A handmade life
Je viens de finir A Hand made life – in search of simplicity de Wiliam Coperthwaite.

Je viens de finir A Hand made life – in search of simplicity de Wiliam Coperthwaite.
Les chasseurs sont tous vêtus de costumes oranges. Ils sont discrets et silencieux. Leur visages sont fatigués. La lumière, à l’intérieur, est éteinte. Ils trainent la dépouille du chevreuil jusqu’au bord d’une rivière. Ils ne chassent plus pour le plaisir, mais pour l’argent. Voila pourquoi.
Les chasseurs vont retirer deux incisives du chevreuil avec une pince et une hachette et vont le prendre en photo. Ca leur permettra de toucher une prime de la préfecture. 6500 yens (50 Euros ou $65US) par bête, pour plus de 21 bêtes abattues dans la saison. Car le chevreuil est considéré comme nuisible.
Puis ils nous disent qu’on peut garder le chevreuil abattu si on veut et que sinon, ils iront le balourder au fond de la montagne. Visiblement ils en mangent tous les jours et n’ont pas besoin de s’encombrer.
Le 30 décembre des voisins nous ont invités à préparer le mochi, une galette de riz gluant, cuit à la vapeur.
On frappe le riz gluant dans un mortier, creusé dans un tronc d arbre (usu) avec un pilon doté d’un manche perpendiculaire que l’on utilise comme une hache (kiné).
L’effort requiert de la force et une bonne synchronisation avec celui ou celle qui entre trois coups de pilon retourne la masse de riz chaud d’un coup de main rapide.
Les voisins sont charmants. Leurs huit chats aussi. Comme depuis peu nous aussi avons un chat à la maison, les sujets de conversation sont démultipliés.
Le couple est retraité. Avec eux, les parents de la dame, le père a 98 ans et manie le pilon, frappant le riz, avec vigueur et habilité.
Il s’occupe également du feu. Par contre il ne veut pas que je le photographie.
Il fait beau. Leur maison est au bout de la route. Après, c’est la nature. Les quelques maisons en amont ne sont plus habitées depuis des décennies et la nature les croque, les phagocyte petit à petit. Dans cette partie du village il n’y a plus d’enfants, et les jeunes sont partis vers la ville.
Leur maison aussi est très belle. C’est la maison familiale. Au moins 100 ans. Très bien restaurée. La maison est très confortable. Un chat a failli se brûler les pattes en sautant sur le poêle a bois.
Nous passons un excellent moment. Dans 20 ans, le fond de la vallée sera désert peut-être, et la nature reprendra ses droits ? A moins que l’homme de la ville n’en profite pour y construire un immense dépotoir pour y balancer tous les rejets de la ville et des quelques usines qui ne seront pas parties en Chine.
Je ne peux m’empêcher ces pensées noires malgré la beaute du lieu et des gens qui nous entourent.
Nous venons de finir la première fournée de mochi. Quelqu’un passe, un voisin, il est venu apporter des légumes de son jardin. Il nous offre des daikons et des chous chinois. Ses légumes sont magnifiques. Ils sont d’ailleurs passés dans le journal et le monsieur nous montre une copie des articles.
Un autre voisin passe un peu plus tard, c’est le fameux M. M., un forestier, il a plus de 80 ans. Très expérimenté, il était à l’epoque l’un des artisans les plus aboutis dans sa partie. Il a même ete présenté a l’Empereur Showa a l’époque, à qui il a fait la démonstration de son art. On a du lui donner une mé(r)daille.
Après que tout le mochi ait été préparé, nous faisons tous une pause. La voisine apporte une boisson purement succulente. de l’amasaké agrémenté de gingembre. C’est délicieux et j’ai l’honneur de finir la casserole.
La vapeur cuit le riz gluant
On frappe la pate de riz avec le kiné
Il faut le retourner régulièrement, entre deux coups
Voilà les mochis ! On les passera dans le grille pain ou on les mangera dans une bonne soupe.
Les tuiles du toit de la maison de nos amis. A l’éfigie d’Ebisu.
Le chat nous surveille
Voilà une boisson succulente; parfaite pour les guerriers fatigués. De l’amasaké avec du gingembre.
les beaux chous chinois du voisin
Les chants de l’eau, c’est l’un des premiers articles de ce blog.
Finalement hier j’ai enregistré le chant de la rivière qui court au bout du jardin. C’est très reposant.
Samedi. Il est 5 heures du soir, nous rentrons à la maison. Un voisin est passé en notre absence et il a laissé des champignons au pas de la porte. Sans doute de sa récolte. Ce sont des shiitake.
Ca nous arrive assez souvent, et celà fait toujours extrèmement plaisir, de recevoir ainsi les productions des potagers du village.
Vivement que nous devenions nous aussi de bons jardiniers, pour que nous puissons retourner la politesse à tous nos amis.
A noter; la poudre blanche au bas de la porte d’entrée, vient du produit que nous dispersons tout autour de la maison pour zigouiller les scolopendres …
Nous allons bien nous régaler ….
Devant le temple (bouddhiste) du village, cette pancarte, marquant l’année nouvelle.
Merci à toutes et à tous de suivre notre blog et nos petites aventures de tous les jours. Vos visites et vos commentaires sont pour nous les meilleurs encouragements pour continuer.
Excellente année 2014.
Ci-dessous, le petit sanctuaire shinto du village, avec les décorations traditionnelles du nouvel an.
Promenade jusqu’en haut de la vallée ce matin. C’est l’hiver.
A regarder les photos prises avant les travaux et notre installation ici au village, je me dis que nous étions bien courageux, ou désespérés, ou simplement dingues ou tout à la fois, d’avoir plaqué Tokyo et son confort …. pour cette bicoque en bois. Mais nous l’avons achetée, et après quelques travaux .. C’est beaucoup mieux maintenant !
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