Promenade de fin d’après-midi
Bois de Chauffe (suite et fin)
Bon on a fini de tronçonner les poutres des deux maisons de Monsieur S. Tout est rangé et celà fait un joli tas de bois. Cela a été beaucoup de travail.
Ca a pris deux jours. La machine hydraulique à fendre les bûches a été super utile et nous a économisé beaucoup de temps.Ranger le bois a pris trois heures.
C’est un travail qui a sens; en transpirant dans mes pulls je me disais que ce travail permettra à ma famille de passer les prochains mois sans avoir froid. Voilà une pensée qu’il est bien difficile d’avoir en ville, ou tout est plus simple mais aussi beaucoup plus abstrait. En rangeant le bois aussi je me suis demandé comment j’ai pu faire pour tenir si longtemps en ville. Ici à la campagne; les choses que nous faisons ont un sens palpable, qu’il s’agisse de planter un arbre, construire quelque chose, couper du bois ou participer aux fêtes du village.
Entre autres choses il était intéressant de voir les types de bois utilisés dans les maisons japonaises; récentes et anciennes. Différentes essences sont utilisées, mais elles sont choisies et chacune est utilisée dans une partie spécifique de la maison; les poutres de châtaignier sont par exemple utilisées pour les colonnes; les supports verticaux, et le cryptomère est utilisé pour la toiture. certaines poutres étaient impressionnantes par leur taille. Des arbres centenaires. Si l’on sait que la maison la plus ancienne avait 80 ans; on en déduit que les arbres datent de 180 ans; on remonte donc jusqu’à 1830.
Dans ces deux maisons; les poutres étaient assemblées suivant la technique traditionnelle. C’est à dire que tout s’emboîte l’un dans l’autre, sans l’intervention de clous ou de vis.
Pour la maison de 80 ans, les pièces de bois sont toutes différentes, elles ont été découpés et préparées sur place; par des artisans. Chaque poutre a son caractère; elle ne ressemble à aucune autre. Certaines; une fois découpées font même penser à des statuettes de l’art primaire. J’ai décidé de garder celle-ci pour mon bureau. Essuyée et vernie, elle sera magnifique.
L’économie de la montagne
Je discute avec un voisin. Il parle très vite et assez peu distinctement, j’essaie de bien le comprendre.
Il explique qu’il revient de sa montagne où il a coupé du bois.
Une bonne conversation s’ensuit.
Le village est entouré de montagnes.
Jusque dans les années 70 le bois des forêts avoisinantes a assuré une certaine prospérité au village. C’est récent, celà date de la guerre après laquelle on a dû tout reconstruire, et le boom économique qui a suivi.
Toutes les forêts consistent en du cryptomère. Lequel pousse droit et vite et convient parfaitement à la construction des maisons. Il y a donc peu d’essences différentes. Pour cette raison d’ailleurs; les chevreuils n’ont pas grand graine à se mettre sous la dent, et ils viennent jusque dans les villages et les potagers pour s’alimenter.
L’ouverture du marché, et l’apparition de bois importé de Sibérie, du Canada ou de l’Asie du Sud Est a tout chamboulé. Le bois Japonais, trop cher ne se vend plus. Et les montagnes ne rapportent plus rien. Leur valeur a baissé d’autant.
Vous avez une idée de combien coûte une montagne en France ? Je pense déjà à mon cadeau d’anniversaire …
La Maison du voisin
La pelleteuse a déjà commencé à detruire la vieille maison du voisin. Nous récupérons les meilleurs morceaux de bois, pour nous chauffer l’hiver prochain.
C’est l’occasion de prendre quelques photos en espérant que ce qui reste du toit ne nous tombe pas sur la tête.
On note que gràce à l’emploi de torchis pour les murs et les cloisons, il faut relativement peu de bois pour un telle construction. Economique, léger, souple …

Sur la moitié droite, la maison en question. On discerne le torchis placé entre le toit et les tuiles.
Cette pièce était la pièce principale. Au fond; le tokonoma avec le pilier vernissé. On distingue également les troncs d’arbres qui supportaient le plancher. Les tatamis et les planches ont été retirés.

Une ouverture donne sur le toit. Vue sur la charpente.
Chez nous, il devait y avoir une ouverture similaire, mais elle a été fermée.
On devait stocker du foin j’imagine. On distingue un crochet métallique sans doute pour accrocher une échelle ou bien utiliser des cordes.
L’ancien engawa
Comme très souvent à l la campagne, un espace de rangement extérieur abrité est arrangé le long d’un mur. Idéal pour stocker du bois.
Le ‘Tondo’ (purification)
Bois de chauffe
Le Terrain de Sumo (Dohyou)
Une découverte merveilleuse
2013
La tradition, ici au Japon, veut que l’on se rende au temple bouddhiste du quartier ou du village, et que l’on fasse sonner la cloche du temple 108 fois; avant le nouvel an.





























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