Catégorie: journal
Une caméra sur le camion (pas GoPro)
Une caméra embarquée sur le camion …. mais ça n’est pas une gopro. … La caméra est fixée à une coupe à fond magnétique (pour garder des vis et des choses comme ça), simplement posée sur le camion. Le câble blanc c’est pour éviter que le tout tombe sur la route.

Je m’amuse à filmer la vallée où nous habitons.
Sur le chemin forestier, au début, on voit combien on est secoué dans le petit camion keitora !
Ca peut vous donner une bonne idée de notre environnement et du village….
Les bonnes adresses à la campagne: Hacienda
Il y a 10 restaurants étoilés Michelin à Paris, et 12 à Tokyo. Il y a 27 restaurants étoilés en France et 31 au Japon.
https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Michelin_starred_restaurants
Même dans notre campagne il y a de bonnes adresses. Et ce, juste à quelques kilomètres du village.
Un des restaurants que nous fréquentons régulièrement, c’est Hacienda, dans la ville voisine de Yamasaki.
http://www.hacienda.name/hacienda
C’est un resto très particulier car Monsieur K, qui le tient, tout seul, produit lui-même les légumes. Hacienda d’ailleurs est construit comme l’extension d’une grange, adjacente au potager de Monsieur K. Je crois que les réglementations pour ouvrir un café ou un restau au Japon sont beaucoup moins contraignantes qu’en France.
Quand K. prépare les salades on le voit s’absenter et revenir du jardin avec des feuilles de laitue.
K. fait également des envois de légumes à des clients jusqu’à Tokyo (600 kilomètres) et vend des plants de légumes. Je me fournis la donc en pieds de tomates, et en conseils, pour le jardin.
Donc on voit le principe très intéressant du business; organisé de façon verticale: production + vente de légumes + vente de plants + resto.
Le chien Taku.
A gauche; l’entrée du resto. A droite; l’entrée de la ferme.
Toujours de la bonne musique à Hacienda, c’est la d’ailleurs que là qu’on a découvert Nightmares on Wax.
Le tout est très bien arrangé et confortable. Et un beau sens de simplicité.
Il y a une belle collection de manga aussi ainsi que quelques puzzles.
Dans les toilettes, un grand panneau noir où l’on peut faire des graffitis à la craie. Message ‘j’efface le tableau une fois par mois’.

La cuisine comme tout le reste est simple et délicate.
L’entrée du menu est un assortiment de petits amuse-gueule. (champignons, poulpe, tortilla, radis japonais séché etc)…. J’opte souvent pour le curry thai. Le gratin pommes de terre est le plat favori du fils.
Curry thai avec pousses de bambou.
On recommande également le gâteau au chocolat !
Coordonnés de Hacienda:
住所:兵庫県宍粟市山崎町岸田450
Voilà. Tout cela pour vous donner une idée, et vous montrer ce que le font les gens, à la campagne, au Japon ….
Devinette aux tritons – la solution
Voici la solution de la devinette aux tritons.
Bravo à Laurent, Françoise et Luinilbleue qui ont trouvé les sept tritons !
Bois et logistique
On ne se lasse pas du contact avec le bois et amasser du bois pour les hivers prochains est toujours une occupation physique et pleinement satisfaisante.
Cette fois-ci une connaissance doit raser une vieille maison à la demande d’un client. A une vingtaine de kilomètres. Et il doit aussi raser tous les arbres du jardin. Etrange histoire mais cela arrive plus souvent qu’on pourrait le penser. Le client n’habite plus dans cette maison familiale au pied de la montagne et même s’il y a des tombes de plusieurs générations de ses ancêtres il souhaite faire place nette.
Et mon ami me propose d’aller chercher tout le bois qui proviendra des arbres du jardin. Je ne me fais pas prier, l’occasion est trop rare.
Sous la chaleur le travail est très fatigant et j’observe les pros qui savent faire des pauses toujours aux bons moments. Ils savent s’économiser, voila la recette pour pouvoir durer. C’est pas un sprint …
Le travail est donc physique, faut couper les branches et tronçonner sur place pour pouvoir transporter dans le petit camion blanc. La quantité de bois est assez phénoménale et les essences variées me permettent de me familiariser avec la morphologie de différents arbres. Cerisier 桜 Marronnier 栗. Chêne 樫. Erable du Japon 椛. Cyprès. 檜 Cryptomère 杉. Et autres.
Je ne dois pas être allergique au laquier 漆 car j’en manipule sans me recouvrir de pustules.
Cependant; il ne faut pas brûler le laquier, car ses fumées pourraient incommoder sérieusement tout habitant du voisinage qui serait allergique à cet arbre redoutable et sensationnel.
Le travail se passe sérieusement et dans la bonne humeur. Je ramène plusieurs camionnées de bois jusqu’à la maison.
Se pose ensuite la question de la logistique, transporter dans la petite brouette bleue jusqu’au tas de bois s’annonce répétitif et ennuyeux!
Surtout pour les morceaux les plus longs. Coïncidence heureuse, Saxo Bénévole présente sur son blog un chariot vraiment chouette et très élégant. Après contact, Saxo Bénévole m’envoie des photos montrant comment il a réalisé son chariot.
Je me lance de mon côté. Il me faudrait trouver des roues plus grandes, mais le chariot même s’il n’est pas parfait et s’il n’arrive pas à la cheville de celui de Saxo Bénévole permet de transbahuter le bois en grande quantité et de façon ludique. Pour le plus grand étonnement des voisins du village. Voyez comme la technologie française s’exporte jusqu’en Extrème Orient ! !
Un truc chouette à l’école
A propos, un truc chouette que font les enfants à l’école ….
Chaque année les enfants des classes de 5e et 6e année de l’école primaire du village replantent du riz avec l’aide d’un agriculteur du coin.
Et plus tard en octobre les enfants participeront à la récolte.
Sur la photo, les 7 enfants de CM1. Et oui il n’y a que 46 enfants en tout dans l’ecole. Le batiment actuel de l’école date de 1970. L’école à l’époque comptait plus de 300 élèves. On voit donc, en 40 ans, la rapidité de la dépopulation (des campagnes japonaises). L’exode rural conjugué au faible taux de natalité …
Je trouve vraiment chouette que l’on montre aux enfants les gestes de toujours, et comment l’on replante le riz. Les fondamentaux de la civilisation. Dans un sens c’est beaucoup de responsabilité pour 7 enfants …
Le dialogue de vendredi
Côté travail, cette semaine a été un peu lourde avec pas mal de déconvenues et peu de sommeil. Pas vraiment productif. C’est vendredi en fin d’après midi et je vais voir S., de l’autre côté du hameau. (de l’autre côté de la montagne). S. est charpentier, a commencé à travailler à l’âge de 14 ans et a construit 100 maisons. Je dois lui payer une facture pour la fenêtre et le bois de la cabane dans l’atelier. J’ai avec moi aussi un maxi pack de 24 canettes de bière.
Je le trouve avec ses chats et ses chèvres devant la terrasse de sa si belle maison.
S’engage alors un beau dialogue qui me réjouit et pulvérise toute la fatigue de la semaine. Malheureusement ma traduction perd la truculence savoureuse du dialecte local. (le dialecte du banshu).
S -> notre ami
H -> épouse de S
WT -> Wakame Tamago
Ca commence bien:
S: Dis, tu tombes bien: on a besoin de ton aide; il y a O., qui habite au fond de la vallée, celui qui fait des épouvantails, hé bien il y a un Argentin qui va venir lui rendre visite et le prendre en photo ..; comme il n’a jamais vu d’étranger il voudrait te voir pour te poser des questions… C’est où ce l’Argentine d’ailleurs ?
La femme de S s’appelle H.
H: Buenos Aires !!!
WT: Euh, c’est en dessous du Brésil. Ah dis donc une grosse question c’est où l’Argentin va pouvoir dormir et si il y a quelqu’un du village qui pourrait le loger chez lui.
H amène des bières et des cacahouètes.
S: C’est très difficile ça. Tu vois, tu dois construire une tree house dans ta montagne !!! Je la construirai. Il faut le faire tant que j’ai la pèche.
WT: Ah dis donc ce serait fantastique ça. Mais n’y a t il pas trop de sangsues dans la montagne pendant l’été ? Les gens auraient peur. Moi aussi d’ailleurs.
S: Mais non, c’est rien ça. Tu vois des gens viendraient du monde entier visiter le village !
WT: C’est sûr que cela devrait intéresser un certain public, en plus, un tree house. Ca pourrait même devenir un business.
S: Ah non …. Un projet comme ça, ça doit pas être pour gagner des sous mais pour s’amuser… Tu te ferais plein d’amis.
WT: Good point.
S: Pour gagner de l’argent il faut compter sur son travail principal, rien d’autre. Entre nous ..; nous les hommes … on n’a pas besoin de beaucoup pour vivre. Il nous faut juste assez d’argent pour payer l’alcool et le tabac.
H amène un sashimi de tête de poulpe. C’est délicieux ! Et une deuxième bière. H voyant ma réluctance devant la deuxième canette de bière devient taquine.
H: Comme tu rentres à la maison en camion, tu veux que j’appelle le policier qui habite dans la vallée et que je lui demande de t’accompagner ?
WT: Question logement pour les voyageurs et visiteurs, le mieux quand même ce serait une maison japonaise, ancienne, dans le village … une maison authentique, comme la maison de 1000 ans … Je suis sûr qu’on y dormirait très bien !
S: Ah oui ça alors !! Nous les Japonais nous nous sommes trompés. Les maisons anciennes étaient fraiches l’été, chaudes l’hiver… Aujourd’hui dans les nouvelles maisons le gens sont obligés de mettre la clim’ ou le chauffage en permanence.
WT: Ah oui. Nous on n’a pas installé la clim’…
S: Exact ! Tu peux te le permettre dans une maison ancienne. Et puis les nouvelles maisons sont entièrement hermétiques. Si bien qu’on est obligé de mettre des ventilateurs partout pour aérer ! Ca n’a aucun sens !
Maintenant on parle un peu poulpe. Tête de poulpe.
WT: Dis, c’est délicieux la tête de poulpe ! J’avais envie de poulpe depuis pas mal de temps.
S: J’adore ! On les achète chez un poissonnier de la ville voisine.
WT: En général on n’y trouve que les tentacules dans les supérettes …
S: Peu de gens aiment la tête … Moi j’aime la tête de poulpe .. la chair est tendre … et ce poissonnier vend une tête 50 Yens. (40 centimes d’euro).
H: Tiens tu vas emporter une tête avec toi, pour le diner. Avec du gingembre et de la sauce de soja.
(….)
S travaille en ce moment à démolir une maison dans une ville voisine.
WT: Comment avance le chantier de démolition ?
S: Ca peut aller
H: Par contre j’ai failli marcher sur un clou l’autre jour sur le chantier
WT: C’est dangereux ça !
S: Ah oui ! Quand j’étais apprenti, je me suis frappé les plantes de pied avec un marteau, on y a ajouté de l’huile et mis le feu. Pour éviter les futures blessures.
Ces propos me surprennent tant que je décroche un peu je l’avoue.
Pause cigarette.
WT: A propos de voyageur. Un lecteur français de ce blog est en train de voyager au Japon. Il m’a contacté sur Facebook. Il apprécie les outils japonais et m’a demandé le nom en Japonais du cordeau à tracer. Tu te souviens, j’avais photographié le tien.
S: Ah oui. Celui qu’il a acheté, il y a une grue et une tortue dessus ?
WT: Non mais il est en forme de baleine.
S: Le mien est en plastique tu sais. C’est que je ne prends pas soin de mes outils.
(….)
WT: Les scolopendres sont tardifs cette année, je n’en ai pas encore vu
H: Il y en avait un ici hier soir je l’ai écrasé avec ma pantoufle.
WT: Leurs morsures sont très douloureuses. Il parait qu’il faut verser de l’eau chaude sur les morsures, cela arrête la douleur.
S: Le thé tue les scolopendres. Si tu en verses dessus il va crever. Les tanins dans le thé vert tuent les scolopendres.
WT: N’empêche que les scolopendres ne sont pas si méchants que ça.
S: C’est sûr. Celui qui vit ici on est obligé de devenir l’ami des insectes.
(pause cigarette)
S: D’ailleurs il n’y a aucun danger dans la nature ici. Personne dans le village n’est mort à cause d’une vipère. Le seul danger ce sont les frelons asiatiques mais c’est tout. Rien à voir avec l’homme en qui on ne saurait faire confiance.
D’ailleurs moi quand je travaille seul dans les bois ou les montagnes, à couper des arbres, la vue d’un animal sauvage ne me surprend jamais, que ce soit un serpent ou n’importe quoi d’autre … un peu comme si je les sentais venir … mais si je vois un homme; je suis tout de suite sur mes gardes.
La dynamique des bûches
La dynamique des bûches. Se chauffer au bois, c’est beaucoup de travail physique, mais c’est un travail gratifiant. Le résultat est concret lorsque l’on voit le tas de bois grossir et être bien rangé. Le contact avec le bois est toujours agréable. Et chaque bûche est unique; y en pas deux qui se ressemblent.
Cet hiver quand on sortira les bûches je me souviendrai encore de quelques unes que j’aurai préparées.
Il y a donc beaucoup de satisfaction dans tout cela. Un bon coup de hache; lorsque la lame de la hache fait s’ouvrir la bûche comme la palourde sur le feu, c’est toujours très chouette. C’est une façon de communier avec le bois et de lui rendre hommage. Comme manger du sushis pour le poisson … Vous me suivez toujours ???
Sur la vidéo youtube ci-dessous un essai de stop motion, de deux heures de travail dimanche, trois litres de sueur, à fendre du bois (il s’agit du cerisier éléphant) et à le ranger …
Oui la musique est pourrie … faite sur garageband … faites nous signe si vous avez quelque chose de mieux …
Anyway, nous somme parés pour faire face à l’hiver prochain.
Bricolage … une cabane dans l’atelier (4)
La porte de la cabane dans l’atelier ne ferme pas et est dans un très mauvais état. A la regarder de près elle est plus ancienne que l’atelier. Elle a du être récupérée, déjà, à l’époque.
Bien que le bois soit abimé, on voit que c’était un travail de qualité. Bien supérieur à toutes les nouvelles portes que je pourrais acheter ici aujourd’hui. On essaie donc de la remettre en condition.
Pour la redresser, la remettre d’aplomb et éviter qu’elle ne s’effondre, j’ajoute des structures en équerre sur la face intérieure.
Puis je cloue des planches, des planches à plafond, afin de consolider le tout et de cacher les structures en équerre.
Ce travail est finalement assez facile.
Il est un peu plus delicat de raboter les côtés et de finalement remettre la porte avec de nouveaux gonds flambants neufs. Mais somme toute le travail avance vite et au bout de quelques heures le tour est joué.
Bricolage … une cabane dans l’atelier (3)
Trois poutres, 9cm de côté, supporteront le plancher de la cabane dans l’atelier. On appelle ces poutres O-biki. 大引
Les mettre à niveau est fastidieux. Les pieds ajustables en plastique sont bien pratiques.
On appelle néda 根太 les traverses.
Il a plu la veille et un petit crabe de rivière vient se promener … Il a perdu une pince.
Le plancher apporte une grande différence. C’est définitivement mieux avec !!!
Restent à refaire la porte et poser le bureau… A suivre …
Bricolage … une cabane dans l’atelier (2)
On continue avec la construction de la cabane dans la petite pièce derrière l’atelier.
L’étape suivante c’est décrottage et peinture des murs en blanc afin de capter le plus de lumière. Pour dire la vérité je ne décrotte pas vraiment, je peins directement sur la crotte de mouche. C’est plus simple !
Il faut que la pièce soit la plus lumineuse possible; parce que je ne suis pas certain de la nécessité d’y apporter de l’életricité et aussi pour éviter les mauvaises surprises … Il faut que si petite bestiole il y a, cafard ou scolopendre, qu’on puisse la repérer immédiatement sur un mur tout blanc.
Et bestioles il y aura, au vu des espaces ouverts entre toutes les planches des murs. La lutte de la lumière contre les pénombres et les peurs qu’elles génèrent.
Au Japon on appelle les travaux de rénovation le リフォーム ou réforme. Une bonne partie de ces travaux, consiste à cacher le moche. Et donc je décide de poser un plafond. Mieux vaut cacher le plafond existant sous un nouveau que d’essayer de le peindre.
Tout le bois utilisé dans ce projet vient de la région. Le plafond et le plancher sont en cryptomère, dont les montagnes abondent.




























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