Les animaux

Vivre à la campagne entouré de la nature c’est vivre à proximité d animaux sauvages et partager avec eux le même espace. Et parfois les mêmes ressources lorsque ceux ci viennent dévorer, la nuit, en cachette, les légumes et les fleurs des jardins.
La présence de ces animaux, chevreuils, sangliers, blaireaux, fouines et mêmes singes et ours signifie que l’environnement où nous vivons n’a pas été saturé de polluants et de poisons. Si les bêtes peuvent vivre ici, il y fera bon vivre pour nous aussi les hommes.
Il est cependant assez rare de voir les animaux, ce sont des visions fortuites au hasard de promenades nocturnes ou au lever du jour. La journée, les animaux se dissimulent dans les montagnes et ils ne sont plus visibles.
Par contre on découvre parfois les ossements d’animaux.
  • je trouve la carapace d’un bébé tortue à côté du jardin.
  • un jour en forêt ma femme découvre le crâne d’une biche.
  • plus récemment nous apercevons au bord d’une route le crâne d’un blaireau.
  • et le squelette de chat trouvé derrière la maison
On peut se demander par quelles magies ces ossements d’animaux viennent croiser nos chemins.
Il y a peut etre un peu de Totoro là-dedans…comme les mondes parallèles, ceux de la réalité (le monde des adultes) et ceux des enfants, et ceux des esprits de la forêt qui parfois s’entrecroisent. Les enfants sont sur la frange intermédiaire, entre le monde des adultes et celui des esprits de la forêt. Voilà l’histoire de Totoro.
Les ossements découverts sont l’empreinte minérale des animaux sauvages.
En disparaissant les animaux sauvages cessent d’etre invisibles. C’est comme si soudain il existaient à la fois dans leur monde et le nôtre.
Les animaux sauvages après leur mort viennent nous rappeler leur existence, et le fait que les montagnes; les forêts, le village n’appartiennent pas qu’à nous les hommes, mais que nous les partageons avec d’autres êtres.

Les nagamochis

…. se dit nagamotchi.
長持 長 なが naga = long  持 もち mochi = porter
Il y avait dans l’ancienne hanaré deux nagamochis.
Ce sont des meubles bas; rectangulaires; où autrefois l’on gardait les vétements, la literie (futons) ou objets divers. Ils ferment avec un couvercle, comme une malle ou un coffre. Comme ces derniers ils peuvent être transportés; il faut alors deux porteurs, qui hisseront sur une épaule une barre en bois ou en bambou placée dans les poignées métalliques qui s’abattent et sont placées à chaque extrémité du coffre.
Le nagamochi était donc aussi utilisé pour le transport de biens ou de marchandises.
Chez nous en France et en Europe au moyen âge les seigneurs étaient nomades et allaient de résidence en résidence; ils utilisaient des meubles transportables. D’où d’ailleurs l’étymologie de meuble. Petit Robert: mueble XIIè siècle, du latin populaire mobilis.
Belle ressemblance donc entre les nagamochis et les meubles de l’époque médiévale en Europe.
Dans les mémoires des villageois que nous interrogeons persiste l’image vieille de 50 ans des jeunes couples de mariés qui paradaient dans la rue du village, suivis d’hommes portant les nagamochis chargés de biens et de présents.
Il y a même une chanson populaire ; la chanson du nagamochi, nagamochi uta chantée par les porteurs.
長持唄 (version de la région de Miyagi)
ハー 今日はナ 日もよし ハー 天気もよいし
結びナ 合わせてよ ハー縁となる かエー

さアさ お立ちだ お名残おしい
今度来る時 孫つれて

蝶よ 花よと 育てた娘
今日は他人の 手に渡る

Et Youtube est toujours là quand il le faut.
Après dépoussiérage et des petites réparations nous plaçons les nagamochis dans le nouvel hanaré.
Ils y seront très bien.
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Insectes d’Octobre

L’homme et l’ours

Soirée autour du feu avec des amis.
Le poulet découpé en petites bouchées crépite sur la plaque d’acier chauffée par le bambou qui brûle.
Nous sommes dehors sous un large préhaut aménagé à flanc de montagne. autour tout est noir d’encre c’est la nuit et la première habitation est à deux kilomètres.
La bière se boit comme de l’eau, car la journée a été très chaude.
J’étais un peu à la bourre et notre voisin est parti en avance, en faisant monter les enfants dans son petit camion blanc. On s’est ensuite retrouvés dans le préhaut un peu plus tard.
J’ai remarqué,au moment où les enfants montaient, il a dégagé un énorme couteau qui etait posé sur le siège passager.
je lui demande ce que ce couteau fait dans son camion et c’est le point de départ d’une belle histoire.
Il va chercher le couteau. C’est un sacré morceau. un lame de trente centimètres au moins. Il explique. c’est moi qui l’ai fait.
hein ?
Oui, avec une lame de tracteur (vous savez les lames d’acier qui tournent en sens opposés et qui permettent de faire le labour).
Impressionnant. c’est une vraie arme ce couteau. Les femmes alentour sont tout à fait indifférentes à la conversation. on sent que c’est par contre un sujet qui immédiatement a tout l’intérêt des hommes. Le côté noir de la Force, la chasse, la violence, le sang.
La lame de tracteur, qu’il transforme avec son gros poste à soudure et à gros coups de marteau, en un couteau de chasse redoutable.
Les esprits s’animent. il part à l’évier aiguiser la lame. Ca pourrait couper n’importe quoi. Les hommes îvres, se passent le couteau qui voyage de mains en mains. chacun passe ses doigts sur le tranchant pour constater avec un sourire la perfection de l’objet.
Il a chaud et se met torse nu. Un corps sans la moindre once de graisse. Que du muscle.
Puis il explique qu’il prend toujours ce couteau avec lui quand il va travailler dans les montagnes. C’est pour tuer l’ours qui le cas échéant surgirait d’un coin, de la montagne et l’attaquerait. Pour que nous comprenions bien il joint le geste à la parole, et s’accroupit, en pointant avec ses deux mains le couteau, vers le haut, juste au dessus de sa tête. Comme s’il était en prière.
Il dit aussi: pardon, Ours !
L’ours qui se jetterait sur lui s’empalerait la gueule sur le couteau dressé, et il mourrait sans doute sur le champ.
Il explique que pour bien faire on fixerait le couteau au bout d’un gros bâton, pour former une lance qui viendrait s’appuyer sur le sol. c’est ainsi que l’on faisait autrefois, et il cite les noms des voisins et des connaissances qui partent ainsi équipés travailler dans les montagnes.
On en apprend tous les jours. les canettes de bière sont vides, on fait un tour vers le frigo.

GEJIGEJI

Cache cache

Comment repeindre sa boite aux lettres

Construction d’une maison japonaise – suite et fin !

C’est terminé.

Le sakanya pose un enduit blanc shikkui sur les murs extérieurs découvertes.

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L’électricien a installé l’éclairage.

Et les cloisons coulissantes en papier derrière les porte fenêtres, permettront de contrôler la lumière et de s’isoler un peu.

 

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Le résultat est vraiment au dessus de nos espérances.

Nous sommes très reconnaissants à S. et à son équipe.

Pour leur dire notre apréciation nous les invitons pour un diner français. Foie gras, confit de canard. Tout le tralala. Avec du pain ! du vin ! Nous passons un très bon moment.

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Construction d une maison japonaise les yaki itas – finition

Le cambrioleur