Catégorie: japon
Du bon usage de la chaussette
Y a pas mal de temps, nous avions ecrit sur le bon usage de la cravatte.
Cette fois, penchons nous sur le cas de la chaussette:
Ces histoires la sont universelles. Ca me rappelle, il y a 40 ans, nos cousins Raymond et Andre, agriculteurs dans les Landes, qui utilisaient de vieilles chaussettes comme filtre a cafe. C’etait la grande epoque !
Village humide
La saison des pluies continue de battre son plein. Il a encore plu une bonne partie de la journée.
Le Japon ne sera jamais à court d’eau, c’est certain !
Dès la fin de la saison de pluies viendront les journées très chaudes. Mais bon ici au village il ne fait pas aussi chaud que ça.
Et puis on peut toujours se baigner dans la rivière pour se rafraichir et se remettre à zéro.
un crabe de rivière bien téméraire au milieu de la route.
Voyez la, un bois de chevreuil…; c’est pas tous les jours qu’on trouve un petit trésor comme ça.
Photos du dimanche
Un dimanche tranquille marqué par des pluies puissantes l’après midi. Quelques photos en vrac….
Idéal pour s’occuper des vieux outils trouvés la semaine dernière.
Ai remis en état le vieux sumitsubo.

ainsi que quelques ciseaux à bois.

Notre petit atelier est un vrai bazard. Y ajoute trois etagères pour compacter le bordel qui commence à recouvrir le sol. Etagères testées et approuvées aussitôt par Minou.



Dans le jardin les artichauts sont en fleur. Nos trois artichauts qui se battent en duel sont le sujet de conversation favori des voisins, curieux de cette plante exotique. Nous leurs sommes reconnaissants d’ajouter du mauve à notre palette de couleurs.

Husqvarna ! ! !
S. m’apprend les bases pour débiter un tronc en planches et poutres. Ici on dit seizai 製材 … Tout le bois descendu de notre montagne … et patiemment épluché …. il faut le débiter pour notre projet de technology transfer ….
1 orienter le tronc d’arbre. Pour cela il faut voir l’orientation du tronc et sa courbure. On l’oriente la partie courbe vers le haut. Distinguer le ventre (腹)du dos (背)de l’arbre. Opération délicate.
2 Marquer le centre – ligne rouge verticale, sur les deux extrémités du tronc.
3 A partir du centre, tracer deux traits verticaux qui seront les démarcations des poutres ou planches.
Il y a des formats standards pour les poutres. On utilise les sun. (équivalent du pouce).
3 sun de côté
3.5 sun
4 sun
5 sun
On opte pour 5 sun…. comme on ne paye pas pour le bois le coût est seulement une question de temps .. donc autant faire dans le costaud n’est-ce-pas. C’est toujours ça que les Boches n’auront pas comme disait souvent mon prof d’électronique, monsieur Pasquier. Donc les traits sont chacun à 2.5 sun du centre. Je pense que ça a été mon meilleur prof, car il aimait ce qu’il faisait.

Ensuite on porte le tronc sur le sawmill ou la scierie mobile … un modèle Husqvarna … Husqvarna … nom d’une ville suédoise … ils faisaient des mousquets au début … les tronçonneuses sont venues beaucoup plus tard … ce nom mystérieux de huqsvarna résonne particulierement dans notre petit village japonais … c’est exotique la Scandinavie !
4 Positionner le tronc sur les rails … faut mettre à niveau de sorte que lorsque la tronçonneuse glisse sur ses rails on coupe dans le bois selon un axe aligné au centre de celui-ci. Encore une opération délicate que cette mise à niveau …
Oui, il fallait se donner la peine d’éplucher tous les troncs. Sinon la moindre pierre fichée dans l’écorce aurait raison de la chaine de la tronçonneuse … kaputt ….

5 et on coupe …. coupe … coupe ….. Tres intéressant de voir ces différentes choses comme lorsque le bois se met à courber dans un sens ou un autre … lorsqu’on finit de couper une planche, pchitt on voit qu’elle se redresse tout d’un coup.
Je me rends compte que cette opération de seizai est fort compliquée, et requiert une attention constante.

Mais à chaque coupe réalisée, on voit le bois se transformer. La surface lisse, qui révèle les motifs uniques. Le bois quitte sa qualité d’arbre et devient … du bois … il fait alors partie du monde des hommes. C’est assez frappant.

La petite grenouille … dans l’atelier … je me demande ce qu’elle en pense.

montagne 2.0 (encore)
Ce week end l’ami S. a prolongé le chemin dans la montagne jusqu’à la troisième terrasse.
Ca finit par monter assez sec. Je pense pas qu’un camion 4×4 « keitora » (les petits camions blancs que l’on voit partout dans les campagnes du Japon) puisse se hisser jusqu’en haut, il faut une pelleteuse ou un rinnaisha, ce véhicule spécialise pour transporter du bois en montagne. (http://www.zenkens.jp/article/13535063.html) pour y parvenir sans danger.
Arrivés tout en haut on peut constater qu’avoir coupé quelques cryptomères cet hiver a transformé la montagne. La lumière a remplacé la pénombre. Pas l’ombre d’une sangsue d’ailleurs …
Prochaine étape, découper les troncs d’arbres coupés et les descendre de la montagne … Quelque chose me dit que ça va pas être facile à moins que S ait une super idée comme d’hab.
On accède de la route ….

Une petite clairière avec des bambous. Il y a deux ans c’était comme ça ….
Cet arbre est magnifique.
D’autres troncs à éplucher.

Les branches etc finiront dans le ventre de Calcifer.
Au fond, un petit cours d’eau où les grenouilles « moriaogaéru » abondent. Elles chantent. C’est assez incroyable à les écouter.
J’ai passé tout le samedi à dégager du bois dans ce coin … sous le chant merveilleux des grenouilles.
Le chemin continue.

Et ça monte sec.
Voilà ! on est arrivés en haut !

Qui vient dans notre montagne en plein jour ?
Qui vient dans notre montagne en plein jour ? (pour la nuit; voir ici).
Il pleut d’une belle pluie aujourd’hui et la journée s’en va lentement.
Le boulot terminé, je sors du bureau quand je vois … en zieutant vers notre montagne … la silhouette d’un chevreuil…
Allons chercher dare dare la caméra pour filmer l’animal.
S’ensuit un échange de regards pendant douze minutes. Par contre j’ai vraiment la tremblote avec la caméra. Cette caméra des bas de gamme panasonic a un bon zoom! Derrière le chevreuil on voit nos ruches.
Je vais me rapprocher jusqu’au pied de ma montagne.
A un moment il est six heures et l’on entend l’horloge -électronique- du village et le message demandant aux petits enfants et aux grands vieillards de rentrer chez eux.
L’esprit rêveur pourra se poser la question, si le chevreuil n’a pas aussi compris … car il décide de partir peu après.
La pépite Morizou
Faisons une petite pause gastronomique.
La ville voisine, Yamasaki, bourgade à priori endormie mais où l’on peut trouver quelques restaurants ou magasins sympathiques.
Ceux-la ce sont comme des pépites, de rares éclats dorés. Ils font de la résistance, contre le vieillissement et la paupérisation de la population et l’invasion des grandes surfaces low cost. Ces pépites brillent par leur authenticité.
Nous avions déjà présenté un super café restau, Hacienda.
Il y a quelques semaines nous avons découvert une autre pépite, la pâtisserie Morizou.
C’est une bien petite échoppe et si discrète qu’il faut en avoir entendu parler d’abord pour pouvoir la trouver ! Mais une fois trouvée … j’ai été surpris d’y voir de si belles pâtisseries françaises traditionnelles.
La pâtissière en effet aime la pâtisserie française. Elle apprend le Français ! Nous tâchons donc de discuter un peu à chaque visite.
Quelle surprise n’est ce pas de trouver ces petits morceaux sucrés de France … Florentins; tuiles aux amandes, gâteau basque, ce gâteau breton au nom incompréhensible, … un broyé du Poitou (et moi qui suis charentais) …
Elle fait aussi d’excellentes confitures, originales et délicates; et de très bon cakes merveilleusement parfumés.
C’est aussi la confirmation que au Japon même dans un coin presque perdu il peut toujours y avoir de très belles surprises et de très belles rencontres, avec des personnes originales, talentueuses et déterminées.
Voici le lien de Morizou; http://conamorizo.exblog.jp

Et une jolie collection de fèves pour finir.
Montagne 2.0 (suite)
Gros progrès hier sur le projet de la montagne 2.0.
Mon ami S. a rangé les arbres coupés et a continué à établir un chemin pour pouvoir amener des engins jusqu’à la troisième terrasse. Il est maintenant à mi chemin.
Pendant ce temps j’élargissais le chemin d’accès avec le marteau piqueur.

Hello Little Boy !
Il pleut depuis deux jours. Je remarque de nombreuses salamandres écrasées sur la route. C’est la saison. Elles se régalent de têtards.
Celle-ci est bien vivante et je la prends par la queue pour la mettre sur le bord de la route pour plus de sureté.
Un Akahara imori donc, ou salamandre au ventre rouge.
アカハライモリ
On l’écrit le plus souvent en katakana (le syllabaire japonais) mais l’écriture en idéogramme est intéressante:
Imori s’écrit alors 井守, ce qui veut dire le protecteur du puits.
Sur la longévité (encore)
Dans un article ancien nous révélions les dix règles secrètes de la longévité.
Aujourd’hui lors de ma promenade quotidienne jusqu’au fond de la vallée j’entrevois deux personnes. Nous échangeons quelques propos. Ces deux phénomènes on leur donnerait plus de quatrevingtdixans. Facile. Les regarder à l’ouvrage me rappelle justement ces règles de la longévité.
La première, la dame, est courbée pliée en deux sur la route, au fond de la vallée.
Elle retire les mousses incrustées dans une fissure du bitume. Sinon la route va s’abimer plus encore, explique-t-elle. A remarquer aussi qu’elle ne jette pas la mousse mais la rassemble dans un petit sac.
Le deuxième phénomène, monsieur M, ancien bucheron émérite médaillé jadis par l’Empereur Showa, manie avec dextérité sa tronçonneuse et débite un gros mûrier. C’est pour mon poêle a bois dit-il.

Bref, faut pas arrêter de pédaler sinon on se casse la gueule.






















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