Tagué: vivre à la campagne au japon
Tranches de vie & bricolage
Hier vendredi j’avais laissé quelques petits trucs en plan au boulot et donc j’ai mis mon réveil assez tôt 430 AM ce samedi matin pour boucler ces petites choses tôt et pour ne pas avoir à les faire lundi !
Après, vers sept heures il fait déjà beau mais encore frais je vais dans le jardin que des courges, poussées inopinément cette année (sans doute des graines jetées l’année dernière) envahissent de façon décidée.
Et vers neuf heures je vais voir Saki chan mon acolite. Il est dans son atelier.
On se prend un café. J’ai apporté deux petits cigares de Cuba que nous dégustons tranquillement. On discute. Et tiens, dans la conversation vient une idée pour un dessin futur… A tester … ca peut être pas mal !
On s’apprête à récolter des patates douces. Malheureusement nous faisons une bien piètre récolte. L’été nous n’y avons pas du tout touché, et le rang de patates douces était dans une véritable jungle …. C’est peut être la raison. Il y a eu aussi très peu de pluies.
Je suis un peu déçu Mais bon: c’est comme ça et, bien sûr que c’est un peu ma faute, j’aurais dû mieux m’en occuper.
Il n’y a pas de magie….
Arrivent deux voisins qui eux viennent récolter le riz, leur rizière est juste à côté.

S’ensuit une discussion animée sur la canicule que nous avons eu cet été ! L’un des deux est forestier et l’autre (plus âgé, 72 ans je crois) travaille dans la construction. Et bien sûr la canicule ils ont eu l’occasion de la goûter, sur leurs chantiers !
Je me dis quelle chance de pouvoir faire partie de ce groupe et de cette conversation.
Saki chan m’offre un sac de châtaignes qu’il a récoltées.
Un peu plus tard je rentre à la maison et après une courte hésitation j’essaie de remettre en état la vieille porte coulissante de la grange où je veux faire ma galerie d’art « open garage« .

C’est, en effet, une horreur. Mais l’affaire est finalement moins compliquée que je pensais.
D’abord retirer ces affreuses vitres translucides.

Je commence par faire une nouvelle poignée avec un bois de chevreuil. Ajouter de la fantaisie quand c’est possible.

Puis remplacer les vitres par du plexigas.
Tout en faisant cela je prépare le dîner, je fais mijoter tranquillement des sardines avec du gingembre et des uméboshis. (pour 15 sardines de taille moyenne, 6 uméboshis, une grosse boule de gingembre, 3 CS de sucre, 6 CS de sauce de soja, 3 CS de mirin -vinaigre de riz-, 3 CS de saké). C’est un plat simple et très économique.

La porte a trois rangées de vitres mais je n’en remplace que deux avec du pléxi, la rangée la plus basse, je mets du contreplaqué. Comme ça la lumière arrivera juste à la hauteur du comptoir …
Voila ça prend forme …


Ensuite de retour à la maison pourquoi pas faire cuire du riz avec des châtaignes, on dit takikomigohan.

Ici encore c’est très simple; éplucher les châtaignes et les déposer sur le riz dans le rice cooker, et mettre en route ce dernier.

Et le dîner est génial car nous y avons tant de produits du jardin, ou du village.
les concombres du jardin à goûter avec du yuzu miso, mélangé à une vieille confiture de coings, coings trouvés en montagne l’année dernière.
Une petite courge du jardin passée à la poêle.
Le riz, récolté la semaine dernière par monsieur T qui a cuit mélangé avec les châtaignes de Saki chan.
Mes petites sardines qui ont mijoté avec le gingembre récolté l’année dernière, et les uméboshis faites il y a deux ans.
Et puis quoi d’autre ah oui, dans la salade j’ai ajouté des figues du jardin.
Quelle joie de pouvoir profiter de la générosité des amis, et du potager …
Une marquise pour la fenêtre
Je ne savais qu’un petit auvent pour protéger la fenêtre, c’est une marquise, mais le Petit Robert confirme.

Dans le Petit Robert, j’avais trouvé cet exemplaire à Tokyo, pour 500 Yens, il y a 12 ans, et j’aime beaucoup que le Petit Robert indique la date de l’apparition des mots dans la langue française. Cela permet de mettre les choses en perspective.
Pour la fenêtre faite la semaine dernière, pour ma future galerie, il fallait en effet une petite marquise afin de la protéger de la pluie. Sinon l’eau pourrait s’infiltrer et causer problèmes.

Le tout prend quelques heures.

Cela fait très bien.
Prochaine étape, repenser les portes qui ont vécu et sentent un peu trop la misère ….
Faire un couvre-livre en cuir
Pour le boulot je prends des notes sur papier. J’utilise depuis des années et des années (depuis … que je vis au Japon, soit depuis les années 90) des cahiers de la marque Tsubame. Société Japonaise établie à Tokyo en 1947.
Pourquoi choisir ces cahiers c’est 1 d’abord la qualité du papier 2 la beauté de la couverture, un peu rétro 3 Il y a une page de garde qui en fait un cahier pas comme les autres 4 Il y a une bonne variété dans les cahiers, en taille, nombre de pages et l’on peut donc trouver ce que l’on veut.
J’utilise également ces cahiers pour mettre sur papier des réflexions sur le quotidien, un peu comme un journal. Que ce soit sur mes projets, ce qui se passe dans la tête, etc etc
Donc je finis par trimballer deux cahiers, et puis aussi un stylo plume, et un crayon. Ca n’est pas pratique. Pourquoi pas faire un couvre-livre en cuir, pour protéger et garder ensemble ces deux cahiers et aussi transporter le stylo et le crayon qui les accompagnent.
Ca serait classe et surtout très pratique.
La où nous habitons, la région de Himeji; est le plus grand producteur de cuir au Japon. Il y a beaucoup de tanneries dans la région, que ce soit à Himeji ou à Tatsuno. Certaines vendent leurs produits en direct et donc je peux aller me fournir dans des petites boutiques, pas trop loin.
Se pose alors la question de comment s’y prendre et de comment concevoir cette couverture en cuir.
La grande question c’est comment y garder le stylo à plume et le crayon à papier. Il faut que ce soit simple et pratique.

Placer le stylo, l’attacher dans une petite boucle extérieure, j’aime pas, placer cette boucle à l’intérieur de la couverture non plus; c’est trop bulky …
L’idée alors c’est de faire une boucle avec la feuille de cuir, à chaque extrémité du couvre-livre; comme ceci:

Je n’ai jamais vu de produit comme cela mais cette configuration semble pas trop technique et donc facilement réalisable et puis c’est original et ça semble pouvoir répondre à tous mes besoins.
La feuille de cuir choisie pour ce petit projet, un cahier Tsubamé, un stylo plume et un porte-mines.

Le plus difficile c’est de bien mesurer la taille des boucles pour recevoir les stylos. La feuille de cuir est finalement un peu courte et chaque millimètre compte.
Pour gagner en millimètres et que la boucle ne soit pas trop épaisse je réduis l’épaisseur du cuir à certains endroits…

Il ne manque plus qu’à coudre …

Un premier côté est cousu et ça a l’air de marcher …

Encore un petit projet rondement mené !!

L’idée était bonne et le résultat prouve être super pratique !

Est ce que j’irais toujours vivre au Japon, en 2023 ?
En 1995 après avoir fini des études d’ingénieur à Paris je sautais sur l’occasion d’une coopération (service militaire) pour aller vivre et travailler à Tokyo; au Japon.
Aujourd’hui nous sommes en 2023, cela fait 27 ans. En 2000 j’étais retourné en Europe où j’ai vécu et travaillé en Allemagne, Espagne, et France pendant 4 ans en tout, Donc cela me fait 23 ans au Japon.
Si aujourd’hui j’avais 25 ans et étais sur le point de finir mes études, est ce que je déciderais d’aller vivre au Japon ?
POUR
Le Japon en 2023 est toujours aussi fascinant qu’en 1995. Rien ne change de ce côté. La culture, les gens sont toujours aussi fascinants ! Il y a toujours beaucoup de merveilleuses découvertes à faire, ce type de découvertes qui éclaire notre âme.
On peut dire que le pays est désormais un peu plus ouvert: il y a internet; on peut boire des espressos et surtout le boites Japonaises n’ont plus le choix et embauchent plus d’étrangers qu’autrefois: il y a plus d’opportunités.
Le vieillissement de la population Japonaise et le manque de main d’oeuvre présentent aussi de nouvelles perspectives et opportunités au jeune étranger qui souhaiterait s’installer.
Un autre truc c’est qu’en 1995 venait d’éclater une énorme bulle spéculative. Un genre de ruée vers l’or. Beaucoup ont amassé des fortunes; d’autres se sont ruinés. Je pense que les gains réalisés pendant cette période folle, ont tous été dépensés et perdus … gâchés… Si vous vous baladez au Japon et que vous trouvez dans une rue une maison ou un bâtiment fait avec beaucoup de stainless steel, du marbre et un peu de fantaisie, il y a grande chance que cela date de la période de la bulle. Tout est parti en fumée (ou plutôt, en béton) !! Si les Japonais avaient été un peu plus éclairés ils auraient investi sagement tout le pactole de l’époque … que ce soit dans un programme généreux pour booster la natalité par exemple ou même acheter de l’or ou des actions APPLE !! Après cette bulle spéculative le Japon s’est enfoncé dans une longue période de déflation et de stagnation. Mais en réalité cette période de déflation c’est une période où les gens ont été plus naturels, moins emportés… Les choses sont retournées à la normale. Je suis sûr que la bulle a finalement été une période plus difficile pour beaucoup. Donc ‘maintenant’ c’est mieux (sauf que l’inflation est de retour, ouille!!)
Le monde s’est globalisé mais le Japon reste le Japon… Depuis 1995 le monde a bien changé, il y a eu un genre de standardisation qui s’est appliqué au monde occidental, comme une fine couche de sucre sur un gâteau, ce qui fait que les choses d’un endroit à un autre sont sensiblement moins différentes qu’avant. Le Japon, lui, même s’il a changé, reste le Japon !
Au fil des ans j’ai compris que tant que je suis les rêgles établies, on me fout royalement la paix. Le gouvernement s’occupe de gouverner; mais il me fout la paix. Il n’essaie pas de me sur-contrôler, ni de me programmer idéologiquement, je l’ai bien vu pendant la crise du connarovirus, où le gouvernement n’a pas forcé les gens à rester chez eux, ici on laisse les gens plus libres, et on les laisse simplement face aux conséquences de leurs actes. (vous pouvez sortir on vous enferme pas chez vous, libre à vous si vous l’attrappez et y laissez votre peau). Ca me convient très bien. Je veux que l’on me laisse tranquille.
A propos; ce qui semble avoir énormement changé aussi, c’est la France ! Qui semble beaucoup moins vivable qu’en 1995 … Il semble que les problèmes de sécurité sont désormais très courants. Les trains sont encore plus en retard, les gens sont encore plus en grève. Donc encore plus de raisons qu’en 1995 d’aller voir ailleurs.
AJOUT
Un autre aspect fondamental et surtout si on a des enfants: le Japon reste une terre pure où l’idéologie du wokisme n’a pas encore pénétré, et où les règles fondamentales de la morale sont intouchées et toujours respectées à l’école. Les enfants ont besoin de repères culturels et moraux, et de connaissance, certainement pas d’idéologie!
CONTRE
Soyons clair, le Japon est un « pays dur’ et pour beaucoup, ça casse. Pour moi ça a marché. Par définition, cet archipel volcanique, où il n’y a que des montagnes, est une géographie hostile. Ce n’est pas la Toscane.
La destination ‘Japon’ s’étant démocratisée avec un afflux de gens influencés par les dessins animés etc, le Japon est une destination beaucoup moins ‘select’. Dommage. Le tourisme de masse fait des ravages, dans les villes.
Le pays continue de vieillir et est plus vieux qu’il y a vingt ans. On peut s’inquiéter sur son avenir dans une vingtaine ou trentaine d’années.
Vous côtisez pour les retraites au Japon ? (je suis dans ce cas) Et bien vous n’en verrez pas la couleur. Le même processus est peut être en cours en France, mais en beaucoup plus soft.
L’industrie automobile pèse lourd au Japon et la transition vers les véhicules électriques fera certainement un carnage. Appauvrissement de la population et augmentation des impôts à l’horizon.(mais ici encore, pareil pour la France)
Point de vue géopolitique, avec la montée en puissance et en fascisme de la Chine Pop’, un risque de conflit armé est beaucoup plus plausible. Ce que personne ne souhaite. En vingt ans on voit également l’érosion de la puissance protectrice américaine. Le Japon restera toujours hyper stratégique pour les américains car il leur permet de vérouiller l’Océan Pacifique … mais on sait (avec les Vietnamiens du Sud et les Afghans… et, bientôt, les Ukrainiens) que l’on ne peut pas compter sur eux !
Le Japon reste un pays où l’on travaille beaucoup, et l’on y fait de longues heures au bureau. C’est le pays du travail, pas le pays du loisir.
MA CONCLUSION
Oui le Japon malgré un ‘afaiblissement général’ resterait une option de choix pour y faire ma vie. Le pays et ses habitants gardent tout de leur magie.
Et j’ai beau chercher; je ne vois pas quel autre pays m’intéresserait aujourd’hui. En tout cas je ne regréte pas mon choix. Et aujourd’hui je ferais sans doute le même.
En même temps à quoi rime cet article ? On peut être heureux où que l’on est. J’aurais trouvé une petite maison dans un petit village tranquille en France, j’y aurais été j’en suis sûr super heureux!
Peut-être aussi les US. En 1995 je n’aurais jamais pensé aller vivre aux US. Mais je me dis aujourd’hui que c’est certainement une belle destination. Je penserais au Kansas. (clin d’oeil à la vidéo de Titus dans le dernier article).

Deux hacks
Hack: bidouille, astuce technique ou solution inventive qui résout des problèmes de manière novatrice.
Un hack pour les nuits chaudes
Cet été il a fait chaud. Certaines nuits ayant été super chaudes -par exemple 27 degrés la nuit avec plus de 80 pour cents d’humidité- nous avons passé quelques nuits à l’arrière de notre camion, dans le jardin. On se met sous une moustiquaire.

Installation assez spartiate mais dehors la nuit il fait beaucoup plus frais qu’à la maison.
C’est impressionnant de voir les dizaines des moustiques qui essaient de venir nous piquer, de l’autre côté de la moustiquaire.
Dehors et à l’abri des serpents sur la plateforme du camion, on peut admirer les étoiles, et écouter tous les bruits de la nuit, et de la forêt. On peut voir aussi des étoiles filantes … C’est une belle expérience.
Joindre l’agréable à l’utile …
Un Hack contre le burn out
Ces deux dernières années j’ai senti à plusieurs reprises au travail un risque de burn out. Le travail, il y en a toujours et chaque jour presque plus. Je me suis souvent pris à travailler 12, 13, 16 heures par jour. Et parfois aussi le samedi matin… Le problème au fond n’est pas lié à la quantité de travail, mais à mon incapacité à bien gérer mon temps. Et attention quand je fais des journées aussi longues, le plus souvent, c’est parce que je fais des recherches et essaie d’améliorer mes systèmes ou bien que j’expérimente quelque chose de nouveau. C’est comme un jeu. Et je m’y prends un peu trop ….
Le résultat et c’est pour cela que je parle de burnout, c’est que très souvent donc je me suis senti dépassé par le travail et j’ai senti que j’étais quasiment à la merci de celui-ci.
Ici mon nouveau hack contre le burn out c’est au début de la journée, de décider combien d’heures mettre dans le travail. Et sur le PC d’activer un timer qui va constamment afficher le temps qui reste.
Ce timer, dont je fixe la durée chaque jour en fonction de ma forme et de mon état d’esprit signifie que JE suis aux commandes et que JE décide.
Exemple, hier jeudi je me suis levé très tôt (à cause des nuits chaudes), je me suis levé à 2 heures 30. J’ai commencé à travailler à 3 heures du matin. Comme j’étais en bonne forme malgré tout, j’avais la pêche, j’ai décidé de travailler 10 heures. Je mets donc le timer pour 10 heures. Donc de 3 heures à 13 heures. Ce temps inclue quelques petites pauses et le petit déjeuner.
Avec ça je suis assez serein. Et j’ai en effet fait les 10 heures avec de très bons résultats. Après, je suis allé faire une bonne heure de vélo et suis allé m’occuper du jardin (débroussailler).
La veille le mercredi j’avais moins la pêche et je m’étais fixé 8 heures max. Je n’ai tenu que 7 …
Ce système de timer semble bien marcher pour moi. Ca fait la deuxième semaine …
Morceaux Choisis de Vidéos
Ici même toutes les rencontres avec les insectes et petits animaux; la météo qui se déchaîne … et quelques autres choses …
les tranches de vie à la campagne au Japon quoi …
L’irori de Pierre
Voila un article que je voulais faire il y a un bout de temps. (Version Japonaise ici)
C’est au sujet de l’irori…
Irori 囲炉裏 : Un « irori » est un élément traditionnel de la culture japonaise. Il s’agit d’une cheminée ou d’un foyer intégré dans le sol d’une pièce, généralement utilisé pour chauffer et cuisiner. L’irori est souvent constitué d’une fosse peu profonde encastrée dans le sol, avec un espace pour brûler du bois ou du charbon. Au-dessus de l’irori, il y a généralement une grille sur laquelle les aliments peuvent être cuits. L’irori était traditionnellement utilisé dans les maisons japonaises pour diverses activités, comme se réchauffer pendant les mois d’hiver, préparer des repas et rassembler la famille autour du feu. De nos jours, bien que les foyers modernes aient remplacé en grande partie les irori dans la plupart des foyers, ils sont encore utilisés dans certaines maisons traditionnelles japonaises et sont appréciés pour leur atmosphère chaleureuse et leur lien avec les traditions anciennes.
M’inspirant de l’irori j’en avais fait un, comme une table, pour pouvoir me cuire des trucs dans le jardin. Cet article détaille les étapes du projet.

Cet irori pour le jardin est vraiment formidable et m’a fait passer d’excellents moments. J’adore en effet cuisiner dehors. Ca permet de passer un peu de temps dans le jardin et d’admirer le paysage.
Plus que cuisiner avec ou faire des grillades finalement ce que je préfère c’est y faire du thé. Ca donne un genre de cérémonie du thé destroy mais avec un résultat proche: être dans le moment, être dans l’instant.
Ca c’est vraiment top. On allume un peu de charbon de bois et puis dessus on pose une bouilloire où on a mis quelques feuilles de thé.
Savourer et se plonger dans l’instant présent
Voyant la chose, Pierre; un lecteur du blog, qui vit en France, s’est fait un irori aussi.
Plus petit, avec des pattes qui se replient l’irori de Pierre est facilement transportable et rentre dans le coffre de sa Lamborghini.
Pierre m’a envoyé les photos de son bel irori. Beau travail du bois (trop difficile pour moi) et un super sens esthétique. Quelle élégance !
Admirez !!
L’irori de Pierre






Magnifique travail.
Si vous aussi vous vous faites un irori, envoyez moi les photos !!! On peut commencer une tendance mondiale…
Se reconnecter grâce à la lecture
Tôt le matin de week end vers 5 ou 6 heures j’aime me glisser dans le jardin avec une thermos de café… et je parcours quelques pages, je lis!
Lire me permet de me reconnecter avec moi-même car je fus il y a très longtemps un très gros lecteur, dévorant quand j’étais étudiant un livre par semaine. La vie professionnelle et la numérisation inéluctable de ma vie personnelle et la profusion des distractions sur le Net, m’ont éloigné de la lecture, et c’est quelque chose qui me manque !!
Tôt le matin donc j’essaie de me faire une désintoxe en passant le matin ces moments calmes, en grande compagnie.
Samedi c’était avec Shakespeare, et son Macbeth, que je n’avais jamais lu.
Ca réveille d’anciennes connexion dans la cervelle, ça les dépoussière,
les synapses font des petites étincelles;
par exemple je me souviens tout d’un coup que le film de Kurosawa 蜘蛛巣城 avec Mifune était une adaptation de Macbeth…
Et ça donne envie de le revoir …
Une phrase… dans Macbeth:
Rien dans sa vie Ne l’honora autant que sa façon de la quitter. Il est mort Comme un homme qui eût appris par cœur à mourir Pour rejeter le plus précieux de ses biens Comme une bagatelle insignifiante
Et puis dimanche et ce matin de lundi retrouvailles avec l’un de mes personnages préférés: Chateaubriand! Je l’avais lu il y a plus de vingt ans et j’avais à l’époque, adoré ses mémoires d’outre tombe…
Je m’y remets. Avec plaisir. Avec un peu d’appréhension aussi: que vais-je en penser, aujourd’hui ?

p6
tout chevalier errant que je suis, j’ai les goûts sédentaires d’un moine : depuis que j’habite cette retraite, je ne crois pas avoir mis trois fois les pieds hors de mon enclos. —– tiens ben c’est tout comme moi, dans le village!!
(xx)
Quant à moi, je ne me glorifie ni ne me plains de l’ancienne ou de la nouvelle société. Si, dans la première, j’étais le chevalier ou le vicomte de Chateaubriand, dans la seconde je suis François de Chateaubriand; je préfère mon nom à mon titre
p10
Les jésuites suppléent à la solitude à mesure que celle-ci s’efface de la terre.
p54
C’est pour avoir vu le colonel en second du régiment de Conti, le marquis de Wignacourt, galoper sous des arbres, que des idées de voyage me pour la première fois par la tête.
p62
La mort est belle, elle est notre amie: néanmoins, nous ne la reconnaissons pas, parce qu’elle se présente à nous masquée et que son masque nous épouvante.
Ces petites heures que j’arrive à arracher à ma propre médiocrité me font un bien énorme.
Après on peut faire un tour dans le jardin et contempler les fleurs des zaricots

Et puis plus tard aller chercher dans les bois des pousses de bambou

Petite conférence sur Wakame Tamago
L’année dernière, juste quelques mois après que j’aie fini la version Japonaise de ma bande dessinée Retour Sur Terre ma chère voisine m’a demandé de faire une présentation pour la réunion annuelle des anciennes élèves de l’université de filles de Nara….
J’ai accepté son offre sans doute que cela a flatté mon égo et sur le coup je n’ai pas su me contrôler et … refuser…
En même temps il est bon d’accepter chaque nouveau défi que l’on trouve sur son chemin, un peu comme faire toutes les side quests dans un jeu vidéo. Ainsi on gagne plus de points, avec lesquels on peut parfaire son armure ou étendre ses pouvoirs magiques.
Nous voila donc un an plus tard et cet après midi je vais faire la présentation.
Un truc qui m’a un peu tarabusté: que raconter à des jeunes femmes qui ont fait leur vie et qui ont presque l’âge de ma mère? Comment les intéresser ? Il y a-t-il vraiment des choses valables à raconter sur mon parcours et mon expérience ?
Le but de cette présentation n’est pas ma satisfaction personnelle, mais la satisfaction du public et de ces personnes qui me font l’honneur d’écouter mes histoires.
Ma chère voisine a je pense plus de 80 ans, elle est très drôle et apparait d’ailleurs dans ma BD plusieurs fois. et la dizaine ou vingtaine de personnes à qui je vais faire la présentation doivent être juste un peu plus jeunes qu’elles….
J’ai donc préparé un power point avec cinquante slides pour raconter ma petite histoire ….
Faire des présentations; je le fais souvent au travail, comme beaucoup d’entre vous je pense, et parfois je le fais devant des centaines de collègues.
Mais cette fois ci la présentation est sur …. moi … ça c’est vraiment une première fois!!
Dans la présentation je présente ma famille en France, en Charente Maritime et comment mon grand père une fois à la retraite s’éclatait littéralement à vivre presque en autarcie grâce au jardinage, à la chasse, à la pèche, et à l’élevage de poules pigeons lapins et moutons …. et comment aussi mon oncle faisait son vin !!
Je raconte comment je suis entré en contact avec le Japon, et utilisant des pages de ma BD, et comment j’ai commencé à y vivre et puis aussi comment avec ma femme nous avons décidé de quitter Tokyo pour nous installer dans un petit village à la campagne, suite aux catastrophes de 2011.
Tout cela en mélangeant des photos et des extraits de ma BD.
Et puis nos premiers pas dans la vie à la campagne où nous devons tout apprendre de zéro. Et si vous lisez les premières pages de ce blog vous verrez que j’ai pas mal évolué dans mes idées et mes propos … en dix ans …
La présentation power point suit en fait le narratif de la BD mais en ajoutant du réel avec des photos.

Il y a aussi cette slide ou je montre à gauche quand nous vivions à Tokyo (dans le quartier de Bunkyo ku puis plus tard à Kichijoji) avec une maison de 500K Euro, un emprunt immobilier, le peu d’espace et de nature mais des trains bondés le matin et le soir …
avec l’impression un peu de vivre comme les lapins de mon grand père… mais attention des lapins de luxe …
A droite avec la flèche verte qui baisse montre le prix de notre maison à la campagne, 30K Euro, l’espace autour de nous, le fait que nous sommes libres et n’avons plus d’emprunt immobilier ni de trains bondés et aussi
le fait que de consommateur de biens nous soyons devenus producteurs de bien:
je fais mes légumes, mes champignons mon bois et …. ma BD !!!
Une transformation qui nous a été super bénéfique et que je recommande ….
La ligne rouge sur la slide avec les étoiles c’est le 幸せ度 ou le degré de satisfaction car oui j’était très heureux à Tokyo mais pas vraiment satisfait, et on voit que la courbe du coût de la maison et la courbe de satisfaction se croisent …
Le prix de l’immobilier reflète la valorisation d’un bien par le marché. Notre maison de Kichijoji était valorisée à 500K EUR (70 milions de Yen) parce que ‘tout le monde veut vivre à Kichijoji’. (et encore la maison elle même avait 30 ans et était évaluée pour très peu… les 70 milions de Yens étaient surtout pour le prix du terrain) Notre maison au village était évaluée à 30K Euros soit 4 milions de Yens …. parce que voila; personne ne veut vivre ici… et encore moins dans une maison ancienne !! avec les chiottes dehors !!!
En gros notre courbe de satisfaction a monté lorsque nous avons décidé de ne plus suivre le chemin que la majorité préfère mais de faire notre propre chemin ….
Plus tard dans la présentation j’arrive à la conclusion que en venant nous installer ici à la campagne j’ai fait comme une immense boucle; ayant quitté la France, m’étant installé au Japon, avec femme enfant et chats … pour plus modestement refaire les gestes de mon grand père et de mon oncle. D’où le titre de la BD « retour sur terre »
Mais faire cette grande boucle était-elle vraiment nécessaire ? aurais je pu arriver à la même conclusion tout en vivant et restant en France ? voilà une bonne question !!
Fermer la boucle … jusqu’au sanctuaire Shintô
Donc les couvreurs ont fini leur travail la semaine dernière, et le toit de mon home office a été complètement refait.

Juste au moment où les couvreurs plient les gaules mon ami Saki chan arrive avec son camion chargé de belles branches …
Il les a coupées dans un sanctuaire shintô à une vingtaine de kilomètres.
Le bois qu’il amène ainsi est superbe. Il est couvert de mousses ou de fougères … un vrai écosystème …. Dire que tout finira dans le ventre de Calcifer notre poêle à bois ….
Il revient en effet d’un job, où il devait, dans une nacelle suspendue et attachée à une grue, couper des branches d’arbres majestueux dans un sanctuaire shintô. Ces branches étaient devenues menaçantes pour les frêles toitures des bâtiments sacrés…
Ce sanctuaire se nomme le nid du serpent: 蛇穴
Intrigué par ce nom j’ai fait des recherches sur le net pour découvrir que ce sanctuaire est situé dans la boucle d’un cours d’eau …

Intéressant !! Nous décidons avec mon épouse d’aller y faire un tour … L’endroit c’est un lieu un peu plus développé qu’ici, c’est beaucoup moins montagneux et il y passe une ligne de chemin de fer donc … donc … euh je m’attends …. à du moche …. parce que c’est souvent comme ça voyez-vous !!! Dès que la modernité s’installe ….
Mais même si en effet il y a un peu de moche autour, l’endroit est absolument fantastique.
C’est fou comme sur une toute petite surface avec la conjonction de quelques éléments; l’eau; les arbres, les oiseaux, la lumière … le ciel se crée un espace de merveilleux….

Voila on arrive

Quatre petits bâtiments en comptant les toilettes


A l’intérieur il y a un tronc pour y verser quelque monnaie … je fais un don exceptionnel de 1000 Yens (8 euros ???), pour remercier les dieux de l’endroit pour tout le bois que nous avons reçu et qui nous réchauffera dans deux ans.
C’est bien, comme cela, de fermer la boucle; et de s’assurer que tout reste ainsi en ordre … pas de place au chaos….

Le couvreur dirait ici de bien regarder les tuiles …

Ici c’est l’entrée du sanctuaire avec le tori-i. On discerne de belles branches coupées … Calcifer va les manger…
Saki chan a fait le boulot dans une nacelle, haussée par une grue … Saki chan a 69 ans. La retraite … connait pas !!

Les arbres sont superbes et donnent au lieu toute sa dimension spirituelle.

Ici aussi.

Mmmm Saki chan est passé par la avec sa tronçonneuse … et ce tronc d’arbre je l’ai bien vu … dans mon jardin !!!

En effet le sanctuaire se nomme le trou du serpent

Un dessin quelque peu énigmatique

Nous allons voir le deuxième bâtiment

Une peinture qui date de Meiji … Comme le Japon a changé !!

Accroché à cette poutre; un arc.

Sur la poutre à droite; une baïonnette. Je pense que c’est le modèle utilisé lors de la guerre Russo Japonaise, par l’armée Russe….
Mon arrière grand père utilisait pour récolter les asperges une baïonnette qu’il avait pris à un Allemand pendant la 1è GM …

Le tranquille ruisseau qui fait une boucle autour du sanctuaire lui donne beaucoup de charme et le protège du brouhaha de la route voisine. Modeste mais très bien aménagé il appelle à la paix et à la sérénité. Quel endroit !

Un peu plus loin on voit qu’il y a plein de cresson qui pousse…







Vous devez être connecté pour poster un commentaire.