Tagué: forêt au japon
Expérimentation à la tronçonneuse
Dans le gros projet bricolage avec S. nous avons tiré moultes planches du bois descendu de notre montagne. (projet montagne 2.0). J’ai bien compris la complexité de l’opération ainsi que tout le temps et la logistique nécessaires; entre le moment où l’on descend le bois de la montagne et le moment où l’on en obtient des belles planches régulières.
Pour un projet annexe; je suis à la recherche d’un morceau de bois de plus de trois mètres…. y en a pas à la maison … pas du tout envie d’aller en acheter au castorama du coin, ce serait trop bête … je vais donc voir dans notre montagne les troncs d’arbres qui, trop petits ou trop courbés, ne convenaient pas et que nous avons laissés dans la forêt.
Cependant ils ont bien trop lourds pour pouvoir les porter ou les tirer jusqu’à la maison. Et je n’ai pas de percheron sous la main. Une solution, les alléger en les coupant le long; à la tronçonneuse. De plus j’ai besoin d’au moins une surface plane …. donc ça tombe très bien.
Jamais essayé de découper ainsi un tronc d’arbre dans sa longueur.
Je retire au préalable l’écorce, pour éviter que des pierres ou de la terre n’endommagent la chaine de la tronçonneuse. Je suis un expert en épluchage !
L’opération se déroule plutôt bien. C’est un travail assez ludique. A la fin zut plus d’essence dans la tronçonneuse … faut finir à la hache !
Le tronc d’arbre est (un peu) plus léger maintenant et je peux le descendre de la montagne en le tirant avec moi, et le ramener à la maison. Difficile, mais on y arrive quand même.
Ensuite je passe la surface découpée à la brosse pour retirer terre et cailloux. L’aplanis au rabot. La sciure sent très bon. L’arbre est un hinoki 檜, cyprès du Japon.
Le résultat, certes loin de la perfection, est satisfaisant. Le bois est très beau. Je suis très content de cette expérience à la tronçonneuse.

Montagne 2.0, suite et fin
Montagne 2.0: un projet titanesque pour notre échelle lilliputienne …
Avec l’ami S. on entreprend de descendre de la montagne tous les troncs d’arbres coupés plus tôt cet hiver.
L’opération est délicate. On découpe les troncs en morceaux de huit mètres soixante. S. les prend ensuite avec sa pelleteuse, et les balance de la montagne, où ils vont tomber en douceur quarante mètres plus bas, dans une petite clairière à l’écart. L’opération prend une journée entière. On fait une bonne équipe, c’est vraiment drôle.
S. est aux manettes de la pelleteuse.
Le moteur de la pelleteuse couvre le silence de la nature et donc nous communiquons par signes. S. fait un geste vertical de la main, je cours couper à la tronçonneuse un tronc d’arbre. Pour qu’il puisse le prendre avec la pelleteuse.
S. me lance un regard et je vais attacher un câble entre le bras de la pelleteuse et un tronc. Un autre regard me signifie de détacher le câble.
J’aime bien cette communication muette entre nous deux. Il y a moins d’ambiguïtés que si il y avait des mots.
PS: Pierre ajoute ce commentaire: « On l’appelle 阿吽の哭泣, aun no kokkyu, le souffle entre le maître et l’apprenti. »
On voit que la montagne est désormais beaucoup plus claire. La coupe d’une dizaine de cryptomères a eu cet effet d’apporter beaucoup plus de lumière.
Il sera intéressant d’observer comment la montagne va changer. On peut prévoir que les bambous vont tenter de se développer plus rapidement avec cette manne inespérée de photons. Pour le plus grand bonheur des sangliers ! Ils aiment les pousses de bambous au printemps.
Il faudra une autre demi journée pour descendre les troncs d’arbres jusqu’à la route et les charger dans le camion de S. Destination son atelier.
Voilà, c’est la fin du projet montagne 2.0.
Prochaine étape … épluchage des troncs d’arbres … le reste va se dérouler dans l’atelier de S.
montagne 2.0 (encore)
Ce week end l’ami S. a prolongé le chemin dans la montagne jusqu’à la troisième terrasse.
Ca finit par monter assez sec. Je pense pas qu’un camion 4×4 « keitora » (les petits camions blancs que l’on voit partout dans les campagnes du Japon) puisse se hisser jusqu’en haut, il faut une pelleteuse ou un rinnaisha, ce véhicule spécialise pour transporter du bois en montagne. (http://www.zenkens.jp/article/13535063.html) pour y parvenir sans danger.
Arrivés tout en haut on peut constater qu’avoir coupé quelques cryptomères cet hiver a transformé la montagne. La lumière a remplacé la pénombre. Pas l’ombre d’une sangsue d’ailleurs …
Prochaine étape, découper les troncs d’arbres coupés et les descendre de la montagne … Quelque chose me dit que ça va pas être facile à moins que S ait une super idée comme d’hab.
On accède de la route ….

Une petite clairière avec des bambous. Il y a deux ans c’était comme ça ….
Cet arbre est magnifique.
D’autres troncs à éplucher.

Les branches etc finiront dans le ventre de Calcifer.
Au fond, un petit cours d’eau où les grenouilles « moriaogaéru » abondent. Elles chantent. C’est assez incroyable à les écouter.
J’ai passé tout le samedi à dégager du bois dans ce coin … sous le chant merveilleux des grenouilles.
Le chemin continue.

Et ça monte sec.
Voilà ! on est arrivés en haut !

Les bonnes pizzas de monsieur K.
Monsieur K. habite le village. Sur monsieur K. et son projet, il faudrait écrire plus d’un article.
Car il se prépare à construire sa propre maison. En faisant tout de à A à Z, comme couper les arbres de sa montagne et les transformer en poutres et planches. Une chose formidable c’est que ce n’est pas sa profession, et il a tout appris en autodidacte. (il était prof de collège).
Dans sa future maison il aménagera un grand espace pour y faire une petite salle de concert et une pizzeria. Il a déjà monté un four sur son chantier et commence à s’exercer à faire des pizzas, avec son épouse.
La semaine dernière il nous a invités à gouter ses pizzas, et elles sont vraiment délicieuses.
monsieur et madame K.

Nous sommes sur le chantier. Le four est donc un essai et n’est pas le four définitif.
mmm meat ball pizza
pizza au boeuf
Entre deux fournées monsieur K. nous fait visiter sa montagne. Il a construit le chemin lui-même, avec sa pelleteuse.
Beaucoup de boulot et de bonheur !
anchois, seiche et tarako
Et qu’elle n’est pas notre surprise .. lorsque monsieur K. sort du four une pizza très spéciale … Une pizza avec des algues et un oeuf … Ben oui algue et oeuf, c’est mon nom de plume … Wakamé Tamago !! Ah ah nous avons bien rit.
Vous pouvez suivre les aventures de Monsieur K. sur son blog qu’il met à jour quotidiennement: http://blue28.jugem.jp
Des signes magiques de l’arrivée du printemps ?
Minou inspecte les cryptomères coupés
Peu après que nous ayons coupé des cryptomères dans notre montagne, Minou est venue inspecter les lieux.
Les troncs d’arbres coupés et tombés sont pour Minou un nouveau domaine à explorer !
Couper des cryptomères
La partie supérieure de notre montagne est recouverte de cryptomères.
Il faudrait couper régulièrement, tous les dix ans, les arbres en mauvaise condition pour laisser aux meilleurs assez d’espace et de lumière pour pouvoir se développer plus encore. On peut dire ‘élever une foret‘. Dans notre montagne on voit, au nombre de souches dans le sol, que le ménage a été fait à un moment autrefois. Puis ça s’est arrêté. Résultat, les arbres ont grandi considérablement mais se gênent mutuellement. Le feuillage de certains est tout a fait déséquilibré.
D’autres avec la neige et les tempêtes se sont tordus et sont devenus des dangers publics!
Bref, nous devons prendre les choses en main. En décembre nous avions identifié les arbres en mauvais état et dressé la liste des arbres à abattre.
Et ce weekend nous sommes passés a l’action.
Avec notre ami S. aux manœuvres.
S. est charpentier de métier.
Pour construire les maisons de ses clients il part lui-même en forêt couper les cryptomères qui deviendront poutres et piliers. Dans toute cette affaire j’observe et j’apprécie le temps que nous passons ensemble tous les deux. C’est vraiment chouette. A l’occasion j’aide pour transporter les outils ou tirer des câbles.
J’avais aussi une petite caméra pour immortaliser cette belle journée et la partager sur youtube.
Le plan de la montagne
Ragafrance avait suggéré que je fasse un plan de la montagne. C’est chose faite !
On voit bien les trois terrasses qui se succèdent. La première je l’ai nettoyée (débroussaillé la jungle) et nous y avons planté une vingtaine d’arbres depuis l’année dernière.
La deuxième terrasse est inchangée, et occupée de cryptomères et de théiers.
La troisième est couverte de cryptomères avec une grande clairière en son centre, un typhon il y a 10 ans y a tout arraché.
Je suis en train de dégager tous les arbres effondrés pour faire place nette.
Une prochaine étape aussi sera d’y abattre les cryptomères en mauvais état.
Petit à petit
Petit à petit l’oiseau fait son nid ….. petit à petit la montagne prend forme à force de nettoyer et de ranger les troncs d’arbres effondrés.
Le mieux c’est d’y aller à la hache. On travaille ainsi son swing.

Maintenant que le tout est plus facile d’accès, on peut mieux apprécier la vue sur le village …
Mikados géants dans la montagne
Notre petite montagne est constituée de 3 terrasses qui se succèdent. Depuis L’année dernière je me suis focalisé sur la première terrasse, et c’est la que je suis en train de planter des arbres.
Plus haut il y a deux autres terrasses. La seconde, au milieu, est assez clean, et est occupée de cryptomères et de théiers.
La troisième terrasse est la plus grande, et est en partie obstruée par des cryptomères écroules il y a dix ans. Après le passage d’un typhon.
Ces cryptomères sont tombés les uns sur les autres et ils forment un réseau de mikados géants.

Avec ma tronçonneuse je m’avance donc dans ce tas de mikados, et je commence à déblayer. Il faut couper les troncs d’arbres en sections de 1.5 à 2 mètres. Pour pouvoir ensuite les déplacer et les ranger. Il n’y a pas de route d’accès, donc je fais tout a la pogne, sans engins.
Comme dans le jeu mikado, il faut réfléchir avant de mettre en route la tronçonneuse, et imaginer comment les troncs d’arbres vont réagir à notre intrusion. Certains vont se mettre à glisser le long des pentes, et dans ce cas la, faut pas se trouver sur le passage. D’autres, poussés par le poids d’autres arbres vont ployer ou se relever, et il faut veiller alors à ne pas y bloquer la tronçonneuse dans le bois qui pourrait se resserrer sur elle.

Au bout de deux heures de travail, le réservoir de la tronçonneuse est vide. Moi aussi. Je commence à fatiguer et c’est à ces moments la que l’on commence à faire des erreurs, qui éventuellement peuvent conduire à une blessure.
Les forestiers, les pros, qui travaillent ainsi dans la forêt, savent gérer leur force en prenant des pauses régulièrement et savent faire la sieste dans les montagnes. Ils sont très forts, de pouvoir travailler ainsi toutes les journées.
Mais ceci dit travailler ainsi dans la montagne donne une pêche incroyable. Je pense que c’est le silence, la tranquillité, le contact avec la terre, le bois et les plantes. On respire au rythme de la nature et il y a comme une communion. D’autant que ce travail, ça n’est pas pour gagner de l’argent ou exploiter quelque chose, c’est pour rendre la montagne encore plus belle.































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