Minou aujourd’hui

Expo photo de Kristophe Noël dans le village !!!

Kristophe Noël, on a fait connaissance grâce à ce blog.

Kristophe dans le cadre de son projet photographique est venu nous voir deux fois l’année dérnière. (voir les articles un et deux). Nous sommes ainsi allés à la rencontre des villageois sympathiques et Kristophe a travaillé à son projet intitulé demande à la terre.

Ce projet a de bonnes vibrations, et ces vibrations vont très bien avec notre façon de vivre et de voir les choses, ici, à la campagne au Japon.

Et aussi c’etait l’opportunité de passer plusieurs heures avec des gens formidables du village; pour moi en fait Kristophe et son projet étaient la clef sésame qui me permettait de me faire introduire auprès de personnes que je ne connaissais pas encore. Particulièrement les légendes vivantes, ces gens mystérieux dont on entend parler ici dans la vallée mais qu’on ne voit jamais ….

Le marchand ambulant, les agriculteurs, le planteur de thé, les forestiers, les fabricants de saké, le faiseur d’épouvantails ….

Cette fois ci nous arrivons à un grande étape: Kristophe lors de son prochain passage au village en Février va faire une exposition !

L’exposition se tiendra dans un café, café do Raku. Situé dans le village, on y mange une cuisine saine et délicate.

Donc si vous passez dans les environs, venez voir!

Ci-dessous l’affiche de l’expo.

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Premières neiges

Le village et les montagnes sont bien beaux sous (un peu de) neige ce matin!

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Notre petite maison avec la montagne en background.

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Une belle maison ancienne, plus d’un siècle. J’aime bien ce style de maison. Le toit est en chaume et recouvert de tôles.

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Notre petite maison, vue de l’autre côté.

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La table de jardin, faite avec des palettes, est aussi recouverte du duvet blanc. Il reste à poncer le dessus et peindre. On fera ça un peu plus tard, quand il fera meilleur.

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Récupe de palettes

Un voisin du village a plusieurs camionnées de vieilles palettes dont il doit se débarrasser.

J’y vais en récupérer le bois.

La joie libératrice de travailler au pied de biche. 

Les palettes étaient utilisées dans l’industrie, sidérurgie principalement, et c’est du costaud. Certaines sont faites de ce bois des tropiques, hors de prix désormais au Japon. Un bois très dur. J’en ai oublié le nom comique.

Je vais essayer de faire une table de jardin. Et pourquoi pas des fauteuils de jardin aussi !

recupe de palettes

 

 

Jusqu’au bout de la route

 

En ce samedi matin, j’ai besoin d’un bon coup de fouet.

Pendant que femme et fils vont faire du tennis, je décide de marcher jusqu’à la fin de la route qui traverse le hameau et va se perdre dans les montagnes je ne sais où.

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Sitôt sorti du village on est en forêt. Chemin forestier construit autrefois pour l’exploitation du bois.

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Partout des cryptomères … C’était quoi cette folie de planter des cryptomères partout ? On voit bien que la montagne est sombre silencieuse triste et seule.

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A un endroit je vois quatre faisans.  Mais pas d’autres animaux en vue. Il y a aussi un pneu qui s’ennuie.

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Le chemin continue.

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Au bout d’une heure ça se met à monter fortement, en zig zag. Le chemin est défoncé. Et la rivière le long du chemin est asséchée.

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En marchant, je pense à Saint François d’Assise. J’ai lu il y a quelque temps les Fioretti. Avec des passages fantastiques, comme la conversion du loup.

Un énorme arbuste couvert d’épines se dresse au milieu du chemin. Il faut faire un détour pour l’éviter et suivre en hauteur un sentier créé par le passage répété des chevreuils. J’entends alors une voix, sur ma gauche. C’est une voix très proche. Ca n’est ni du Français ni du Japonais.

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On continue de grimper. Soudainement comme une récompense on a une vue dégagée. On se sent bien !

Un peu plus tard le chemin s’arrête et donne sur un cul de sac. En tout cas je crois si il y a une conclusion à tirer c’est que, plutôt que s’étaler, il faut s’élever.

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Le banc en marronnier

Dans la ville voisine à 10km se tient une fois par an le marché du bois. Où des professionels se délestent de stocks de bois. Des choses devenues invendables. Par exemple des planches de bois qui lors du séchage se sont fendues et ont perdu de leur valeur etc …

banc marronnier 4

Nous avons trouvé ces trois belles planches de marronnier. Chacune pour mille yens soit huit Zeuros. En bout de chaine, à Tokyo, une telle planche, sans défaut, doit se négocier pour trente à cinquante fois plus.

Anyway, d’une de ces planches j’ai fait un joli banc.

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Pour travailler de grosses pièces comme ça rien de vaut de travailler dehors par terre.

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Faut couper droit, sinon c’est raté. 

 

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Nous avons mis le banc dans la salle à manger, remplaçant deux chaises et je me dis que j’aime beaucoup mieux être sur un banc que sur une chaise. Etre assis sur un banc laisse beaucoup plus d’options que sur une chaise et c est un peu comme être assis par terre.

Et c’est également une amélioration technologique, car désormais je peux switcher entre ma place à table pour diner et mon pc. Plus besoin de changer de chaise, je peux juste glisser et switcher d’un côté à l’autre en moins de une seconde, c’est pas génial ça !!!!

banc et transition diner pc

 

 

 

 

Minou (encore) dans la montagne

Les grands senseis (ou maîtres jedi)

Pendant les fêtes de fin d’année nous avons eu la visite de grands amis, venus du nord de la Scandinavie. Nous en avons profité pour aller voir ensemble des voisins vénérables et discuter un peu autour d’une tasse de café, les pieds bien bottés au chaud.

L’occasion de constater une nouvelle fois que nous sommes entourés de grands senseis.

Sensei (先生), c’est celui qui est né (生) avant (先). C’est le professeur, le maître, le mentor. Le sensei c’est un peu le maître jedi de la guerre des étoiles, qui guide le novice (que nous sommes) vers le chemin de la Vérité.

Ci-dessous, les paroles des sensei K et Y recueillies lors de ces conversations de fin d’année.

La parole du sensei K.

全ては練習

subete ha renshu

Tout (dans la vie) est apprentissage

La parole du sensei Y

畑を作るには3年

山を作るには50年

人間を作るには100年

hatake wo tsukuru ni ha 3 nen,

yama wo tsukuri ni ha 50 nen,

ningen wo tsukuru ni ha 100 nen

Il faut 3 ans pour faire un champ

Il faut 50 ans pour faire une forêt

Il faut 100 ans pour faire un homme

La parole du sensei S

人間より怖いものはない

ningen yori kowai mono ha nai

Rien n’est plus redoutable que l’homme

A propos de sensei et de philosophie de la vie, souvenez vous des dix règles de longévité.

minou sur le tas de bois

Et pour finir sur ce sujet, les paroles de Minou, notre autre sensei.

ニャー

nyah

Miaouh

Le cocktail du week end

Le cocktail pour le week end de Calcifer le poêle à bois, c’est: moitié cerisier, moitié cyprès.

Dans cette brouette, je reconnais chaque arbre.

cocktail pour calcifer

Le cerisier, c’était le cerisier éléphant trouvé dans la montagne l’année dernière. Le cyprès provient d’un jardin à 20 km d’ici.

Lorsque je vivais à Paris en 2001 par exemple, le cocktail était très différent: un peu de Chinon, un peu de Nogent … le tout avec de l’uranium extrait du Niger ou du Kazakhstan …

Je préfère me chauffer au bois.

Réflexions sur le tondo

Donc, lundi prochain a lieu le tondo dans le village. Un grand bûcher. Comme chaque début d’année.

Le promeneur remarquera que tout le monde en ce moment veille à tailler les arbres et arbustes des jardins, car lundi ce sont les branches coupées qui alimenteront le bûcher.

Le bûcher va purifier le village, en consummant les branches coupées, mais aussi en consumant les amulettes sacrées, qui doivent être remplacées chaque année.

Autre chose à noter. Dans chaque maison les gens ont le kagami mochi, deux gâteaux de riz superposés qui sont la décoration traditionnelle du nouvel an.

Le jour du tondo, chacun récupérera des braises du bûcher pour faire des barbecues mais aussi pour cuire les kagami mochis et les manger.

C’est intéressant de voir comment tout s’emboite et forme un ensemble très cohérent. On voit là la clairvoyance des anciens qui s’est transmise jusqu’aujourd’hui à travers ces belles traditions.

C’est merveilleux n’est-ce-pas ?

préparations pour le tondo

préparations pour le tondo