Catégorie: journal

Récolte (6)

Conversation

Le soir, conversation avec un habitant d’un village. On boit une bière après une journée d’été, chauffée à blanc par le soleil.
Ce qui suit donne une idée du côté encore sauvage de la nature au Japon et de certaines régions que les montagnes boisées protègent du progrès et des destruction qu’il engendre.
B     Tu aimes tout dans la cuisine japonaise ?
A     Oui, disons à part les concombres de mer. Ah Ah
B     C’est quoi qui est bon dans la cuisine francaise ?
A     Mmm.. le fromage, le saucisson, et le lapin a la moutarde !
B     Ah … je connais quelqu’un, (à 20 km) vers le nord, qui en élevait. Il aime la viande de lapin
A     Ah bon … c’est pas courrant ça pourtant au Japon, de manger du lapin…
B     Oui mais au nord, plus haut dans les montagnes ils mangent différemment. Les traditions de chasse sont vivaces.
Ce qui est bon aussi d’ailleurs c est la viande de tanuki. (1)
A     Ah ?
B     La viande de tanuki est très grasse, donc il faut être en grande forme pour en manger. Et aussi la viande de Mujina (2), très grasse, est delicieuse. Ca ressemble à la viande d’ours d’ailleurs.
A     La viande d’ours ?
B     Oui … tu sais, là haut, dans les montagnes …. les gens sont libres. Je dois d’ailleurs avoir un morceau d’ours dans le congelateur à la maison. je te ferai goûter à l’occasion.
A     Ca alors … c’est dingue. Ceci deit je suis plutôt opposé à la chasse. Et je suis un ami des ours.Mais cet aspect sauvage m’intéresse. A propos je t’ai deja montré ma tête de chat … (je vais chercher la tête de chat)
B     Oh oui ! une tête de chat ! Elle est très belle dis donc.
A     Oui. je l’ai trouvée derrière la maison, la où autrefois vivait un renard. A propos, j’aimerais bien avoir une tête d’ours aussi.
B     Ah Ah. Ecoute, je demanderai à mon copain.
(1) Tanuki たぬき 狸
Le chien viverrin (Nyctereutes procyonoides), également connu sous le nom japonais de tanuki, est une espèce de mammifère carnivore qui ressemble à un raton-laveur mais qui appartient à la famille des canidés dont il est le seul représentant à hiberner. C’est la seule espèce actuelle du genre Nyctereutes.
(2) Mujina むじな 貉

Construction d’une maison japonaise – Jour 1 (4)

Voici la fin de la première journée des travaux.
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La toiture montée, les travaux sont finis pour le jour. Nous nous réunissons tous. Cette fois ma femme et moi nous faisons le tour du bâtiment, et nous dispersons du saké, du sel et du riz.
Puis nous nous tournons tous vers la nouvelle maison et faisons une prière.
Fin de la première journée et le moment d’offrir des rafraichissement à toute l’équipe qui a bien travaillé.
Aussi nous donnons à chacun, caché dans une enveloppe blanche, un peu d’argent.

Construction d’une maison japonaise – Jour 1 (2)

Continuons sur la première journée des travaux.
Il fait chaud. Les gens travaillent dur. Le visage de S. est fermé. On voit qu’il est super concentré, on n’a pas droit à l’erreur. Je n’ai pas compté mais les gens prennent beaucoup de pauses. On avait préparé un parasol, des rafraichissement et des pastèques. Lors des pauses ils reprennent leurs visages d’enfants.
On perce les grosses pierres de la fondation. C’est que l’on on va enfoncer une barre de fer dans les pierres et les poutres, afin de bien fixer l’édifice au sol et d’éviter qu’il ne bouge suite à des seismes ou au travail du bois.
Puis les hommes commencent à assembler la façade Ouest. On assemble les poutres, à coups de gros maillet. La façade est assemblée, posée à terre.
Puis on la soulève avec une grue et on la pose sur les grosses pierres de la fondation.
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On s’attaque ensuite aux deux énormes poutres horizontales qui vont former les côtés complétant les façades.  A cet instant les deux poutres latérales vont se fixer, ténons + mortaises, dans la première façade.
Puis on assemble la deuxième façade et on la fixe au reste suivant les mêmes procédés. On commence à imaginer la maison bien qu’il n’y ait pas encore de toiture.
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Ensuite, on enfonce comme un énorme légo les colonnes, verticales, dans les poutres, horizontales. Là c’est un jeu d’enfant et je me permets de donner un coup de main.
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Vient une partie délicate. Il s’agit de poser la deuxième paire de poutres horizontales, qui font lier entre elles les deux façades par le haut et s’enfoncer dans les poutres droites.
A partir de cet instant les deux charpentiers commencent à travailler en hauteur. Impressionant, que de les regarder hissés sur les poutres en funmanbules et frapper avec leurs énormes maillets pour forcer les éléments dans les autres.
(à suivre…)

Les  préparations

Ce projet de construire à la place du hanaré est au prix de sacrifices financiers conséquents. Surtout après notre installation récente dans le village qui aussi a coûté quand même beaucoup de brouzoufes et d’énergie aussi. J’avoue qu’au début on a un peu hésité. Mais notre décision a été la bonne.

D’abord nous allons pouvoir acceuillir notre famille de France et la recevoir dans la nouvelle construction, quelques semaines cet automne.
Ensuite, plus le projet avance, plus nous goûtons des moments de bonheur bien précieux. Voilà une belle façon d’utiliser les brouzoufes.
En effet beaucoup d’émotions lorsque nous visitons notre ami le menuisier, qui prépare le bois. Il est allé dans les montagnes de monsieur O un voisin y couper des arbres, et nous voyons quelques semaines plus tard les poutres dans son atelier. Elles ont séché et il les prépare; les annote à l’encre de chine, et prépare les tenons et les mortaises, et les clous de bois, qui feront le tout tenir ensemble, . Ce sont les méthodes ancestrales.
Le menuisier travaille tranquillement; tout seul. Il fait chaud et les deux kilomètres qu’on a fait de chez nous ont mouillé nos t shirts. Il nous offre de prendre le thé. On s’assied et on discute de tout.
J’éclate de rire lorsque j’aperçois son troupeau de chèvres libéré dans l’atelier. Elles se promènent et montent sur les poutres. Elles explorent et reniflent un peu tout; les outils; les câbles, les ficelles.
Il fait chaud; et les chèvres apprécient le frais du sol en béton de l’atelier.
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Chez l’antiquaire

Découverte d’un Antiquaire sur le bord de la route 29 qui mène à Tottori, du côté de la Mer du Japon .

L’anquitaire est très sympa. Il fait chaud et il est en marcel, et l’on voit ses gros biceps. On lui demande, tu fais beaucoup de sport ? Il répond: je suis préparé à faire face aux prochaines périodes de famine. Voilà qui est bien concret.

Nous achetons quelques objets d’autrefois.
Un tout petit rabot. Rikiki, et très beau.

Vocabulaire

Rabot かんな 鉋

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Un outil qui a appartenu à un tailleur de pierre. Noter le manche très court.

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et cet objet en bambou.

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Devinette.

A quoi servait cet objet en bambou ?

Reponse a la devinette

Le soba de monsieur H

De bonne heure le matin je passe devant chez monsieur H. Il est sept heures. C’est samedi et il prépare les nouilles de sarrasin, le soba, pour son restaurant. Je m’incruste un peu et lui demande de me montrer comment il s’y prend.

Beaucoup de restaurants de nouilles ici ajoutent de la farine de blé à celle de sarrasin. Cela permet de réduire les coûts de revient et facilite aussi le process, car les nouilles sont moins cassantes. Par contre le goût et la texture sont très différents. On appelle les nouilles soba faites uniquement avec du sarrasin juuwari, ce qui signifie dix dixièmes. En général c’est signe de qualité, et de dextérité de la part du préparateur.
Si vous allez manger du soba dans un tachigui, ces restaurants fast food pas chers que l’on trouve dans les gares et où l’on mange debout, vous pouvez être sûrs que beaucoup de farine de blé a été ajoutée et que la portion de sarrasin correspond au minimum syndical…
H. après avoir pris sa retraite, s’est installé dans le village et a construit un chalet. Il est ensuite parti apprendre l’art des nouilles de sarrasin soba auprès d’un grand maître. Un peu comme dans la série Kung-Fu avec David Carradine donc.
Quand je suis arrivé chez K, il avait déjà fini le pétrissage. J’ai donc assisté, en compagnie de son chien si drôle, aux étapes qui suivent.
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Voilà !
Vocabulaire
Soba (Sarasin) そば 蕎麦
100% sarasin じゅうわり 十割

Demolition Man

On a fait place nette. On a démoli le hanaré (article un, article deux). Notre ami Sakichan, sa femme et leur assistant monsieur K. Ils ont tout fait à eux 3.
Travail délicat qui demande une bonne organisation et de la technique. En effet faut pas se tromper, avec le hanaré qui est à quelques centimètres à peine de la maison principale, on veut pas qu’ il s’écroule sur la maison au mileu de l’opération ….

Quand plein d’émerveillement je dis à Saki chan qu’il fait un beau boulot, il me dit … tu sais, que fais ça depuis quarante ans …

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On récupère les meilleures tuiles, le bois pour se chauffer l’hiver, et les tatamis pour booster la terre du jardin.

 

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Sakichan a tous les équipements et les manie avec dextérité. Les voilà sur le toit en train de retirer les tuiles. Il travaille avec K. A tous les deux ils on 132 ans tout de même. La pêche !

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Là, la moitié gauche du hanaré a déjà été retirée. On remarque la belle poutre courbe qui soutient la toiture. C’est du beau travail. De même, la double poutre en pin rouge.

Remarquez les gros cordages tendus en diagonale, c’est pour éviter que tout s’écroule sur notre belle maison …

Et dessous, les derniers moments. J’ai retenu ma respiration … Le mur nord du hanaré affleurait vraiment le toit de la maison principale.

 

 

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Et pour finir ce post en musique, Demolition Man par The Police.

 

 

Champion

A côté de l’école primaire du village, un garage de motos a toujours retenu mon attention. L’atelier est super clean; et assez petit. On voit qu’une seule personne y travaille. C’est plus un atelier qu’un garage.

Un après midi nous passons et faisons connaissance avec le propriétaire, un phénomème.

La vingtaine. Il travaille seul, s’est mis à son compte et son site web est ici http://himeji-gs.com/
L’atelier se nomme 総合二輪製作所 GOOD SPEED
Il se spécialise dans la customization de motos. Avec pour objectif d’augmenter la vitesse maximale.
Il a appris tout seul. C’est un solitaire passionné. Il est né dans le village, a fréquenté l’école juste en face de chez lui.
C’est vraiment cool que entouré de ses montagnes il ait trouvé sa passion et qu’il en vive. Il aurait pû s’exiler en ville mais il reste ici avec le chant des oiseaux. En fait il n’a pas besoin d’aller trouver les clients, car les clients viennent jusqu’à lui. Puisqu’ils vont faire 600 kilomètres de Kyushu  ou de Tokyo pour le voir et lui remettre leur motos, qu’il va booster avec tous ses secrets.
Impressionant.
Ca ne s’arrête pas la. Il nous explique sa passion pour la vitesse. Lui même travaille sur sa propre moto. Un bolide qui propusle jusqu’à 300 kilomètres heure. Une des motos les plus rapides du monde ?Au fait il est sur le point de partir cet été aux US pour participer aux championnat du monde de Vitesse, dans l’UTAH.
Génial.
Il y a la flamme dans ses yeux quand il parle de sa passion. Quelle pêche.
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Les premières grenouilles

Nous allons visiter un grand sanctuaire shintô, Iwajinja, à une quinzaine de kilomètres.
Le sanctuaire est situé au bord de la route 29 qui relie Himeji à Tottori. Il est entouré d’une belle forêt de cryptomères géants multicentenaires.
Pour accéder au sanctuaire, sur quelques centaines de mètres, on admire d’abord les arbres et c’est comme une première purification.
Les bâtiments du sanctuaires sont pas mal. Sous un préhaut de belles peintures gravées sur bois relatent des faits de guerre de jadis. Ca jette.
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Ceci dit, ce qui finit par nous intéresser le plus, c’est les premières grenouilles de l’année, que nous découvrons dans les sous bois du sanctuaire:

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Nihon Amagaeru

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Nihon Amagaeru

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Tonosamagaeru