Momigara ou glume de riz

Les récoltes de riz ont bien commencé dans les rizières du village. Les dates des récoltes dépendent du type de riz qui a été planté. Des variétés sont tardives et d’autres pas.

On voit les agriculteurs montés sur des machines qui ressemblent à des robots gundam.

C’est donc le moment d’aller prendre du momigara, ou glume de riz.

Certains le déposent aux pieds des légumes l’hiver dans les jardins pour les protéger du froid et du gel. Je me dis aussi que cela doit être très aussi bien pour pailler le potager, je suis curieux d’essayer en tout cas.

La voisine d’en face me propose d’aller en chercher ensemble. On part tous les deux dans le camion, et nous nous rendons a quelques kilomètres, chez un agriculteur. C’est monsieur T.

A cote de ses combain, mini moissonneuses batteuses montées sur chenilles de caoutchouc, un gros tas de momigara.

Monsieur T est content de nous voir car le momigara ne lui est d’aucune utilité et il souhaite s’en débarrasser. Nous en chargeons le camion.

momigara

A vivre à la campagne nous sommes proches des réalités et à bien y réfléchir une des choses les plus fantastiques que nous pouvons vivre, c’est d’être acteurs des cycles de transformation. Si la société de consommation rime souvent avec déchet, poubelle, gâchis (« waste » en anglais), à la campagne nous participons aux cycles de transformation où les matières organiques se transforment et sont utilisées de nouveau et à l’infini. Pas de plastique dans tout ça.

Examples, la récolte de riz s’accompagne donc de production de glumes, lesquels sont utiles pour le jardinage; leurs elements retournent à la terre et l’enrichissent.

Le bois coupé alimente Calcifer qui nous réchauffe, la cendre laissée par sa combustion retourne dans le jardin où elle enrichit le sol.

Pareil pour les déchets de la cuisine, ou encore le crottin de cheval du club hippique pas loin, la matière organique retourne à la terre et n’est jamais perdue, et alimente les organismes vivants du sol.

Cercles vertueux donc qui peuvent être répétés à l’infini.

Vocabulaire

もみがら 籾殻 momigara glume du riz

momigara

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Fermeture de l’épicerie du village et le début de la fin

Bon allez ! Un bon petit coup de déprime.

On parle dans un article précédent de la démographie de la vallée où nous vivons. La population qui diminue et prend de l’âge. Natalité faible et exode rural.

Dans le village il y a une charmante petite épicerie. … Il y avait !

Les anciens content qu’autrefois il y avait deux boutiques, il y a 40 ou 50 ans, dans chaque quartier. C’est dire les changements qui se sont opérés….

Et aujourd’hui est le temps de nouveaux changements: avec la fermeture définitive de la dernière épicerie de la vallée. Les coins de campagne au Japon je crois sont tous confrontés à cette situation d’une économie qui se contracte et fond comme neige au soleil.

Heureusement que la nature est la pour nous inonder de sa gloire… et nous fait oublier la misère des hommes.

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La fermeture de l’épicerie est un évènement triste. Avec un peu d’effort et d’imagination je pense que le management de l’épicerie -qui était gérée par une société- aurait pu essayer de diversifier le business en faisant café et débit de boissons alcoolisées. Cela aurait attiré un peu plus de business, avec un cout additionnel négligeable.

J’ai l’impression que la boite voulait de toute façon fermer et se désengager du village.

En plus d’un simple magasin c’était le lieu où les habitants se retrouvaient parfois. Il y avait un vieux canapé rouge avec une table et un cendrier. Que demander de plus ! Le coin idéal pour les enfants de l’école de se retrouver après les cours, de manger quelques friandises en faisant de la nintendo en toute sécurité. Et pour les plus vieux de prendre un café en fumant une clope. C’était le bonheur à l’état brut quoi.

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Anyway, c’était l’occasion de prendre quelques photos de l’épicerie, pour le souvenir, et de saluer le staff toujours très sympathique.

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On peut admirer aussi la bonne humeur et les sourires du staff malgré la nature de l’évènement. Personne ne se plaint .. tout le monde a compris … c’est l’histoire qui bouge … Et on garde le sourire …

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Kakis et édamamés

Réparer l’ancienne serpe

C’est l’automne, d’ici quelques semaines, il n’y aura plus ni sangsue ni frelon et je retournerai dans notre petite montagne. Le but, débroussailler, continuer à déblayer et planter des arbres. C’est donc le temps des préparations. Car telle est ma mission.

Un truc à faire, remplacer le manche de la serpe et en réarranger la lame. Cette serpe est ancienne. Un voisin me l’avait offerte l’année dernière après que nous ayons acheté notre petite montagne. Elle avait dû appartenir à son père ou son grand père. La lame porte le nom du forgeron qui l’a faite ainsi que le nom de la ville de Shiso; proche de 10 kilomètres.

Autrefois il y avait une trentaine de forgerons à Shiso, je crois comprendre qu’il n’en reste aujourd’hui que deux ou trois. Ces forgerons fournissaient les agriculteurs et les forestiers en outils … Pas du made in china mais du made à dix kilometres de la maison.

Je me suis bien servi de la serpe l’année dernière, mais tapant comme un malade sur des tonnes de lianes et de bambous j’en ai brisé le manche et abimé la lame.

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D’abord je protège la lame dans un journal plié pour éviter de me trancher les bras.

Je scie dans la longueur un nouveau manche, sur 3寸, 3 sun, soit trois pouces. Les charpentiers utilisent toujours le sun comme mesure et expliquent que les chiffres exprimés en pouces sont plus faciles à retenir qu’en centimètres car ils sont sont plus petits. (par exemple 3 sun au lieu de 10 centimètres).

Il est un peu plus délicat de voir où percer le manche pour y insérer les deux clous de fixation.

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Mais bon on y arrive après avoir fait une copie de la lame sur un bout de papier.

Ensuite je passe la lame à la meule pour la corriger, et effacer les éclats faits l’année dernière.

Finalement je passe la lame à la pierre à aiguiser pour la reprendre en douceur. Ce  type de travail avec la pierre ou la meuleuse invite toujours à apprendre des gestes. A les faire bien. C’est tout un art. A chaque fois on finit par se laisser guider par le geste. La pierre et le métal se parlent et on suit le geste qu’ils nous incitent à faire. C’est très reposant.

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Le résultat est assez concluant.

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J’en profite pour dégager l’entrée de la montagne. La végétation obstrue l’entrée.

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Les branches coupées, on les amène ensuite aux chèvres du voisin qui sont toutes contentes. Elles aiment bien ces feuilles.

Rien ne se perd. Tout se transforme.

Une cabane en forêt

A en croire les vieux du village cette jolie cabane plantée au beau milieu de la forêt (ici on dirait plutôt au beau milieu des  montagnes !) a une histoire particulière.

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Moi j’imaginais qu’il s’agissait d’une cabane pour les forestiers, les forestiers iraient y faire une pause pendant la journée de travail. Remarquez le porche joliment fait qui se fait asseoir deux personnes à l’abri des éléments.

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Mais en réalité on nous dit que cette cabane permettait autrefois aux villageois qui se rendaient à travers les bois jusqu’à la vallée voisine, de s’y reposer.

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Les gens allaient donc faire leurs courses à pied jusqu’à la vallée voisine. A vol d’oiseau ça n’est pas si loin et Google Maps confirme en effet que la cabane est bien située à mi chemin entre deux vallées. C’est fantastique, non?

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Cuisiner Dehors

J’aime bien faire des currys, lesquels se ratent très difficilement.

Par contre depuis ces derniers mois je cuisine dehors. Dans le jardin. C’est un bon moyen de profiter de la fin de la journée, ces instants magiques après 5 heures de l’après midi où l’on sent que tout aspire au repos. C’est plus agréable que dans la cuisine. On est toujours mieux dehors que dedans.

J’emporte donc la marmite dans le jardin et la pose sur un camping gaz.

Et on laisse mijoter tranquillement, accompagné des chants des grillons.

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Et avec Minou bien sûr !

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I AM THE BOSS

I AM THE BOSS

Et qu’est ce que tu es venu faire dans ma forêt ?

 

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Monsieur Crapaud rencontré chez lui dans la forêt en ce beau jour d’automne.

 

Au delà de son apparence grotesque, il y a beaucoup de gentillesse dans le crapaud, non ?

Energie Solaire et bois de chauffe

La recherche d’opportunités pour trouver du bois de chauffe est constante. Car, en hiver, Calcifer notre poêle à bois a très faim.

Cette fois-ci c’était assez spécial: nous avons reçu l’appel d’une connaissance nous informant d’une gigantesque installation de panneaux photovoltaïques  à 30 kilomètres du village.

Pour ce faire une entière foret a été rasée. Et il est possible d’y aller chercher du bois.C’est un gros chantier avec des pelleteuses et plusieurs dizaines de personnes. Les branches des arbres ont été broyées, et il reste les troncs d’arbres, coupés et rangés en tas réguliers.

L’installation photovoltaïque est impressionnante. La capacité prévue est de 2 Mégawatts. 2 Mégawatts … c’est vingt mille panneaux solaires …

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Pour nous c’est une affaire en or, car il suffit de charger le camion et de prendre tout le bois possible.

Cela pose la question tout de même de l’énergie solaire déployée ainsi à échelle industrielle. L’énergie solaire c’est l’avenir absolument … mais raser des forêts pour poser des milliers de photovoltaïques ? On peut être dubitatif. Est-on condamné à toujours détruire la nature ? Encore la démesure, l’hubris ?

Voir le sol de la forêt, dénudé, écrasé et tassé par les engins est une vision attristante. La vie est partie et la terre meurt.

OK l’énergie solaire est nécessaire pour pouvoir se désengager du nucléaire et du pétrole, ces grands cancers qui dévorent l’avenir du monde; donc cette installation, c’est donc un moindre mal. Mais si quelqu’un venait à me demander mon avis je dirais que je préfère l’installation solaire modeste sur le toit de la maison autonome et pas raccordée au réseau … voila le rêve.

On note le développement exceptionnel du solaire au Japon grâce à une tarification avantageuse et garantie pour 10 ans …. les photovoltaiques poussent partout comme des champignons.

Mais bon pendant ce temps, on a chargé le camion de notre ami. Les essences sont de qualité. Beaucoup de chêne. Le bois coupé au mois de mai a séché pendant l’été. Reste à le couper, le fendre et à le ranger avec amour …. Y a du boulot !

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Rencontre dans le jardin

Démographie de la vallée

Le village est situé dans une petite vallée, fermée en cul de sac sur le nord et qui s’enfonce sur une dizaine de kilomètres.

Voyons la démographie de la vallée. C’est une question que je me suis longtemps posée ….

La mairie de Himeji dont nous dépendons publie des statistiques: http://www.city.himeji.lg.jp//toukei/index.html

Pour être précis la vallée se nommait autrefois Tomisu et comprend quatre hameaux.

  • Tochihara
  • Seki
  • Suehiro
  • Minago

Voici les statistiques présentées en graphiques en utilisant « Power BI » (Business Intelligence) de Microsoft.

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Nous voyons donc que:

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Il y a 804 habitants recensés dans notre vallée. 800 personnes c’est beaucoup … c’est pour ça que je connais pas encore tout le monde. 🙂

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La population est âgée ! ! 110 enfants de moins de 14ans, soit 14%.

Les moins de 24 ans représentent seulement 22% de la population de la vallée.

Les moins de 44 ans sont 41% de la population.

12% de la population ont plus de 80 ans.

Il est clair que la population n’est pas répartie de façon homogène entre les hameaux:

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A droite on voit le hameau de Seki, situé au bout de la vallée avec moins de 50 âmes et dont la très grande majorité a plus de 60 ans. Il n’y a pas d’enfants. Situé a 10 kilomètres du commerce le plus proche …. et historiquement peut être fermé aux gens de l’extérieur on peut se poser la question du devenir de ce hameau d’ici 10 ou 20 ans.

Dans les trois autres hameaux la population est plus conséquente, Suehiro et Minago ont chacun presque 300 âmes.

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Les femmes (à gauche) sont plus nombreuses que les hommes ! C’est frappant dans la catégorie des plus de 80 ans. Il y a eu la guerre, l’alcool et le tabac …

64 octogénaires et plus femmes, pour 35 hommes.

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Bon finalement, je me demande si ces statistiques m’apprennent beaucoup de choses. Il était clair dès le départ que la population est plutôt âgée ….et qu’il y a peu d’enfants.

Je sais aussi que mon fils et moi sommes les deux seuls français de la vallée …

Nous sommes les 0.2 % ! ! !

Et malgré toutes les statistiques possibles notre message reste le même,…. n’allez pas vous installer a Tokyo où 30 millions de personnes s’entassent et se gênent les unes les autres … non, venez vous installer dans la belle campagne japonaise … on y vit bien et de peu … et en plus on s’y sent utile. Et les esprits de la forêt veillent sur nous.