Sous le engawa
Un voisin très sympathique, une belle personnalité, revient dans le village. L’hiver il préfère rester en ville les week end. Le printemps revenu, il passe au village les dimanches.

Un voisin très sympathique, une belle personnalité, revient dans le village. L’hiver il préfère rester en ville les week end. Le printemps revenu, il passe au village les dimanches.
Je me rends compte que j’écris beaucoup sur la maison et certaines de ses caractéristiques, mais ne l’ai pas encore montrée dans son entier.
A gauche, le hanaré. C’est là que l’on s’occupait des vers à soie jadis. Et au centre, la maison où nous vivons. Dans le courrant de l’année nous allons faire des travaux et retapper le hanaré afin de pouvoir en profiter.
En ce moment nous travaillons dans le jardin. Nous allons faire un passage avec des traverses en bois qu’un voisin nous a données.
Et oui c’est le printemps et c’est très agréable de passer du temps dehors.
Monsieur S avait fait raser ses deux vieilles maisons pour en construire une nouvelle. Les deux maisons détruites, nous avions récupéré le bois pour alimenter Calcifer, notre poêle a bois.
5 Mars.
C’est le keichitsu. 啓蟄. Le moment dans l’année; où la longitude céleste du soleil est entre 345 et 360 degrés. Le terme désigne une période donnée dans le calendrier traditionel.
Keichitsu désigne aussi le moment où les insectes s’éveillent et entrent en activité.
Revoyons nos kanjis;
Et effectivement la nature ne trompe pas, puisqu’aujour’hui nous voyons notre premier cafard, en promenade dans la cuisine.. celà ne nous empèche pas de garder le moral.
Dimanche. Promenade en voiture. Villes de Sasayama et Tanba, à 80 km à l’ouest de Osaka.
Finalement, après tant d’années en ville; la liberté, c’est ça: avoir beaucoup d’espace, peu de voisins, avoir à disposition tous les outils et matériaux nécessaires, et pouvoir fabriquer ce que l’on veut, quand on le souhaite.
En ville; du temps; j’en avais à faire fumier,Si bien que nous devions trouver à faire des choses, pour nous occuper.Aller acheter ci, aller visiter ça.Ici à la campagne c’est le contraire; il y a profusion de choses à faire, mais le temps manque.
Ma pièce préférée de la maison, c’est le doma.
Doma s’écrit 土間:
Le premier caractère 土 signifie ‘terre’, le second 間 ‘espace’. Traditionnellement le sol du doma est en effet de terre battue; par opposition aux pièces dont le sol est en plancher ou en tatamis.
Le doma est l’entrée de la maison japonaise traditionnelle.
Chez nous le doma est carré.
Une face du carré est fixe, c’est une cloison, qui avant les travaux donnait sur un débarras. Autrefois ça donnait sur l’étable et la vache Marguerite.
Les trois autres faces du carré sont des cloisons coulissantes.
Ce que j’aime avec le doma; c’est la transition douce qu’il assure entre l’intérieur et l’extérieur. C’est le sas de décompression entre privé public, entre confort et nature.
Il permet aussi d’accéder directement au bureau ou à la cuisine.
Il est spacieux et l’on peut s’asseoir sur un banc et mettre ses bottes sans se presser.
J’y ai fait d’ailleurs une boite à chaussures qui fonctionne aussi comme un banc. Nous avons mis un autre banc; histoire de prendre ses aises et que tout le monde aie assez de place.
Dans les maisons japonaises contemporaines le doma est remplacé par le genkan; un espace réduit où se chausser et se déchausser est, à cause du manque d’espace, trop souvent un exercice d’équilibre.
Le doma est vraiment adapté à la vie à la campagne.
On peut y poser des légumes fraichement cueillis du jardin, venir avec ses bottes pleines de terre, sans se soucier de salir l’intérieur de la maison.
Idem, le doma se prête à poser le stock de bois de chauffe de la journée. C’est peut-être d’ailleurs un bon équivalent de la cave, car il n’y fait ni trop chaud ni trop froid.
Le doma c’est un art de vivre ancien dont nous sommes bien heureux de pouvoir profiter !
Il est plus que temps de récolter les daikons du jardin. (daikon sur wikipedia) Je les avais plantés à la va vite, avant un retour vers Tokyo, à la fin septembre.
Ce qui est remarquable; c’est que malgré l’absence totale de préparations et de soins, quelque chose ait poussé.
Je n’ai pas labouré le terrain; lequel a été laissé à l’abandon pendant X années, et a été bien tassé par le passage de camions lors des travaux de la maison cet été.
Tout juste me suis-je contenté de faire des trous avec une bèche et d’y jeter deux ou trois graines, et de refermer le tout d’un coup de botte.
Je n’ai pas non plus retiré par la suite les pousses plus petites qui génaient les autres. Sans mentionner l’absence d’engrais.
Bref, ‘faut pas s’étonner de la taille minuscule des daikons que je viens de récolter ce matin. Le fait que les graines aient germé et donné suite à ceci est en soi une surprise.
Septembre prochain, si Dieu le veut, je passerai le motoculteur, et je donnerai un peu plus, ce sera intéressant; alors, de voir la différence que celà fait.
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.