Catégorie: japon

Construction d’une maison japonaise – Les murs de terre (1)

Mur de terre = tsuchikabe. 土壁

La méthode et la technique des ancêtres.
Le marchand de terre de la ville voisine a fermé boutique. Le business disparait, nous aurons été son dernier client. Les gens aujourd’hui ne demandent plus de tsuchikabe et préfèrent les techniques plus modernes. Planches de blois agglo et isolants thermiques en laine de verre ou je ne sais quoi. Partout pareil.
Pour assurer que la construction ne bouge pas et résiste à tout ce qui va lui tomber dessus (séismes, pluies, typhons) on pose les sujikai.
筋交い wiki
Les sujikai sont des pièces de bois, qui en grandes diagonales vont relier les colonnes entre elles. Ils font partie du mur et seront plus tard dissimulés dans le tsuchikabe.
Il faut préparer les grands espaces vides, le menuisier va poser des lattes de bois pour former une structure solide à laquelle le mur de terre va s’attacher.
Puis, on installe un treillis de lattes de bambou. Le bambou ici est importé de Chine. Pour bien faire, si on utilisait du bambou local nous devrions utiliser du bambou coupé en hiver, pour ne pas y avoir d’insectes qui pourraient en compromettre l’integrité et la durabilité.
On pose d’abord les bambous à l’horizontale.
Puis on forme le treillis en ajoutant la partie verticale.
Le tout est noué avec de la corde.
Autrefois, nous rapporte le charpentier, les gens du village venaient aider celui qui s’atelait à ce travail. Les femmes les enfants et les vieux se joignaient au chantier.
DSC_0620
DSC_0624
DSC_0659
DSC_0645

Conversation

Le soir, conversation avec un habitant d’un village. On boit une bière après une journée d’été, chauffée à blanc par le soleil.
Ce qui suit donne une idée du côté encore sauvage de la nature au Japon et de certaines régions que les montagnes boisées protègent du progrès et des destruction qu’il engendre.
B     Tu aimes tout dans la cuisine japonaise ?
A     Oui, disons à part les concombres de mer. Ah Ah
B     C’est quoi qui est bon dans la cuisine francaise ?
A     Mmm.. le fromage, le saucisson, et le lapin a la moutarde !
B     Ah … je connais quelqu’un, (à 20 km) vers le nord, qui en élevait. Il aime la viande de lapin
A     Ah bon … c’est pas courrant ça pourtant au Japon, de manger du lapin…
B     Oui mais au nord, plus haut dans les montagnes ils mangent différemment. Les traditions de chasse sont vivaces.
Ce qui est bon aussi d’ailleurs c est la viande de tanuki. (1)
A     Ah ?
B     La viande de tanuki est très grasse, donc il faut être en grande forme pour en manger. Et aussi la viande de Mujina (2), très grasse, est delicieuse. Ca ressemble à la viande d’ours d’ailleurs.
A     La viande d’ours ?
B     Oui … tu sais, là haut, dans les montagnes …. les gens sont libres. Je dois d’ailleurs avoir un morceau d’ours dans le congelateur à la maison. je te ferai goûter à l’occasion.
A     Ca alors … c’est dingue. Ceci deit je suis plutôt opposé à la chasse. Et je suis un ami des ours.Mais cet aspect sauvage m’intéresse. A propos je t’ai deja montré ma tête de chat … (je vais chercher la tête de chat)
B     Oh oui ! une tête de chat ! Elle est très belle dis donc.
A     Oui. je l’ai trouvée derrière la maison, la où autrefois vivait un renard. A propos, j’aimerais bien avoir une tête d’ours aussi.
B     Ah Ah. Ecoute, je demanderai à mon copain.
(1) Tanuki たぬき 狸
Le chien viverrin (Nyctereutes procyonoides), également connu sous le nom japonais de tanuki, est une espèce de mammifère carnivore qui ressemble à un raton-laveur mais qui appartient à la famille des canidés dont il est le seul représentant à hiberner. C’est la seule espèce actuelle du genre Nyctereutes.
(2) Mujina むじな 貉

Les enfants …

Construction d’une maison japonaise – Jour 2

Le premier jour a été fulgurant, vraiment. Tout avec tant d’émotion. Les gens qui travaillent sur le chantier sont d’une telle bonne humeur. Décontractés. Et professionnels. Ils font un beau métier sous le ciel bleu.  Peur eux le travail ne manque pas.

C’est passionnant de les regarder faire et de voir comment ils bougent. C’est un vrai spectacle;  l’on apprend beaucoup aussi.
Plein de bonnes leçons à retenir, celà nous enrichit.
Le tout mis d’aplomb, les charpentiers vont enfoncer les chevilles et fixer ainsi les différentes poutres et colonnes, les unes en les autres.
A l’ancienne.
Les chevilles ont été préparées à l’avance. Faites à la main chaque pièce est unique.
DSC_0519
Le tout se fait à gros coups de maillets.
DSC_0544
DSC_0527
Donc le tout s’assemble en bois. Jusqu’à ce moment là je crois qu’ils n’ont utilisé qu’une paire de vis.
Bien sûr pour fixer les chevrons de la charpente et finir la toiture,  et poser le plancher, ils utiliseront des clous; des agrafes, des vis, mais on note que pour assembler la structure, tout est fait en bois.
DSC_0528

Construction d’une maison japonaise – Jour 1 (3)

Nous continuons le récit de la première journée des travaux.

Suivant les mêmes procédés on monte la toiture. C’est un moment émouvant.

Il y a deux très belles pièces, deux troncs d’arbres qui vont s’asseoir et lier les sommets des deux façades. Ils supporteront la toiture.

Les voici. Les charpentiers travaillent en hauteur. Avec les gros maillets ils vont forcer les pièces dans les autres.

DSC_0426

Quelle journée. Il faisait chaud, et le ciel était magnifique.

DSC_0432

Voilà des gars avec de vraies cojones.

Construction d’une maison japonaise – Jour 1 (1)

Ce sont les deux premiers jours, où tout se joue, d’une façon spectaculaire. Comme il y a beaucoup à dire je vais présenter les travaux de la première journée en plusieurs articles.

L’équipe arrive avec un gros camion, chargé du bois. On décharge avec une grue. Dans l’équipe il y a S. le menuisier charpentier, et K, un autre charpentier venu en renfort. Puis O. et A. qui aident à la logistique et pour tous les petits travaux qui accompagnent les grands.
DSC_0261
DSC_0273
En faisant le tour de l’emplacement de la future maison, le charpentier disperse du sel et du saké. Puis nous nous réunissons tous et faisons une prière pour que les travaux se déroulent sans incident.
怪我がないように
Normalement, on fait appel à un prêtre shinto pour purifier le terrain avant la construction, mais comme cette fois ci nous faisons construire sur l’emplacement d’un ancien batiment et que ce n’est pas une habitation principale, mais une simple annexe, où il n’y aura pas de feu, nous faisons au plus simple.

Grenouille

Du bon usage de la cravatte

Les  préparations

Ce projet de construire à la place du hanaré est au prix de sacrifices financiers conséquents. Surtout après notre installation récente dans le village qui aussi a coûté quand même beaucoup de brouzoufes et d’énergie aussi. J’avoue qu’au début on a un peu hésité. Mais notre décision a été la bonne.

D’abord nous allons pouvoir acceuillir notre famille de France et la recevoir dans la nouvelle construction, quelques semaines cet automne.
Ensuite, plus le projet avance, plus nous goûtons des moments de bonheur bien précieux. Voilà une belle façon d’utiliser les brouzoufes.
En effet beaucoup d’émotions lorsque nous visitons notre ami le menuisier, qui prépare le bois. Il est allé dans les montagnes de monsieur O un voisin y couper des arbres, et nous voyons quelques semaines plus tard les poutres dans son atelier. Elles ont séché et il les prépare; les annote à l’encre de chine, et prépare les tenons et les mortaises, et les clous de bois, qui feront le tout tenir ensemble, . Ce sont les méthodes ancestrales.
Le menuisier travaille tranquillement; tout seul. Il fait chaud et les deux kilomètres qu’on a fait de chez nous ont mouillé nos t shirts. Il nous offre de prendre le thé. On s’assied et on discute de tout.
J’éclate de rire lorsque j’aperçois son troupeau de chèvres libéré dans l’atelier. Elles se promènent et montent sur les poutres. Elles explorent et reniflent un peu tout; les outils; les câbles, les ficelles.
Il fait chaud; et les chèvres apprécient le frais du sol en béton de l’atelier.
 WP_000809
WP_000821

Chez l’antiquaire

Découverte d’un Antiquaire sur le bord de la route 29 qui mène à Tottori, du côté de la Mer du Japon .

L’anquitaire est très sympa. Il fait chaud et il est en marcel, et l’on voit ses gros biceps. On lui demande, tu fais beaucoup de sport ? Il répond: je suis préparé à faire face aux prochaines périodes de famine. Voilà qui est bien concret.

Nous achetons quelques objets d’autrefois.
Un tout petit rabot. Rikiki, et très beau.

Vocabulaire

Rabot かんな 鉋

DSC_0795

Un outil qui a appartenu à un tailleur de pierre. Noter le manche très court.

DSC_0790

et cet objet en bambou.

DSC_0801

Devinette.

A quoi servait cet objet en bambou ?

Reponse a la devinette