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Festival de Taishi (II)
C’est la suite de l’article de la semaine dernière sur le festival de Taishi. Ici nous découvrons une cérémonie religieuse qui a lieu dans le temple. (temple bouddhiste d’Ikuraga, ville de Taishi).

Les hommes sont vêtus en yamabushis. Guerriers de la montagne.

Le prêtre entonne une longue prière. Un rythme fascinant qui prend le coeur comme un blues. C’est le soutra du coeur ou hannya shingyou 般若心経
A visionner sur youtube une version électro

Ce rituel auquel nous assistons a lieu depuis 4 siècles.





Ensuite c’est un adulte qui avec un sabre dessine dans l’air le caractère du dieu. Ensuite il dit; hama 破魔 comment traduire … ‘destruction du démon’
Il répète le geste quatre fois, faisant face à chaque côté du bûcher … couvrant ainsi les quatre points cardinaux.

En même temps j’admire la beauté du camion, on le croirait neuf. Au contraire des banlieues françaises, on ne jette pas de cailloux sur les camions de pompiers ici…. Nous sommes dans un pays civilisé!




lorsque l’on s’assied pour une pause, dans les chemins de montagne. Il y en a un qui porte ce qui est à mon avis une peau de anaguma. Les autres ont une peau de chevreuil.









Festival de Taishi (I)
Taishi, ville de 30 mille habitants à quelques encablures de chez nous. Chaque année en février s’y déroule un festival, autour du très beau temple d’Ikaruga.
Des dizaines de petits marchands installent leur stand (on appelle ces marchands ambulants d’événement à événement tékiya) dans l’enceinte du temple ou encore le long de la rue; pour proposer des jeux pour les enfants ou des choses à manger. Question bouffe il y a l’embarras du choix: crêpes, bananes enrobées de chocolat, des nouilles yakisoba, des calamars grillés etc…
Autrefois c’était dit-on un festival où se retrouvaient tous les charpentiers de la région, et de nombreux marchands proposaient sur leurs étals tous les outils qui s’imposent: ciseaux à bois, etc …
Les temps changent: il y a beaucoup moins de marchands qu’autrefois, et les marchands de fleurs et de plantes sont maintenant majoritaires.
En regardant la foule je vois la proportion très importante de personnes âgées. Il y a peu d’enfants. Difficile d’échapper à la question démographique. A se demander si ce festival existera encore dans vingt ans…
En attendant que le ciel nous tombe sur la tête on apprécie le temps quasi printanier, et l’ambiance bon enfant.



Ici un commentaire de Pierre:
Il est beau ce temple tout noir! Les deux gardiens dans le Mon (門), le premier dit “Aaa” tandis que l’autre termine “ouuum”.. Aoum / Ohm.. à eux deux, ils englobent toute la manifestation, tout l’univers!















Il y a un attroupement. C’est une cérémonie religieuse. A voir dans le prochain article.
Don’t think, feel ! (Message du temple)
Un autre message du temple du village … lorsque le prêtre bouddhiste cite Bruce Lee:
かんがえるな!感じろ!

Justement, nous revenons d’une courte escapade à Kyoto. Nous y avons visité tôt ce matin le magnifique temple du sanjusangendo. Un endroit magnifique, hautement spirituel qui prend de l’intérieur et que je ne vais pas tenter de décrire maladroitement. Et mon épouse, après la visite, a dit:‘cette fois; j’ai compris qu’il ne faut pas tenter de comprendre dans la tête; il faut sentir’.
Promenade à Kamigori
J’amène mon fils à un match de baseball, dans la ville de Kamigori (上郡).
Petite bourgade à 30 km de Himeji, à l’ouest. Il y a une gare avec des trains qui passent deux fois l’heure. On sent que l’endroit, à un moment, a voulu devenir une ville mais quelque chose a cloché. Entre deux matchs de baseball, je vais faire un tour.
Pas mal les plaques d’acier qui chevauchent le caniveau. Non sans dérision.
La, j’aime bien les couleurs des inscriptions et des briques
On appelle ca gomi yashiki ゴミ屋敷(maison à ordures). J’ai aperçu le fou à l’œuvre à l’intérieur, en train de dessouder des composants d’une ancienne carte électronique …. Fou ou génie … qui sait ! les deux peut-être …
Heureux l’homme qui, parmi ce bazar urbain sans âme, sait garder un contact avec la terre.
Enfin un peu de beauté dans ce monde de brutes.
Les jeunesses populaires, un peu rebelles, que l’on appelle ici les yankii, aiment bien ce genre de vieilles cylindrées. Je lis la aussi un certain sens d’humour et de dérision. (ces voitures, anciens symbole de la bourgeoisie il y a 20 30 ans ?)…[aujourd’hui les bourgeois roulent en Prius].
De nos jours la plupart des pachinko en service sont au moins deux ou trois fois plus grands que celui-ci.
Celui-ci fait donc de la résistance… sauvons les petits artisans du pachinko !!!
et soudain, au milieu de la ville vide qui n’est plus que le souvenir de ce qu’elle fut, une maison-cube.
La c’est purement magnifique.
Ce camion hiace Toyota est très fréquemment utilisé par les menuisiers. Il se fond à merveille dans le paysage urbain historique.
Sais pas pourquoi mais la soudainement j’ai pensé à la Meurthe et Moselle.
Ça aussi c’est magnifique … J’adore ces vieux trucs … ils deviennent presque organiques.
Le royaume des chats et autres divagations
En continuant plus au fond de la vallée où nous vivons, il y a les ruines d’un ancien élevage de poulets. Un belle horreur de ferraille et de plastique; qu’il faudrait bulldozer, mais l’argent et le cœur manquent aux anciens propriétaires pour cela.
C’est aussi ici que l’esprit commence à divaguer et à perdre pied.
L’homme a quitté les lieux. A partir de cet endroit, la route devient un chemin forestier. Plus loin il y a un temple abandonné et une maison tombée en ruines. Le temple a brulé il y a plusieurs années. Court-circuit électrique. Le moine est parti.
Dans cette zone s’opère la lente transition entre le monde de la forêt et celui des hommes. L’homme est parti mais a marqué l’endroit, avec tous les détritus qu’il a laissés. Ces détritus sont la pour longtemps.
Comme les mines antipersonnel que laissent les guerres. La forêt tente de reprendre ce qui lui a appartenu. La forêt a tout son temps.
Des colonies de chats ont envahi l’endroit. Ils sont un peu sauvages. Ils ont pris possession des lieux. Pour l’instant. Les ruines sont devenues le royaume des chats.
Au delà de ce poste frontière, c’est le monde de la montagne et des animaux sauvages. Chevreuils, sangliers et on peut imaginer les singes et les ours qu’on ne voit jamais. Les chats assurent la transition. Vérifient les papiers des voyageurs …
J’aperçois le camion d’un villageois, arrêté près de l’ancien élevage de poulets. C’est un habitué. Il vient voir les chats tous les jours. L’homme est très discret et ne veut pas que je le photographie. Les chats eux sont moins timides.
Ils sont bien mignons les chats.
On peut continuer sur le chemin, vers le temple abandonné.
Les chats observent le promeneur s’enfoncer dans la forêt.
Celui là file dare dare vers l’ancien temple, parti dans un incendie, comme pour prévenir les dieux, ou les animaux. Ou alors les animaux sont les nouveaux dieux. Et vice versa.

Voila la maison abandonnée, où vivait le responsable du temple. Les chats montent la garde.

Ah; le camion aperçu tout a l’heure vient. Pour une caresse du conducteur, un petit chat se hisse sur la roue avant.
Postscriptum et dur retour à la réalité.
Lors de la saison de la chasse, me raconte une voisine, les chasseurs se précipitent en camions sur les chemins et écrasent sans honte tous les chatons qui s’y trouvent; ‘on s’en fout, il y a trop de chats‘ disent ils.
A croire que la c….. des chasseurs est universelle.
Balade (temple sekizou-ji)
Dimanche. Promenade en voiture. Villes de Sasayama et Tanba, à 80 km à l’ouest de Osaka.
2013
La tradition, ici au Japon, veut que l’on se rende au temple bouddhiste du quartier ou du village, et que l’on fasse sonner la cloche du temple 108 fois; avant le nouvel an.































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