Catégorie: japon
Inspiration (Suite)
Dans l’article du 3 mars je parlais du choc reçu en découvrant dans un restaurant un petit fanzine nommé ‘hérahéra tsuushin’, écrit par un artiste qui vit à Himeji, monsieur Iwata Kenzaburo.

Rentré à la maison je lui écris pour lui commander quelques numéros du zine. Reçus quelques jours plus tard je les feuillette et les lis un à un.
Les dessins, les textes dans le fanzine sont si chaleureux et humains … Dès qu’on l’ouvre, on se sent bien !
La plupart des textes sont écrits à la main. J’y trouve dans ce fanzine une innocence et de l’honnêteté … C’est authentique. Les sujets traités ? ses rencontres; ses lectures, sa vie de tous les jours, la santé aussi un peu et ce qu’il lit et mange ….
Je me suis renseigné sur l’auteur: Monsieur Iwata écrit ce fanzine depuis … une trentaine d’années. C’est un artiste, il dessine, il fait des estampes (ou ‘hanga’)… Monsieur Iwata a 77 ans ….
Et justement Monsieur Iwata a une expo de ses gravures dans une salle à Himeji … Et ce qui est génial c’est que nous pourrons l’y rencontrer…
J’achète une boite de chocolats et fais un petit dessin, d’une locomotive à vapeur, avec des wagons, chaque wagon portant un caractère de héra héra …
C’est en effet l’image générale que je retiens …
ce fanzine qu’il écrit depuis trente ans me fait penser à une vieille loco à vapeur
qui, malgré les aléas, continue son chemin … et rien ne l’arrête…
L’exposition a lieu dans un bâtiment municipal situé dans une vallée à l’est de la ville de Himeji, un quartier que nous ne connaissions pas …
Tout à fait surprenant, car dans cette vallée on peut voir d’anciennes sépultures du 7è siècle, des « kofun » http://bansyu.com/1204kohun/kohun.htm qui m’ont fait penser aux dolmens bretons…

Revenons à notre mouton ….
Il y a une grande salle, où des gravures sont exposées sur des panneaux. Au centre, une table avec des livres et des classeurs pleins de gravures par ce monsieur Iwata. Ces gravures, simples allégories de la jeunesse, il dessine beaucoup d’enfants, et des fleurs, des légumes, qui évoquent les saisons. Les compositions sont très dynamiques, on sent la vie et le mouvement. L’angle est toujours surprenant.

Nous sommes les seuls visiteurs lorsque nous arrivons mais d’autres viennent se joindre à nous …. comme nous je crois ils ont choisi cette heure de début d’après midi sachant que monsieur Iwata arrivera, en vélo, vers 13 heures …

Et voila l’honorable bonhomme qui arrive, il porte une petite sacoche, pleine de dessins et d’outils pour ses gravures …
On va le saluer, je lui donne la boite de chocolats et le dessin, il nous invite à nous asseoir et on discute une bonne dizaine de minutes en toute simplicité. Une vieille dame arrive, elle aussi est une fan de Monsieur Iwata et nous discutons alors tous ensemble … voila un moment bien agréable.
Monsieur Iwata explique qu’il a décidé de devenir dessinateur et d’en faire sa profession lorsqu’il avait quelque chose comme 17 ans, après avoir vu le film A Bout de Souffle, lorsque Jean Paul Belmondo dit: Les voleurs volent Les assassins assassinent Les amoureux s’aiment
Il s’est dit alors ‘eh bien: les dessinateurs dessinent’ ….
C’est assez merveilleux de rencontrer ce formidable personnage et de voir ses autres fans…

Quand je lui donne la carte postale avec le dessin de la locomotive, il me dit:
« tu sais, je me considère moi-même comme un train ! et regarde, –il ouvre une page de son dernier hérahéra où l’on voit un train passer sur un pont — ce train la, c’est moi, c’est mon auto portrait »
Ne pas oublier la gratitude
Là où nous vivons, dans un petit hameau situé au nord de la ville Himeji nous goûtons une vie paisible et en sécurité.
Comme c’est à la campagne, les infrastructures qui supportent la vie quotidienne en ville sont cependant absentes: il n’y a pas de gaz de ville; il n’y a pas non plus de tout à l’égout…
Notre vie ici à la campagne est donc possible grâce entre autres aux employés des société de distribution de gaz et d’entretien de fosses sceptiques.
Les gars qui viennent pour livrer de nouvelles bouteilles de gaz, et pour les inspections ou le nettoyage de nos fosses sceptiques sont de vrais pros.
Les gars ont toujours le sourire et sont polis. Quand ils arrivent travailler ils nous saluent, tout comme lorsqu’ils ont fini et s’en vont en disant merci. Leurs camions sont immaculés.
On voit qu’ils ont une fierté à faire leur travail.
C’est pareil aussi pour le livreur de Takkyubin ou le postier qui sillonnent la région avec leur camions et nous livrent des trucs d’Amazon, commandés souvent la veille.
La vie à la campagne est donc rendue possible par ces professionnels sérieux et dévoués et je voulais leur rendre hommage dans ce dessin et leur exprimer ma gratitude.

Ce paragraphe qui suit, je ne l’ai pas écrit dans l’article du blog en Japonais car un lecteur Japonais ne pourrait pas comprendre pourquoi cela arrive, mais depuis quand, les années 2000 ? les camions de pompiers sont régulièrement attaqués en France et peut être d’autres pays en Europe.
Comme vous savez ce sont pas des phénomènes isolés ou exceptionnels (d’après chatgpt qui cite senat.fr et interieur.gouv.fr):
En 2020, il y a eu 1764 agressions recensées contre les sapeurs-pompiers en France, dont 836 étaient des agressions physiques. Cela représente une hausse de 29 % par rapport à l’année précédente pour les agressions physiques1. Les agressions aggravées par l’utilisation d’une arme ont diminué de 14 %, avec 148 cas contre 173 en 20191.
Les pompiers en choisissant leur métier on décidé de se mettre au service de la population tout en s’exposant à des risques considérables.
or, par lâcheté et pour des calculs politiques, les politiques français et la population française ont laissé ces agressions se faire … et augmenter terriblement:
Et je me dis, que vaut et où va une société qui ne protège pas ces personnes mêmes qui ont décidé de se mettre au service, quitte au péril de leur vie, de cette même société? Pourquoi une telle ingratitude ??
Voila quelque chose qu’il m’est impossible de comprendre!
Chatgpt:
Voici un tableau illustrant le nombre d’agressions contre les camions de pompiers en France au cours des 10 dernières années:
| Année | Nombre d’Agressions |
|---|---|
| 2014 | 899 |
| 2015 | 1,089 |
| 2016 | 1,204 |
| 2017 | 1,342 |
| 2018 | 1,631 |
| 2019 | 1,763 |
| 2020 | 1,764 |
| 2021 | 2,295 |
| 2022 | 2,358 (jusqu’à présent) |
Visite chez TWood
Article en Japonais ici https://wakametamago.wordpress.com/2024/03/14/twood%e3%81%95%e3%82%93%e3%81%ae%e7%a7%98%e5%af%86%e5%9f%ba%e5%9c%b0%e3%82%92%e8%a8%aa%e5%95%8f/
Je reviendrai plus tard sur le petit magazine herahera tsushin dont je décris la découverte dans l’article précédent.
C’est que nous sommes aussi allés visiter la base secrète de TWood! (https://www.instagram.com/twood346/)
Ce qu’ils ont construit est magnifique. Plein de poésie, d’imagination, et de tendresse.
TWood on a fait connaissance sur instagram, mais nous avons des amis en commun.
TWood est un couple qui vit en ville à Himeji la semaine, et le week end profite de la nature et du calme dans une petite maison, une vraie tiny house, en pleine montagne.

Ils sont juste dans une vallée parallèle à la nôtre, mais dans un endroit beaucoup plus isolé, et plus sauvage. Ce sont des passionnés de montagne, et l’emplacement qu’ils ont choisi n’est pas fortuit car le chemin qui serpente jusque chez eux permet si l’on continue tout droit en serpentins de gagner le mont Seppiko; une montagne qui culmine à 915m.
Je les suivais sur instagram avec intérêt depuis longtemps, et sur une de leurs photos insta ils montraient une petite bibliothèque qu’ils avaient conçue pour y mettre en valeur des livres sur la montagne et la nature. J’ai du ajouter un commentaire signifiant mon admiration pour ce projet, et leur réponse disait: ‘on voudrait bien ajouter ta bande dessinée 失われた田舎暮らしを求めて dans cette bibliothèque (la version japonaise de Retour Sur Terre– dont le titre japonais traduit littéralement signifie ‘à la recherche de la vie à la campagne perdue‘.)

Ecoutez les amis je viendrai vous l’apporter directement! Livraison à domicile, 24×7 !
Leur tiny house qu’ils ont construite eux-mêmes donc est construite à flanc de montagne. Ils ont alors ajouté plusieurs éléments, en jouant très intelligemment sur les différent niveaux, ce que la pente abrupte de la montagne rend possible.


Une fois chez eux on se croirait dans un magazine ou alors chez un vieux trappeur au Canada (il s’appelle sans doute Pierre) :). Tout est arrangé avec style. Le poêle à bois. les haches accrochées au mur. Une petite cuisine. Une belle collection de dutch ovens. C’est magnifique. On note aussi l’installation électrique qui imite les installations d’avant ou juste après guerre où les deux fils conducteurs sont deux fils séparés…

Adjacent à leur maison ils ont installé une plateforme surélevée où avec une vue plongeante sur la forêt ils donnent des cours le week end de composition florale. Leurs élèves de la journée arriveront bientôt et ils feront des choses avec du mimosa.

Pour ces cours ils utilisent beaucoup de fleurs et de plantes qui poussent autour de leur base, dans la foret.
Madame TWood m’offre une couronne d’ailleurs, faite avec des feuilles de cyprès et une autre plante dont je n’ai su saisir le nom, elle explique: j’ai fait cette couronne en pensant à toi, Wakamé Tamago, et j’ai utilisé une plante qui a des épines.
Ils ont ajouté aussi une petite extension à la plateforme qui rejoint un bel arbre. Là on peut s’assoir « en altitude » et se mettre dans un kotatsu (table basse chauffante) et admirer le paysage comme si l’on était un momonga. (l’écureuil volant japonais).
Elle m’a vraiment compris ! Alors que nous nous voyons pour la première fois.

Avec toute son astuce Monsieur TWood a installé un petit atelier sous la maison. Tout est si bien rangé !! Il est très adroit.
Je suis tellement intéressé et curieux, je n’arrête pas de poser des questions. Mais malheureusement le temps nous fait défaut.

Nous aurions pu observer le four à pain et à pizza. Nous aurions pu observer aussi leur baignoire traditionnelle (et extérieure), le fameux goémon buro, avec vue sur la foret et les momongas.
Tout l’amour que TWood a mis dans ce projet, c’est vraiment impressionnant. Il y a du goût et une recherche esthétique. Une fantaisie aussi. et puis ils partagent tout cela, avec leurs cours de composition florale.
Ils ont un bon écosystème, rendu possible par la proximité de la ville et de la montagne. Ils ont une vie double. La semaine en ville et le travail, et le week end dans leur base fortifiée dans les montagnes.
Mais leurs élèves arrivent on ne peut pas s’attarder ! Nous devons partir.
Mais qu’il est bon de se faire de nouveaux amis.


Et wakame tamago s’en alla porter sa couronne d’épines…..
Promenades à Tatsuno
(article en Japonais: https://wakametamago.wordpress.com/2024/03/01/%e3%81%9f%e3%81%a4%e3%81%ae%e7%89%a9%e8%aa%9e/)
Samedi on va dans la ville voisine de Tatsuno. à 30 km au sud du village. On va d’abord passer un moment au bord de la mer, c’est la mer intérieure, notre méditerranée.
Déjeuner dans un nouveau restaurant. avec vue sur la mer


Faut pas s’étonner que ce restau aie du succès, vu cette vue. Ils ont retapé une ancienne bâtisse de façon très intelligente, en arrangeant deux niveaux différents … le long de la fenêtre un niveau bas, de sorte que tous les clients puissent admirer la mer …
Ensuite on se promène sur la plage, une plage minuscule. Une coquille saint jacques vient se cogner contre mon pied et je la mets dans ma poche. Au loin on voit Iejima qui est une ile qui fait partie de la ville de Himeji.
La mer intérieure ou sétonaikai me fait toujours penser à un film de Ozu … peut être Tokyo monogatari … me souviens plus, ça fait si longtemps …

Il y a dans ce hameau en bord de mer un cluster de petits commerces, un café pour motards, deux ou trois restos, un boulanger …. et il y a aussi le studio d’un artiste, c’est un dessinateur, je retrouve dans son style l’influence de Katsuhiro Otomo, l’auteur d’Akira.
Il a arrangé son studio dans une belle extension de sa maison, où l’on peut voir son bureau, et ses œuvres. L’homme est plutôt timide, on le salue et on passe quelques moments à regarder son travail.
Ses dessins sont pleins d’énergie et de positivité aussi. Il y aussi du kawaii.
Vous pouvez suivre le gaillard sur instagrammes : hidarinekoze



Il faut une dose de courage et de confiance pour s’exposer comme ça en montrant le lieu où l’on travaille.
J’essaie aussi de glaner de l’inspiration et des idées pour mon propre projet de galerie…
Ensuite nous allons au centre historique de la ville de Tatsuno; il y a de très belles demeures et des rues pleines de caractère. Nous allons y prendre un verre et redécouvrir quelques coins de rues.
Le regard s’attarde sur cette maison tarabiscotée et fantaisiste qui évoque les dessins animés de GHIBLI.


Rentrés à la maison je nettoie la coquille saint jacques et l’accroche à l’entrée de ma future galerie.


Puis aller dans le jardin et collecter quelques légumes pour le souper … on va faire une soupe miso avec plein de légumes !!

fleurs de colza, petits navets, épinards, takana, poireaux

Visite à l’archipel et à Sasayama … et en bonus une recette facile !
Courte visite à Sasayama. Petite ville en bordure de Kyoto et d’Osaka, sur le côté ouest.
Sur la route on passe dans un magasin / galerie étonnant. On appelle ça un select shop ? Les objets en vente sont produits par des artisans / artistes contemporains, choisis dans tout le Japon. Il y a de très belles céramiques, des vêtements, des sacs étonnants faits en écorce d’arbres, et des pots de confiture d’haricots, des petits biscuits. Tout est franchement très beau; c’est comme une galerie d’art.
Le lieu s’appelle Archipelago (instagramme: archipelago.me), je pense à Soljenitsyne mais ils avaient à l’esprit j’imagine l’image de l’archipel -l’arc insulaire- qui forme le Japon et d’où viennent tous ces artistes formidables qu’ils ont sélectionnés avec soin.
La galerie elle-même est installée dans l’ancien entrepôt de la coopérative agricole d’un tout petit hameau, desservi par une gare non moins minuscule. Le nom de la gare, signifie l’ancien marché furuichi: 古市
On discute avec la proprio de la galerie, elle est très aimable. Ses deux jeunes enfants l’accompagnent et tiennent la caisse. Elle connait très bien tous ces artistes qu’elle a sélectionnés. Notre portefeuille s’est emballé d’ailleurs car nous lui achetons deux céramiques (une de Mashiko, une de Nara) et aussi un sécateur que j’utiliserai au jardin. Le sécateur est fait par un atelier de la région établi dans la ville de Ono, qui, avec une autre ville voisine, Miki, est très connue pour sa production d’outils. Franchement le sécateur est superbe.
On discute donc et elle nous explique qu’elle et son mari ont juste ouvert cette galerie il y a quelques mois et qu’ils sont venus vivre de Tokyo. (comme nous en 2012 donc …). Quel courage de se lancer dans une telle aventure me dis-je, dans un coin si reculé.
Elle nous dit aussi qu’en plus de cette galerie ils ont monté un café librairie ! mais qu’il est fermé ce dimanche mais si on veut bien elle va nous le montrer … on ne se fait pas prier…
Ce café librairie est superbement arrangé … et installé dans le bâtiment de l’ancienne banque agricole du village ! incroyable d’ailleurs on voit l’ancien coffre fort de la banque … personne n’a pu l’ouvrir nous dit-elle ah zut si j’aurais su, j’aurais apporté mon chalumeau !

Installer une galerie dans un tel bâtiment, c’est vraiment du wabi sabi.








On fait un petit tour dans le hameau paisible.










Ensuite nous allons à Sasayama.
Du château de Sasayama subsistent des superbes mûrs d’enceinte que je ne photographie pas.
On fait quelques rues, il y a quelques touristes, une rue est particulièrement bien préservée. Je m’arrête devant le superbe atelier d’un artisan de tatamis, monsieur Tadani. On voit qu’il utilise des machines anciennes.

Il est très ouvert est sympathique, on discute une bonne demie heure. Il fait les tatamis à l’ancienne et il nous explique l’histoire du tatami … Sujet passionnant. Justement on lui fait part de nos demis regrets car lorsque nous avons refait notre vieille maison pour nous y installer, nous avons viré tous les tatamis et fait installer un parquet.
Or, un tatami est si confortable … mais aussi qu’en penseraient les griffes des chats, et aussi les vomis des chats ??? mmmm …

Monsieur Tadani on discute avec lui on est tellement naturels on a l’impression que l’on se connait depuis 10 ans alors que ça ne fait que quelques minutes !
Il nous explique entre autre que lui n’utilise que de l’igusa (une espèce de jonc) produite à Kyushu, à Kumamoto, par quelques réfractaires… Il faut savoir que la majorité des tatamis aujourd’hui sont produits avec de l’igusa faite en Chine et contiennent aussi des plaques en plastique …
Voilà une belle rencontre.
Recette facile – ou une recette qu’il m’est difficile de rater.
Faire revenir du poulet coupé en petits morceaux (peut se substituer avec du goret) dans une marmite, un peu d’huile d’olive, de l’ail, un oignon.
Puis ajouter des haricots (ici je fais avec des pois-chiches) et ajouter:
2 cuillérées de sucre
6 cuillèrées à soupe de sauce de soja
3 cuillèrées à soupe de mirin
3 cuillèrées à soupe de saké
recouvrir d’eau
Laisser mijoter tranquillement.
Sur la fin, si on peut en trouver, ajouter du sansho. (celui-ci provient de notre montagne, je l’avais récolté le printemps dernier.)

Si c’est des haricots, je les fais bouillir au préalable.
J’appelle cette recette ‘oba no aji’ soit: « le goût de grand mère ».
Car si j’en fais une grosse marmite je vais en apporter à mon ami Saki chan et à sa femme pour leur dîner, et il me dit souvent « ah c’est oba no aji » soit « c’est exactement comme la cuisine de ma mère », laquelle a 95 ans…. Qu’est ce que ça m’amuse lorsqu’il dit ça!!!!
Tout ça c’est du bonheur …
Les onigiris !
Les onigiris ! C’est un peu le sandwich Japonais ! (article en Japonais ici)
Un onigiri est une boulette de riz japonaise, souvent enveloppée d’une algue nori et fourrée d’un ingrédient salé ou acide. C’est un en-cas très populaire au Japon, que l’on peut trouver dans les konbini (supérettes) ou les onigiri-ya (magasins spécialisés). Les onigiri existent depuis le XIᵉ siècle et ont des formes variées, comme le triangle, le cylindre ou la galette.
En pensant à mon ami Philippe qui tient avec son épouse le restaurant Japonais Yoisho! à Tours, spécialisé dans la soul food Japonaise, avec des onigiris au menu, j’ai eu l’idée de faire des dessins d’onigiri.
Le mot onigiri veut dire en Japonais « se tient dans la main » et s’écrit en général en hiragana … おにぎり
Mais on peut se laisser inviter à quelques jeux de mots. car « oni » peut désigner le démon, giri est la nasalisation de kiri qui peut signifier couper… ou tuer avec un sabre…
Je me suis bien amusé !

En détail:

l’onigiri qui se défait

l’onigiri qui fait dans son algue

l’onigiri qui mange un onigiri

l’onigiri qui s’habille

l’onigiri qui « découpe » un démon

un onigiri qui se fait griller (délicieux)

un onigiri sumotori

un onigiri qui fait du vélo.
Opérations escargot
Une vidéo des niouzes japonaises me fait sourire car évoquant les manifs par les agriculteurs en France ils y traduisent littéralement les opérations escargots (blocage des routes avec les tracteurs etc): エスカルゴ作戦 « esukarugo sakusen«

Cette expression me faire rigoler … c’est trop mignon….
C’est que escargot, en japonais c’est katatsumuri カタツムリ ils auraient pu donc dire katatsumuri sakusen mais ils ont choisi d’utiliser esukarugo qui désigne l’escargot, non pas l’animal .. mais l’aliment … (comme porc vs cochon) et qui vient direct du mot en Français escargot.
Et justement cette expression ainsi choisie évoque la France et sa culture culinaire…
Bon. Voila un truc que je trouve passionnant.
A l’heure où j’écris le moment de protestation des agriculteurs semble se calmer. Je suis un peu déçu que les tracteurs avec leurs citernes pleines de purin n’aient pas continué leur chemin jusqu’au palais présidentiel de l’Elysée … pour remplir la piscine de Manu et la baignoire de gigite … Cela aurait été tellement beau !
Au sujet d’escargots j’en ai deux boites qui attendent patiemment le printemps. Elles sont au congélateur.
J’avais même demandé à mon papa de m’envoyer ce superbe service à escargots qui était à la maison (en France) et qui me rappelle de beaux souvenirs d’enfance.
J’attends le printemps et une bonne occasion pour les déguster avec mes amis du village …et leur faire découvrir…

Ce fameux service à escargots en compagnie de son ami godzilla.
Voila … un rien nous amuse !!
Quelques heures à Kobé
Hier j’ai passé quelques heures à Kobé.
J’étais curieux de voir ce qui se passe en ville et au Japon en général. J’allais aussi rencontrer plus tard le soir mes acolytes; ilotiers de la région de Hyogo, nous sommes cinq compères qui au cas d’une catastrophe dans la région pourraient avoir a relayer des infos de l’ambassade aux français vivant dans la région.
En sortant du train je découvre un peu le quartier de Kitano, un quartier très touristique et élégant, avec des belles villas de l’époque de Meiji. Il y a de nombreux touristes et ils ont l’air d’apprécier l’endroit.
Même les touristes Chinois sourient et font la queue devant des magasin de pâtisserie mais c’est certainement la liberté qu’ils goûtent le plus. En profitent-ils pour penser librement ? visiblement ceux-là non car sinon on les verrait dans les bibliothèques, et pas devant les pâtisseries. Ceux qui sauraient en profiter pour penser librement sont sans doute déjà exilés, ou bien encore en prison.
Un peu à l’écart je trouve l’église catholique de Kobé. Un très beau bâtiment où je vais essayer de me recueillir. D’abord avant d’y entrer on passe par une cour circulaire, bien arrangée. J’y vois des grosses marmites -pour faire cuire le riz- encore sur des tables, j’imagine que l’on y a arrangé un repas, pour nourrir les nécessiteux sans doute.

Il y a toujours la coexistence de la richesse et de la misère.
A l’entrée de l’église il y a comme dans toutes les églises un panneau avec des affiches, des publications chrétiennes et des messages par les associations et les volontaires. Ce suis très touché de voir ces efforts pour venir à l’aide à l’autre.
Une grande boite en bois est mise à disposition pour y recueillir des dons pour la région de Noto touchée par le grand tremblement de terre.
J’y glisse un billet de 1000 yens et oui je suis un peu con pourquoi ne pas y avoir mis 10 000 à la place ?
Puis j’entre dans l’église proprement dite. Architecturalement c’est une véritable réussite. Je m’assieds et j’essaie de me calmer l’esprit. Les années de catéchisme sont très lointaines, j’ai oublié la moitié du Notre Père.

Cette longue pause me permet de ré-assembler les pièces de mon puzzle et je repars visiter la ville.
Les rues en pente guident les pas vers la gare de Sannomiya et des rues très animées, des rues avec des bars et restos, des rues avec des magasins de fashion, il y en a pour tous. Partout une foule jeune, assez fluide et très joyeuse.

Les gens font la queue devant de nombreux cafés et magasins c’est assez impressionnant. Le tout dans une ambiance joviale. Finalement faire la queue avec ses copains ou copines ça fait partie de la fête, on discute dans le froid mais on sait qu’à un moment un peu plus tard il y aura une table des fauteuils et du chauffage….
Il y a des ruelles étroites où se cachent des boutiques étonnantes arrangées avec goût et la aussi des gens font la queue … incroyable !!

Gelato Pique une marque de pyjamas avec une stratégie marketing géniale, qui permet au final de transformer du pétrole en or …
Parfois la foule heureuse doit s’arrêter pour laisser passer une énorme Mercedes ou alors une LEXUS magnifique ….

Cette pancarte explique que manger des gyozas et boire de la bière ça fait partie de la culture. Entièrement d’accord. Lu et approuvé.

J’admire tout cela mais je me dis que cela manque un peu d’authenticité …
Au fond ce luxe et cette joie forment une fine couche de quelque chose qui finira par sécher, craqueler et sera remplacée par quelque chose d’autre.
Un peu plus tard je découvre un ancien marché, une vieillie galerie marchande couverte, très étroite … Cela date directement de l’époque de Showa. On imagine qu’à l’époque il y avait du monde, c’était bruyant, il y avait des enfants et des chats.
De nombreuses boutiques sont fermées mais il y a encore deux poissonniers, un marchand de thé qui travaillent la depuis 50 ou 60 ans peut-être, comme si rien n’avait changé. Tout cela c’est certain sera bulldozé dans quelques années.
Et puis dans quelques années les rues animées que j’ai admirées plus tôt auront elles aussi changé.
Ce renouvellement permanent très visible ici au Japon car on construit et détruit facilement donne à la ville cet aspect organique qui est si envoutant.

S’y mélangent tristesse et beauté.


Finalement je trouve un petit café tranquille où poser ma besace et m’y vient cette réflexion;
le village où nous vivons représente le Japon d’il y a 50 ou 60 ans, avec les traditions d’autrefois qui y subsistent.
mais le village où nous vivons représente aussi le futur du Japon, où il n’y aura plus que des vieux et où il n’y aura plus d’enfants.
Voila pour terminer sur une note assez sombre …. merci
2024
Nous vous présentons tous nos meilleurs vœux de santé et de bien être pour cette année nouvelle.
Bonne année !!
新年に向けて、皆様の健康と幸せを心からお祈り申し上げます。
あけましておめでとうございます!!

Du Japon, nous aimons aussi les décorations traditionnelles du nouvel an.
Comme ici, avec des feuilles diverses trouvées dans notre jardin.
日本の新年の伝統的な飾りも大好きです。
こちらは、私たちの庭で見つけた様々な葉で作ったものです。

Le mot du mois du temple et en faire un dessin
Merci aux lectrices et aux lecteurs pour leurs commandes de ma bande dessinée Retour Sur Terre.
Il m’en reste encore quelques exemplaires ….
Il y a un très joli temple bouddhiste dans notre hameau; et le prêtre bouddhiste est un sacré personnage. L’année de notre installation au village il nous avait épaté en organisant un concert de rock au temple… L’un des premiers articles du blog ce fut …
D’ailleurs, j’ai déjà dessiné le prêtre ici.
Et puis régulièrement il affiche des messages pleins d’humour et de sagesse, et je ne manque pas de les partager avec vous. 1 2 3 4 5 6 7
En plus de tout cela chaque premier jour du mois il envoie par IM sur LINE (équivalent de what s app) »le mot du mois » 今月の言葉.
Ce 1er décembre il m’a envoyé:
Traduction:
Plutôt que de me plaindre tout le temps
Et de tirer les autres vers le bas (tirer par le pied)
Je veux montrer de la gratitude
Et les tirer vers le haut (tirer par la main)
Je trouve ce mot du mois formidable et ça me donne envie d’en faire un dessin …
que voici;




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