Catégorie: photos
Scarry ! ! et les crapauds de la forêt
Vous connaissez sans doute les formidables petits camions blancs japonais que l’on appelle ici keitora ou kei truck soit ‘camion léger’. On les trouve partout dans les campagnes japonaises. Il y a plusieurs fabricants; Daihatsu, Subaru, Mitsubishi, Honda et Suzuki.
Le modèle de Suzuki s’appelle Carry soit ‘transporter’. Pas mauvaise idée certainement mais les génies du département marketting à Suzuki ont fait mettre le S du logo de Suzuki juste devant le nom du modèle ….
Ce qui donne Scarry. Marrant non ? Ou bien scarry ? ?
Personne à Suzuki n’y a pensé ?
Si le marketing de Suzuki me fait un peu marrer tout seul dans mon coin, les crapauds de la forêt m’inspirent le plus grand respect. Car pendant ce temps là dans les flaques d’eau de la forêt, les crapauds font leur business. C’est la saison. Regardez cette quantité presque infinie de petits oeufs de crapauds ! Respect ! C’est la puissance de la nature …
Revenir à Tokyo
Tokyo, je n’y étais pas allé depuis deux ans. Nous avons vécu dix ans en tout à Tokyo.
J’y suis retourné une petite semaine le mois dernier pour le travail. Deux ans, ça passe vite et j’avais oublié combien Tokyo est belle dès que l’on s’éloigne des quartiers business.
La beauté est fragile à Tokyo, car elle cède vite sous les coups des pelleteuses et de l’appétit immobilier.
Tokyo foisonne et est organique. La solitude y est plus profonde encore que dans notre village, où je connais tous les vivants. Ici, tout le monde m’ignore.
Tokyo c’est aussi un peu le trou noir du Japon, car elle en aspire et dévore toute sa jeunesse, et les provinces autour se dépeuplent, dans ce pays où l’on fait de moins en moins d’enfants.
Tokyo on se laisse s’y noyer avec plaisir même si l’on finit par y perdre un peu ses repères, à force de marcher sur l’asphalte et de ne pouvoir fouler la terre.
Voici quelques photos.
Minou et la souris
Minou a repéré une souris dans le jardin. Toute petite, mignonne comme tout, avec sa paire d’yeux noirs comme des cailloux qui brillent.
Minou est vraiment à fond dans son truc, super concentrée.
A moins de pouvoir se planquer sous une pierre, la souris n’a aucune chance.
Pour mieux l’étourdir je vois Minou la jeter en l’air.
Tout cela dure assez longtemps. A la fin je ne retrouve plus la souris; Minou l’a sans doute dévorée.
Vocabulaire
nezumi ネズミ 鼠 Souris
hatsuka nezumi ハツカネズミ 二十日鼠 Souris (litt. de Vingt Jours)
Premières neiges
Le village et les montagnes sont bien beaux sous (un peu de) neige ce matin!

Notre petite maison avec la montagne en background.

Une belle maison ancienne, plus d’un siècle. J’aime bien ce style de maison. Le toit est en chaume et recouvert de tôles.


Notre petite maison, vue de l’autre côté.


La table de jardin, faite avec des palettes, est aussi recouverte du duvet blanc. Il reste à poncer le dessus et peindre. On fera ça un peu plus tard, quand il fera meilleur.

Récupe de palettes
Un voisin du village a plusieurs camionnées de vieilles palettes dont il doit se débarrasser.
J’y vais en récupérer le bois.
La joie libératrice de travailler au pied de biche.
Les palettes étaient utilisées dans l’industrie, sidérurgie principalement, et c’est du costaud. Certaines sont faites de ce bois des tropiques, hors de prix désormais au Japon. Un bois très dur. J’en ai oublié le nom comique.
Je vais essayer de faire une table de jardin. Et pourquoi pas des fauteuils de jardin aussi !

Le cocktail du week end
Le cocktail pour le week end de Calcifer le poêle à bois, c’est: moitié cerisier, moitié cyprès.
Dans cette brouette, je reconnais chaque arbre.
Le cerisier, c’était le cerisier éléphant trouvé dans la montagne l’année dernière. Le cyprès provient d’un jardin à 20 km d’ici.
Lorsque je vivais à Paris en 2001 par exemple, le cocktail était très différent: un peu de Chinon, un peu de Nogent … le tout avec de l’uranium extrait du Niger ou du Kazakhstan …
Je préfère me chauffer au bois.
Un Premier Janvier à la campagne
J’ai toujours aimé les fins et débuts d’année au Japon. A Tokyo j’appréciais les rues vides du jour de l’an et la tranquillité soudaine qui enveloppait la ville.
A la campagne ici le premier jour de l’an est encore plus tranquille.
Le matin on mange du sétchi, la cuisine traditionnelle du nouvel an. Ma femme prépare normalement le sétchi, et le ozoni, mais cette année nous avons changé et avons commandé le sétchi à un restaurant de la ville voisine.
On boit un peu de saké en échangeant les voeux.
Le plat de sétchi est beau et coloré. Il est également chargé de significations. Cela devrait être le sujet d’un article. A réfléchir il y a beaucoup de choses chargées de sens au Japon, au Japon, en fait tout est signes, l’écriture elle-même étant constituée de signes (les idéogrammes).
En fin de matinée nous partons tous les trois (Minou elle est partie dans la montagne) marcher jusqu’au petit sanctuaire shintô au fond de notre vallée.
A l’entrée de la vallée il y a un sanctuaire beaucoup plus important; les gens se déplacent de loin pour le visiter et il y a moults boutiques de vendeurs ambulants sympathiques, les tékiyas, parfois affiliés aux yakuzas, qui vendent des saucisses; des bananes fourrées au chocolat, des frites ! du calamar frit ! Du bon junk food pour les jours de fête.
A la foule joyeuse du grand sanctuaire nous préférons le calme du petit sanctuaire au fond de la vallée. Il faut grimper un escalier de pierre dans la montagne.
Le sanctuaire est là; tout beau, avec les magnifiques décorations traditionnelles, les kadomatsu. Tout est propre et bien entretenu malgré la population vieillissante et décroissante. On se sent bien devant le petit sanctuaire. On sent nos coeurs se calmer et se connecter à la terre.
Ensuite nous suivons un petit chemin dans la forêt. La forêt autour du sanctuaire est protégée, et elle n’a pas été convertie en plantation de cryptomères. Les arbres sont magnifiques. Il y a la un arbre géant. Nous allons le voir. Autour de son tronc une corde shiménawa souligne le caractère exceptionnel et sacré de cet arbre.
Quel magnifique endroit. Il est intéressant de noter que la foule préfère s’agglutiner autour des fritures et des saucisses. Nous sommes seuls. Ces beaux arbres autour du sanctuaire, forment un véritable power spot. A l’inverse aussi, le sanctuaire a été construit sur un power spot, et le renforce sans doute. Mon cerveau se vide de ses détritus.
Notre fils en voyant le grand arbre dit: on dirait l’arbre de Totoro ! En effet un gros Totoro passerait facilement dans le trou qui le perce.
Vocabulaire
O Sétchi 御節 La cuisine traditionnelle que l’on mange au premier de l’an
Shimenawa 注連縄 La corde ornée de papiers blancs pliés que l’on noue autour des choses sacrées
Tékiya テキ屋 Les vendeurs ambulants que l’on voit dans les fêtes et les foires
Kadomatsu 門松 Décoration pour le nouvel an, constituée notamment de bambous taillés en biseau.
Le plan de la montagne
Ragafrance avait suggéré que je fasse un plan de la montagne. C’est chose faite !
On voit bien les trois terrasses qui se succèdent. La première je l’ai nettoyée (débroussaillé la jungle) et nous y avons planté une vingtaine d’arbres depuis l’année dernière.
La deuxième terrasse est inchangée, et occupée de cryptomères et de théiers.
La troisième est couverte de cryptomères avec une grande clairière en son centre, un typhon il y a 10 ans y a tout arraché.
Je suis en train de dégager tous les arbres effondrés pour faire place nette.
Une prochaine étape aussi sera d’y abattre les cryptomères en mauvais état.
Petit à petit
Petit à petit l’oiseau fait son nid ….. petit à petit la montagne prend forme à force de nettoyer et de ranger les troncs d’arbres effondrés.
Le mieux c’est d’y aller à la hache. On travaille ainsi son swing.

Maintenant que le tout est plus facile d’accès, on peut mieux apprécier la vue sur le village …
Légumes du jour































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