Catégorie: photos
Un village au bord de la mer
Au Japon on n’est jamais loin de la mer. Pour nous, en une petite heure de route, on peut de notre village aller voir la Mer Intérieure ou Sétonaikai. Le paysage est presque méditerranéen. Les montagnes vertes.. la mer … parsemée de petites îles.
Ce village de pêcheurs, le nom m’échappe, est mignon … les rues sont escarpées. Les petites maisons les unes sur les autres, elles se disputent le moindre terrain plat.
Le port de pêche est comme les centaines (milliers) autres ports de pêches du Japon; il y a-t-il quelque chose qui le distingue de ses congénères, pas sûr. Toujours les petits bateaux et le bordel étalé partout avec les filets de pêche et tout et tout.
Une spécialité de ce village c’est l’ostréiculture, et ils font de grandes plateformes flottantes avec des bambous.
On voit que le temps s’est arrêté. Certaines ruelles me rappellent des scènes d’un film d’Ozu.
Mais certes ce village au bord de la mer n’a vraiment rien de spécial, mais il y a pour autant une foule de choses d’intérêt à observer et à photographier.
D’ailleurs c’est bien connu, ce sont souvent les coins les plus paumés et où personne ne va jamais qui sont les plus intéressants à visiter, car ils sont authentiques.
faites pas pisser votre chien dans le port
remarquer la proue en bois joliment travaillée
‘placez vos économies à la coopérative maritime’
80 pour cents des habitants de ce village portent le même nom de Inoue.
vieille pub pour du curry rice
jamais vue une bonbonne de gaz transformée ainsi en boite aux lettres.
un petit sanctuaire shinto
des crevettes à sécher
vieille épicerie
Dans le sanctuaire shinto plus haut; cette représentation des dieux hilares et festifs.
Remarquer le nom de la société de travaux sur le camion: INFINI
un keitora custom (avec le klaxoon en cuivre). A noter que le nom de la société Inoué Seisan est inscrite à l’envers comme c’est souvent le cas mais en caractères latins et en minuscules, ce qui fait un peu bizarre.
Petit mulot indésirable !
Il y a deux semaines Minou avait ramené à la maison un petit mulot … Qui s’etait enfui .. C’etait un soir et nous avions alors passé la soirée à chercher partout dans notre capharnaüm le petit rongeur …. facile pour un mulot de se cacher dans une vieille maison japonaise, car il y a des recoins partout … et de surcroit la maison est très sombre.
Nous avions alors abandonné nos recherches. Sans pour autant vraiment oublier le mulot.
Cet après-midi ma femme travaille dans la cuisine … elle entend un petit bruit …. et voit une queue qui dépasse de dessous le frigo…
Branle-bas de combat ! on bouge le frigo ! on amène Minou ! Minou qui tout d’un coup s’en fiche complètement du mulot … elle en a rien à battre … ma femme escalade pour se glisser derrière le frigo … prend le mulot dans ses mains … le glisse dans un sac en papier …

je prends le sac … vais dans notre montagne … rends au mulot sa liberté … il est mignon … vite il va se cacher dans la verdure en faisant de grands bonds …
On voit qu’il a bien grossi pendant son séjour chez nous … C’est vrai que ma femme cuisine très bien ….
Allez, petit mulot indésirable …. Adieu ! Bon vent !
Vous en reprendrez bien encore un peu (épluchage)
Aujourd’hui dimanche, encore épluché des troncs d’arbres descendus de notre montagne; 7 troncs de 5 à 6 mètres de long, disons quarante mètres en tout … ça m’a pris 4 heures … donc du dix mètres de l’heure.
En tout cas c’en est fini pour l’épluchage; j’ai épluché tout ce qu’on pouvait éplucher.
Etape suivante; on va passer les troncs à la scierie pour notre projet de technology transfer. Là on est dans l’atelier de S.
Après cette belle journée, les cacahouètes accompagnent la bibine avec perfection. En plus il y avait de la Carlsberg au supermarché. Ca change un peu des bières locales.
Pendant ce temps là le riz pousse dans les rizières en face.
Les chevreaux poussent aussi …
Montagne 2.0, suite et fin
Montagne 2.0: un projet titanesque pour notre échelle lilliputienne …
Avec l’ami S. on entreprend de descendre de la montagne tous les troncs d’arbres coupés plus tôt cet hiver.
L’opération est délicate. On découpe les troncs en morceaux de huit mètres soixante. S. les prend ensuite avec sa pelleteuse, et les balance de la montagne, où ils vont tomber en douceur quarante mètres plus bas, dans une petite clairière à l’écart. L’opération prend une journée entière. On fait une bonne équipe, c’est vraiment drôle.
S. est aux manettes de la pelleteuse.
Le moteur de la pelleteuse couvre le silence de la nature et donc nous communiquons par signes. S. fait un geste vertical de la main, je cours couper à la tronçonneuse un tronc d’arbre. Pour qu’il puisse le prendre avec la pelleteuse.
S. me lance un regard et je vais attacher un câble entre le bras de la pelleteuse et un tronc. Un autre regard me signifie de détacher le câble.
J’aime bien cette communication muette entre nous deux. Il y a moins d’ambiguïtés que si il y avait des mots.
PS: Pierre ajoute ce commentaire: « On l’appelle 阿吽の哭泣, aun no kokkyu, le souffle entre le maître et l’apprenti. »
On voit que la montagne est désormais beaucoup plus claire. La coupe d’une dizaine de cryptomères a eu cet effet d’apporter beaucoup plus de lumière.
Il sera intéressant d’observer comment la montagne va changer. On peut prévoir que les bambous vont tenter de se développer plus rapidement avec cette manne inespérée de photons. Pour le plus grand bonheur des sangliers ! Ils aiment les pousses de bambous au printemps.
Il faudra une autre demi journée pour descendre les troncs d’arbres jusqu’à la route et les charger dans le camion de S. Destination son atelier.
Voilà, c’est la fin du projet montagne 2.0.
Prochaine étape … épluchage des troncs d’arbres … le reste va se dérouler dans l’atelier de S.
Montagne 2.0 (suite de la suite) et premiers épluchages
Ca n’est jamais aussi simple. Je crois que c’est là une généralité dans la vie.
Dans le projet montagne 2.0 il a fallu poser un renfort le long de la rampe d’accès au chemin pour éviter les éboulements de pierrailles, qui finiraient sur la route (danger).
Le renfort, deux troncs d’arbres … de notre montagne bien sûr. Pour éviter l’intrusion d’insectes il faut en éplucher l’écorce. Pour celà je fais la connaissance d’un nouvel outil, l’éplucheur d’arbre. ou kawamukiki.
Dans le temps, les enfants et les vieillards étaient chargés de retirer l’écorce des arbres avant la vente du bois. N’empêche, j’ai transpiré trois litres de sueur facile dans l’opération.
Une difficulté supplémentaire, la roche est très friable et il est difficile d’y planter des pitons pour y fixer le renfort. La solution, planter un piton à la verticale sur le chemin, et y attacher un câble d’acier qui va retenir les troncs d’arbres de tomber.
Hello Little Boy !
Il pleut depuis deux jours. Je remarque de nombreuses salamandres écrasées sur la route. C’est la saison. Elles se régalent de têtards.
Celle-ci est bien vivante et je la prends par la queue pour la mettre sur le bord de la route pour plus de sureté.
Un Akahara imori donc, ou salamandre au ventre rouge.
アカハライモリ
On l’écrit le plus souvent en katakana (le syllabaire japonais) mais l’écriture en idéogramme est intéressante:
Imori s’écrit alors 井守, ce qui veut dire le protecteur du puits.
Le meilleur café de la semaine
Le meilleur café de la semaine, je le bois le dimanche matin. Car je peux le prendre tranquillement dehors en regardant la (ma) montagne.
A propos pour le café nous nous permettons des extravagances: nous le faisons venir du Mammoth Coffee à Tokyo, ils font un excellent blend qu’ils appellent ショコラ.
Et depuis la semaine dernière je peux même observer mes ruches en prenant le café 🙂 … Que demander de plus….
Promenade dans le village ce matin
Sur la longévité (encore)
Dans un article ancien nous révélions les dix règles secrètes de la longévité.
Aujourd’hui lors de ma promenade quotidienne jusqu’au fond de la vallée j’entrevois deux personnes. Nous échangeons quelques propos. Ces deux phénomènes on leur donnerait plus de quatrevingtdixans. Facile. Les regarder à l’ouvrage me rappelle justement ces règles de la longévité.
La première, la dame, est courbée pliée en deux sur la route, au fond de la vallée.
Elle retire les mousses incrustées dans une fissure du bitume. Sinon la route va s’abimer plus encore, explique-t-elle. A remarquer aussi qu’elle ne jette pas la mousse mais la rassemble dans un petit sac.
Le deuxième phénomène, monsieur M, ancien bucheron émérite médaillé jadis par l’Empereur Showa, manie avec dextérité sa tronçonneuse et débite un gros mûrier. C’est pour mon poêle a bois dit-il.

Bref, faut pas arrêter de pédaler sinon on se casse la gueule.
Les trois ruches
Merci à toutes et à tous pour les nombreux messages d’encouragement à Minou.
Minou est rétablie et va beaucoup mieux. Elle a repris ses patrouilles dans le village.
Au sujet des ruches. J’ai fini par restaurer deux ruches. Et j’en ai fait une nouvelle. Jamais je n’aurais imaginé faire des ruches … Il y a beaucoup d’imprévus dans cette vie à la campagne…
Aujourd’hui je suis allé installer les ruches dans notre montagne.
Les voisins m’ont bien dit: 1) les installer dans un endroit dégagé; 2) Eviter un endroit exposé au nishibi 西日 soleil couchant 3) les orienter vers l’Est
Ce que j’ai fait … Les abeilles devraient être bien, là, avec cette belle vue sur le village !
J’utilise des vieux troncs de cryptomères pour surélever les ruches. Ca fait un peu rustique …
Avant de tout refermer je verse du miel a l’entrée des ruches. J’en badigeonne également les parois intérieures.
Ah oui aussi mon voisin m’avait conseillé de passer l’intérieur des ruches au chalumeau pour ‘désinfecter’.
Le choix de l’emplacement d’une des trois ruches n’était pas très judicieux; elle est placée juste sur un sentier emprunté par les chevreuils 動物道. Ceux-ci risquent fort de la bousculer et de la faire tomber. Il faut donc la protéger avec un filet.
Voila … On va surveiller tout cela, en espérant que les abeilles viennent s’installer dans les ruches !



















































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