Le Doma

Ma pièce préférée de la maison, c’est le doma.

Doma s’écrit 土間:
Le premier caractère 土 signifie ‘terre’, le second 間 ‘espace’. Traditionnellement le sol du doma est en effet de terre battue; par opposition aux pièces dont le sol est en plancher ou en tatamis.

Le doma est l’entrée de la maison japonaise traditionnelle.

Chez nous le doma est carré.

Une face du carré est fixe, c’est une cloison, qui avant les travaux donnait sur un débarras. Autrefois ça donnait sur l’étable et la vache Marguerite.

Les trois autres faces du carré sont des cloisons coulissantes.

  • Une vers l’extérieur.
  • Une vers le salon cuisine
  • Une vers le bureau bibliothèque.

Ce que j’aime avec le doma; c’est la transition douce qu’il assure entre l’intérieur et l’extérieur. C’est le sas de décompression entre privé public, entre confort et nature.

Il permet aussi d’accéder directement au bureau ou à la cuisine.
Il est spacieux et l’on peut s’asseoir sur un banc et mettre ses bottes sans se presser.

J’y ai fait d’ailleurs une boite à chaussures qui fonctionne aussi comme un banc. Nous avons mis un autre banc; histoire de prendre ses aises et que tout le monde aie assez de place.

Dans les maisons japonaises contemporaines le doma est remplacé par le genkan; un espace réduit où se chausser et se déchausser est, à cause du manque d’espace, trop souvent un exercice d’équilibre.

Le doma est vraiment adapté à la vie à la campagne.
On peut y poser des légumes fraichement cueillis du jardin, venir avec ses bottes pleines de terre, sans se soucier de salir l’intérieur de la maison.
Idem, le doma se prête à poser le stock de bois de chauffe de la journée. C’est peut-être d’ailleurs un bon équivalent de la cave, car il n’y fait ni trop chaud ni trop froid.

Le doma c’est un art de vivre ancien dont nous sommes bien heureux de pouvoir profiter !

DOMA

Permaculture #1. Les daikons.

Il est plus que temps de récolter les daikons du jardin. (daikon sur wikipedia) Je les avais plantés à la va vite, avant un retour vers Tokyo, à la fin septembre.

Ce qui est remarquable; c’est que malgré l’absence totale de préparations et de soins, quelque chose ait poussé.

Je n’ai pas labouré le terrain; lequel a été laissé à l’abandon pendant X années, et a été bien tassé par le passage de camions lors des travaux de la maison cet été.
Tout juste me suis-je contenté de faire des trous avec une bèche et d’y jeter deux ou trois graines, et de refermer le tout d’un coup de botte.

Je n’ai pas non plus retiré par la suite les pousses plus petites qui génaient les autres. Sans mentionner l’absence d’engrais.
Bref, ‘faut pas s’étonner de la taille minuscule des daikons que je viens de récolter ce matin. Le fait que les graines aient germé et donné suite à ceci est en soi une surprise.

Septembre prochain, si Dieu le veut, je passerai le motoculteur, et je donnerai un peu plus, ce sera intéressant; alors, de voir la différence que celà fait.

la récolte de daikons

Le Chevreuil piégé.

Huit heures du mat’, les brumes chachent le haut des montagnes. Il fait doux aujourd’hui; on sent le printemps s’approcher.
Je fais un tour dans le village; histoire de me dégourdir les pattes après avoir passé dix heures en avion hier. J’aperçois un chevreuil de l’autre côté de la rivière. C’est dans un champ de yuzus. Il y a quelque chose d’anormal; l’animal fait beaucoup de bruit; il se débat. Ses bois se sont pris dans des filets. Il a dû être pris là, bloqué; depuis 4 heures. Les chevreuils en effet retrournent vers les montagnes à la fin de la nuit.
La bête est épuisée, mais se démène avec une énergie féroce; elle se tourne sur elle même, donne des coups de tête. Sa langue pend. J’entends son souffle.
Les filets; qui sont là autour des champs justement pour éviter l’intrusion des chevreuils, font une grosse pelotte autour des bois de l’animal. Il y a des cordes; qui lui serrent le cou et sont au point de l’asphixier.
J’appelle ma femme et un voisin. Le voisin répond de suite ‘J’arrive; on va se le faire’: Effectivement zigouiller le chevreuil serait le plus simple; et le moins dangereux. On veut pas se prendre un coup de pattes dans les bijoux de famille.
Dans le village il est d’usage de zigouiller les animaux qui se prennent ainsi dans les filets. Un coup de bout de boit derrière la nuque.
Mais bon on est des gentils gars de la ville et notre préference est de le libérer.
L’affaire est difficile. Avec une corde on tente d’immobiliser l’animal qui dans sa folie risque bien de nous ouvrir le bide d’un coup de tête. N’est pas cow boy qui veut. On finit par attacher le chevreuil au niveau des bois; en lançant une corde et en l’attachant solidement à un arbre. Le chévreuil se tourne; manque de nous foncer dessus. Le filet, de son côté est sur le point d’étrangler l’animal.
A ce moment là je me dis qu’on ferait mieux de le zigouiller. Mais mon épouse me rappelle au bon sens.
On parvient ensuite à attacher une patte arrière du chevreuil. On tend la corde que l’on noue à un tronc. C’est bon l’animal; attaché en deux points, est enfin maîtrisé.
On peut donc s’approcher. On découpe avec de gros ciseaux la pelotte de cordes et de filet autour des bois du chevreuil.  Puis on coupe la corde pour libérer sa tête. L’animal se relève. Il est plus calme.
On finit par couper la corde pour libérer sa patte arrière. Je me demande s’il ne va pas nous foncer dessus.
Libre, le chevreuil fait quelques pas.
Il se retourne et nous regarde en silence.
chevreuil piégé

Promenade de fin d’après-midi

Janvier.
Fin d’après-midi. On part faire un tour dehors.
chous chinois
Les chou chinois dans les potagers fatiguent. Malgré l’apparente décrépitude ils n’en conservent pas moins toute leur fraicheur; sous les couches superposées de feuilles.
On finit par se déplacer dans le temps.
Les derniers rayons du soleil caressent le chat roux et noir qui somnole sur un tas de fagots. Il est tranquille. Je ne le dérange pas.
chat
Je continue; la route longe la rivière, les maisons se font rares; il n’ya que des potagers, et le chantier d’un voisin qui coupe des cryptomères dans la montagne, pour se construire un chalet. Ce gars là est un pro; il a tout ce qu’il faut et le chantier est très bien organisé.
Un cours d’eau vient d’une autre vallée à gauche et rejoins la rivière. J’entre dans la vallée; plus escarpée; d’emblée plus sauvage. Il y a des maisons. Quelques maisons neuves.
Mais il y a aussi cette épave; une ancienne belle demeure, qui est abandonnée.
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Elle tombe en ruine; tient encre debout comme par miracle. La voiture du proprio, où est-il, attend encore dans le garage qui s’effondre sur elle. C’est un obake yashiki お化け屋敷; une maison hantée. On a soudain l’impression que le temps ici s’est arrêté; car il semble que tout dans la maison soit resté intact.
C’est impressionnant.
Je reviens en arrière et le pont me fait traverser la rivière et rejoindre l’autre rive. La plaine est large, il y a beaucoup de terre, des rizières. Autrefois; ce fut un endroit riche. C’est ce que confirme une ferme magnifique; édifiée au pied de la montagne. L’entrée de la ferme est majestueuse. On pense à un château médiéval japonais. Remarquez la petite porte, à gauche.
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Une bâtisse haute blanche et rectangulaire; faite de terre battue; c’est le kura 倉 conçu pour résister au feu. On y stockait les récoltes du riz. La taille du kura donne une idée de la prospérité passée de la ferme.
kura
Le corps de ferme est impressionnant. On distingue à gauche un jardin japonais traditionnel, dissimulé derrière de vieux murs de pierres.
Le tout doit avoir 200 à 300 ans. La grande époque. Il n’y a personne. Les habitants doivent être dans leurs champs. Sinon on aurait fait connaissance. On aimerait bien regarder à l’intérieur; voir comment c’est.
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Il fait de plus en plus sombre; le temps de rentrer à la maison et de vérifier les e-mails.
Sur les petites routes le capharnaüm des campagnes, universel.
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Bois de Chauffe (suite et fin)

Bon on a fini de tronçonner les poutres des deux maisons de Monsieur S. Tout est rangé et celà fait un joli tas de bois. Cela a été beaucoup de travail.

Ca a pris deux jours. La machine hydraulique à fendre les bûches a été super utile et nous a économisé beaucoup de temps.Ranger le bois a pris trois heures.

C’est un travail qui a sens; en transpirant dans mes pulls je me disais que ce travail permettra à ma famille de passer les prochains mois sans avoir froid. Voilà une pensée qu’il est bien difficile d’avoir en ville, ou tout est plus simple mais aussi beaucoup plus abstrait. En rangeant le bois aussi je me suis demandé comment j’ai pu faire pour tenir si longtemps en ville. Ici à la campagne; les choses que nous faisons ont un sens palpable, qu’il s’agisse de planter un arbre, construire quelque chose, couper du bois ou participer aux fêtes du village.

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Entre autres choses il était intéressant de voir les types de bois utilisés dans les maisons japonaises; récentes et anciennes. Différentes essences sont utilisées, mais elles sont choisies et chacune est utilisée dans une partie spécifique de la maison; les poutres de châtaignier sont par exemple utilisées pour les colonnes; les supports verticaux, et le cryptomère est utilisé pour la toiture. certaines poutres étaient impressionnantes par leur taille. Des arbres centenaires. Si l’on sait que la maison la plus ancienne avait 80 ans; on en déduit que les arbres datent de 180 ans; on remonte donc jusqu’à 1830.

Dans ces deux maisons; les poutres étaient assemblées suivant  la technique traditionnelle. C’est à dire que tout s’emboîte l’un dans l’autre, sans l’intervention de clous ou de vis.

Pour la maison de 80 ans, les pièces de bois sont toutes différentes, elles ont été découpés et préparées sur place; par des artisans. Chaque poutre a son caractère; elle ne ressemble à aucune autre. Certaines; une fois découpées font même penser à des statuettes de l’art primaire. J’ai décidé de garder celle-ci pour mon bureau. Essuyée et vernie, elle sera magnifique.

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L’économie de la montagne

Je discute avec un voisin. Il parle très vite et assez peu distinctement, j’essaie de bien le comprendre.

Il explique qu’il revient de sa montagne où il a coupé du bois.

Une bonne conversation s’ensuit.

Le village est entouré de montagnes.

Jusque dans les années 70 le bois des forêts avoisinantes a assuré une certaine prospérité au village. C’est récent, celà date de la guerre après laquelle on a dû tout reconstruire, et le boom économique qui a suivi.

Toutes les forêts consistent en du cryptomère. Lequel pousse droit et vite et convient parfaitement à la construction des maisons. Il y a donc peu d’essences différentes. Pour cette raison d’ailleurs; les chevreuils n’ont pas grand graine à se mettre sous la dent, et ils viennent jusque dans les villages et les potagers pour s’alimenter.

L’ouverture du marché, et l’apparition de bois importé de Sibérie, du Canada ou de l’Asie du Sud Est a tout chamboulé. Le bois Japonais, trop cher ne se vend plus. Et les montagnes ne rapportent plus rien. Leur valeur a baissé d’autant.

Vous avez une idée de combien coûte une montagne en France ? Je pense déjà à mon cadeau d’anniversaire …

La Maison du voisin

La pelleteuse a déjà commencé à detruire la vieille maison du voisin. Nous récupérons les meilleurs morceaux de bois, pour nous chauffer l’hiver prochain.

C’est l’occasion de prendre quelques photos en espérant que ce qui reste du toit ne nous tombe pas sur la tête.

On note que gràce à l’emploi de torchis pour les murs et les cloisons, il faut relativement peu de bois pour un telle construction. Economique, léger, souple …

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Sur la moitié droite, la maison en question. On discerne le torchis placé entre le toit et les tuiles.

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Cette pièce était la pièce principale. Au fond; le tokonoma avec le pilier vernissé. On distingue également les troncs d’arbres qui supportaient le plancher. Les tatamis et les planches ont été retirés.

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Une ouverture donne sur le toit. Vue sur la charpente.

Chez nous, il devait y avoir une ouverture similaire, mais elle a été fermée.

On devait stocker du foin j’imagine. On distingue un crochet métallique sans doute pour accrocher une échelle ou bien utiliser des cordes.

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L’ancien engawa

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Comme très souvent à l la campagne, un espace de rangement extérieur abrité est arrangé le long d’un mur. Idéal pour stocker du bois.

Le ‘Tondo’ (purification)

Le Tondo とんど c’est une fête du village qui a lieu au début de l’année. Je crois que le tondo existe à travers toutes les régions rurales du Japon.
Le but du tondo est de se purifier pour l’année nouvelle. C’est un bûcher haut de six mètres où l’on brûle toutes les amulettes utilisées l’année précédente. On se purifie avec le tondo.
Les hommes commencent par se réunir au petit matin et assemblent la base du bûcher avec de grosses bûches.
Un groupe part en montagne. Ils reviennent avec leurs camions blancs emplis de bambous.
Une fois la base du tondo construite; on dresse des troncs; pour définir une pyramide très aigue.
On prend ensuite trois très longs bambous liés à leur sommet qui vont recouvrir le bûcher. On ajoute de la paille; et beaucoup d’autres bambous.
Une corde sacrée shimewana (七五三縄) nouée au sommet des trois bambous lie le tout en descendant jusqu’à la base du bûcher; en une longue spirale.
Une fois le tondo fini on y dépose toutes les amulettes de l’année précédente; les mamoris, les décorations du nouvel an etc et l’on y met le feu.
Tout le village se regroupe. On amène même les viellards de la maison de retraite d’à côté que l’on fait asseoir sur un banc.
Le tondo, allumé, fait d’énormes fumées qui vont se perdre dans le ciel. On entend les craquements du bambou qui éclate sous la chaleur, on dirait des pétards.
Une fois le feu bien avancé on tente de récupérer des braises et tout le groupe se lance à faire des barbecues. Canettes de bière. Chianti. Saké. Shochu; il y a tout ce qu’il faut. On fait griller les saucisses et les mochis.
Pour un temps les familles se regroupent entre elles et mangent tranquillement, sous les flammes du tondo et le ciel immense.
Un peu plus tard; une fois que tout le monde est bien éméché on se lève et on va voir d’autres groupes; on se mélange. On s’offre des saucisses, des cacahouètes.
On discute; rit beaucoup. Les esprits s’ouvrent avec l’alcool. Occasion de mieux faire connaissance et d’apprendre de nouveaux mots, avec par exemple monsieur T:; 80 ans, en général taciturne mais particulièrement bourré ce jour et qui nous avoue sa passion pour le tetsuman (tetsuya maman 徹夜麻雀):  jouer au mah jong toute la nuit avec des amis. Plus tard il nous offre d’aller chercher des warabis (des pousses de fougère) ensemble dans les montagnes au mois de mai.
Décidément nous n’avons que de belles surprises avec les gens du village.
La communauté du village, voilà un agrément supplémentaire de notre nouvelle vie à la campagne ici au Japon. C’est certainement aussi une des raisons de la longévité spectaculaire des gens ici; la vie dans la communauté permet de tenir, plus longtemps.
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On assemble la base du tondo
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Les trois grands bambous
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une fois le tondo fini, on y accroche les anciennes amulettes
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Le tondo s’embrase.
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Réjouissances.

Bois de chauffe

Monsieur S. visite chaque maison du village, et offre une boite de gateaux à chaque famille, en informant tout le monde de son projet de faire raser ses deux maisons et d’en faire construire une nouvelle à leur emplacement.
Une maison a 40 ans; l’autre 80. Celle de 80 ressemble de beaucoup à notre hanaré. Elle aussi a deux pièces, est sur un niveau et a été construite pour élever les vers à soie. C’est dommage de voir ainsi de vieilles bâtisses; témoins du passé et de l’histoire; disparaitre pour être remplacées par des maisons modernes qui seront forcément laides et sans caractère. Mais bon; chacun est libre de faire ce qu’il lui plait.
La plupart des maisons au Japon sont construites en bois. Rares sont les maisons qui durent plus de 50 ans. Humidité, manque d’entretien, et puis les modes de vie qui changent (recherche de lumière avec plus d’ouverture, nouvelles normes antisismiques, isolation, etc …) font que l’usage est de faire table rase et de faire construire de nouvelles maisons au bout de 40 ans de bons services.
Tout n’est pas perdu pour autant car nous obtenons de Monsieur S. qu’il nous cède le bois de ses deux maisons à détruire. Un voisin se joint à nous dans l’effort; lui aussi se chauffe au bois.
La moitié d’une maison est déjà détruite. La société de démolition laisse les plus belles poutres de côté pour nous. Nous allons les charger dans le petit camoin blanc du voisin.
Nous amenons les plus grosses poutres au fond de la vallée, chez un charpentier qui loue une machine hydraulique pour fendre le bois. Ce sera plus facile, car les troncs sont conséquents et ne cèderaient pas à nos coups de hache.
Les poutres moins grosses; jusqu’à 20 centimètres de diamètre, nous les amenons directement à la maison. On sélectionne une dizaine de belles poutres, que l’on garde de côté pour des projets de construction futurs.
Les autres, on les tronçonne, et on les fend à la hache, pour le chauffage.
Le bois est sec, il a séché pendant 40 ans. C’est du cryptomère et il fend bien; c’est un plaisir que de le fendre à la hache.
Les travaux de démolition vont continuer les jours qui viennent, nous aurons de quoi charger le camion plusieurs fois encore.
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Le Terrain de Sumo (Dohyou)

 
Pendant les vacances de fin d’année l’école est vide mais la cour reste ouverte aux enfants qui veulent y jouer. Un placard où l’on garde les ballons et les autres équipements de sport est laissé lui aussi ouvert. En France celà aurait vite attiré les chapardeurs.
 
A un angle du terrain de foot dans la cour de l’école, il y a un terrain de sumo (Dohyou 土俵).
Je n’avais jamais vu ça à Tokyo. 
 
Le terrain de sumo est idéal pour des combats festifs, avec mon fils de 8 ans. 
 
L’enfant peut ici donner cours à toute sa force, libérer son énergie et sa soif de grandir, il peut affronter son père, sans rien casser ni se faire mal. Il saisi ma cuisse et essaie de me soulever. Je fais plus de deux fois son poids. 
Il adore; et j’aime aussi, ce contact. 
Plusieurs fois mon fils parvient à me faire tomber ou me sortir du périmètre; délimité par une grosse corde (ici un ancien tuyau d’incendie). Je le ménage bien sûr, je le laisse gagner; en usant juste assez de force pour épuiser l’enfant.
 
Sous le toit de tôle ondulée dont les peintures s’effeuillent, nous ne voyons pas le temps passer et nos rires résonnent jusque dans les montagnes.
 
terrain de sumo

terrain de sumo