scolopendre (mukade)

Voici une autre insertion dans le bitume, un scolopendre (mukade).

scolopendre ecrasé

Toutes les personnes à qui nous posons la question ont quelque chose à dire, et une expérience avec un mukade. Personne dans le village n’affirme ne pas en avoir chez lui.

Une personne rencontrée le charmant monsieur O a déjà été mordu. Très douleureux. Heureusement son chien les découvre dans la maison, et il peut les anéantir le plus souvent sans heurt.

C’est un bête incroyable en tous cas (le scolopendre, pas monsieur O).

Mamushi

Mamushi, c’est la vipère et le plus grand danger de la nature qui nous entoure ici.

Vipère マムシ (蝮)

On en voit une ici, incrustée dans le bitume, aplatie par les voitures, non loin de l’entrée du village, on dirait un fossille.

 

vipère

Les tategu

Les tategu. 建具

Cloisons mobiles, portes coulissantes. Combinaisons, multiples, de bois, de verre, de papier et de vide.Avec une absolue économie de moyens vous laissez passer l’air et la lumière
Vous encryptez les visages et les ombres pour créer l’anonymat.

On peut vous retirer sans effort, l’hiver on vous change pour des modeles plus lourds, afin de se préserver du froid. L’été on opte pour de plus légers.

 

Efficacité.

Il n’y avait jamais assez de place, partout où j’ai vécu en ville.

Les appartements, les maisons, n’étaient jamais assez grandes. Il fallait toujours se soucier de rangement, de l’optimisation du moindre mètre carré. J’ai toujours déploré l’espace pris et gâché par les portes pivotantes. Elles créent un espace mort autour d’elles; ces portes qui tournent autour de leurs gonds.

Enfin, une maison qui coulisse et ne pivote point. Tout va devenir comme un jeu. Fluide et léger. La seule ouverture qui comme partout auparavant continuera de pivoter, c’est la porte des toilettes. Nous lui avons d’ailleurs accordé une dernière chance, puisqu’avant les travaux elle donnait sur le jardin.

une maison du village

Kamikiri Mushi.

Tsuchibake

La plus belle heure de la journée

Cinq heures du soir, c’est la plus belle heure de la journée.

Un vent frais balaye le fond de la vallée et chasse l’air chaud et humide de l’été.
Soudainement tout le monde sort de chez soi.
On travaille dans le jardin, on promène le chien ou on fait simplement un tour.
Les gens passent, se saluent et discutent.
Quand je vois ça je sens qu’Internet, c’est un peu limité. Rien ne vaut le face to face.

Les chants de l’eau

Le hameau s’étend le long d’une petite et paisible rivière.

La rivière permet une grande richesse du biotope. Serpents, grenouilles, tortues, crabes et ragondins vivent sur ses berges, elles mêmes recouvertes d’une végétation riche et dense.
Elle nous apporte sa fraicheur et est un lieu de jeu inégalé pour les enfants prudents.
rivière
Les bienfaits de la rivière sont inombrables mais il en est un sur lequel je voudrais écrire quelques lignes: le son.
A tout moment de la nuit et de la journée la rivière nous accompagne de son murmure: la mélodie de l’eau qui carresse les rochers et chatouille les herbes folles. Le son nous calme. On n’est jamais seul. Si bien que l’envie d’écouter de la musique (celle des humains) s’estompe.
Les chants de l’eau, c’est le heart beat de la nature. On se synchronise à eux, on finit par vivre à leurs rythmes. Tant qu’on les écoute, on est calme et relax. Je pense qu’ils nous aident aussi à penser, à ressentir, à réfléchir et à être créatif, à faire venir les idées.
Les chants de l’eau nourrissent nos jardins spirituels.
La rivière n’est pas seule; des petits canaux, qui irriguent les jardins et les champs de ci de là, l’accompagnent de leurs voix plus hautes. C’est donc concert tous les jours.
irriguation
La mélodie n’est jamais la même, elle est le résultat d’une fonction mathématique et parmi ses multiples variables, la pluie.
S’il a plu plus haut dans les montagnes on entend l’eau plus rapide, elle ne s’apesentit pas, elle trace son chemin, sans prendre le temp de jouer entre les pierres.
Et s’il vient une pluie très forte par contre, les chants de l’eau deviennent des cris, des hurlements.
La rivière est un torrent, transportant tout ce qui est tombé sur les montagnes, l’eau est prise de panique, elle est dans une course contre la montre, pour la mer et le plus loin possible.
La rivière nous dit alors une autre leçon, elle nous rappelle la puissance de la nature et que nous sommes de bien petites choses à ses côtés.

Rencontre infernale

Non, on ne vit pas à Disneyland. Les paysages et les gens sont beaux, l’endroit est idylique, mais la nature dans toute sa richesse et sa violence est là.

Nous sommes arrivés avec nos idéaux et nous avons acheté des tue-mouches. Les insectes sont si présents que nous avons désormais recours aux armes chimiques…
D’autant que certaines bestioles sont coriaces et vraiment dangereuses. Les cafards, nos tue-mouches n’en font qu’une bouchée, on s’habitue à tout … mais pour ce qui concerne le scolopendre… (mukade ムカデ en Japonais)
Quand on voit cette bestiole on se pose immédiatement la question de l’existence de Dieu. Si Dieu réellement existait et avait créé le monde comme le prétendent certains; pourquoi a t il créé le scolopendre ? Dites moi.
A. ma femme se réveille tout d’un coup à quatre heures du matin et se met à crier. Elle a senti quelque chose dans son pyjama. Kezako ? Un scolopendre ! Comment est il arrivé là, malgré la moustiquaire qui nous protège la nuit et toutes nos précautions ?
On essaie de l’écraser avec nos tue-mouches que l’on garde toujours sous la main. Mais le futon est trop mou et on ne parvient qu’à immobiliser la bête; dont les morsures sont terriblement douloureuses et redoutées par tous.
La seule solution, c’est de la guider dans une bouteille d’eau en plastique et de l’y renfermer. Nous y parvenons… Les adultes font 20 centimètres ce sont de véritables monstres. Ils se nourrissent de cafards; est ce que celà tendrait à affirmer l’existence de Dieu ?
Fort heureusement A. n’a pas été mordue. Mais imaginez de trouver ça dans votre pyjama en plein sommeil …
Une fois le scolopendre enfermé dans sa bouteille d’Evian, il nous est difficile de trouver le sommeil. Et nous ne sommes pas seuls; car nous découvrons un geckos en train de se promener dans la chambre. Il est jeune, petit; et n’a pas encore l’age de chasser les scolopendres voilà qui est bien dommage.
Au contraire de Disneyland; tout n’est pas rose. Ce scolopendre; à le regarder de plus près est un vrai monstre. C’est un chasseur, une bête tueuse de cafards. D’ailleurs c’est sans doute le gaillard qui a inspiré à l’artiste suisse le monstre d’Alien; vous savez; la petite chose qui court dans tous les sens pour pondre un oeuf dans bouche des pilotes d’astéronefs.

Camouflage