La maison de 1000 ans

[Note de septembre 2014: j’ai plus depuis rencontre l’ancien proprietaire de la maison de 1000 ans]

La maison de 1000 ans. 1000, vraiment ?  千年の家

Multi centenaire c’est certain. Elle était habitée jusqu’il y a quelques années, puis elle a été restaurée et est devenue un musée. A 30 minutes à pied de chez nous. Dans un hameau du même village.

On peut la visiter les week ends. C’est ce que nous avons fait.
L’entrée donne sur l’écurie et la cuisine. La cuisine consiste en un évier et un kamado à trois foyers.
Intéressant, le kamado est construit dans un creux dans le sol. pour mieux amasser les cendres ? Il n’y a pas de cheminée, ce qui fait que toutes les poutres sont noircies par les fumées. L’arrète du toit a deux ouvertures, qui permettent à la fumée de s’échapper, par le haut. La fumée qui s’échappe et se disperse librement dans la maison a le mérite de faire fuir les insectes.
La cuisine et l’écurie ont un sol en terre battue. C’est comme chez nous autrefois.
La deuxième moitié de la maison a un plancher surélevé. Il est constitué de bambous et de nattes de pailles. Ancètres simplissimes des tatamis ?, sur une partie, et sur une autre, d’un plancher superbe, on voit les marques de découpes du bois à l’herminette.
 On a dressé un petit autel shintô dans cette pièce.
La toiture est constituée de paille, comme dans les maisons ultra célèbres et inscrites au patrimoine de l’UNESCO de Hida Takayama.
On voit, l’intérieur est sombre. Et cela rappelle l’essai esthétique de Tanizaki, l’éloge de l’ombre.
Dans la pièce attenante à la cuisine, il y a un irori, un petit foyer, carré; inscruté dans le sol. Normalement il y a toujours des braises et le foyer ne s’éteint jamais, pendant des générations et des générations. Avec le kamado c’est le coeur de la maison.
Sur l’irori, la tradition est d’accrocher une théière ou une soupière crochetée au jizaikagi (自在鉤). Le jizaikagi est un est tube en bambou ou une chaine; pendante du plafond, relié à un levier, souvent en forme de poisson et qui permet de régler la distance entre la théière et le foyer. Pourquoi cette présence incongrue de poisson ? Le poisson évoque l’eau et donc la sécurité par rapport au risque d’incendie, m’a-t-on expliqué un jour.
Dans cette petite maison dite de 1000 ans, tout est simple est réduit au minimum. Il y a aussi des toilettes et un endroit pour se laver, cependant inaccessibles au visiteur.
Donc le minimum, est là. Dans un sens on ne devrait pas avoir besoin de plus… on se verrait assez bien vivre dans cette maison … avec un cheval comme ami et une connexion internet.
la maison de 1000 ans
la maison de 1000 ans
La maison de 1000 ans a-t-elle vraiment 1000 ans ?
 DSC_0282
L’écurie occupe la moitié de la cuisine-entrée.
kamado
Le kamado à trois foyers. Le foyer à droite, pour faire cuire le riz. Au centre, bouillir de l’eau. A gauche pour la soupe !
Plus loin à côté de la fenêtre, un évier rudimentaire.
irori
L’irori à côté de la cuisine. On distingue le morceau de bois qui évoque la forme d’un poisson.
DSC_0281
De jolis objets d’autrefois. Pas de plastique.
DSC_0279
Très beau parquet. Au fond de la pièce, un autel shintô.
Pour les curieux qui souhaitent visiter cette maison, voici l’adresse et les instructions (en JP).
住所 〒671-2415
姫路市安富町皆河(問い合わせは姫路市教育委員会文化課)
TEL 079-221-2786
定休日 千年家の公開は、土曜、日曜、祭日(年末年始は除く)のみ ※平日は団体のみ、要事前予約
アクセス 中国自動車道「山崎IC」から車で約10分

Travaux et fin du hanaré

Finalement nous décidons de ne pas retapper le hanaré, mais de le détruire et de faire construire à la place. Le hanaré, construit après guerre avait beaucoup de charme, avec ses deux engawas, mais, construit avec du bois de qualité médiocre, il penchait un peu. De plus; il a été construit trop près de la maison principale, si bien que son mur côté nord était à à peine deux centimètres du toit de la maison principale… Imaginez le hanaré s’écrouler sur la maison pendant un typhon …

C’est donc un sentiment mélé de soulagement et de regrets qui accompagne la destruction du fragile édifice.

Nous faisons appel aux services de Sakichan, charpentier qui vit dans le village. Quel poete et quel personnage. La soixantaine, il est de petite taille, ses mains on dirait les mains d’un animal; tellement elles sont noires et puissantes. Il a toujours le sourire, on dirait un enfant. Clope au bec il court dans tous les sens et est increvable. Il sait tout faire. Il coupe les arbres dans les montagnes, les prépare, et construit d’énormes chalets un peu partout dans la vallée.

Le premier jour des travaux il nous dit de le suivre chez lui, pour aller prendre des cerises et voir ses chèvres. Il coupe des branches de ses cerisiers pour nous en offrir les fruits.

Il est secondé de sa femme et de K., 73 ans. A trois ils vont démonter le hanaré poutre par poutre. Au préalable ils seront montés sur le toit et auront récupéré toutes les tuiles; nous les réutiliserons pour la nouvelle construction.

On voit que le hanaré détruit, il ne reste aucun déchet.
A peine des clous rouillés.
Tout le bois, nous allons le donner à calcifer notre poêle à bois l’hiver prochain. Donc rien ne sera perdu de ce côté.
Pour les murs; ils sont faits de terre et de bambous. Nous pourrions donc les laisser tels quels dans le jardin.
Et les fondations, rien que des grosses pierres.
Les anciens tatamis, ils sont faits de paille. Idem, nous pourrions les laisser dehors et les observer retourner à la nature.

Voilà l’exemple parfait d’une construction écologique. Il n’y a aucune perte, puisque nous allons réutiliser jusque les tuiles du toit.

Lorsque nous avons discuté de la nouvelle petite maison à construire avec Sakichan, Sakichan nous a bien expliqué les avantages des constructions traditionnelles. A savoir les cloisons en tsuchikabe. Le tsuchikabe; fait de terre et d’un treillis de bambous est très solide et résiste au temps. Ne nécessite aucune maintenance. Et permet une meilleure isolation que les laines de verre etc qui de toute façon se comportent mal avec l’humidité de la région.

Nous allons donc faire construire selon les méthodes traditionnelles ….
Nous prenons quelques photos avant de tout raser ….

le engawa du hanaré

Le engawa du hanaré

 

les deux pièces du hanaré les deux pièces du hanaré

vue de l’intérieur, avec les belles poutres en pin, les tategus. Deux belles pièces de 8 tatamis.

 

un vieux tatami

Voilà de vieux tatamis. Tout est fait avec de la paille, au contraire des tatamis modernes qui intègrent du plastique.

 

foyer sous les tatamis

Sous les tatamis on découvre un ancien foyer. Le hanaré a été construit pour l’élevage des vers à soie.

Promenade

 

Franchement, tout est beau. La nature resplendit avec ses palettes de verts. Le mois de mai est décidement un bon moment dans l’année; juste avant la saison des pluies et les grosses chaleurs bien humides de juillet et aout qui suivront.

 

Cette maison me fait penser à la maison dans Totoro. Pas le même style mais peut être la couronne de verdure qui la protège.

 

maison de totoro

 

 

A même hauteur mais de l’autre côté de la rivière, ce morceau de village incrusté dans ses potagers.

On aperçoit la face d’une montagne écorchée, c’est qu’un habitant du village coupe les cryptomères (sugi) pour se construire une maison.

 

maison et jardin

 

Si à partir du pont on va dans la direction opposée, vers le nord, on peut apercevoir ce joli groupe de maisons; entre montagne et rizières.

 

paysage

 

De retour à la maison nous faisons un crochet par le jardin où nous récoltons des radis et une fraise.

radis et fraise

 

Fleurs et pommes de terre

Mes rangs de patates ressemblent à un champ de fleurs

C’est comme ça, la permaculture ?
Ne pas s’enquiquiner à retirer toutes les (mauvaises ?) herbes ?
Distraire les insectes avec des fleurs; et pleins d’autres choses à manger. Pour le plaisir des abeilles aussi…
Par contre il est assez difficile pour les grenouilles de se cacher dans le champ. Je vais ajouter quelques grosses pierres pour leur servir d’abri. Les grenouilles pourraient se nourrir de ces insectes indésirables qui dévorent nos brocolis ?
DSC_0131

Les Ours

Dans le kairan, les messages que l’ont se passe de maison en maison dans le village, un pamphlet nous avertit du danger des ours, qui s’éveillent de leur période d’hibernation et risquent de s’haventurer sur les chemins de montagne à proximité du village, voire dans le village même.

Le pamphlet prodigue quelques conseils en cas de rencontre impromptue avec l’animal, ainsi que des précautions à prendre, comme éviter de laisser des restes de pique nique en montagne etc..

Il décrit aussi l’animal et explique lesquels de ses sens sont les plus développés etc … c’est vraiment bien fait.

A propos, le sac à dos de notre fils est équipé d’une grosse clochette, histoire d’avertir les ours de sa présence sur les chemins de l’école.

Pour ce qui concerne l’espèce d’ours en question, il s’agit du Tsukinowaguma, soit Ursus thibetanus, ou Ours Noir d’Asie, l’une des deux espèces d’ours qui vivent au Japon.

DSC_0306

Les rizières

Promenade en vélo jusqu’au bout de la vallée. Il fait beau. Fin de journée. Les rizières sont déjà inondées, et des agriculteurs sont occupés à planter le riz.

Bonne occasion pour faire connaissance et bavarder un peu.

En dépit de taxes à hauteur de 700 pour cents sur le riz importé, donc d’un marché hyper protégé il est difficile de gagner sa vie avec la production de riz.

Les agriculteurs rencontrés partagent leurs productions avec les voisins et les membres de leur famille.  Ca n’est pas vraiment pour le business.

DSC_0168

 

DSC_0178

 

 

 

 

La couleuvre

Je travaille dans le champ à côté quand j’aperçois une silhouette serpentine se faufiler sous la porte grand ouverte du garage. panique ! j’appelle ma femme et alerte tous les voisins du hameau c’est sûr.

L’ombre du serpent est longue et fine, ce qui laisse à penser qu’il ne s’agit pas d’une vipère mais d’une espèce plus sympathique, une couleuvre.
Ma femme arrivée en renfort, nous nous aventurons dans le garage pour trouver là où se cache l’intrus, ça n’est pas facile dans un tel capharnaum. On la trouve qui progresse sous l’etabli, vers le fond de la pièce. J’ai pris un baton assez long et je propose à ma femme de l’écraser sur l’animal, mais elle explique que les couleuvres sont des mamorigami, soit un dieu protecteur qui protège les maisons. ah dans ce cas … touche pas à mon dieu … en tout cas un examen plus précis de la bête nous confirme qu’il s’agit bien d’une couleuvre.
Elle se cache derriere des étagères. nous nous armons de filets à papillons dans l’espoir de l’attraper et de la sortir dehors.
Dissimulée, elle sort à peine sa tete de derriere un meuble. Silences.
On vide et déplace le meuble en vitesse et hourrah ! la couleuvre reprend le chemin de dehors. Pour la convaincre de fuir je tappe avec le baton derrière elle; elle finit par sortir du garage.
Elle n’est pas aggressive. Elle ne nous « cherche » pas. Elle cherche plutot des grenouilles ….
Elle continue son chemin jusque sous le engawa du hanare, j’essaie de l’en dissuader avec mon baton, mais elle n’écoute pas mon baton; elle finit par s’infiltrer dans les fondations en terre battue et disparait donc sous le hanare …. eh bien nous lui souhaitons bon appétit !
Quelques jours plus tard nous racontons l’événement à une voisine qui nous explique que lorsqu’elle avait fait démolir un ancien grenier à riz il y a une vingtaine d’années pour y construire sa maison, on y avait découvert une couleuvre qui s’y était établie. La couleuvre était le dieu protecteur du grenier à riz, le mamorigami. Et la voisine va au fond de la logique en continuant que celle qui a visité notre garage est sans doute sa descendence.
couleuvre

la couleuvre dans le garage

 

 

la couleuvre se faufile sous le hanare

 

 

 

Les premières grenouilles

Nous allons visiter un grand sanctuaire shintô, Iwajinja, à une quinzaine de kilomètres.
Le sanctuaire est situé au bord de la route 29 qui relie Himeji à Tottori. Il est entouré d’une belle forêt de cryptomères géants multicentenaires.
Pour accéder au sanctuaire, sur quelques centaines de mètres, on admire d’abord les arbres et c’est comme une première purification.
Les bâtiments du sanctuaires sont pas mal. Sous un préhaut de belles peintures gravées sur bois relatent des faits de guerre de jadis. Ca jette.
 DSC_0059
Ceci dit, ce qui finit par nous intéresser le plus, c’est les premières grenouilles de l’année, que nous découvrons dans les sous bois du sanctuaire:

DSC_0078

Nihon Amagaeru

DSC_0103 (1)

Nihon Amagaeru

DSC_0085

Tonosamagaeru

Calcifer – portrait

Calcifer, c’est notre poêle à bois. Il nous a bien aidé pour passer l’hiver au chaud. Il nous a aussi donné beaucoup de travail, pour aller trouver le bois dont il est si friand. On peut parler de transfert d’énergie. Ma sueur pour aller chercher le bois; le couper; le ranger etc … et le travail des forêts et du soleil et de la pluie pour faire pousser les arbres … tout celà pour que nous n’ayons pas froid.

Aujourd’hui en ce début mai il fait frais; et nous réveillons Calcifer et lui offrons quelques bûches.

Sacré Calcifer ! Il fallait bien que je le dessine et que j’en fasse le portrait; pour vous le présenter.

dessin de calcifer

Le plan du jardin

Pour moi c’est une première fois et m’occuper du jardin me passionne.

L’été dernier nous n’avions guère le temps de chipoter car nous étions trop occupés par les travaux de la maison. Aussi avais-je planté quelques graines à peine, un trou dans la terre, on fait tomber une graine, on referme d’un coup de botte, sans aucune préparation du terrain.

Cette fois-ci j’ai pris la peine de labourer le champ au préalable. J’ai tracé des chemins et des zones de culture, ramenant la terre des chemins sur les zones de cultures afin d’avoir une couche d’humus plus épaisse.

Il faut dire que les conditions au départ sont défavorables. Le champ n’a pas été cultivé pendant X années. Et il s’agit d’une ancienne rizière: une couche de pierre a été installée par les ancètres à 30 ou 40 cm de profondeur afin de rendre le sol imperméable.

Si je m’applique à labourer et à faire des delimitations, j’évite l’usage de tout engrais. Une raison de ce refus et que cela comporte le risque d’amener des parties radioactives …; imaginez que l’engrais ait été produit dans une région fortement contaminée par la catastrophe de Fukushima ou bien encore qu’un des ingrédients de l’engrai provienne d’un tel endroit. Bien entendu la tracabilité des engrais est à démontrer.

Comme la vie et la nature ne sont pas droites j’évite de faire des rangs comme à l’armée. Je préfère former des petites îles; carrèes; rectangulaires; ou carrément rondes et d’y planter ce que bon me semble. En gros il n’y a aucun planning. Je mélange les fraises et les piments sur le même carré sans savoir si c’est bon ou mauvais pour la croissance des plantes. A la gràce de Dieu.

La maison est adjacente au jardin côté Sud. Je fais donc une zone demilitarisée ou je ne planterai rien:

cette zone est sous l’ombre de la maison, donc rien n’y pousserait bien.

je préfère ques les insectes soient un peu éloignées de la maison.

Par contre l’improvisation totale a un inconvénient. Il est plus difficile de se rappeller ce que j’ai planté et où. D’où la nécessité d’un plan comme celui-ci où je note les noms des légumes et des fleurs que j’ai plantés.

potager 4

Comme légumes japonais je fais des daikons et des haricots noirs.

Petite folie, j’essaie de faire pousser des artichauts, qui n’existent pas ici.