Récolte du jour

La petite récolte du jour.

 

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Les feuilles rouges; c’est du shiso. Le shiso a deux variétés. Celui qui a mangé du sashimi aura sans doute goûté au feuilles de shiso vertes.

Celui-ci sur la photo est de la variété rouge. Cela pousse très facilement, c’est presque envahissant.

Avec la variété rouge du shiso, on fait un jus délicieux et très désaltérant.

 

Recette du jus de shiso rouge.

  • Récolter les feuilles.
  • Les laver.
  • faire bouillir dans une grande casserole d’eau.
  • retirer les feuilles et les jeter.
  • Ajouter du sucre et du vinaigre de riz. Au pifomètre.

Se sert glacé.

 

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Le jardin

Cette année j’ai fait pas mal d’expérimentations dans le jardin mais les visites gourmandes des chevreuils (ils n’ont qu’à dévaler la montagne en face et traverser la route et la rivière) ont tout perturbé. J’ai donc passé une grande partie de mon temps libre en juillet à établir des fortifications de bambou et de filets, et après j’ai un peu arrêté de m’occuper du jardin. Parce que la plupart des légumes avaient été tout simplement dévorés. Bon appétit les amis.

Les expérimentations de cette année, c’était:

L’abandon du motoculteur et des légumes en rangées comme au défilé.
La culture en carrés
La culture sur butte
Le déploiement d’engrais vert avec les plantations de sarrasin, trèfle et autres.
Une grande réussite, ça a été aussi le rangement optimal des outils. On garde les outils les plus utiles et on les place au plus prêt, là où on en a besoin.
Ceci dit je m’occupe peu des plantes, la plupart du travail je l’ai focalisé sur la terre (ajout de crottin de cheval etc). La grande quantité de vers de terre est bon résultat.

La prochaine fois, cependant, je penserai d’abord à la protection des plantes et comment éviter l’intrusion d’animaux sauvages gourmands, en faisant des systèmes de barrière plus efficaces et moins moches.

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en arrière plan; les chevreuils n’ont qu’à traverser la route et la rivière avant de venir se régaler dans le jardin.

 

 

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On protège les quelques plants rescapés avec des filets et des bambous.

 

 

 

 

 

 

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J’ai pu protéger cette zone à temps et les chevreuils n’ont pas touché aux plants de tomates.

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Dedans c’est une petite jungle et chaque visite devient une chasse au trésor. On cherche des mini tomates ..et on trouve des poivrons et des concombres.

J’aime beaucoup ce désordre et les surprises qui en résultent.

 

 

Savoir rester zen

Il faut savoir rester zen, me dit la grenouille couchée sur la barrière de bambou dans le jardin.

grenouille dans le jardin 2

grenouille dans le jardin 2

Ne pas broncher même si l’objectif de la caméra se rapproche dangereusement. Qui est cet homme et pour qui se prend il ?

grenouille dans le jardin

grenouille dans le jardin

Ma respiration épouse le rythme de l’air; le chant de la rivière, le silence des arbres et des montagnes et la dureté du bambou sur lequel je suis couchée.

Tout le reste, peu importe. Je me fonds dans l’espace.

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grenouille dans le jardin 

(mini) récolte

L’apiculteur – suite

Il y a quelque temps nous parlions des ruches qui balisent les côtés des chemins et sur lesquelles l’apiculteur fait de jolis dessins pour inviter les essaims.

L’apiculteur en question, c’est K., notre voisin et ami. Une personne de grande qualité, beaucoup de talent et de curiosité pour tout.

Aujourd’hui il passe chez nous nous offrir une bouteille de whisky Suntory .. emplie du miel qu’il a récolté.

 

 

Miel

Miel

 

 

 

10 règles pour la longévité

Notre bon ami, charpentier, restaure une vielle maison dans le village.

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Je vais le voir; on discute pendant la pause. Il fait encore chaud aujourd’hui. C’est une belle maison, au toit de chaume; recouvert de tôles peintes en noir.
On ne fait plus de maison comme ça !
L’arrangement de la maison est très simple. Les gens qui viendront vivre ici seront heureux. La simplicité de la maison, faite de bois; de paille et de terre, inspirera le bonheur de vivre à ses prochains habitants. On ne peut qu’être super zen dans une telle maison ! Car même à l’intérieur, on n’est pas renfermé … Même sous le toit … on est sous le ciel …

D’ailleurs …. quelle étrange coïncidence .. bonheur et simplicité ?

Sur un mur, un poster jauni par les années prodigue des conseils pour s’assurer une bonne santé et vivre bien et longtemps.

Les dix règles pour la longévité.

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Traduction;

La cinquantaine et la soixantaine; si c’est une fleur c’est un bourgeon
Soixante-dix et quatre-vingt, c’est l’âge du travail
Et si à quatre-vingt dix on vient te chercher, 
dis leur d’attendre jusqu’à ce que tu aies cent

Les dix principes de la santé et de la longévité

Peu de viande; beaucoup de légumes
Peu de sucre, beaucoup de fruits
Peu d’excitation; beaucoup de sommeil
Peu de soucis, beaucoup d’action
Peu de vêtements chauds, beaucoup de bains

Peu de sel, beaucoup de vinaigre
Manger peu, mastiquer beaucoup
Peu de colère, beaucoup de rire
Peu d’égo, beaucoup d’aide
Peu de voiture, beaucoup de marche

 

Voilà. Tout est dit, non ?

Ecrire une bande dessinée

Ecrire une bande dessinée…. réflexions d’un amateur.

 

J’écris la BD tout ira bien.
C’est un gros projet pour moi et mes petits talents de dessinateur bien limités….
Mais c’est un projet au bout duquel je voulais absolument aller. Il fallait aboutir, et dessiner l’histoire jusqu’à la fin; l’écrire jusqu’au dernier philactère.

Ce projet de BD c’est ma thérapie et le moyen d’exprimer et de décrire tout ce qui s’est déroulé au Japon dans la foulée de la catastrophe nucléaire de Fukushima. On retrouve d’ailleurs des thèmes qui se répètent dans les accidents nucléaires ou industriels … Tchernobyl … les essais militaires etc à savoir les intérêts opposés des populations civiles et des industriels et politiques. Une lutte s’engage alors entre le pouvoir et les populations. Le pouvoir essayant de dissimuler et cacher l’ampleur du désastre. Car la vérité, dévoilée, pourrait mettre en danger la société toute entière. Mais bon, Fukushima a exposé tout  celà, sous nos yeux, nous l’avons vécu en direct en quelque sorte et il me fallait tout sortir.

Ecrire une BD, à mon age, et vu que j’avais arrêté de dessiner il y a 30 ans, c’était un énorme challenge.
Mais bon …. le plus important, c’est d’essayer, et de faire. Sans trop se questionner. Aller de l’avant et avoir confiance. Dessiner une histoire sur 100 pages, seul, sur son ordinateur, il y a un peu de sacrifice dans l’air!

Et il n’y a pas de honte à avoir, ni aucun complexe, à faire tout celà en amateur,

Au contraire, on est plus libre en étant un amateur, car il n’y a pas de contrainte. Le professionel, lui, fera un travail de qualité professionelle mais il devra écouter et suivre les indications de son éditeur ou de son agent … tandis que moi … je n’ai ni l’un ni l’autre, voyez vous. Donc je suis libre.
Et puis je n’ai pas non plus de réputation ou d’image à défendre. Je ne peux pas non plus decevoir ou facher mes lecteurs … car je n’en ai pas !

Etre amateur c’est la liberté assurée.

L’important c’est donc de continuer, et peut-être même que j’ecrirai une deuxième BD, après Tout Ira Bien. Et chaque nouveau projet, chaque page de plus est une petite victoire sur la paresse, et l’occasion d’améliorer la qualité de son travail, d’apprendre et de mieux faire.

Il y a des pages qui étaient vraiment difficiles à visualer et à dessiner. Les pages d’action surtout. Celles-là je les ai faites le plus tard possible, car je redoutais de m’y attaquer. Par exemple, la page 68. Cependant j’ai bien compris par la suite que ce sont ces pages-là, les plus difficiles, qui apportent le plus de satisfaction lorsqu’on les dessine. On y passe plus de temps, certes, mais une fois finies, quel plaisir et quelle confiance en soi !

J’aurais donc dû pour mieux faire commencer par ces pages difficiles. Elles m’auraient sans doute donné la confiance en moi et un peu plus d’inspiration pour faire un meilleur job sur d’autres pages.

En tous cas je peux tirer quelques leçons de mon projet de bande dessinée:

  • ne pas avoir honte de son travail. au contraire se rejouir d’être un débutant et un amateur. car on s’en retrouve libre. aucune contrainte.
  • chaque nouvelle tentative permet de s’ameliorer. et chaque pas supplementaire est une victoire sur la paresse.
  • si possible, mieux vaut s’atteler aux passages les plus difficiles des le début. cela fournirait plus de confiance et d’assurance et permettrait de faire un meilleur job par la suite.

 

Un extrait de la page 68….

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Récolte et jardin

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Cet été; le jardin avait assez bien démarré. La terre était bien mieux que l’année dernière, très belle en certains endroits et une foultitude de vers de terre: yeah !

Certains trucs n’ont pas du tout pris mais les pieds de courgettes, d’okra et de concombres étaient vraiment prométeurs. Mais voilà les chevreuils la nuit ont commencé à fréquenter notre potager et y ont fait des ravages.

J’ai fini par tout barricader avec du bambou et des filets, mais celà a pris pas mal de temps et les chevreuils ont pu faire plusieurs passages et se régaler.

Du jardin il ne reste plus grand chose. J’ai pu par contre bien protéger quelques pieds de tomates qui nous alimentent et nous consolent un peu.

Les feuilles vertes sur la photo, ce sont des feuilles de shiso.

La prochaine fois je vais changer de stratégie … niveau protection de la production.

O bon

Il y a plein de monde dans le village. Tout le monde revient dans le village pour quelques jours. On revient dans les maisons familiales . Les autoroutes sont pleins. Dans tout le Japon. C’est le ‘O bon’. お盆 Certains viennent de très loin. De Tokyo, de Sendai au nord à 1000 kilomètres d’ici. Le O bon c’est les 13, 14, 15 août.

S’ensuit ce dialogue avec ma femme. J’ai vécu plus de 15 ans au Japon mais c’est la première fois que je me pose des questions sur le O bon. Je pense que, comme on vit à la campagne, ces choses là sont plus visibles et ont plus de sens. En ville, je m’en battais un peu les coudes, de ces histoires. Mais ici, elles ont un sens et sont palpables.

Au cours du dialogue je me dis que cette coutume de O bon, c’est une histoire un peu folle. Les âmes des ancêtres qui reviennent de l’au delà … passer quelques jours en famille … et on fait la fête avec eux.

« – C’est quoi ? ‘O bon’ ? »

« – Les âmes des ancêtres reviennent dans la maison de la famille 本家 »

« – Jusqu’à combien de générations passées reviennent les âmes …. Toutes les générations passées ? »

« – Dans des certaines régions c’est seulement les âmes des derniers parents décédés. »

« – Ce sont les âmes des ancêtres ou bien leur fantômes qui reviennent ? »

« – Les âmes. On parle pas de fantômes. »

« – Elles viennent d’où ? De l’enfer ? du paradis ? »

« – On ne parle pas de ça. On dit simplement qu’elles viennent de l’au delà. »

« – Qu est ce que font les âmes, une fois revenues de l’au delà ? »

« – Ben on passe quelques jours en famille ensemble avec les âmes des ancêtres. Pour montrer aux âmes que nous sommes heureux. C’est pour ça  que l’on danse. Pour dire aussi aux âmes que l’on apprécie la vie … Pour rassurer les âmes des ancêtres en quelque sorte.
Avant le O bon aussi on nettoie les tombes familiales.

Ca dépend des regions, mais à certains endroits on met des lanternes des papier blanc devant les maisons ou dans la maison, pour inviter les ancêtres.

Pour appeler les âmes chez soi, ont fait un cheval en plantant 4 baguettes dans un concombre  et une vache en plantant 4 baguettes dans une aubergine.
Pour venir rapidement; les âmes monteront sur le cheval. Mais pour retourner dans l’au delà le plus tard possible elles monteront sur la vache. »

« – Si je fait ça, ma mémé qui a vécu et est décédée en France, va-t-elle venir ici ? »

« -Je ne sais pas. C’est pas prévu. »

« – Ca marche aussi pour les chrétiens au Japon ? »

« – Je pense pas ! »

« – Dans certaines régions on fait un feu pour appeler les âmes des ancêtres. »

« – Ca a un rapport avec le bouddhisme ?  »

« – Non. Dans le bouddhisme on ne considère pas que les âmes des ancêtres reviennent à chaque année.

Une rivière sépare le monde réel de l’au delà. Donc on dit souvent qu’il ne fait pas jouer dans l’eau pendant le O bon. Parfois les âmes emportent avec elles ceux qui jouent dans une rivière ou la mer pendant le O bon (il y a un accident et ils meurent). « 

Minou in a box