre mètres de haut.
Vocabulaire
たけ 竹 Bambou
タケノコ 筍 Pousse de bambou
たかのつめ 鷹の爪 litéralement la griffe d’aigle, désigne une espèce de petit piment rouge courant en Chine; Corée et Japon; Capsicum annuum
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Le coup de pioche bien placé
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Voilà …
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On les fait bouillir, mélangées à du komenuka (son de riz) et des piments. Etape nécessaire pour les rendre comestibles.

Le retour des monstres

L’écosystème et l’escalier

Le mur derrière la maison. Un tas de bois datant de 10 ans au moins le protégeait du regard. L’hiver et le chauffage au bois aidant le tas de bois a diminué.

Le mur a l’âge de la maison. Il est en terre battue, apposée sur un treillis fait de bambou. De méchantes plantes de bois le protégeaient à moitié du tas de bois. Le tas de bois, mélange de branches de cyprès idéales pour commencer le feu, de vielles planches de bois, et des morceaux de pin qui avaient du servir à chauffer l’eau du bain jadis.

L’endroit coincé sous un préhaut est sombre; humide. Je n’étais jamais vraiment rassuré lorsque la nuit j’allais y chercher du bois pour alimenter Calcifer notre poêle à bois. J’avais l’impression à la fois d’être observé par des animaux et d’être à la frontière d’un monde parallèle (mais par nécessairement hostile).

Finalement nous dégageons tout le tas de bois pour faire réparer le mur. Il aurait fallu une autre année à Calcifer pour en venir à bout, et nous voulons fermer les autoroutes à scolopendres avant l’été.

Et nous avons quelques surprises.

1 une petite colonie de termites s’est installées entre des planches au milieu du tas de bois. Impressionnant de voir ces êtres redoutables, blancs, silencieux. La colonie heureusement est limitée à quelques planches. Je jette les termites à la rivière avant d’aller brûler le bois derrière les montagnes. Holocauste.
2 le reste du squelette du chat dont nous avons parlé plus tôt. On voit les deux omoplates et des vertèbres. Le chat est il mort ici silencieusement ou le renard l’a-t-il mangé ?
3 et puis, sur le mur de terre battue, enfin dégagé des planches, de délicates structures de terre construites par de petites guêpes.

Le mur en lui même n’est pas en si mauvais état. Saki chan le charpentier du village nous dit que les murs anciens en terre battue sont très solides.
Certes il y a des trous. Pas étonnant que des animaux se promènent sous le plancher de la cuisine. Mais je m’attendais à quelque chose de bien pire.

La nature nest pas naive. Il ne faut pas la sous-estimer. Cependant même si la nature est cruelle et dure, elle n’a pas la méchanceté ni la bêtise de l’homme.

En tout cas il s’en est passé des choses; dans notre tas de bois, derrière la maison.

Une dernière remarque. Chacune de notre expérience à la campagne est crescendo. Nous sommes partis de zéro. A mesure que nous nous accoutumons à ce nouvel environnement et que nous en profitons avec plus de profondeur, viennent des événements dont nous nous serions bien passés. (le scolopendre, les insectes, un animal sous la cuisine, et ces termites, et le squelette du chat). Ce sont comme les marches d’un escalier, que nous gravissons pas à pas, les étapes d’une initiation.

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Le mur derrière la maison. Une fois le tas de bois et les planches dégagés.

nid de guèpes

Les délicats nids de guèpes sur le mur même. Les guèpes ont sans doute utilisé la terre du mur pour les faire.

Les os du chat

Le reste du fameux squelette du chat. Qui était bien caché derrière les fagots.

termites

Les termites découvertes entre des planches. Je les ai balancées dans la rivière. Mais j’ai remarqué que, le lendemain, les poissons ne les avaient pas mangées.

Fleurs

De Retour de ville

De Retour de ville

Passé une semaine à Tokyo. Il y a eu des moments forts. Retrouver les amis. Une bonne cuite. Les trains pleins de noyés.
De retour au village, le printemps s’est installé. Cacophonie des oiseaux. Les plantes aussi.
Alors que le travail sur ordinateur m’attend, je lui vole quelques instants pour faire des gestes, impossibles en ville. Ca m’a manqué de ne pouvoir bouger ainsi;
Couper des herbes folles dans le jardin, avec la petite faucile kama
Apporter de l’eau aux rosiers et aux fraisiers qui ont soif.
La discussion avec K, artiste et chef sushi à Tokyo, me fait penser à mes haches. Je les sors du garage; m’assieds les pieds dans la rivière et répare avec la pierre à aiguiser les lames fatiguées de tout le travail l’hiver.
Faire ces gestes simples les pieds dans l’eau et le chant des oiseaux, et voir la lame de la hache reprendre vie, tout celà me repose de la fatigue du voyage et des 600 kilomètres dans les bottes.
K aiguise ses couteaux chaque jour, après le service de midi. Pour un chef sushi; le couteau, c’est la vie. Il m’a montré deux couteaux. Un neuf et un autre qu’il utilise depuis 10 ans. Bien qu’ils soient le même modèle, le plus vieux fait la moitié du nouveau, on dirait son enfant.

Le motoculteur et les anciennes rizières

Nous avons récupéré le motoculteur Honda FU650 de l’ancien propriétaire. C’est un bel engin, en excellent état malgré ses 10 ans d’age.

Nous le passons dans deux champs. La terre, dure, tassée, qui ne laissait pas pousser les légumes, et supprimait leur envie de lebensraum, se laisse ouvrir par le labour. Elle devient légère, redevient terre.  L’opération ne lui fait pas mal, ne la meurtrit pas, mais la fait s’épanouir, lui redonne une nouvelle vie. La terre devient si belle qu’on en mangerait. Mousse au chololat.
Les champs n’ont pas été utilisés pendant 30 ans au moins. Je vois peu de vers de terre. A certains endroits la terre est dure comme de la pierre. Il faut 10 ans pour obtenir une bonne terre.
Moi qui aime l’immédiat; je suis servi.
Les champs sont d’anciennes rizières. Les hommes autrefois ont creusé la terre à 50 centimetres et on recouvert le fond de pierres et de caillous, afin de rendre le terrain imperméable et de  retenir l’eau nécessaire à la culture riz.
Nous devrons donc faire de beaux rangs, et y ajouter de la terre; augmenter la couche de l’humus, pour que les légumes y poussent sans que leurs racines n’atteignent la glaise et ne s’abîment dans son humidité.
Ceci dit, je n’ai pas l’intention de faire des rangées de légumes, alignés comme au régiment. Il y aura de l’improvisation, du chaos, un peu de folie. Et puis, pas de film plastique ni d’engrais chimiques ou d’entre choses affreuses comme de la poudre d’os, je n’ai aucune envie de polluer ma terre avec des produits recyclés d’abattoirs.
De toute façon, ce qui poussera, les chevreuils viendront le manger la nuit.
Je prendrai ce qu’ils nous laisseront.
motoculteur fu650
champ laboure