Récolte et jardin

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Cet été; le jardin avait assez bien démarré. La terre était bien mieux que l’année dernière, très belle en certains endroits et une foultitude de vers de terre: yeah !

Certains trucs n’ont pas du tout pris mais les pieds de courgettes, d’okra et de concombres étaient vraiment prométeurs. Mais voilà les chevreuils la nuit ont commencé à fréquenter notre potager et y ont fait des ravages.

J’ai fini par tout barricader avec du bambou et des filets, mais celà a pris pas mal de temps et les chevreuils ont pu faire plusieurs passages et se régaler.

Du jardin il ne reste plus grand chose. J’ai pu par contre bien protéger quelques pieds de tomates qui nous alimentent et nous consolent un peu.

Les feuilles vertes sur la photo, ce sont des feuilles de shiso.

La prochaine fois je vais changer de stratégie … niveau protection de la production.

O bon

Il y a plein de monde dans le village. Tout le monde revient dans le village pour quelques jours. On revient dans les maisons familiales . Les autoroutes sont pleins. Dans tout le Japon. C’est le ‘O bon’. お盆 Certains viennent de très loin. De Tokyo, de Sendai au nord à 1000 kilomètres d’ici. Le O bon c’est les 13, 14, 15 août.

S’ensuit ce dialogue avec ma femme. J’ai vécu plus de 15 ans au Japon mais c’est la première fois que je me pose des questions sur le O bon. Je pense que, comme on vit à la campagne, ces choses là sont plus visibles et ont plus de sens. En ville, je m’en battais un peu les coudes, de ces histoires. Mais ici, elles ont un sens et sont palpables.

Au cours du dialogue je me dis que cette coutume de O bon, c’est une histoire un peu folle. Les âmes des ancêtres qui reviennent de l’au delà … passer quelques jours en famille … et on fait la fête avec eux.

« – C’est quoi ? ‘O bon’ ? »

« – Les âmes des ancêtres reviennent dans la maison de la famille 本家 »

« – Jusqu’à combien de générations passées reviennent les âmes …. Toutes les générations passées ? »

« – Dans des certaines régions c’est seulement les âmes des derniers parents décédés. »

« – Ce sont les âmes des ancêtres ou bien leur fantômes qui reviennent ? »

« – Les âmes. On parle pas de fantômes. »

« – Elles viennent d’où ? De l’enfer ? du paradis ? »

« – On ne parle pas de ça. On dit simplement qu’elles viennent de l’au delà. »

« – Qu est ce que font les âmes, une fois revenues de l’au delà ? »

« – Ben on passe quelques jours en famille ensemble avec les âmes des ancêtres. Pour montrer aux âmes que nous sommes heureux. C’est pour ça  que l’on danse. Pour dire aussi aux âmes que l’on apprécie la vie … Pour rassurer les âmes des ancêtres en quelque sorte.
Avant le O bon aussi on nettoie les tombes familiales.

Ca dépend des regions, mais à certains endroits on met des lanternes des papier blanc devant les maisons ou dans la maison, pour inviter les ancêtres.

Pour appeler les âmes chez soi, ont fait un cheval en plantant 4 baguettes dans un concombre  et une vache en plantant 4 baguettes dans une aubergine.
Pour venir rapidement; les âmes monteront sur le cheval. Mais pour retourner dans l’au delà le plus tard possible elles monteront sur la vache. »

« – Si je fait ça, ma mémé qui a vécu et est décédée en France, va-t-elle venir ici ? »

« -Je ne sais pas. C’est pas prévu. »

« – Ca marche aussi pour les chrétiens au Japon ? »

« – Je pense pas ! »

« – Dans certaines régions on fait un feu pour appeler les âmes des ancêtres. »

« – Ca a un rapport avec le bouddhisme ?  »

« – Non. Dans le bouddhisme on ne considère pas que les âmes des ancêtres reviennent à chaque année.

Une rivière sépare le monde réel de l’au delà. Donc on dit souvent qu’il ne fait pas jouer dans l’eau pendant le O bon. Parfois les âmes emportent avec elles ceux qui jouent dans une rivière ou la mer pendant le O bon (il y a un accident et ils meurent). « 

Minou in a box

Minou

Il y a quelques mois Minou entrait dans notre vie. Un petit chat abandonné et perdu. Depuis une relation forte nous lie; Minou fait partie de la famille.

Minou vit à son rythme, entre et sort librement de la maison. Le jardin et les maisons alentour font partie de son territoire. Le jour et la nuit.

Il n’y a pas d’effusion de sentiment, tout est dans la retenue. Minou est un chat et n’est pas Médor.

Ce jour là, Minou a grimpé sur l’abri à bois et a pris de la hauteur.

 

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Minou de rien, ce post est le deux-centième de ce blog. L’encre a coulé sous les ponts … Moi-même je suis surpris de continuer aussi longtemps et d’avoir encore de nouvelles choses à raconter.

En grande partie c’est gràce à toute l’energie positive que nous recevons de la nature qui nous entoure et qui continue de nous alimenter en idées, en sensations, en couleurs.

Vélo après le typhon

Le typhon numéro 8 est passé hier assez loin. Il a plu toute la journée hier, parfois des pluies fortes. Stress test des rivières. Aujourd’hui le ciel est un peu dégagé et tout est trempé d’eau. Excellent pour un tour en vélo.

Tout resurgit lentement des brumes humides. La végétation resplendit avec profondeur et joue avec les ombres du jour qui finit.

Dans les forêts on sent la présence des insectes et des animaux qui se sont retenus de sortir pendant la journée.
Tout est prêt pour exploser dans la chaleur des jours qui viennent.
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Philosophie de l’escargot

La route est longue. Il y a des embûches, des obstacles à surmonter, d’autres à éviter.
Il faut prendre des détours et changer de cap au moment opportun.

Il faut aussi s’avoir s’arrêter pour savourer.

La route est longue et nous en fait baver …

 

 

 

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PS Comment s’appelle l’escargot sur la photo ? Bernard Henri L’escargot bien sur …

Insectes dans le jardin

Le chat et la grenouille

Il a fait chaud toute la journée. Pour arroser le jardin je descends dans la rivière emplir des seaux de 20 litres. Bon exercice avant la tombée du jour.

Je remonte et m’avance dans le jardin.

Surprise: il y a une jolie grenouille dans le seau. Elle a dû être aspirée avec l’eau.

Mais chose bien plus extraordinaire, Minou le chat qui vaquait là, a tout de suite senti la présence de la grenouille dans le seau et s’approche …

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La Bande Dessinée: Tout Ira Bien

Tokyo. Mars 2011. La terre se met à trembler partout et il y a l’enchainement de catastrophes et de malheurs que vous connaissez. Le tremblement de terre. Le tsunami dévastateur et meurtrier qui a pris tant de vies.
Le tsunami ravage les installations de la centrale nucléaire de Fukushima, à 250 km de Tokyo. Les systèmes de refroidissement cassent et transforment les réacteurs en des cocotes minutes géantes incontrôllables que personne ne peut plus arrêter.
Comme dans une tragédie classique, on sait dès le début que ça va mal finir… Juste une question d’heures … Le tout explose .. fumées noires et libère des quantités astronomiques de contaminants radioactifs toxiques.
Le combustible des coeurs a fondu et il est parti on ne sait où.
Les populations vivant à des poignées de kilomètres de la centrale  sont évacués. Les animaux laissés dans les zones les plus contaminées sont abattus.
Pour une catastrophe naturelle, on peut juger aisément des risques présents et futurs. Destruction des maisons. Incendies. Coupures de l’eau et de l’électricité. Epidémies. Criminalité.  Chaos.
Mais pour une catastrophe nucléaire, il est beaucoup plus difficile de juger du danger.  Les radionucléides sont invisibles à l’oeil et n’ont ni odeur ni goût. On doit se procurer des équipements complexes, onéreux … et forcement en rupture de stock pour pouvoir mesurer soi-même.
Iode 131 ?
Césium 137 ?
Strontium 90 ?
Où ? En quelles quantités ? Jusqu’à quand ? L’un se fixe dans votre thyroïde  l’autre dans vos muscles (le coeur est un muscle); le dernier dans vos os et vos dents.
A partir de quelles quantités il y a-t-il danger ? Qu’est-ce-que le danger ? Ce sera comme les mines d’Uranium du Limousin ? ou comme Tchernobyl ?
La question est très technique et les informations disponibles contradictoires.
Et puis, les intérêts industriels et économiques sont considérables. Quelles options ont les politiques et quelles sont leur décisions.
Et soi-même; comment réagir et comment se protéger ?
J’ai décidé de décrire tout celà dans une bande dessinée. Transposé dans le cadre d’un monde imaginaire.
Ce projet de bande dessinée, c’est aussi un peu ma propre thérapie.
Je publie deux pages par semaine; le lundi et le jeudi.
Bonne lecture !

Pardon Tortue

Au pied du jardin coule une rivière.

La rive opposée est un terrain large de 3 à 4 mètres que longe la route de l’autre côté.
Je décide de passer cet espace à la débroussailleuse, pour faire place nette et aussi permettre l’eau de la rivière de déborder de ce côté et couler plus rapidement en cas de forte pluie.
Sous le soleil c’est un travail agréable qui finit par être physique. Il faut faire attention aux vipères.
C’est la vraie jungle la nature reprend vite le dessus. En bordure de la route il y a un muret il y a beaucoup de lianes très longues et débroussailler est plus difficile.
A un moment un bruit indique que la lame de la débroussailleuse a tapé quelque chose; comme un morceau de bois.
En poussant du pied les longues herbes coupées; je distingue la carapace d’une tortue.
Merde ! J’ai tapé dans la tortue ?
Elle était contre le parapet en béton sans doute pour récupérer la chaleur du béton chauffé par le soleil.
C’est une très belle tortue et je crois l’avoir déjà vue. Elle était complètement dissimulée par les herbes. Malheureusement, après un long examen de l’animal, je vois du sang et .. je ne vois pas sa tête.
Je sens soudain une absence d’énergie. La présence de la tortue apportait de l’énergie à cet endroit; entre la route et la rivière… et soudainement cette énergie est devenue toute noire et est retombée, retournant à la terre.
Pendant que le Roi d’Espagne trompe sa vieillesse en partant tirer les éléphants je suis triste et honteux de ma faute. Quelque chose a disparu, avec la tortue. A cause de mon manque de précaution.
Je lave la carapace avec de l’eau. Creuse un trou. La puissance de la nature, c’est que les fourmis ont déjà repéré le bel animal mort. Je dépose la tortue au fond du trou que je rebouche.
Plus tard dans la journée mon fils rentre de l’école. Je lui raconte ce qui s’est passé. Nous allons prendre une pierre et un gros marqueur. Nous posons la pierre sur la tombe.
Mon fils dépose une fleur. Je fais une prière.
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Le terrain, entre la route et l’eau.
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La tombe de la tortue.