Catégorie: japon

Les Ours

Dans le kairan, les messages que l’ont se passe de maison en maison dans le village, un pamphlet nous avertit du danger des ours, qui s’éveillent de leur période d’hibernation et risquent de s’haventurer sur les chemins de montagne à proximité du village, voire dans le village même.

Le pamphlet prodigue quelques conseils en cas de rencontre impromptue avec l’animal, ainsi que des précautions à prendre, comme éviter de laisser des restes de pique nique en montagne etc..

Il décrit aussi l’animal et explique lesquels de ses sens sont les plus développés etc … c’est vraiment bien fait.

A propos, le sac à dos de notre fils est équipé d’une grosse clochette, histoire d’avertir les ours de sa présence sur les chemins de l’école.

Pour ce qui concerne l’espèce d’ours en question, il s’agit du Tsukinowaguma, soit Ursus thibetanus, ou Ours Noir d’Asie, l’une des deux espèces d’ours qui vivent au Japon.

DSC_0306

Les rizières

Promenade en vélo jusqu’au bout de la vallée. Il fait beau. Fin de journée. Les rizières sont déjà inondées, et des agriculteurs sont occupés à planter le riz.

Bonne occasion pour faire connaissance et bavarder un peu.

En dépit de taxes à hauteur de 700 pour cents sur le riz importé, donc d’un marché hyper protégé il est difficile de gagner sa vie avec la production de riz.

Les agriculteurs rencontrés partagent leurs productions avec les voisins et les membres de leur famille.  Ca n’est pas vraiment pour le business.

DSC_0168

 

DSC_0178

 

 

 

 

La couleuvre

Je travaille dans le champ à côté quand j’aperçois une silhouette serpentine se faufiler sous la porte grand ouverte du garage. panique ! j’appelle ma femme et alerte tous les voisins du hameau c’est sûr.

L’ombre du serpent est longue et fine, ce qui laisse à penser qu’il ne s’agit pas d’une vipère mais d’une espèce plus sympathique, une couleuvre.
Ma femme arrivée en renfort, nous nous aventurons dans le garage pour trouver là où se cache l’intrus, ça n’est pas facile dans un tel capharnaum. On la trouve qui progresse sous l’etabli, vers le fond de la pièce. J’ai pris un baton assez long et je propose à ma femme de l’écraser sur l’animal, mais elle explique que les couleuvres sont des mamorigami, soit un dieu protecteur qui protège les maisons. ah dans ce cas … touche pas à mon dieu … en tout cas un examen plus précis de la bête nous confirme qu’il s’agit bien d’une couleuvre.
Elle se cache derriere des étagères. nous nous armons de filets à papillons dans l’espoir de l’attraper et de la sortir dehors.
Dissimulée, elle sort à peine sa tete de derriere un meuble. Silences.
On vide et déplace le meuble en vitesse et hourrah ! la couleuvre reprend le chemin de dehors. Pour la convaincre de fuir je tappe avec le baton derrière elle; elle finit par sortir du garage.
Elle n’est pas aggressive. Elle ne nous « cherche » pas. Elle cherche plutot des grenouilles ….
Elle continue son chemin jusque sous le engawa du hanare, j’essaie de l’en dissuader avec mon baton, mais elle n’écoute pas mon baton; elle finit par s’infiltrer dans les fondations en terre battue et disparait donc sous le hanare …. eh bien nous lui souhaitons bon appétit !
Quelques jours plus tard nous racontons l’événement à une voisine qui nous explique que lorsqu’elle avait fait démolir un ancien grenier à riz il y a une vingtaine d’années pour y construire sa maison, on y avait découvert une couleuvre qui s’y était établie. La couleuvre était le dieu protecteur du grenier à riz, le mamorigami. Et la voisine va au fond de la logique en continuant que celle qui a visité notre garage est sans doute sa descendence.
couleuvre

la couleuvre dans le garage

 

 

la couleuvre se faufile sous le hanare

 

 

 

Les premières grenouilles

Nous allons visiter un grand sanctuaire shintô, Iwajinja, à une quinzaine de kilomètres.
Le sanctuaire est situé au bord de la route 29 qui relie Himeji à Tottori. Il est entouré d’une belle forêt de cryptomères géants multicentenaires.
Pour accéder au sanctuaire, sur quelques centaines de mètres, on admire d’abord les arbres et c’est comme une première purification.
Les bâtiments du sanctuaires sont pas mal. Sous un préhaut de belles peintures gravées sur bois relatent des faits de guerre de jadis. Ca jette.
 DSC_0059
Ceci dit, ce qui finit par nous intéresser le plus, c’est les premières grenouilles de l’année, que nous découvrons dans les sous bois du sanctuaire:

DSC_0078

Nihon Amagaeru

DSC_0103 (1)

Nihon Amagaeru

DSC_0085

Tonosamagaeru

Salamandre

Tara no me

Wikipédia nous renseigne un peu sur l’angélique du Japon. Ou taranoki en Japonais.

Aralia elata; Angélique du Japon, aralie japonaise

C’est un arbuste pouvant atteindre 4-5m de haut, voire 10m dans certaines régions, au feuillage caduc, aux feuilles composées (1m de long), aux petites fleurs blanches en longs panicules, aux grosses épines sur les tiges. Il a tendance à se multiplier en drageonnant et forme des touffes, ce qui lui vaut le surnom de l’arbre qui marche.

La floraison se produit en fin d’été et les feuilles se colorent en jaune-orangé et rouge en automne. Il fait des petites drupes noires en grappes qui sont excellentes pour les oiseaux.
Wiki ne nous dit pas c’est que les pousses de cet arbuste, que l’on nomme  taranome タラの芽, sont un mets recherché ici au Japon.

On les sert surtout en tempura.
Notre voisin d’en face est un fin gourmet et il cultive une centaine de taranoki dans son jardin. Il nous a offerts quelques pousses.
On note que l’écorce des taranoki est utilsée dans la pharmacopée traditionnelle, pour fortifier l’estomac et soigne le diabète.
DSCN1356 DSCN1360

Les pousses de bambou

C’est la saison. Des pousses de bambou. Jusqu’à mai. C’est beau, il suffit de demander la permission aux voisins et d’aller se servir. Les chevreuils ne demandent la permission de personne, eux, et mordent les parties affleurantes.

On dégage la terre autour de la pousse de bambou et ensuite un coup de pioche bien placé.
Les pousses de bambou ont un aspect assez intriguant. Elles sont lourdes. Et couvertes d’un duvet noir qui leur donne un aspect animal. Quand j’en tiens dans mes mains j’ai l’impression de tenir une patte d’ours. Impression renforcée par les feuilles vertes qui émergent du bout de la pousse et qui évoquent des griffes.
De toute façon il y a quelque chose de magique. Car ce que l’on va faire bouillir, avec du son de riz (こめぬか) et un (鷹の爪 -griffe d’aigle ou piment rouge) et va devenir un délicieux ingrédient à la texture unique aurait pû continuer à pousser et jusqu’à trois quatre mètres de haut.
Vocabulaire
たけ 竹 Bambou
タケノコ 筍 Pousse de bambou
たかのつめ 鷹の爪 litéralement la griffe d’aigle, désigne une espèce de petit piment rouge courant en Chine; Corée et Japon; Capsicum annuum
DSC_0305
Le coup de pioche bien placé
DSCN1421
Voilà …
DSCN1428
On les fait bouillir, mélangées à du komenuka (son de riz) et des piments. Etape nécessaire pour les rendre comestibles.

Sous le engawa

Un voisin très sympathique, une belle personnalité, revient dans le village. L’hiver il préfère rester en ville les week end. Le printemps revenu, il passe au village les dimanches.

On discute.
Il s’y connait très bien en architecture; et a une connaissance étendue de la nature, des plantes, et des maisons japonaises anciennes.
Je lui montre ce qui me perturbait un peu depuis quelque temps. Un trou béant dans la ‘fondation’ de la maison, sous le engawa. effectivement; la fondation; c’est de la terre mélangée à des pierres qui soutient un tronc d’arbre couché…
Mais il y a un trou énorme. Les serpents et autres bébêtes vont y faire leur nid c’est sûr, comme le renard qui jadis a vécu sous la chambre de notre fils.
Mais non j’ai tout faux. Le voisin m’explique que le trou est là exprès; pour assurer un courant d’air sous les fondations et empêcher l’humidité de s’accumuler sous les planchers, car ce serait là inviter les termites à venir s’installer et faire un carnage.
Pour preuve il me montre le même trou, l’autre côté de la maison, au méme emplacement, sous le engawa.
Le voisin explique aussi qu’autrefois, il y a 40 ans, les poules du fermier passaient la nuit sous les engawa. C’était autrefois une pratique courante.
sous le engawa

Notre maison

Je me rends compte que j’écris beaucoup sur la maison et certaines de ses caractéristiques, mais ne l’ai pas encore montrée dans son entier.

A gauche, le hanaré. C’est là que l’on s’occupait des vers à soie jadis. Et au centre, la maison où nous vivons. Dans le courrant de l’année nous allons faire des travaux et retapper le hanaré afin de pouvoir en profiter.

En ce moment nous travaillons dans le jardin. Nous allons faire un passage avec des traverses en bois qu’un voisin nous a données.

Et oui c’est le printemps et c’est très agréable de passer du temps dehors.

notre maison, une ferme japonaise traditionnelle

notre maison, une ferme japonaise traditionnelle

L’entrée des artistes

Le printemps, et les artistes entrent en scène.

Dans l’ordre d’apparition:
  • Les oiseaux. On voit aussi les aigles haut dans le ciel porter des branches.
  • Les insectes. Des multitudes, d’araignées dans le jardin et les champs. A marcher dehors on sent sa tête passer dans des fils d’araignées tendus la nuit passée.
  • Une tortue vue dans la rivière
  • La nuit à partir de onze heures; le chant d’amour d’une chouette
  • et pour finir la dernière à sortir de sa tanière, c’est la femme du bonze, aperçue hier dans le village et que l’on n’avait pas vue de tout l’hiver.