Catégorie: journal

Minou in a box (2)

Ooya, un village sauvé par l’art ? (2)

(Suite de l’article précédent)

Les surprises continuent. Une NPO ‘Ooya village d’art’ s’est installée dans une école primaire désaffectée.

Le bâtiment est ancien, tout en bois et ne devait plus répondre aux normes de constructions modernes. Une nouvelle école a été construite ailleurs dans le village.

L’ancien gymnase de l’ancienne école est désormais aménagé en galerie d’art. Belle initiative. D’autres l’auraient simplement rasé, ou laissé pourrir sous le soleil.

expo de sculptures sur bois à Ooya

expo de sculptures sur bois à Ooya

expo de sculptures sur bois à Ooya

expo de sculptures sur bois à Ooya

 

Le volume et la luminosité du lieu servent admirablement les oeuvres exposées. Tout est très bien fait et visiblement l’expo ainsi que la NPO reçoivent le soutien de professionnels. On ne trouverait pas mieux à Tokyo.

Après le gymnase nous passons à l’école.

l'école transformée

l’école transformée

 

les photos des élèves de l'école

les photos des élèves de l’école

l'ancienne école

l’ancienne école

 

 

Dans l’école divers ateliers sont aménagés dans les anciennes salles de cours.

L’ancien bureau du directeur de l’école, les deux sièges en cuir sont encore là, a été transformé en mangathèque.

ancien bureau du directeur, changé en mangathèque

ancien bureau du directeur, changé en mangathèque

Une autre salle regorge des anciens instruments de musique de l’école. tambours, xylophones, orgues.

Plus loin une ancienne salle de cours est dédiée à l’apprentissage de la sculpture sur bois, où un superbe tanuki sculpté nous acceuille.

 

salle de cours, sculpture bois

salle de cours, sculpture bois

sculpture bois (tanuki)

sculpture bois (tanuki)

Une autre salle est dédiée à la céramique, une autre la teinture, calligraphie, et encore la fabrication de vêtements.

Les portraits de Beethoven et Bach sont encore là.

 

 

bach et beethoven dans l'école

bach et beethoven dans l’école

 

 

 

L’école peut être un lieu de contrainte, où tout: les horaires, les sujets, les méthodes est imposé de force à l’élève. Mais retirez en les profs et les programmes et l’école peut devenir un lieu de liberté; d’expérimentation et de plaisir.

Quel est le lien entre le village d’Ooya et la sculpture sur bois ? Il y a 20 ans un habitant du village s’est lancé dans la sculpture. C’est ce qui aurait déclenché tout celà.

D’ailleurs nous rencontrons par hasard l’artiste en question. Monsieur Kazuki Matsuda. Il est en train de peindre une sculpture monumentale.

 

Monsieur Kazuki Matsuda

Monsieur Kazuki Matsuda

Gràce à la présence d’artistes et les initiatives qui se sont construites autour de leur travail nous avons passé quelques heures excellentes. Mais aussi nous avons le sentiment que le village d’Ooya est animé par une puissance rare. Cette puissance qui émane des sculptures et de la créativité. C’est comme un rayon de lumière.

 

Le site web de la NPO BIG LABO http://biglabo.info

Ooya: un village sauvé par l’art ? (1)

Nous partons faire un petit tour, 100km d’ici, au nord de la préfecture de Hyogo.

Ce dimanche d’octobre est particulier. Partout où nous passons les villageois forment des processions et promènent les mikoshi des temples shinto.

procession shinto, mikoshi promené dans la campagne

procession shinto, mikoshi promené dans la campagne

 

Nous découvrons presque par hasard un village très intéressant; Ooya.

De vieilles bâtisses à deux niveaux témoignent de l’époque révolue où les villages vivaient de l’élevage des vers à soie.

L’une de ces vieilles maisons a été retapée et aménagée en café. De très belles et drôles sculptures en bois y sont exposées. Certaines sculptures, les poissons par exemple évoquent le monde merveilleux de Miyazaki Hayao. C’est le début d’une chaine de découvertes.

magnifique poisson sculpté

magnifique poisson sculpté

 

sculpture d'une jeune écoliere

sculpture d’une jeune écoliere

poisson sculpté

poisson sculpté

Plus loin un musée est dédié à la sculpture sur bois. De superbes oeuvres, par des artistes professionnels contemporains peuvent y être admirées. Très grande maîtrise technique; créativité surprenante et beaucoup d’humour aussi.

 

une vieille dame sommeille

une vieille dame sommeille

une bien étrange grenouille

une bien étrange grenouille

Au village, nous vivons tous les jours entourés de la beauté de la nature et observer ces sculptures est une expérience rafraichissante.

Il y a beaucoup de photos à poster ici. Suite dans la deuxième partie de l’article.

 

En descendant du bois de la montagne

Du travail bien physique aujourd’hui dans la montagne.

Un critpomère (sugi 杉) a du s’effondrer récement. Deux ou trois ans ? Pas dix en tout cas. Il est en très bon état. L’arbre avait sans doute 30 ans.  25 cm de diamètre. Il bloque un passage. Je le découpe. Faut faire attention à ce que le bois; coupé, ne me tombe pas dessus, avec la tronçonneuse. Et il est en équilibre.

Le chemin dégagé; je continue à monter et arrive à un endroit ou les sugis se dressent, magnifiques. Il y a quelque chose de somptueux, de calme et de religieux. La lumière. Réchauffé par l’effort et extatique je me mets à chanter un psaume en latin. On se sent très bien. Beaucoup d’émotions. On est bien, dans cette cathédrale naturelle.

Le bois est trop beau pour le laisser pourrir sur place. J’entreprends de le descendre de la montagne. On doit être 30 mètres plus haut que la route, là où le camion attend. Terre glissante, ronces. Faut faire attention surtout à pas se faire mal. Le bois est humide et il très lourd.

Puis charger dans le camion et amener tout ça à la maison.

Fendre ensuite les grosses bûches. Pour laisser sécher quelques mois sous l’abri bois.

Que de travail, pour quelques grosses allumettes. Mais c’est très gratifiant. Le bois est très beau et le fendre avec le splitting maul huqsvarna suédois est un pur plaisir. Une belle façon de finir le travail de la journée. On range ensuite les éclats de bois fendu avec ordre.

Plus tard, l’hiver, venir le chercher le matin et le donner à manger au poêle à bois sera un autre plaisir.

Une telle quantité de bois, en sugi, se vendra 5 ou 6000 yens sur le marché. Pour les barbecues de vacanciers. Oh; il y aurait donc un potentiel retour sur investissement; pour la montagne ?

le camion chargé du bois de la montagne

le camion chargé du bois de la montagne

on fend ensuite les bûches; pour le chauffage cet hiver.

on fend ensuite les bûches; pour le chauffage cet hiver.

Et oui c’est le bordel; c’est comme ça !

Une sangsue dans la machine à laver

Lundi j’ai pris une petite heure pour continuer de nettoyer la montagne et déblayer les anciens chemins obstrués par la végétation et les arbres écroulés.

Parmi les troncs à terre j’ai trouvé une essence qui se prêtera bien à Calcifer notre poêle à bois. Toujours ça de gagné. Le nettoyage progresse bien et j’ai pu accéder à la première terrasse. Un tronc énorme y gît, et le reste est encore recouvert de petit bambous. J’y retournerai avec une serpe.

En tout cas, ça avance bien et c’est un travail très agréable. Il faut tout de même être vigilant et toujours évaluer le risque des actions en cours et prochaines. Terrain en pente, glissant parfois, des troncs écroulés et en équilibre, et Martine ma tronçonneuse. Ça fait beaucoup à la fois.

Le travail fini et arrivé à la maison j’ai mis tous mes vêtements dans la machine à laver et ai pris une douche glacée.

J’ai remarqué que mon talon saignait un peu. Sans doute des éclats de bois qui se sont logés dans mes bottes. Me suis-je dit.

Jusqu’à ce que nous apercevions cette sangsue en train de se promener dans la machine à laver… je me disais … bizarre que je passe autant de temps en montagne sans me choper de sangsue … .

 

 

Vocabulaire

Sangsue ヒル 蛭

sangsue dans la machine a laver

sangsue dans la machine a laver

sangsue dans la machine a laver

sangsue dans la machine a laver

Sur l’humilité

Nous avons une fosse sceptique à la maison.

L’autre jour, un camion vient en aspirer la merdre.

L’homme qui s’en occupe est très poli et professionnel. Il porte un bel uniforme. Le camion est neuf et magnifique. Avec toutes les tuyauteries rutilantes.

Je lui dis, vous en avez un beau camion !

ah oui il est tout neuf !

Je remarque; C’est certainement un bon business avec une activité fixe et régulière.

Et le monsieur; tout sourire et de sa voix douce me répond Vous savez, c’est la société qui m’emploie qui gagne de l’argent, moi je reçois un salaire dérisoire.

En échange de la leçon d’humilité je lui offre un grand verre de thé frais pour se rafraichir.

 

 

Vocabulaire

Fosse sceptique じょうかそう 浄化槽

 

img-01

Photos de la montagne

Voici quelques photos de la montagne (du morceau de) que nous avons donc achetée.

Beaucoup d’arbres qui se sont effondrés lors d’un gros typhon qui est passé il y a 10 ans.

Des bambous

Des théiers.

Première tâche, déblayer et couper les troncs effondrés qui obstruent les passages.

 

A suivre ….

 

photo de la montagne

photo de la montagne

photo de la montagne

photo de la montagne

photo de la montagne

photo de la montagne

photo de la montagne

photo de la montagne

Mon fils et le scolopendre

07:30 du matin.

Notre fils s’apprête à sortir de la maison pour aller à l’école. Au même moment un énorme scolopendre se promène sur la porte d’entrée. La nuit a été chaude et humide. A cause d’un typhon qui s’approchait. Cette météo est propice à la visite des scolopendres.
C’était l’occasion de les prendre en photo tous les deux, mon fils et le scolopendre. Pour un joli portrait. Un portait de famille.
Et puis ça permet de donner un idée de leur taille, aux scolos.

J’ai eu ensuite envie de mettre la photo sur le blog mais je ne veux pas poster la photo de mon fils sur le web .

Après avoir considéré plusieurs solutions:

1 je renonce à mettre la photo sur le blog;

2 je pixelise le visage de mon fils avec gimp;

3 je colle un portrait de chateaubriand sur mon fils,

et demandé des suggestions à des amis sur le web:

 Sep 24  ou le visage de Doraemon, voir le ‘logo’ du Laughing Man, de Ghost in the Shell ^^

 Sep 24 ou un artichaut (d’une pierre deux coups)
Je me dis que je pourrais simplement dessiner mon fils. Voilà le résultat:
mon fils et un scolopendre

mon fils et un scolopendre

 

La photo est un peu sombre. Vous avez trouvé le scolo ?

La beauté des légumes

La possibilité d’une montagne

Face à notre maison, de l’autre cote de la rivière et la route, somnole une montagne. Aux abord de la route et sur 10 mètres de hauteur, une jungle de ronces et arbustes la recouvre. Plus haut, des criptomères droits comme des I se dressent à intervalles réguliers.
Ici au village les gens disent yama: montagne. Chez nous on dirait peut-être forêt ou bois,  je ne suis pas sûr. Ça monte assez sec, et tout en haut on est plus proche du paradis (ou plus loin de l’enfer, comme vous préférez).
Les montagnes qui couronnent le village ont toutes la même histoire. Autrefois l’homme l’exploitait pour faire du charbon de bois. Il faisait alors des fours par ci par là . Puis la mode a changé. L’homme y a fait quelques terrasses, et y a planté des muriers; les vers à soie sont friands de leurs feuilles. Avec la dernière vague, il y a 60 soixante ans  les gens ont crû toucher le jack pot; tout le pays avait besoin de bois pour construire des maisons. Il fallait du bois qui pousse vite et droit !
Alors on a planté partout des criptomères.  Partout ! La forêt qui recouvre la montagne est donc artificielle.
Mais entretemps on a commencé à importer du bois de l’étranger bien meilleur marché. Les objets en plastique sont apparus, rendant les objets de bois obsolètes. Le cours du bois local s’est effondré et l’économie de la montagne avec. Les criptomères sont restés.
Aujourd’hui, la montagne n’est pas rentable et a perdu son rôle économique. Rares sont ceux qui vivent de l’exploitation du bois. Les montagnes n’ont de mémoire d’homme jamais été aussi peu chères.
La montagne en face de chez nous appartient à l’ancien propriétaire de notre maison. Et de fil en aiguille nous nous sommes mis d’accord et la lui avons achetée. Nous l’avons acheté la semaine dernière.
Il s’agit seulement d’un morceau de la montagne, pas de toute la montagne ! Juste 6000 mètres carres.
Ce qui est beaucoup pour nous qui il y a deux ans encore habitions à  Tokyo. D’un coup l’espace de nos rêves s’agrandit. C’est une autre dimension.
A notre échelle, 6000 mètres carres, c’est quasiment infini.
Qu’allons nous faire de la montagne ? Vous avez des idées ?
-planter des arbres fruitiers sur les terrasses inférieures. Des châtaigniers, des arbres à kaki, des noyers. De l’akebi aussi.
-couper quelques criptomeres, éclaircir la foret sombre qui recouvre la montagne pour fortifier la montagne et lui permettre de reprendre un aspect naturel.
-Faire une cabane, pourquoi pas une tree house. Ça donnerait une vue splendide sur le village et alentour.
 D’autres idées ?
 montagne (1)
Note
Sur les montagnes -ou bois-au Japon voir aussi cet article