Calcifer se régénère (ôde)

Calcifer, notre poêle a bois.

Calcifer, c’est le cœur de la maison

dessin de calcifer

Calcifer c’est le réacteur de la maison_sous_marin_nucléaire

Calcifer hiverne l’été et se réveille quand il fait froid

Calcifer l’hiver nous propulse vers les tropiques

Calcifer est un volcan sympathique mais gourmand de bûches

Calcifer nous fait voir les étoiles, en nous transportant jusqu’au centre de la Terre.

Avec Calcifer Minou le chat devient Tigre du Bengale

Aujourd’hui, Calcifer se refait une beauté

Grace aux hommes à poêles,

On lui purge les tuyaux, lui frotte les boyaux

on le démonte, on le désosse

on le brosse on le nettoie

on le décrasse jusqu’à la dernière vis

on l’aspire et on lui vide le ventre de ses cendres froides.

Calcifer, on le sait: il nous enterrera tous.

Les hommes à poêles

Les hommes à poêles sont de sacrés professionnels.

Ce sont eux qui ont installé Calcifer le poêle à bois lors de notre emménagement dans le village.

Nous leur avons demandé de venir ramoner et de faire le full health check de Calcifer !

D’abord ils sont chics et élégants; regardez les beaux pantalons, ensuite on voit le soin et la fierté qu’ils ont à faire leur travail. Et dans la bonne humeur.

Marque de respect du client, il ne demandent pas à utiliser les toilettes à la maison, ils font faire pipi au loin, on ne sait où. Allez trouver pareil en France !

Et quand on demande à les prendre en photo, pour le souvenir et pour le blog, ils font nian avec le poing, en imitant la petite patte du chat. .

ニャン!

les trois ramoneurs

les trois ramoneurs

Bref ce sont de vrais artistes … A droite Monsieur K, CEO, accompagné de ses superbes acolytes. Allez !!! Toute le monde à poêle !!!

Minou in the Blue Sheet

Momigara ou glume de riz

Les récoltes de riz ont bien commencé dans les rizières du village. Les dates des récoltes dépendent du type de riz qui a été planté. Des variétés sont tardives et d’autres pas.

On voit les agriculteurs montés sur des machines qui ressemblent à des robots gundam.

C’est donc le moment d’aller prendre du momigara, ou glume de riz.

Certains le déposent aux pieds des légumes l’hiver dans les jardins pour les protéger du froid et du gel. Je me dis aussi que cela doit être très aussi bien pour pailler le potager, je suis curieux d’essayer en tout cas.

La voisine d’en face me propose d’aller en chercher ensemble. On part tous les deux dans le camion, et nous nous rendons a quelques kilomètres, chez un agriculteur. C’est monsieur T.

A cote de ses combain, mini moissonneuses batteuses montées sur chenilles de caoutchouc, un gros tas de momigara.

Monsieur T est content de nous voir car le momigara ne lui est d’aucune utilité et il souhaite s’en débarrasser. Nous en chargeons le camion.

momigara

A vivre à la campagne nous sommes proches des réalités et à bien y réfléchir une des choses les plus fantastiques que nous pouvons vivre, c’est d’être acteurs des cycles de transformation. Si la société de consommation rime souvent avec déchet, poubelle, gâchis (« waste » en anglais), à la campagne nous participons aux cycles de transformation où les matières organiques se transforment et sont utilisées de nouveau et à l’infini. Pas de plastique dans tout ça.

Examples, la récolte de riz s’accompagne donc de production de glumes, lesquels sont utiles pour le jardinage; leurs elements retournent à la terre et l’enrichissent.

Le bois coupé alimente Calcifer qui nous réchauffe, la cendre laissée par sa combustion retourne dans le jardin où elle enrichit le sol.

Pareil pour les déchets de la cuisine, ou encore le crottin de cheval du club hippique pas loin, la matière organique retourne à la terre et n’est jamais perdue, et alimente les organismes vivants du sol.

Cercles vertueux donc qui peuvent être répétés à l’infini.

Vocabulaire

もみがら 籾殻 momigara glume du riz

momigara

momigara

momigara

momigara

Fermeture de l’épicerie du village et le début de la fin

Bon allez ! Un bon petit coup de déprime.

On parle dans un article précédent de la démographie de la vallée où nous vivons. La population qui diminue et prend de l’âge. Natalité faible et exode rural.

Dans le village il y a une charmante petite épicerie. … Il y avait !

Les anciens content qu’autrefois il y avait deux boutiques, il y a 40 ou 50 ans, dans chaque quartier. C’est dire les changements qui se sont opérés….

Et aujourd’hui est le temps de nouveaux changements: avec la fermeture définitive de la dernière épicerie de la vallée. Les coins de campagne au Japon je crois sont tous confrontés à cette situation d’une économie qui se contracte et fond comme neige au soleil.

Heureusement que la nature est la pour nous inonder de sa gloire… et nous fait oublier la misère des hommes.

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La fermeture de l’épicerie est un évènement triste. Avec un peu d’effort et d’imagination je pense que le management de l’épicerie -qui était gérée par une société- aurait pu essayer de diversifier le business en faisant café et débit de boissons alcoolisées. Cela aurait attiré un peu plus de business, avec un cout additionnel négligeable.

J’ai l’impression que la boite voulait de toute façon fermer et se désengager du village.

En plus d’un simple magasin c’était le lieu où les habitants se retrouvaient parfois. Il y avait un vieux canapé rouge avec une table et un cendrier. Que demander de plus ! Le coin idéal pour les enfants de l’école de se retrouver après les cours, de manger quelques friandises en faisant de la nintendo en toute sécurité. Et pour les plus vieux de prendre un café en fumant une clope. C’était le bonheur à l’état brut quoi.

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Anyway, c’était l’occasion de prendre quelques photos de l’épicerie, pour le souvenir, et de saluer le staff toujours très sympathique.

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On peut admirer aussi la bonne humeur et les sourires du staff malgré la nature de l’évènement. Personne ne se plaint .. tout le monde a compris … c’est l’histoire qui bouge … Et on garde le sourire …

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Kakis et édamamés

Réparer l’ancienne serpe

C’est l’automne, d’ici quelques semaines, il n’y aura plus ni sangsue ni frelon et je retournerai dans notre petite montagne. Le but, débroussailler, continuer à déblayer et planter des arbres. C’est donc le temps des préparations. Car telle est ma mission.

Un truc à faire, remplacer le manche de la serpe et en réarranger la lame. Cette serpe est ancienne. Un voisin me l’avait offerte l’année dernière après que nous ayons acheté notre petite montagne. Elle avait dû appartenir à son père ou son grand père. La lame porte le nom du forgeron qui l’a faite ainsi que le nom de la ville de Shiso; proche de 10 kilomètres.

Autrefois il y avait une trentaine de forgerons à Shiso, je crois comprendre qu’il n’en reste aujourd’hui que deux ou trois. Ces forgerons fournissaient les agriculteurs et les forestiers en outils … Pas du made in china mais du made à dix kilometres de la maison.

Je me suis bien servi de la serpe l’année dernière, mais tapant comme un malade sur des tonnes de lianes et de bambous j’en ai brisé le manche et abimé la lame.

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D’abord je protège la lame dans un journal plié pour éviter de me trancher les bras.

Je scie dans la longueur un nouveau manche, sur 3寸, 3 sun, soit trois pouces. Les charpentiers utilisent toujours le sun comme mesure et expliquent que les chiffres exprimés en pouces sont plus faciles à retenir qu’en centimètres car ils sont sont plus petits. (par exemple 3 sun au lieu de 10 centimètres).

Il est un peu plus délicat de voir où percer le manche pour y insérer les deux clous de fixation.

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Mais bon on y arrive après avoir fait une copie de la lame sur un bout de papier.

Ensuite je passe la lame à la meule pour la corriger, et effacer les éclats faits l’année dernière.

Finalement je passe la lame à la pierre à aiguiser pour la reprendre en douceur. Ce  type de travail avec la pierre ou la meuleuse invite toujours à apprendre des gestes. A les faire bien. C’est tout un art. A chaque fois on finit par se laisser guider par le geste. La pierre et le métal se parlent et on suit le geste qu’ils nous incitent à faire. C’est très reposant.

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Le résultat est assez concluant.

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J’en profite pour dégager l’entrée de la montagne. La végétation obstrue l’entrée.

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Les branches coupées, on les amène ensuite aux chèvres du voisin qui sont toutes contentes. Elles aiment bien ces feuilles.

Rien ne se perd. Tout se transforme.

Une cabane en forêt

A en croire les vieux du village cette jolie cabane plantée au beau milieu de la forêt (ici on dirait plutôt au beau milieu des  montagnes !) a une histoire particulière.

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Moi j’imaginais qu’il s’agissait d’une cabane pour les forestiers, les forestiers iraient y faire une pause pendant la journée de travail. Remarquez le porche joliment fait qui se fait asseoir deux personnes à l’abri des éléments.

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Mais en réalité on nous dit que cette cabane permettait autrefois aux villageois qui se rendaient à travers les bois jusqu’à la vallée voisine, de s’y reposer.

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Les gens allaient donc faire leurs courses à pied jusqu’à la vallée voisine. A vol d’oiseau ça n’est pas si loin et Google Maps confirme en effet que la cabane est bien située à mi chemin entre deux vallées. C’est fantastique, non?

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Cuisiner Dehors

J’aime bien faire des currys, lesquels se ratent très difficilement.

Par contre depuis ces derniers mois je cuisine dehors. Dans le jardin. C’est un bon moyen de profiter de la fin de la journée, ces instants magiques après 5 heures de l’après midi où l’on sent que tout aspire au repos. C’est plus agréable que dans la cuisine. On est toujours mieux dehors que dedans.

J’emporte donc la marmite dans le jardin et la pose sur un camping gaz.

Et on laisse mijoter tranquillement, accompagné des chants des grillons.

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Et avec Minou bien sûr !

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I AM THE BOSS

I AM THE BOSS

Et qu’est ce que tu es venu faire dans ma forêt ?

 

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Monsieur Crapaud rencontré chez lui dans la forêt en ce beau jour d’automne.

 

Au delà de son apparence grotesque, il y a beaucoup de gentillesse dans le crapaud, non ?