Catégorie: japon

Ceci est un clou

Ceci est un clou, en bois.

Pour la petite maison que nous construisons en remplacement du hanaré.

Le clou est en kashi. カシ樫)

Attention, en français c’est le Cyclobalanopsis. Ou chène bleu du Japon. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyclobalanopsis

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PS (une semaine plus tard).

Bon. Vous le constatez, je perds mon francais. Il ne s’agit pas d’un clou, mais d’une cheville….. !

 

Les fondations

La nouvelle construction, à la place du hanaré, sera une piéce de 20 mètres carrés. 4×5. Construction traditionelle. Murs en terre. Et tout le reste en bois.
Pour ce qui est des fondations de la maison, ce sera comme le hanaré, soit les piliers de bois reposant sur de grosses pierres. Rien de plus. Le batiment est surrélevé par rapport au sol. Ceci permet de résister à l’humidité.
Cette semaine nous avons posé les pierres. A l’emplacement des futur piliers… on se croirait sur un site archéo.
L’énorme pierre carrée, ce sera pour monter dans la pièce. Déjà on s’assied dessus, pour regarder tranquilement ce qui se passe dans les montagnes.
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on creuse la terre avec la pelleteuse vert grenouille pour mettre les grosses pierres à niveau.

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Sur les pierres viendront s’appuyer les piliers en bois. On fait comme autrefois ! Ce procédé est économique … pas besoin de camions toupie.

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Les pierres posées, on a mis une couche de terre ‘masatsuchi’

Le soba de monsieur H

De bonne heure le matin je passe devant chez monsieur H. Il est sept heures. C’est samedi et il prépare les nouilles de sarrasin, le soba, pour son restaurant. Je m’incruste un peu et lui demande de me montrer comment il s’y prend.

Beaucoup de restaurants de nouilles ici ajoutent de la farine de blé à celle de sarrasin. Cela permet de réduire les coûts de revient et facilite aussi le process, car les nouilles sont moins cassantes. Par contre le goût et la texture sont très différents. On appelle les nouilles soba faites uniquement avec du sarrasin juuwari, ce qui signifie dix dixièmes. En général c’est signe de qualité, et de dextérité de la part du préparateur.
Si vous allez manger du soba dans un tachigui, ces restaurants fast food pas chers que l’on trouve dans les gares et où l’on mange debout, vous pouvez être sûrs que beaucoup de farine de blé a été ajoutée et que la portion de sarrasin correspond au minimum syndical…
H. après avoir pris sa retraite, s’est installé dans le village et a construit un chalet. Il est ensuite parti apprendre l’art des nouilles de sarrasin soba auprès d’un grand maître. Un peu comme dans la série Kung-Fu avec David Carradine donc.
Quand je suis arrivé chez K, il avait déjà fini le pétrissage. J’ai donc assisté, en compagnie de son chien si drôle, aux étapes qui suivent.
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Voilà !
Vocabulaire
Soba (Sarasin) そば 蕎麦
100% sarasin じゅうわり 十割

Demolition Man

On a fait place nette. On a démoli le hanaré (article un, article deux). Notre ami Sakichan, sa femme et leur assistant monsieur K. Ils ont tout fait à eux 3.
Travail délicat qui demande une bonne organisation et de la technique. En effet faut pas se tromper, avec le hanaré qui est à quelques centimètres à peine de la maison principale, on veut pas qu’ il s’écroule sur la maison au mileu de l’opération ….

Quand plein d’émerveillement je dis à Saki chan qu’il fait un beau boulot, il me dit … tu sais, que fais ça depuis quarante ans …

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On récupère les meilleures tuiles, le bois pour se chauffer l’hiver, et les tatamis pour booster la terre du jardin.

 

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Sakichan a tous les équipements et les manie avec dextérité. Les voilà sur le toit en train de retirer les tuiles. Il travaille avec K. A tous les deux ils on 132 ans tout de même. La pêche !

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Là, la moitié gauche du hanaré a déjà été retirée. On remarque la belle poutre courbe qui soutient la toiture. C’est du beau travail. De même, la double poutre en pin rouge.

Remarquez les gros cordages tendus en diagonale, c’est pour éviter que tout s’écroule sur notre belle maison …

Et dessous, les derniers moments. J’ai retenu ma respiration … Le mur nord du hanaré affleurait vraiment le toit de la maison principale.

 

 

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Et pour finir ce post en musique, Demolition Man par The Police.

 

 

Dissection des tatamis

Comme expliqué plus tôt nous avons décidé de raser le hanaré qui penchait et était trop proche de la maison principale.

Mais rien, à part les souvenirs, n’est perdu. Nous récupérons les tuiles. Elles couvriront une nouvelle construction à la place. Le bois nous chauffera l’hiver prochain. Et les tatamis vont retourner à la terre, dans le jardin.
Ce sont de vieux tatamis. Une étiquette indique un num de tél à trois chiffres. 50 ans ? Ce qui nous arrange car ils sont faits entièrement de paille et de ficelles naturelles. Pas de plastique ou de nylon. Je les découpe avec un gros couteau mais j’utilise la tronçonneuse ensuite, car, à la main; le labeur est trop prenant.
C’est l’occasion de voir comment c’est fait un tatami. On découpe la natte de paille qui cache la face, et l’on voit la paille de riz nouée en faisceaux. C’est beau. Bien aligné. Géométrique. Un travail d’artisan. Et tout est naturel et entièrement recyclable.
Une fois le travail fini je prends la paille et la place dans le jardin, sous les pastèques et les citrouilles, au pied des tomates et un peu partout ailleurs où l’on veut freiner les ardeurs des herbes folles.

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Les vieux tatamis récupérés du hanaré.

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On obtient de jolis tas de paille.

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Sous le tatami, une poignée en corde pour le transporter aisément. On voit le beau travail, avec la paille liée en faisceaux réguliers. L’art de vivre d’autrefois. Je me répète mais …  pas de plastique. Le plastique nous tue.

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La pluie aidant, la vie reprend contrôle. On la voit, avec ces traces blanches. Tout retournera dans le jardin. Pas de perte. Tout se transforme…

Sangsue

Il y a quelque temps nous évoquions le retour des monstres.

Nous en découvrons un nouveau, sur la route .. une sangsue. Avant ‘d’entrer ‘dans la forêt-montagne, les gens du village appliquent du sel autour de leurs bottes. Afin d’éviter l’intrusion désagréable de ces monstrosaures.

La chose se dépace de façcon presque comique. Il faut la regarder avancer comme une chenille. On est bien sûr frappé par la créativité de la nature. Rien ne se perd … tout se transforme !

Vocabulaire:

Sangsue ヒル 蛭

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Activité scolaire

La maison de 1000 ans

[Note de septembre 2014: j’ai plus depuis rencontre l’ancien proprietaire de la maison de 1000 ans]

La maison de 1000 ans. 1000, vraiment ?  千年の家

Multi centenaire c’est certain. Elle était habitée jusqu’il y a quelques années, puis elle a été restaurée et est devenue un musée. A 30 minutes à pied de chez nous. Dans un hameau du même village.

On peut la visiter les week ends. C’est ce que nous avons fait.
L’entrée donne sur l’écurie et la cuisine. La cuisine consiste en un évier et un kamado à trois foyers.
Intéressant, le kamado est construit dans un creux dans le sol. pour mieux amasser les cendres ? Il n’y a pas de cheminée, ce qui fait que toutes les poutres sont noircies par les fumées. L’arrète du toit a deux ouvertures, qui permettent à la fumée de s’échapper, par le haut. La fumée qui s’échappe et se disperse librement dans la maison a le mérite de faire fuir les insectes.
La cuisine et l’écurie ont un sol en terre battue. C’est comme chez nous autrefois.
La deuxième moitié de la maison a un plancher surélevé. Il est constitué de bambous et de nattes de pailles. Ancètres simplissimes des tatamis ?, sur une partie, et sur une autre, d’un plancher superbe, on voit les marques de découpes du bois à l’herminette.
 On a dressé un petit autel shintô dans cette pièce.
La toiture est constituée de paille, comme dans les maisons ultra célèbres et inscrites au patrimoine de l’UNESCO de Hida Takayama.
On voit, l’intérieur est sombre. Et cela rappelle l’essai esthétique de Tanizaki, l’éloge de l’ombre.
Dans la pièce attenante à la cuisine, il y a un irori, un petit foyer, carré; inscruté dans le sol. Normalement il y a toujours des braises et le foyer ne s’éteint jamais, pendant des générations et des générations. Avec le kamado c’est le coeur de la maison.
Sur l’irori, la tradition est d’accrocher une théière ou une soupière crochetée au jizaikagi (自在鉤). Le jizaikagi est un est tube en bambou ou une chaine; pendante du plafond, relié à un levier, souvent en forme de poisson et qui permet de régler la distance entre la théière et le foyer. Pourquoi cette présence incongrue de poisson ? Le poisson évoque l’eau et donc la sécurité par rapport au risque d’incendie, m’a-t-on expliqué un jour.
Dans cette petite maison dite de 1000 ans, tout est simple est réduit au minimum. Il y a aussi des toilettes et un endroit pour se laver, cependant inaccessibles au visiteur.
Donc le minimum, est là. Dans un sens on ne devrait pas avoir besoin de plus… on se verrait assez bien vivre dans cette maison … avec un cheval comme ami et une connexion internet.
la maison de 1000 ans
la maison de 1000 ans
La maison de 1000 ans a-t-elle vraiment 1000 ans ?
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L’écurie occupe la moitié de la cuisine-entrée.
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Le kamado à trois foyers. Le foyer à droite, pour faire cuire le riz. Au centre, bouillir de l’eau. A gauche pour la soupe !
Plus loin à côté de la fenêtre, un évier rudimentaire.
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L’irori à côté de la cuisine. On distingue le morceau de bois qui évoque la forme d’un poisson.
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De jolis objets d’autrefois. Pas de plastique.
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Très beau parquet. Au fond de la pièce, un autel shintô.
Pour les curieux qui souhaitent visiter cette maison, voici l’adresse et les instructions (en JP).
住所 〒671-2415
姫路市安富町皆河(問い合わせは姫路市教育委員会文化課)
TEL 079-221-2786
定休日 千年家の公開は、土曜、日曜、祭日(年末年始は除く)のみ ※平日は団体のみ、要事前予約
アクセス 中国自動車道「山崎IC」から車で約10分

Travaux et fin du hanaré

Finalement nous décidons de ne pas retapper le hanaré, mais de le détruire et de faire construire à la place. Le hanaré, construit après guerre avait beaucoup de charme, avec ses deux engawas, mais, construit avec du bois de qualité médiocre, il penchait un peu. De plus; il a été construit trop près de la maison principale, si bien que son mur côté nord était à à peine deux centimètres du toit de la maison principale… Imaginez le hanaré s’écrouler sur la maison pendant un typhon …

C’est donc un sentiment mélé de soulagement et de regrets qui accompagne la destruction du fragile édifice.

Nous faisons appel aux services de Sakichan, charpentier qui vit dans le village. Quel poete et quel personnage. La soixantaine, il est de petite taille, ses mains on dirait les mains d’un animal; tellement elles sont noires et puissantes. Il a toujours le sourire, on dirait un enfant. Clope au bec il court dans tous les sens et est increvable. Il sait tout faire. Il coupe les arbres dans les montagnes, les prépare, et construit d’énormes chalets un peu partout dans la vallée.

Le premier jour des travaux il nous dit de le suivre chez lui, pour aller prendre des cerises et voir ses chèvres. Il coupe des branches de ses cerisiers pour nous en offrir les fruits.

Il est secondé de sa femme et de K., 73 ans. A trois ils vont démonter le hanaré poutre par poutre. Au préalable ils seront montés sur le toit et auront récupéré toutes les tuiles; nous les réutiliserons pour la nouvelle construction.

On voit que le hanaré détruit, il ne reste aucun déchet.
A peine des clous rouillés.
Tout le bois, nous allons le donner à calcifer notre poêle à bois l’hiver prochain. Donc rien ne sera perdu de ce côté.
Pour les murs; ils sont faits de terre et de bambous. Nous pourrions donc les laisser tels quels dans le jardin.
Et les fondations, rien que des grosses pierres.
Les anciens tatamis, ils sont faits de paille. Idem, nous pourrions les laisser dehors et les observer retourner à la nature.

Voilà l’exemple parfait d’une construction écologique. Il n’y a aucune perte, puisque nous allons réutiliser jusque les tuiles du toit.

Lorsque nous avons discuté de la nouvelle petite maison à construire avec Sakichan, Sakichan nous a bien expliqué les avantages des constructions traditionnelles. A savoir les cloisons en tsuchikabe. Le tsuchikabe; fait de terre et d’un treillis de bambous est très solide et résiste au temps. Ne nécessite aucune maintenance. Et permet une meilleure isolation que les laines de verre etc qui de toute façon se comportent mal avec l’humidité de la région.

Nous allons donc faire construire selon les méthodes traditionnelles ….
Nous prenons quelques photos avant de tout raser ….

le engawa du hanaré

Le engawa du hanaré

 

les deux pièces du hanaré les deux pièces du hanaré

vue de l’intérieur, avec les belles poutres en pin, les tategus. Deux belles pièces de 8 tatamis.

 

un vieux tatami

Voilà de vieux tatamis. Tout est fait avec de la paille, au contraire des tatamis modernes qui intègrent du plastique.

 

foyer sous les tatamis

Sous les tatamis on découvre un ancien foyer. Le hanaré a été construit pour l’élevage des vers à soie.

Promenade

 

Franchement, tout est beau. La nature resplendit avec ses palettes de verts. Le mois de mai est décidement un bon moment dans l’année; juste avant la saison des pluies et les grosses chaleurs bien humides de juillet et aout qui suivront.

 

Cette maison me fait penser à la maison dans Totoro. Pas le même style mais peut être la couronne de verdure qui la protège.

 

maison de totoro

 

 

A même hauteur mais de l’autre côté de la rivière, ce morceau de village incrusté dans ses potagers.

On aperçoit la face d’une montagne écorchée, c’est qu’un habitant du village coupe les cryptomères (sugi) pour se construire une maison.

 

maison et jardin

 

Si à partir du pont on va dans la direction opposée, vers le nord, on peut apercevoir ce joli groupe de maisons; entre montagne et rizières.

 

paysage

 

De retour à la maison nous faisons un crochet par le jardin où nous récoltons des radis et une fraise.

radis et fraise