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Idée cadeau pour Noël !!!
Dans un mois, c’est Noël et peut-être réfléchissez-vous aux cadeaux que vous allez offrir à ceux que vous aimez ….!!
De mon côté il me reste une vingtaine d’exemplaires de ma bande dessinée Retour Sur Terre …
Alors n’hésitez pas à commander ma BD pour l’offrir à Noël …
Voila qui ferait un cadeau original … Et ce sont les vingt derniers exemplaires !!!

Et faisons quelque chose de spécial pour les fêtes:
avec la bande dessinée, j’ajouterai une impression en couleurs et en format A4 d’un de mes dessins de ukiyoé:
- Sisyphe à la campagne (ici)
- La liberté (ici)
- Le gomen machine (ici) – le secret des relations qui durent
- Se retirer la merde de la tête (ici)
- L’homme sur la Lune et tout ce que l’on ne sait pas (ici)
- La sagesse des villageois se transforme en pépites d’or (ici)
- L’homme peut-il être sauvé ? (ici)
- (Pas encore publié sur le blog) Le sens de la vie
- (Pas encore publié sur le blog) Chaque jour peut être le dernier
- (Pas encore publié sur le blog) Let it go !!!
- (Pas encore publié sur le blog) Focus on what you can control
Ici un paquet de 10 exemplaires en attente d’une maison d’accueil ….

…. Merci !!
Sisyphe à la campagne
Sisyphe dans la mythologie grecque avait été condamné à rouler éternellement un énorme rocher jusqu’en haut d’une colline, seulement pour le voir redescendre, et répétant cette tâche pour l’éternité.

Voila une histoire qui a 2800 ans et qui nous fout toujours les boules (au moins une grosse boule) et ceci, parce que cette histoire résonne et nous parle à nous humains du 21è siècle après J-C.

Dans la répétition des jours des saisons et des années à travers ce métro boulot dodo gigantesque nous sommes un peu comme Sisyphe …
C’est aussi la réflexion que je me fais quand je passe la débroussailleuse dans le jardin … je passe la débroussailleuse mais quelques jours après, surtout si il y a eu un peu de pluie, il fait recommencer … l’herbe repousse toute de suite !!
Je me demande aussi si avec le climat presque tropical pendant l’été au Japon avec chaleur et une humidité extrême, si l’herbe ne pousse pas plus vite ici qu’en Europe … pas impossible…

En tout cas devoir débroussailler et entretenir son jardin et son champ ici c’est aussi partager le destin de Sisyphe …

Une marquise pour la fenêtre
Je ne savais qu’un petit auvent pour protéger la fenêtre, c’est une marquise, mais le Petit Robert confirme.

Dans le Petit Robert, j’avais trouvé cet exemplaire à Tokyo, pour 500 Yens, il y a 12 ans, et j’aime beaucoup que le Petit Robert indique la date de l’apparition des mots dans la langue française. Cela permet de mettre les choses en perspective.
Pour la fenêtre faite la semaine dernière, pour ma future galerie, il fallait en effet une petite marquise afin de la protéger de la pluie. Sinon l’eau pourrait s’infiltrer et causer problèmes.

Le tout prend quelques heures.

Cela fait très bien.
Prochaine étape, repenser les portes qui ont vécu et sentent un peu trop la misère ….
Il y a du sens.
Ici au village nous goûtons une vie paisible et tranquille. Nous vivons en sécurité, et si danger il y a, il vient alors de la nature -car des pluies diluviennes et continues pourraient convaincre les montagnes de nous ratatiner facile dans un courant de boue-, mais, en général, pas de l’homme.
Ce matin je suis au travail, je suis assez concentré sur un truc, un nouveau dashboard power BI avec le but de simplifier nos process pour les forecasts financiers.
Ma femme tout d’un coup arrive en courant et me dit viens tout de suite voir madame M, elle t’appelle et a besoin d’aide. Il y a un serpent chez elle !!
Ah ! je laisse mon bureau; vais chercher une perche, un genre de sécateur avec un long manche et cours chez la voisine.
Elle est tout en émois: le petit serpent qui est devant la porte de sa maison lui fait peur !!
Il s’agit d’une couleuvre, assez jeune. Toute belle!
J’essaie de la rassurer mais attendez c’est une couleuvre elle ne vous fera aucun mal, mais elle est vraiment en panique, et je comprends, je sais; il y a des personnes qui ont réellement horreur des serpents. Je ne veux cependant pas blesser la couleuvre et donc j’essaie de la faire fuir, avec le bout fermé du sécateur.
En même temps je ne sais pas comment faire pour l’attraper gentiment …
C’est marrant on a l’impression qu’elle veut vraiment rentrer dans la maison… elle se colle contre la porte coulissante … mais je parviens à la faire partir et alors elle va se planquer à côté, à 5 mètres, dans le jardin de madame M.
Ca ne suffit pas à madame M qui voudrait que nous attrapions la couleuvre mais pour la mettre où ? Elle est au village chez elle autant que nous sommes chez nous !
Je répète à M. que la couleuvre finira par partir et qu’il vaut mieux la laisser tranquille dans le jardin vu qu’elle ne représente pas de danger particulier. Si ça avait été une vipère je l’aurais alors butée! Madame M. vit avec son fils et sa belle fille et ils ont deux jeunes enfants. et une vipère à proximité de leur maison serait un véritable danger pour les enfants.
Je retourne au bureau.
Ma femme me voyant me barrer va parler à un autre voisin qui très cool conseille de faire brûler de l’encens près de la maison, l’odeur devrait faire fuir le petit reptile dit-il. Il est vraiment smart et il est d’ailleurs dans ma bande dessinée; dans la page 18 pour être exact.
Je suis de nouveau avec mon PC et continue le travail avec Power BI. Je fais de bons progrès. Une heure plus tard je sors du bureau pour aller me faire un café, et c’est qui que je vois ?
La couleuvre, juste devant la porte de mon home office.
Je lui adresse la parole comme l’aurait fait Saint François d’Assise sauf que c’est en Français, et pas en un dialecte toscan du 12è siècle; et en gros
je lui demande de prendre bien soin d’elle, de faire attention, et d’éviter le danger.
Et puis je me dis voila:
- d’abord la couleuvre est allée chez madame M; car elle est en réalité l’esprit de son mari décédé: c’est l’esprit de monsieur M qui est décédé il y a 5 ans.
- Et puis, elle est passée ici me voir pour me remercier de ne pas l’avoir butée.
La couleuvre me fait un clin d’œil et puis s’en va en serpentant dans la direction de la rivière, elle se glisse dans un petit espace entre la maison et un muret; et disparait.
Je vais voir ma femme et lui raconte l’histoire.
Ma femme acquiesce et va voir madame M. Elle demande à voir son jardin pour vérifier qu’il s’agissait bien de la même couleuvre ? Et en effet la couleuvre du jardin est bien partie donc il s’agit bien du même serpent. Comme ça Madame M est rassurée.
Mais ma femme lui fait aussi part de mes remarques, à savoir qu’il s’agissait sans doute de l’esprit de son mari défunt, venu lui rendre visite.
Madame M ouvre grand les yeux et dit: mais oui, c’est aujourd’hui mon anniversaire ! Et en plus je suis de l’année du serpent !
Et elle a un immense sourire.
L’homme peut-il être sauvé ?
L’homme peut-il être sauvé ? 人間を救えるのか —- tel est le sujet de mon dernier dessin….
Il s’agit en effet du Christ qui essaie de sauver des hommes à l’aide d’un UFO CATCHER … UFO CATCHER: il y en a en France ?
Un "UFO catcher" est un type de machine de jeu ou de divertissement que l'on trouve généralement dans les salles d'arcade, les parcs d'attractions ou les centres de divertissement. Il est également connu sous le nom de "grue à peluches" ou "grue à jouets". L'objectif du jeu est d'utiliser une grue mécanique pour attraper un prix, souvent une peluche ou un jouet en peluche, et le récupérer. (chatgtp)
En tout cas c’est comme cela que l’on nomme ce jeu au Japon ….

Parmi la foule, les âmes perdues, on peut voir le chevreuil, qui est un personnage de ma bande dessinée ‘Retour Sur Terre’… que fait-il la ?

Jusqu’au mois de mars j’ai tenu un excellent rythme avec les dessins, parvenant à avoir une bonne idée et à en faire un dessin chaque semaine. Ceci en parallèle avec le travail.
Cependant la fatigue s’accumulant avec le boulot en Avril, j’étais sec ! Plus d’idées! aucune inspiration. Peut-être, aussi, l’arrivée du printemps et d’autres événements autour de nous.
Et puis tout d’un coup après quelques semaines sèches…
cette image du Christ qui tente de sauver les hommes, avec un UFO CATCHER ….
Comme à chaque fois, je prends beaucoup de plaisir à faire ces dessins: je sens que cela m’aide à progresser ….
Merci encore de suivre mes petites aventures et pour tous vous encouragements, difficile pour vous de vous rendre compte peut-être, mais vos commentaires et vos feed backs me donnent énormément d’énergie !!!!
La conférence ….
La conférence s’est bien passée ! Devant donc quinze anciennes élèves de l’université de Nara.
Je dis que ça s’est bien passé car seulement une personne s’est endormie… le reste répondait bien aux plaisanteries, et il y a avait une bonne dynamique.
J’y ai pris vraiment plaisir, mais c’est normal, quand on la chance de parler de son histoire et de se savoir écouté.
Et en plus huit personnes ont acheté ma bande dessinée « retour sur terre » … Super cool !!
Préparer cette présentation c’était un peu résumer ma vie et essayer d’en extraire un sens et des choses qui pourraient intéresser des personnes de 70 ans …(qui ont donc plus de XP points que moi)
Voici quelques slides du power point.
La maison, en Charente Maritime, où mon père est né.
Dans un petit village de 300 âmes … Oh ces belles maisons charentaises qui évoquent un climat doux et clément … et les belles façades .. et ces murs de pierres d’un mètre d’épaisseur!


Un souvenir d’enfance c’est quand nous « re descendions » dans les Charentes, de Paris pour aller aider mon grand oncle aux travaux des vendanges… Je n’ai plus de photos de tout cela mais les outils, les barriques, on trouve les mêmes photos sur le net et même mon arrière grand père Gaston dont je n’ai pas de photo, la photo du vieil homme lui ressemble tant … même casquette … le même genre de chemise à carreaux … mon Gaston ne portait pas de bretelles par contre … mais lui aussi faisait godaille… et pour le dessert il versait du vin dans son verre et y trempait des biscuits brossard … je crois que ça s’appelait les boudoirs … ces biscuits
Ah oui mon arrière grand père Gaston ne portait pas la moustache … mais mises à part la moustache et les bretelles donc, la photo décrit le même personnage … la même génération d’hommes qui ont travaillé long et dur, et sont passés à travers les mailles des filets de 14 18 … des générations décimées. Gaston était bon en calcul et allait devenir charpentier … pendant la guerre il était artilleur … il y avait une photo, avec son équipe …
Voila je raconte ça aux vielles dames honorables, qui jadis ont étudié à l’université de Nara…

Après je continue sur la famille de ma mère, oléronaise … Oléron et tout ce que l’océan y offre … quelle belle région, encore !!
J’y fais la liste de toutes le choses que faisait mon grand père la chasse, la pèche, l’élevage de pigeons; poules, lapins, moutons; les abeilles aussi et tous les légumes … C’était une vraie industrie … Au fond c’était un paysan mon grand père …. il adorait ce genre de trucs … dommage qu’il n’aie pas fait son vin d’ailleurs …
Un peu plus tard je décris notre vie à Tokyo, et je mélange photos et extraits de ma Bande Dessinée
A Tokyo nous étions dans une belle cage dorée … nous étions heureux avec mon épouse et notre fils mais le manque d’espace à Tokyo, cette ville qui n’en finit pas, fait penser tout de même aux cages de lapins de mon grand père … attention à la myxomatose les amis !!

A partir de la dans la présentation je décris comment nous nous sommes installés au village, petit village au nord de Himeji et les slides s’appuient beaucoup sur la bande dessinée …
Une des conclusions c’est que la vie à la campagne au Japon et la vie à la campagne en France se ressemblent énormément, les climats et la végétation étant en effet assez proches…
Une grosse différence quand même c’est le cochon … Je leur raconte alors qu’enfant j’avais assisté à une pelère dans un village des pyrénées où nous avions de la famille …. le village tuait le cochon … quel spectacle ce fut … quand les gens sont ensemble, se retrouvent, travaillent .. que ce soit pour le cochon, ou pour récolter le thé …
Mais encore ici il y a des similitudes avec notre village au Japon. Lors de la pelère les hommes se sont regroupés pour attraper le cochon, et lui rendre gorge. Ensuite ils font le gros travail de le laver, et le dépecer … mais une fois le travail des hommes finis ils commencent à ouvrir les bouteilles de pinard, pendant que dans les cuisines les femmes se tapent tout le boulot interminable pour faire les saucisses et les boudins.
Magnifique!
Ici au village c’est un peu pareil lorsque nous faisons le nettoyage annuel de la rivière … les hommes descendent dans la rivière et « font le boulot des hommes » assez rapidement et pendant ce temps la les femmes sont en cuisine et préparent des onigiris, des tsukémonos, du thé … cette répartition des tâches et distribution des rôles entre hommes et femmes … pareil … et logique si je pense par exemple au maniement des tronçonneuses et le hisser des troncs hors de l’eau; pour nettoyer la rivière… Dans les deux cas quand même les femmes se tapent plus de boulot c’est certain !

Ci-dessous la dernière slide de la présentation ..
ou en effet j’arrive à la conclusion que en venant nous installer ici à la campagne j’ai fait comme une immense boucle; ayant quitté la France, m’étant installé au Japon, avec femme enfant et chats … pour plus modestement refaire les gestes de mon grand père et de mon oncle. D’où le titre de la BD « retour sur terre »
Ce Retour Sur Terre, ce retour à la campagne c’est aussi une grande boucle qui se fait à travers trois générations. Mon grand père, mon grand oncle qui vivaient presque en autarcie avec toutes leurs productions, mes parents qui ont embrassé la modernité et sont partis vivre sur Paris, avec toutes les opportunités professionnelles que la ville pouvait offrir et puis moi qui, aidé par internet, travaille dans une grande boite US et y poursuit les opportunités professionnelles similaires, mais ce depuis la campagne où j’essaie de réapprendre les choses de la campagne; et essaie de produire moi même, le plus possible.
La boucle est bouclée …

Petite conférence sur Wakame Tamago
L’année dernière, juste quelques mois après que j’aie fini la version Japonaise de ma bande dessinée Retour Sur Terre ma chère voisine m’a demandé de faire une présentation pour la réunion annuelle des anciennes élèves de l’université de filles de Nara….
J’ai accepté son offre sans doute que cela a flatté mon égo et sur le coup je n’ai pas su me contrôler et … refuser…
En même temps il est bon d’accepter chaque nouveau défi que l’on trouve sur son chemin, un peu comme faire toutes les side quests dans un jeu vidéo. Ainsi on gagne plus de points, avec lesquels on peut parfaire son armure ou étendre ses pouvoirs magiques.
Nous voila donc un an plus tard et cet après midi je vais faire la présentation.
Un truc qui m’a un peu tarabusté: que raconter à des jeunes femmes qui ont fait leur vie et qui ont presque l’âge de ma mère? Comment les intéresser ? Il y a-t-il vraiment des choses valables à raconter sur mon parcours et mon expérience ?
Le but de cette présentation n’est pas ma satisfaction personnelle, mais la satisfaction du public et de ces personnes qui me font l’honneur d’écouter mes histoires.
Ma chère voisine a je pense plus de 80 ans, elle est très drôle et apparait d’ailleurs dans ma BD plusieurs fois. et la dizaine ou vingtaine de personnes à qui je vais faire la présentation doivent être juste un peu plus jeunes qu’elles….
J’ai donc préparé un power point avec cinquante slides pour raconter ma petite histoire ….
Faire des présentations; je le fais souvent au travail, comme beaucoup d’entre vous je pense, et parfois je le fais devant des centaines de collègues.
Mais cette fois ci la présentation est sur …. moi … ça c’est vraiment une première fois!!
Dans la présentation je présente ma famille en France, en Charente Maritime et comment mon grand père une fois à la retraite s’éclatait littéralement à vivre presque en autarcie grâce au jardinage, à la chasse, à la pèche, et à l’élevage de poules pigeons lapins et moutons …. et comment aussi mon oncle faisait son vin !!
Je raconte comment je suis entré en contact avec le Japon, et utilisant des pages de ma BD, et comment j’ai commencé à y vivre et puis aussi comment avec ma femme nous avons décidé de quitter Tokyo pour nous installer dans un petit village à la campagne, suite aux catastrophes de 2011.
Tout cela en mélangeant des photos et des extraits de ma BD.
Et puis nos premiers pas dans la vie à la campagne où nous devons tout apprendre de zéro. Et si vous lisez les premières pages de ce blog vous verrez que j’ai pas mal évolué dans mes idées et mes propos … en dix ans …
La présentation power point suit en fait le narratif de la BD mais en ajoutant du réel avec des photos.

Il y a aussi cette slide ou je montre à gauche quand nous vivions à Tokyo (dans le quartier de Bunkyo ku puis plus tard à Kichijoji) avec une maison de 500K Euro, un emprunt immobilier, le peu d’espace et de nature mais des trains bondés le matin et le soir …
avec l’impression un peu de vivre comme les lapins de mon grand père… mais attention des lapins de luxe …
A droite avec la flèche verte qui baisse montre le prix de notre maison à la campagne, 30K Euro, l’espace autour de nous, le fait que nous sommes libres et n’avons plus d’emprunt immobilier ni de trains bondés et aussi
le fait que de consommateur de biens nous soyons devenus producteurs de bien:
je fais mes légumes, mes champignons mon bois et …. ma BD !!!
Une transformation qui nous a été super bénéfique et que je recommande ….
La ligne rouge sur la slide avec les étoiles c’est le 幸せ度 ou le degré de satisfaction car oui j’était très heureux à Tokyo mais pas vraiment satisfait, et on voit que la courbe du coût de la maison et la courbe de satisfaction se croisent …
Le prix de l’immobilier reflète la valorisation d’un bien par le marché. Notre maison de Kichijoji était valorisée à 500K EUR (70 milions de Yen) parce que ‘tout le monde veut vivre à Kichijoji’. (et encore la maison elle même avait 30 ans et était évaluée pour très peu… les 70 milions de Yens étaient surtout pour le prix du terrain) Notre maison au village était évaluée à 30K Euros soit 4 milions de Yens …. parce que voila; personne ne veut vivre ici… et encore moins dans une maison ancienne !! avec les chiottes dehors !!!
En gros notre courbe de satisfaction a monté lorsque nous avons décidé de ne plus suivre le chemin que la majorité préfère mais de faire notre propre chemin ….
Plus tard dans la présentation j’arrive à la conclusion que en venant nous installer ici à la campagne j’ai fait comme une immense boucle; ayant quitté la France, m’étant installé au Japon, avec femme enfant et chats … pour plus modestement refaire les gestes de mon grand père et de mon oncle. D’où le titre de la BD « retour sur terre »
Mais faire cette grande boucle était-elle vraiment nécessaire ? aurais je pu arriver à la même conclusion tout en vivant et restant en France ? voilà une bonne question !!
Du progrès pour l’ « Open Garage »: réparer les tsuchi kabés.
Cette idée d’open garage dans une ancienne grange, ce projet d’ouvrir une petite galerie -modeste- pour y exposer des dessins et faire venir des visiteurs, m’est venue début janvier.
Depuis, j’ai fait quelque progrès. Il s’agissait d’abord de restaurer des murs de torchis, ‘tsuchikabé’ (土壁)de la première pièce.
Chose tout à fait nouvelle pour moi et donc j’ai avancé pas à pas; tranquillement.
Les murs tsuchikabé étaient vraiment endommagés par endroits. Ils étaient aussi ‘bruts’, sans enduit.
Sur la photo ci-dessous on note par exemple deux endroits bien abimés où on distingue le support de bambou, sous la couche de terre.


On voit aussi comment ils ont construit cette « grange » autrefois. De vielles poutres de châtaignier provenant de constructions anciennes; courbes par endroits, et depuis désassemblées, forment; posées sur des pierres, la fondation du bâtiment.
Les poteaux porteurs eux, sont « neufs » et tout droits. C’est du cryptomère.
J’admire toujours cette économie de moyens !!
Je répare les murs avec du nakanuri. De la terre très très fine, mélangée à de l’eau.

Sur le coup c’est bien, mais dès que ça sèche ça fissure à donf. J’essaie alors plusieurs trucs … comme ici où j’ajoute un tissu grossier de jute… mais non c’est pas ça !!!
En fait je me suis planté (et c’est pour cela que j’ai attendu trois mois pour écrire l’article), car j’ai essayé de réparer les murs seulement avec le nakanuri, mais il faut en fait ajouter le susa (fine paille de riz) et du sable.
Voila!! Il faut mélanger le nakanuri avec le sable et surtout le susa !!! Après c’est un jeu d’enfant.

Gros plan sur le susa

Gros plan sur le mélange nakanuri sable susa eau.

Voila le résultat après deux couches de nakanuri susa et sable. Ca fait beaucoup mieux.
Attention !!! Je ne recherche pas la perfection mais seulement le ‘good enough’ ….
Après que tout cela a séché, j’applique le shikkui (漆喰), le plâtre traditionnel, constitué de chaux éteinte, de granulat (?) de fibres de chanvre ou de lin, et d’algues. Tout ceci est très poétique ….
Ceci dit ça marche … voici ce que cela donne sur un autre pan de mur.

L’autre pan de mur, arrangé avec une couche de nakanuri (le bon mélange)

et après avec le shikkui. Ca fait mieux non ??
Bon il faut réfléchir à remplacer cette fenêtre affreuse … on veut voir le paysage dehors !!!

J’en fous partout !!! mais voila une activité bien zen … J’ai passé plusieurs samedis bien tranquilles à barbouiller et en écoutant de la musique (comme la bande originale du film interstellar, génial!), et plusieurs bons podcasts, comme all-in par exemple.
La liberté ? (Dessin)
L’idée de ce dessin est venue en discutant avec mon ami Saki chan.
Autour d’un feu nous parlions de sa chienne, adorable, tchatcha. On faisait la remarque qu’être constamment tenu par une laisse, c’est pas top. Et que tchatcha serait plus heureuse si elle pouvait gambader librement dans les montagnes, comme le gros chien du dessin animé Heidi.
Mais après avoir tiré sur sa cigarette Saki a fait la remarque que ça n’est pas réservé à tchatcha la chienne et nous aussi les hommes nous sommes retenus par une quantité de laisses.
De tout cela j’ai fait un petit dessin. Je continue dans ma série de dessins, de style ukiyoé.
犬は、いつもリードでむすばれて、
可愛そうとおもえるが、
On peut penser que le chien avec toujours une laisse autour du cou est bien malheureux

人間は何本ものリードで
むすばれている。
ただ気づいていないだけだ。
L’homme lui est retenu par une multitude de laisses, mais souvent il ne s’en aperçoit pas.

Et ici on voit en effet Wakame Tamago lui-même retenu par la laisse du travail 仕事, de la société 社会, du pognon お金, du système 常識.
Et vous remarquerez le sens du détail, chaque monstre qui me tient en laisse a une petite pelle pour ramasser mes crottes.
Voici Tchatcha ….

La sagesse des villageois se transforme en pépites d’or
Article connexe en Japonais ici
Je me suis fait tant de nouveaux amis et de nouvelles connaissances depuis notre installation au village.
Certes quand je me balade dans la vallée à pinces ou à vélo je salue tout le monde, et j’en profite souvent pour discuter un peu. C’est toujours l’occasion de me renseigner sur la vie au village autrefois, comment les gens jardinent etc …
Et puis aussi je suis souvent fourré dans l’atelier de mon ami Saki chan où les promeneurs eux aussi viennent faire une pause et taper la discute; que des occasions d’apprendre et de me renseigner.
Sans oublier de dire que la plupart des gens que je rencontre sont plus âgés, presque tous sont à la retraite (les jeunes eux pendant ce temps travaillent).
Et donc ainsi je peux profiter de la sagesse accumulée des « anciens », des ainés.
Pour moi leurs paroles, les histoires qu’ils me racontent, ce sont comme des pépites d’or, des petits morceaux précieux de connaissance.
Je marche sur leurs pas, et je ramasse les pépites pour les mettre dans ma besace….
Et de tout cela, j’en fais un dessin.

Tous les personnages dans le dessin sont « réels ».

1 Monsieur O, qui chasse chevreuils et sangliers avec style et compassion
2 Monsieur I, sensei de shakuhachi, la flûte traditionnelle en bambou
3 Mister F, grand connoisseur de littérature et de musique et qui partout où il va transporte un piano avec lui.
4 Un autre Mister F, un grand sage, qui a le talent d’arrondir les choses et de les rendre plus simples
5 Saki chan que vous connaissez déjà, si vous suivez le blog ou avez lu ma bande dessinée
6 Le prêtre bouddhiste du village; également amateur de rock punk
7 Monsieur K, qui a vraiment tous les talents et réussit tout ce qu’il entreprend (sport, construction, pizza, musique)
8 Madame E (elle est ausssi dans ma bande dessinée) qui est si gentille, et aime beaucoup les chats et les animaux
9 Madame T (elle est ausssi dans ma bande dessinée) dont l’humour noir me surprend toujours.

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