Que c’est beau!

Il a (encore) neigé cette nuit et je vais faire un tour pour profiter de la beauté du paysage. Je sors de la maison et prends la gauche; pour remonter notre petite vallée.

Il est neuf heures le ciel est d’un bleu magnifique. Que c’est beau! Beaucoup de plaisir. Tout est beau. La lumière. Le ciel bleu. La neige saupoudrée qui rehausse et simplifie le paysage.

C’est amusant: notre vallée, que personne ne connait et qui n’intéresse personne. En plus il y a des centaines d’endroits exactement pareils à travers tout le Japon… Mais que c’est beau!

Le village s’éteint petit à petit. Il y a que des vieux qui y habitent, et nous, nous y sommes tombés comme des météorites.

Sur le chemin je vois monsieur O., un autre personnage très sympathique. Il dépoussière la neige tombée sur sa voiture blanche. Toyota. On discute. Lui vient d’Osaka et s’est installé dans le village peu avant nous. Nous sommes tous les deux des citadins convertis. C’est un ancien athlète et expert en bois et menuiserie. Je suis un de ses fans.

Il est aussi sensible à la beauté de tout, ce matin. On parle de la beauté du paysage. La beauté rend heureux.

Lorsque nous vivions à Tokyo; l’accès à la beauté me manquait terriblement. Parfois une jolie paire de fesses ou de jambes. Ca se limitait à ça.

Je continue à monter vers le fond de la vallée. Monsieur M aperçu; 90 ans minimum, il boite, une dent lui reste sans doute; il balaye la neige devant sa jolie maison. Lui il sait comment durer.

Plus loin je continue; au fond, jusqu’au dernier poteau électrique, une maison détruite, un temple abandonné. La énormément d’empreintes d’animaux; déjà on n’est plus chez les hommes.

C’est tellement beau je me dis; dieu existe; il est la. C’est lui qui fait pousser les arbres. L’énergie de la nature. Simplement de nos jours il ne vit plus dans les villes; et lorsque les gens ne le prient pas il se retire en silence sur la pointe des pieds; vers le fond de la vallée; là personne ne l’emmerde, il a besoin que les gens prient pour être; sinon il est mieux avec les plantes et les animaux.

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empreintes … ?

 

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camion nickel chrome

 

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retour … et voila notre maison.

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Une gâterie pour la montagne

L’autre jour.

Ayant un peu de temps durant les nombreux interludes d’un match de baseball du fils je fais un tour sous les frondaisons des arbres autour du stade et récolte des glands en veillant bien à les distinguer de quelques crottes de chien par ci par la.

Dès que la neige aura fondu, j’irai éparpiller les glands dans notre montagne.

Avec un peu de chance, il y aura bien un arbre qui va pousser !

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A propos connaissez ce magnifique film, intitulé l’homme qui plantait des arbres.

Notre vallée survolée par un drone

Un voisin avec son drone a survolé notre vallée et a fait ce film.

On voit bien l’importance de la géographie, la vallée qui danse comme un serpent au bout d’un bâton, et les maisons saupoudrées tout le long.

Au sujet des maisons du village, on peut discerner trois types:

Les maisons à toit de chaume. Elles ont un toit fortement incliné (entre 39 et 45 degrés, 8寸勾配, 10寸勾配). Ce sont les maisons les plus anciennes, les plus petites aussi. Anciennes fermes. Remplasser la chaume est tres onéreux ici au Japon et en général on a recouvert les toits avec de la tôle, peinte en noir, rouge ou argent. Ces maisons la ont au moins cent ans.

Plus récentes mais toujours anciennes, les maisons avec un toit moins incliné (16 degrés 3寸勾配) et recouvert de tuiles. La plupart de celles ci auront moins de cent ans et datent d’après guerre. Attention au Japon une maison de plus de quarante ans est considérée comme ancienne…. Notre maison fait partie de cette catégorie et le lecteur attentif saura peut être d’ailleurs la repérer!

Et puis le reste, les constructions plus récentes, post seventies, à mes yeux sans grand intérêt et sur lesquelles je ne vais pas m’étaler.

Il serait intéressant de compter chaque type de maison pour chaque catégorie.

On voit bien aussi que notre vallée est de plus en plus étroite à mesure que l’on pogresse, c’est un cul de sac. Il y a donc peu de circulation et nous sommes plutôt en retrait de la modernité et de ses dépotoirs.

Au pied de l’arbre sacré

Cette fois-ci pour la branche de l’arbre sacré, j’y vais à la tronçonneuse. Beaucoup trop gros pour scier à la main.

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Il neige légèrement, le sol est mouillé et glissant. Je travaille le plus lentement possible et veille à enclencher le frein de la tronçonneuse entre chaque découpe, pour éviter tout accident.

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Lorsque je tronçonne les parties les plus épaisses, le bois, coupé, apparait dans toute sa splendeur endormie.

Dans une vie antérieure, cet arbre a certainement été un cachalot. C’est vraiment ça ….  ces couleurs, et cette sensation de puissance passive, de force silencieuse: un cachalot!

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Cet arbre est majestueux. On voit bien la branche arrachée par la neige.

 

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La petite construction derrière c’est le sanctuaire qui habite les jizous.

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A ses pieds, on se sent tout petit….

 

Avec le bois obtenu je fais trois aller et retours avec le camion.

 

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Photos Japon 1995-1998

Le sanctuaire de l’arbre sacré

Ce matin il neige encore et toujours. Vais voir l’arbre sacré, sa branche arrachée et tombée dans la rivière. Repérage pour quand je pourrai revenir avec ma tronçonneuse pour dépecer le bois en des morceaux transportables.

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Au pied de l’arbre sacré donc il y a un sanctuaire. C’est une petite construction. Qui a été entièrement refaite il y a deux ans je crois.

A l’intérieur il y a des jizos de pierre. Je fais coulisser la porte et jette un coup d’oeil.

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Un banc de chaque côté et un petit autel; avec cinq jizos, tous de taille différente. Deux bouquets de fleurs. Des offrandes (des mandarines). Et tous les ustensiles utiles pour la prière.

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Au dessus des jizos, une planche de bois avec ces caractères えんめいじぞうそん 延命地蔵尊 Jizo de longévité.

La même ambience et tranquillité reposante que dans une chapelle à la campagne.

Dans cette petite pièce il y a persistante une odeur d’encens. Il y a donc quelqu’un qui vient prier ici régulièrement me dis-je.

Juste à cet instant arrive monsieur U. Il a toujours un beau sourire d’enfant. On se connait bien.

Il explique qu’il vient prier ici chaque matin.

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Monsieur U explique qu’avec l’argent collecté dans le tronc, une somme importante, il a fait tout refaire par un charpentier de la ville voisine. C’est de la très belle ouvrage.

Chevilles. Poutres en cryptomère. Colonnes en cyprès. On regarde chaque détail de la construction et c’est super chouette me dis-je que monsieur U ait pris la peine et la responsabilité d’organiser tous ces travaux.

L’idée me vient, à écrire ces lignes, que je ferais bien de glisser un petit billet dans le tronc du sanctuaire, puisque j’ai l’honneur de pouvoir découper cette gigantesque branche, pour Calcifer notre poêle à bois.

 

Un arbre sacré

Avec les tonnes de neige qui sont tombées dans la vallée, une grande branche d’un arbre sacré s’est cassée. Elle est tombée dans la rivière.

L’arbre sacré protège un petit sanctuaire situé au bord de la route, à l’entrée d’un hameau, un peu plus haut. A écrire ces lignes la question me tarabuste … c’est un sanctuaire shinto ou autre chose ? Il n’y a pas de portique sacré (torii). C’est ce que l’on appelle un hokora. ほこら、祠

Toujours est-il que cet arbre magnifique et sacré protège un sanctuaire, et qu’il a perdu une de ses grandes branches, laquelle est tombée dans la rivière et ça va poser problème lors de pluies violentes.

Je téléphone au chef du village pour savoir si je suis autorisé à dégager la rivière et emporter le bois tombé, pour Calcifer notre poêle à bois,  son appétit est sans limite. Il faudra sans doute trois camionnées pour tout ramener à la maison …

On me confirme que ça arrange tout le monde et j’ai le green light. Il y a trois ans j’avais fait aussi la découverte d’un cerisier géant effondré dans les montagnes, à côté d’un cimetière.

Voyez-vous, les beaux arbres comme ça il n’y en a quasiment que dans les lieux sacrées ici; les sanctuaires ou les cimetières. Les hommes, dans leur hubris, mais aussi dans l’espoir d’échapper à la pauvreté et de pouvoir embrasser la modernité, ont tout rasé pour planter des cryptomères, il y a quarante ans. Voila. Tous les beaux arbres sont partis.

Je descends dans la rivière. Encore de la neige, ça glisse. J’emporte deux scies. Pas envie d’utiliser la tronçonneuse aujourd’hui. Il fait sombre déjà. Je récite un pater noster avant de commencer le travail. Car le lieu est particulier, et il faut le respecter. C’est un power spot. Beaucoup de choses s’y passent. Pas forcement que des bonnes.

Le travail pendant deux petites heures se passe très bien. Avec un immense plaisir. C’est bien plus agréable de scier à la main. C’est, en fait, du bonheur à l’état brut. Je suis seul. Les pieds dans l’eau glacée et mes bottes et mes gants de cuir sont trempés. Je transpire. C’est formidable.

Découper un arbre c’est comme dépecer un animal. C’est pareil. A part que les organes dont on n’a pas besoin sont à l’extérieur pour l’arbre, c’est le feuillage et les petites branches. Mais que l’on dépèce un arbre ou un animal, il faut le faire avec respect et amour. Et ainsi les choses prennent leur sens.

Pour aujourd’hui j’ai retiré les branches qui étaient dans l’eau. La rivière est dégagée, ses paroles peuvent de nouveau s’écouler sans entrave. Il fait nuit. Je rentre à la maison. Mais je reviendrai. I will be back.

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Les bibines sont au frais

Minou et Scotch

En décembre nous avons reçu un chaton que nous avons nommé Scotch.

Les débuts entre Minou et Scotch ont été un peu difficiles. Quand on a déjà un chat à la maison, comment se passe l’introduction d’un deuxième chat ? Comment les deux chats vont-ils s’entendre ?

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Premier contact Minou-Scotch: c’est qui celui-la ?

Nous avons fait l’erreur au départ d’installer Scotch dans une petite caisse, dans le salon-cuisine de la maison, la où Minou s’alimente …. soit au cœur de son territoire.

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Ces premiers jours, Minou s’enfuyait et même refusait d’entrer dans le salon. L’odeur de scotch était une vraie perturbation pour elle et nous avons craint que Minou ne vienne plus du tout dans la maison.

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Après avoir consulté google sur le sujet nous avons décidé d’installer scotch dans une pièce séparée afin de laisser le territoire de Minou intact. Minou a pu reprendre ses habitudes.

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Scotch dans la salle de bains

Lorsque l’on amène un nouveau chat à la maison il faut donc veiller à ne pas perturber d’un bloc le territoire du chat existant. Il faut une transition en douceur pour donner aux animaux le temps de s’habituer à l’autre.

Pendant quelques jours nous avons laissé le pauvre Scotch enfermé dans sa petite piece. Cette période a permis à Minou de se familiriser à l’odeur de scotch.

Puis nous avons laissé Scotch sortir dans le salon (après que Minou ait mangé).

Scotch courrait alors avec plein d’entrain vers Minou, Minou s’enfuyait ou lançait des grognements sourds et menaçants. Vraiment passionnant d’observer les chats entre eux!

L’insistance de Scotch a eu raison de Minou, et est venu le jour où les deux chats se sont salués en chat…en se touchant avec le museau.

Commence alors un dégel progressif: Minou reste distante mais abandonne sa posture menaçante.

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Puis les deux chats ont commencé à jouer ensemble. A la fois jeu et apprentissage.

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On sent que Minou montre à Scotch quelques trucs de chat, notamment comment faire sa toilette. Scotch regarde et imite.

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Minou et Scotch vont maintenant jusqu’à manger dans la meme gamelle ou se couchent côte à côte. Ce sont des potes !

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Toujours sous la neige