Les plantes de la rivière

L’histoire de Hiroshi et de Minou



Il y a 3 mois, Hiroshi, l’ami d’un ami, trouve un chaton de deux mois abandonné sur un chantier. Hiroshi est paysagiste. Il a 29 ans.
Le chaton est très affaibli. Hiroshi lui apporte à manger sur le chantier, où le chaton le retrouve regulièrement. Il songe un moment à amener le chaton chez lui, mais Hiroshi a déjà un hamster chez lui et quelque chose lui dit que le hamster et le chat ne feront pas bon ménage.
 
H. cherche alors dans son carnet d’adresse quelqu’un qui pourrait prendre minou chez lui. Hiroshi. appelle S. 
 
H. « Dis, j’ai un problème …. est-ce-que tu pourrais m’aider ? »
S. « Quoi? Tu as besoin d’argent ?? »
H. « Non,  …  c’est un petit chaton abandonné, je cherche quelqu’un qui puisse le prendre chez lui et s’en occuper, car je ne peux pas le prendre chez moi … »
S. « Ah … Je vois ! Laisse-moi réfléchir »
 
S. ensuite nous contacte et nous demande si on voudrait pas prendre le chat. Ben ouais … pourquoi pas !
 
Puis le week end suivant nous buvons quelques bières chez S. au fond la montagne. Le feu crépite. Il fait nuit et frais. Hiroshi que nous ne connaissons pas encore arrive dans un camion magnifique ; bardé de haut parleurs !
Hiroshi est imposant. Très grand, et un ventre de buveur de bière. Des cheveux hirsutes, une coiffure rebelle. Et un grand sourire plein de gentillesse.
Salutations. Il apporte une petite caisse en carton d’où il sort une petite boule de poils, apeurée et tellement misérable que nous sommes tout attristés pour elle. La petite boule de poils lui saute des mains et part se cacher sous l’évier de la cuisine. 
 
Nous prenons le chat chez nou.. L’appelerons Minou. Déjà, nous sommes très touchés par l’attention et la gentillesse de Hiroshi. qui s’est occupé du chaton, lui a trouvé une maison, et en plus a fait 20 kilomètres pour nous l’apporter. Rien ne l’obligeait à tout celà. Dans ma famille en France, un oncle se débarrassait des chatons en les jetant dans les toilettes…
 
Un mois plus tard, nous retrouvons Hiroshi et sa famille lors d’une petite fête. 
 
Hiroshi nous offre une bouteille de vin pour nous remercier d’avoir adopté le chat: nous recevons là une grande leçon de gentillesse.
DSC_0670
Minou à son arrivée chez nous.
DSC_0717
Hiroshi, un homme au grand coeur.

Les Apiculteurs

Le promeneur remarquera sur les ruches disposées ça et là au bord de la route du village, des signes rouges.

On y a dessiné un coeur, une abeille, des marguerites.
Les voisins apiculteurs expliquent que les signes sont pour inviter les essaims à venir d’installer dans les ruches.
Je leur demande si c’est vraiment efficace, si les signes rouges à l’entrée des ruches augmentent les chances d’y acceuillir les essaims, et là ils répondent … qu’ils n’en sont pas certains. En tout cas, ça fait joli ….
DSC_1122 DSC_1127 DSC_1128 (1)

 

En revenant du jardin

Minou et Calcifer

Petit tour en forêt

Je suis parti encore en forêt aujourd’hui pour ramener un peu plus de bois mort, pour mon essai de culture sur butte.

Voici quelques photos.

 

Un chevreuil à la sortie du village.

DSC_0943

 

Les forêts ne sont plus entretenues. L’économie du bois s’étant effrontée avec la hausse du coût de la main d’oeuvre et les importations massives.

 

DSC_0949 DSC_0954

 

Superbes mousses. On se croirait au pays de Totoro.

DSC_0958

 

 

La culture sur butte

 

Sepp Holzer présente dans son book comment il a développé et utilisé la culture sur butte. La culture sur butte est régulièrement citée lorsque l’on parle de permaculture.
Il s’agit de regrouper du bois mort, humide, spongieux, d’ajouter des feuilles et autres matières végétales etc et de recouvrir le tout de terre. Cela forme un butte d’où le nom de la technique.
Sur youtube j’ai découvert cette excellente présentation par Philip Ferrer qui explique la mise en pratique de la culture sur butte.
On voit ce monsieur à l’accent étonnant chercher du bois mort en forêt et monter une butte dans son jardin. Son jardin d’ailleurs est magnifique.

Je décide d’essayer aussi à mon tour. La journée a été bien chargée et je pars dans mon petit camion peu avant la tombée de la nuit, destination le fond de la vallée, où la route se dilue dans la montagne. J’emporte une hache et une fourche. Et le petit tour dans la nature qui s’ensuit, à peine une heure devient une petite aventure en soi. Quel plaisir que de passer ces quelques instants volés au quotidien dans la pleine nature. En forêt.

400 mètres après la dernière maison du village un jeune chevreuil croise le petit chemin de pierres, à quelques enjambées du camion.

Un peu plus loin sur le bord du chemin; peu après les ruines d’un temple qui a disparu dans un incendie il y a quelques années, des tâches brunes s’étalent dans une flaque d’eau. Je m’arrête et descends du camion pour voir de quoi il s’agit. Oups, des dizaines de crapauds partouzent tranquillement comme si de rien n’était. La puissance de la nature. Il doit déjà y avoir des dizaines de milliers d’oeufs dans cette flaque d’eau. Qui sait combien de ces oeufs formeront des têtards, et combien feront le régal des tritons et des salamandres, et combien deviendront de beaux crapauds bien gluants en mesure de perpétuer l’espèce.

DSC_0757
Je repars dans le camion après cette découverte. Continue jusque plus profond dans la montagne et la forêt. Il y reigne un silence profond, seul le courant d’une rivière est audible.

La, je pars à la recherche de vielles souches et de bois mort. A la hache je coupe les vieux troncs tombés sur le sol que la mousse recouvre. Quel plaisir que de tapper, frapper le bois et regarder la lame de la hache déchiqueter le bois. Je sens mon corps s’éveiller, le sang irriguer mes muscles à mesure que j abats la hache sur les troncs d’arbre. Ouah ce doit etre bien beau que d’abattre un arbre à la hache me dis-je. La tronçonneuse, c’est bien laid. C’est encore la belle saison, il n’y a pas d’insectes ni serpents.
Les chocs de la hache résonnent dans toute la forêt. Je ne me sens pourtant pas seul.

Je rammasse aussi des feuilles mortes, des branches tombées ça et là sur le sol humide et noir.
Tout celà formera une superbe butte dans le jardin.

La nuit va bientôt tomber. C’est le moment de rentrer.
Je charge tout dans le petit camion, le keitora. Avant de monter et de démarrer, je lance « Merci Forêt » … je reviendrai sous peu.

 

DSC_0781

 

 

 

DSC_0780

 

 

 

DSC_0779

Les oiseaux ont beaucoup de choses à dire ce matin

Nanohana

 

Dans le jardin nous récoltons les nanohana. 菜の花。Ma femme m’apprend que nanohana en français, c’est le colza. Ca a plutôt bien poussé. Ca a poussé tout seul; en fait. Je n’ai fait que préparer la terre, j’ai labouré une fois, et ai ajouté du crottin de cheval.

Puis ça ça poussé sans la moindre intervention de notre part.

Le nanohana agrémentera la soupe de miso du soir.

DSC_0696
Pendant ce temps là minou le chat regarde par la fenêtre.
DSC_0693

Le jardin, samedi matin

Ce samedi matin je me lève de bonne heure; 6 heures. Je commence la journée en offrant deux petits poissons à Minou le chat; et en faisant le feu dans le ventre de Calcifer. Toute la famille dort encore dans les futons bien chauds; mais lorsque tout le monde sera réveillé il fera moins froid dans la cuisine. Faut dire, nous n’avons d’autre moyen de chauffage que Calcifer notre poêle à bois.

Puis je vais derrière la maison dans le jardin, où je m’affaire avec grand plaisir. Cette année je veux apprendre le plus possible en terme de jardinage. L’année dernière c’était le chaos total dans le jardin; si bien que je ne me souvenais plus de ce que j’avais planté, ni quand ni où.

Cette année je m’organise, je prends des notes et je veux une démarche plus structurée, car sinon je n’apprendrai jamais. J’ai redéployé le jardin en petites sections distinctes; et mieux délimitées. J’ai même acheté deux bouquins français et le soir après le travail je révise mes légumes .

Ce matin donc je plante des pois et de la roquette. Des gestes simples et très agréables. Quel plaisir que de travailler la terre. C’est une très belle journée qui commence. Le soleil se lève. On sent que le printemps arrive. Il y a déjà quelques jours, j’avais remarqué le chant plus riche des oiseaux. Ecoutez.