l’entrée du village
légumes de saison
Quand les voisins ne nous en offrent pas, nous achetons nos légumes à la cooperative agricole du village. Ce sont les mêmes villageois qui y vendent les productions de leurs jardins.
Les étiquettes sur les poches plastiques portent le nom du producteur.
Ces légumes ont été ceuillis dans la journée et ils sont délicieux.
Voici ce que l’on trouve, en ce début de novembre.
en haut à gauche : yuzu
en bas à droite : sato imo
gecko la nuit
photo
photo…
Madame M
bricolage: getabako
Getabako 下駄箱 c’est le placard à chaussures, litéralement la boite à guetas.
On se déchausse à l’entrée de la maison, le getabako est situé dans l’entrée de la maison.
L’entrée de notre ferme est un doma traditionnel, une entrée très spacieuse, carrée.
Vocabulaire: doma 土間 signifie espace de terre. Le sol du doma était originellement constitué de terre battue. On a vu dans un poste précédant (ici) que les pièces d’habitation sont surévelées par rapport au sol. Le doma aujourd’hui a pratiquement disparu, on ne peut en trouver que dans les maisons très anciennes ou traditionnelles modernes. Le sol du notre a été recouvert de béton il y a 20 ou 30 ans, modernité oblige.
Chez nous, le doma donne directement sur deux pièces, le salon-cuisine, et une ancienne pièce d’habitation à tatami qui sert aujourd’hui un peu à tout.
D’où l’idée de faire une getabako basse et qui ait la même hauteur que le plancher de cette pièce. La getabako devient l’extension de la pièce au delà des fusumas. On peut marcher dessus ou bien s’y asseoir. La getabako est constituée de trois sections, et celle le plus à gauche peut être utilisée comme un escalier. Le sol de la pièce d’habitation est en effet élevé de 40 centimètres, et la getabako offre un point où poser ses pieds à mi-hauteur.
Voilà le concept.
Pour la réalisation j’utilise les anciennes planches de sugi (cryptomère) que nous avions rétirées des anciens planchers. Ce sont elles qui pendant plusieurs décennies ont supporté les tatamis. Un coup de ponceuse leur donne une nouvelle jeunesse. Ce sont de belles planches, certaines ont été endommagées par les insectes qui se sont bien régalés mais quelques unes sont en bon état et peuvent resservir .
Une fois le tout découpé et assemblé, je peints au bengara, cette peinture traditionnelle. Le terme bengara vient du néerlandais et a été importé dans la langue japonaise vers 1700.
Le noir bengara; à mesure qu’il sèche, devient de plus en plus profond. On utilise le bengara le plus souvent pour peindre les extérieurs en bois, et il est réputé décourager les insectes.
Voilà.
Les présents
Hier, je bêchais le jardin entre deux réunions téléphoniques; histoire de retirer les herbes flottes qui envahissent les haricots. Madame Y qui habite un pleu plus loin, au fond de la vallée, arrive en voiture et apporte des croissants et des pains aux haricots rouges qu’elle vient de faire cuire chez elle. Ils sont encore chauds et sont déclieux. Elle offre aussi un petit melon qui tiend dans la main, elle l’a ceuilli dans son jardin.
Les relations avec les habitants du village sont toujours ponctuées de petits présents. Les produits des potagers sont d’ailleurs les présents idéaux, car ils sont à profusion et ne coûtent pas d’argent.
Monsieur K passe devant la maison, dans son petit camion blanc, il s’arrête à peine, juste pour nous donner un sac plastique blanc empli de tomates fraichement cueillies.
La relation est bien sûr bi directionelle, et si l’on reçcoit un présent, on se doit de retourner le geste et d’offrir quelque chose en retour. La production de notre jardin étant ce qu’elle est nous sommes réduits à acheter des petits gâteaux dans le magasin le plus proche.
Accompagnée de transactions physiques, l’échange de présents; la relation avec les autres est plus forte et tangible. On la voit avec les yeux et on peut la toucher avec les mains. Elle n’est pas réduite à des salutations et des formules d’usage et gagne en épaisseur; ça devient du 3D.
La campagne japonaise et les banlieues françaises
On peut dresser un parallèle entre la campagne japonaise, du moins celle où nous nous sommes installés, et les banlieues françaises. Elles souffrent en effet de maux semblables, à savoir, des mêmes actes de vandalisme et d’incivilité causés par une jeunesse désoeuvrée qui ne comprend le sens ni de la morale ni du travail.
Dans les banlieues françaises, les jeunes analphabètes vivent en bandes, ils adoptent des codes vestimentaires, linguistiques et musicaux communs. Il oeuvrent la nuit; rôdent dans leurs cités; s’aventurent jusque dans les villes où ils sèment la panique sans le moindre remords. Ils volent, braquent; détruisent, frappent tout ce qui leur tombe sous la batte de baseball.
Les politiques se sont succédés, mais on peut affirmer que tous les efforts annoncés publiquement se sont soldés par des échec cuisants; les bandes de jeunes ne redoutent rien, rien ne les fait fuir ni ne les arrête, elles ont même gagné en assurance depuis les dix dernières années.
Eh bien, lecteur de France, sache que dans notre profonde et belle campagne japonaise, nous souffrons des mêmes maux; et des mêmes razzias commises par des bandes sans peur ni morale. Je les ai vues à l’oeuvre; hilares, et je n’hésiterai pas à poster des photos pour appuyer mes propos; dès lors que je pourrai saisir ces malappris avec mon appareil photo.
A la nuit tombée je les observe. Les premiers encore prudents sont dissimulés dans les forêts avoisinantes et s’approchent du village vers huit heures du soir. Il fait déjà nuit noire, mais ils savent que les habitants chez eux sont encore éveillés et finissent de digérer leur diner en regardant tranquillement la télé.
C’est une heure plus tard, au tour de neuf heures du soir, que les chevreuils se regroupent; du côté nord est du village, juste derrière le temple bouddhiste. Ils s’assurent de l’absence de voitures ou de chiens pour aller s’engouffrer dans le village, comme le font les bandes de voyoux à Châtelet les Halles. Et c’est parti pour le carnage et la dévastation; les chevreuils, les biches, les faons tout le monde s’y met et se jette sur les jardins et les potagers, c’est une vraie émeute, silencieuse certes mais non moins destructrice, car tout y passe; les légumes, les fruits, arbres, poubelles, etc.
C’est le bordel et que fait la police ?











Vous devez être connecté pour poster un commentaire.