Scolopendre du matin

Scolopendre du matin; chagrin.

On a dû marcher dessus ce matin en sortant de la maison. Il est un peu écrabouillé. Bouge encore la tête.

Il a plu dans la nuit. Les scolopendres sortent souvent ainsi, après la pluie.

Nous avons bien progressé. Il y a encore un an les scolopendres nous faisaient peur et nous inspiraient la plus grande horreur.

Aujourd’hui nous les trouvons … presque sympathiques. Car ils incarnent la force et la puissance de la nature, qui nous entoure et nous fait vivre.

shizen no chikara 自然の力 comme les gens disent ici …..

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Récolte des pommes de terre.

On creuse la terre à la recherche des plus grosses pépites, la récolte des pommes de terre se transforme en chasse au trésor.

Comme lors de nombreux travaux, on se rend compte qu’il est plus ludique et efficace de n’utiliser que ses mains, et que l’outil est superflu.
Il y a une semaine des animaux la nuit sont venus manger toutes les feuilles. Des chevreuils. Sinon nous aurions récolté un peu plus tard.
Nous avons fait bien mieux que l’année dernière.
Plantées le 19 février dernier, donc le résultat de 4 mois de croissance. Je vois que la terre est bien mieux que l’année dernière. Beaucoup moins dure. Grâce au crottin de cheval et à la paille des vieux tatamis. Cependant, seulement deux vers de terre assez costauds, se trotillent sous mes yeux.
En général je passe plus de temps à m’occuper de la terre que des plantes qui y poussent.
Nous n’avons donné aucun engrais. On n’a pas encore de compost, donc seulement du crottin de cheval. Nous recevons avec plaisir et reconnaissance ce que la nature nous offre et que les animaux de la montagne nous laissent…
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Dans le jardin

Beaucoup de choses à observer dans le jardin et alentour aujourd’hui…Et puis, c’est la saison des pluies. Entre deux averses toutes les plantes resplendissent et nous inondent de leurs couleurs. Le jardin se porte bien lui aussi.

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Une tortue se promène chez le voisin. Je me demande si c’est la même que l’année dernière.
Les tortues doivent être occupées à quelque chose, en ce moment de l’année. J’en ai aperçue une autre écrasée sur la route, ainsi qu’un renard d’ailleurs.
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Les coccinelles font leur mue. L’opération se finit mal pour l’une d’entre elles qui se fait manger par les fournis.
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Un voisin nous offre des branches de gumi, fruit étrange qui ressemble à un bonbon acidulé.
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Gumi; グミ(茱萸、胡頽子)
Ca marche très bien en confiture.
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Minou le chat a dû passer une bonne journée elle aussi.
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Faire son thé (2)

Faire son thé

C’est déjà un peu tard pour la saison. Plus tôt dans le printemps, lorsque les jeunes pousses apparaissent est le meilleur moment.

Autrefois tous les habitants du village partaient dans les montagnes cueillir les feuilles des théiers qui y poussent librement. Puis ils préparaient les feuilles et celà satisfaisait leurs besoins en thé pour l’année. Les gens vivaient de la nature, quasiment en autarcie.
De cette époque pas si lointaine mais révolue, il reste les théiers parsemés dans les forêts et le long des chemins de montagne.
Ils sont pour la plupart abandonnés. Il est plus pratique; plus rapide; d’acheter du thé en magasin.
Il est recommandé de ne pas aller cueillir les feuilles de thé après un jour de pluie, car il y aurait alors beaucoup  de sangsues. Même les jours ensoleillés il faut se couvrir; mettre des bottes; manches longues. Les mieux préparés mettent du sel au fond des bottes ou bien attachent une boucle de tissu imbibée de sel autour des bottes; afin d’éviter l’intrusion de ces bêtes tenaces et répugnantes.
J’ai de la chance ce jour là; aucune sangsue ne vient m’embêter. Un ami, grand fumeur n’a jamais été embêté par les sangsues en forêt, à croire que l’odeur de la nicotine les fait fuir.
Mon fils par contre trouve 3 sangsues dans ses bottes, elles se promènent sur ses chaussettes; à la recherche du contact de la chair et du sang.
Voilà pour la contrepartie de quelques heures délicieuses que nous passons en forêt le long d’une petite route. Nous cueillons les feuilles des théiers. On entend le chant des oiseaux. L’ombre des arbres nous tient au frais. On choisit les feuilles les plus jeunes. Un coup d’oeil pour vérifier que l’on n’emporte pas d’insecte.
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A gauche sur la pente, un petit arbuste. C’est un théier.
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Autrefois racontent nos amis on faisatt thé de toute feuille, comme feu de tout bois. Cependant prendre uniquement les feuilles jeunes et fraiches permettra une meilleure qualité
Revenus à la base, on fait rôtir les feuilles dans une grande poêle. On les mélange pour éviter qu’elles ne s’abiment au contact du fond de la poêle. On répète l’opération trois fois. Après chaque tour dans la poêle on laisse reposer les feuilles histoire de laisser s’échapper l’humidité.
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On répètera l’opération encore une ou deux fois le lendemain. Il faut que les feuilles soient bien sèches sous peine de les perdre avec la moisissure.
Wikipédia fournit l’explication suivante;
Le thé vert est un thé dont les feuilles, après la cueillette, seront le plus souvent flétries et chauffées à haute température, afin de neutraliser les enzymesresponsables de l’oxydation. Elles seront ensuite roulées et séchées plusieurs fois afin d’obtenir une forme particulière. On peut distinguer deux méthodes principales pour obtenir du thé vert. La méthode chinoise, d’une part, par laquelle les feuilles sont chauffées dans de grandes bassines de cuivre placées sur le feu ; la méthode japonaise, d’autre part, par laquelle les feuilles seront chauffées à la vapeur, très brièvement, en moins d’une minute, avant d’être
On a toujours été des fans de thé, et boire le thé que l’on a préparé soi-même est une satisfaction que je n’avais jamais osé imaginer.
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Première poêlée; les feuilles ont encore toute leur fraicheur.
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Progressivement les feuilles de thé sèchent.
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Un petit tour

Nous sommes allés faire un petit tour, une trentaine de kilomètres à l’est. Dans la région de Nakaharima. Kanzakigun, Kamikawa, Asagoshi. Toujours la campagne; des paysages qui se ressemblent. Beaucoup de verdure partout, les montagnes et les petites routes.

Et des découvertes.
Une boulangerie artisanale installée dans une ancienne maison. On peut s’y arrêter et prendre un café ou un thé. En discutant, on apprend que l’artisan boulanger a retapé lui même la maison centenaire. Il a construit un four à pain dans l’ancienne cuisine. Cuisson au bois. Caractéristique; le nom de la boulangerie écrit en caractères géants sur le toit de la maison.
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Dans un village environnant, de vieilles roues à aube qui permettent d’alimenter en eau les rizières.
La roue entrainée par le cours d’eau remonte l’eau chargée dans des petits godets sur un mètre  puis la verse dans la rizière. Système ingénieux et économique.
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Un peu plus loin vers le nord nous visitons une ville qui valut sa prosperité à l’exploitation d’une mine d’argent. Au 19e siècle des ingénieurs français y ont officié et introduit les dernières techniques de l’époque. La mine a fermé il y a 30 40 ans. Les mineurs dit-on étaient très bien payés. On nous dit aussi … que les mineurs ne faisaient pas de vieux os, beaucoup s’éteignaient, malades, dès la trentaine, dit-on.
Des prisonniers de guerre anglais y ont été employés. Des soldats de la Royal Air Force dont le navire a été coulé par un sous marin de la marine impériale au large de Singapour en 1942. Travaux forcés. On imagine les conditions très difficiles. (article)
Tout celà est à peine murmuré par un guide que nous rencontrons. La compagnie minière, Mitsubishi, est depuis partie creuser ailleurs.
Les anciens logements des employés de la mine ont été restaurés et on peut les visiter. Beau travail. La baignoire de l’époque. Jolie collection d’objets quotidiens de la période showa. Très bien fait.
On apprend que le grand acteur Shimura Takashi, qui a joué dans de nombreux films de Kurosawa,Vivre et Les Sept Samourais pour ne citer qu’eux est né là, dans ce logement de la mine. http://fr.wikipedia.org/wiki/Takashi_Shimura
On continue et prenons une petite route qui serpente dans la montagnes et nous rapproche de la maison.
Nous découvrons une autre mine; désaffectée. Au pied de la mine l’ancien gymnase de l’école, fermée, tient encore debout.
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L’endroit est désert. On se demande ce qu’en disent la montagne et les animaux qui l’habitent. Justement, la montagne dit-on, est tombée malade suite aux rejets de l’exploitation minière souterraine, et à un moment tous les arbres qui la recouvraient sont morts.
Un peu plus bas après le gymnase désaffecté il y a un joli pont; un superbe arbre ginkgo au pied duquel somnolent des jizos.
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Et partout les beaux paysages. Les paysans ont déjà planté les plants de riz dans les rizières. La nature n’est pas rancunière.
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Minou chasse

Voyage

Nous partons à 30 kilomètres du village; vers l’ouest. La région est un peu plus sauvage et préservée. Les autoroutes et les grandes surfaces sont loins.

Ca n’est pas l’Amérique avec les paysages gigantesques qui emplissent l’horizon. Au Japon, tout reste compact, les petits villages avec les maisons recroquevillées les unes les autres et les montagnes qui cachent le ciel.
Le Japon a horreur du vide, et lorsqu’il n’y a rien, la végétation prend le relais et déploie ses verts..
 Partout plein de choses à regarder jusque dans les moindre détails.
Les villages que nous traversons vivent essentiellement de l’agriculture. Beaucoup de personnes âgées. Je ne vois qu’un enfant. Le vieillissement de la population est palpable; et beaucoup plus accentué ici. Dans vingt ans les centenaires auront cent vingt ans et les villages seront vides.
Ces paysages simples et riches, je ne sais pas si le touriste, occupe a decouvrir les merveilles de Kyoto et la vie sans fin de Tokyo, a l’occasion de les visiter.
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Immobilier et achat de maison au Japon

Nous avons reçu l’avis des taxes foncières avec la liste des bâtiments qui occupent notre terrain et leur valeur.

La maison principale fait 84 mètres carrés. Elle aurait été construite en Meiji 7 soit 1874. Sa valeur actuelle est estimée à 140,181 Yens soit 999 Euros.
Notre maison vaut donc autant que quatre ipads. Question taxe foncière; nous devrons dépenser 1971 Yens soit 14 Euros cette année.
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notre maison, une ferme japonaise traditionnelle

notre maison, une ferme japonaise traditionnelle. photo prise il y a un an, avant la construction du nouvel hanaré

Au Japon, la valeur des maisons en bois s’amortit sur 22 ans.
Donc; au bout de 22 ans une maison en bois ne vaut théoriquement plus rien.
Au Japon, acheter une maison neuve, d’un point de vue purement économique n’a donc aucun sens. Si on fait construire une nouvelle maison et débourse par exemple 22 millions de Yens pour la construction, les 22 millions seront dépréciés sur 22 ans et c’est équivalent à payer 1 million de Yens chaque année soit 7400 Euros en amortissement. On pourrait dire … autant louer, n’est-ce-pas.
Il est plus avantageux d’acheter une maison ancienne qui ne vaut plus rien dès le départ.
Nous avons acheté notre maison et le jardin pour la valeur du terrain. La maison était gratuite. Comme le gadget dans Pif gadget.
Comme on considère que les maisons ne durent pas, les gens doivent travailler et économiser plus; car il faut faire construire à nouveau, à intervalles réguliers.
Comme on ne pense pas que les maisons durent dans le temps, souvent on n’en prend pas soin et les maisons sont mal entretenues. Ce qui fait que .. oui, les maisons ne durent pas.
Les secteurs du bâtiment et de l’immobilier sont les grands bénéficiaires de cette logique.
Ca donne du travail à tout le monde.
Qui en paie le prix ? les acheteurs de maisons nouvelles et les forêts.

 

Sous le soleil