Construction d’une maison japonaise – Jour 1 (2)

Continuons sur la première journée des travaux.
Il fait chaud. Les gens travaillent dur. Le visage de S. est fermé. On voit qu’il est super concentré, on n’a pas droit à l’erreur. Je n’ai pas compté mais les gens prennent beaucoup de pauses. On avait préparé un parasol, des rafraichissement et des pastèques. Lors des pauses ils reprennent leurs visages d’enfants.
On perce les grosses pierres de la fondation. C’est que l’on on va enfoncer une barre de fer dans les pierres et les poutres, afin de bien fixer l’édifice au sol et d’éviter qu’il ne bouge suite à des seismes ou au travail du bois.
Puis les hommes commencent à assembler la façade Ouest. On assemble les poutres, à coups de gros maillet. La façade est assemblée, posée à terre.
Puis on la soulève avec une grue et on la pose sur les grosses pierres de la fondation.
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On s’attaque ensuite aux deux énormes poutres horizontales qui vont former les côtés complétant les façades.  A cet instant les deux poutres latérales vont se fixer, ténons + mortaises, dans la première façade.
Puis on assemble la deuxième façade et on la fixe au reste suivant les mêmes procédés. On commence à imaginer la maison bien qu’il n’y ait pas encore de toiture.
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Ensuite, on enfonce comme un énorme légo les colonnes, verticales, dans les poutres, horizontales. Là c’est un jeu d’enfant et je me permets de donner un coup de main.
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Vient une partie délicate. Il s’agit de poser la deuxième paire de poutres horizontales, qui font lier entre elles les deux façades par le haut et s’enfoncer dans les poutres droites.
A partir de cet instant les deux charpentiers commencent à travailler en hauteur. Impressionant, que de les regarder hissés sur les poutres en funmanbules et frapper avec leurs énormes maillets pour forcer les éléments dans les autres.
(à suivre…)

Construction d’une maison japonaise – Jour 1 (1)

Ce sont les deux premiers jours, où tout se joue, d’une façon spectaculaire. Comme il y a beaucoup à dire je vais présenter les travaux de la première journée en plusieurs articles.

L’équipe arrive avec un gros camion, chargé du bois. On décharge avec une grue. Dans l’équipe il y a S. le menuisier charpentier, et K, un autre charpentier venu en renfort. Puis O. et A. qui aident à la logistique et pour tous les petits travaux qui accompagnent les grands.
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En faisant le tour de l’emplacement de la future maison, le charpentier disperse du sel et du saké. Puis nous nous réunissons tous et faisons une prière pour que les travaux se déroulent sans incident.
怪我がないように
Normalement, on fait appel à un prêtre shinto pour purifier le terrain avant la construction, mais comme cette fois ci nous faisons construire sur l’emplacement d’un ancien batiment et que ce n’est pas une habitation principale, mais une simple annexe, où il n’y aura pas de feu, nous faisons au plus simple.

Grenouille

Récolte (3)

Du bon usage de la cravatte

Les  préparations

Ce projet de construire à la place du hanaré est au prix de sacrifices financiers conséquents. Surtout après notre installation récente dans le village qui aussi a coûté quand même beaucoup de brouzoufes et d’énergie aussi. J’avoue qu’au début on a un peu hésité. Mais notre décision a été la bonne.

D’abord nous allons pouvoir acceuillir notre famille de France et la recevoir dans la nouvelle construction, quelques semaines cet automne.
Ensuite, plus le projet avance, plus nous goûtons des moments de bonheur bien précieux. Voilà une belle façon d’utiliser les brouzoufes.
En effet beaucoup d’émotions lorsque nous visitons notre ami le menuisier, qui prépare le bois. Il est allé dans les montagnes de monsieur O un voisin y couper des arbres, et nous voyons quelques semaines plus tard les poutres dans son atelier. Elles ont séché et il les prépare; les annote à l’encre de chine, et prépare les tenons et les mortaises, et les clous de bois, qui feront le tout tenir ensemble, . Ce sont les méthodes ancestrales.
Le menuisier travaille tranquillement; tout seul. Il fait chaud et les deux kilomètres qu’on a fait de chez nous ont mouillé nos t shirts. Il nous offre de prendre le thé. On s’assied et on discute de tout.
J’éclate de rire lorsque j’aperçois son troupeau de chèvres libéré dans l’atelier. Elles se promènent et montent sur les poutres. Elles explorent et reniflent un peu tout; les outils; les câbles, les ficelles.
Il fait chaud; et les chèvres apprécient le frais du sol en béton de l’atelier.
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Chez l’antiquaire

Découverte d’un Antiquaire sur le bord de la route 29 qui mène à Tottori, du côté de la Mer du Japon .

L’anquitaire est très sympa. Il fait chaud et il est en marcel, et l’on voit ses gros biceps. On lui demande, tu fais beaucoup de sport ? Il répond: je suis préparé à faire face aux prochaines périodes de famine. Voilà qui est bien concret.

Nous achetons quelques objets d’autrefois.
Un tout petit rabot. Rikiki, et très beau.

Vocabulaire

Rabot かんな 鉋

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Un outil qui a appartenu à un tailleur de pierre. Noter le manche très court.

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et cet objet en bambou.

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Devinette.

A quoi servait cet objet en bambou ?

Reponse a la devinette

Ceci est un clou

Ceci est un clou, en bois.

Pour la petite maison que nous construisons en remplacement du hanaré.

Le clou est en kashi. カシ樫)

Attention, en français c’est le Cyclobalanopsis. Ou chène bleu du Japon. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyclobalanopsis

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PS (une semaine plus tard).

Bon. Vous le constatez, je perds mon francais. Il ne s’agit pas d’un clou, mais d’une cheville….. !

 

Les fondations

La nouvelle construction, à la place du hanaré, sera une piéce de 20 mètres carrés. 4×5. Construction traditionelle. Murs en terre. Et tout le reste en bois.
Pour ce qui est des fondations de la maison, ce sera comme le hanaré, soit les piliers de bois reposant sur de grosses pierres. Rien de plus. Le batiment est surrélevé par rapport au sol. Ceci permet de résister à l’humidité.
Cette semaine nous avons posé les pierres. A l’emplacement des futur piliers… on se croirait sur un site archéo.
L’énorme pierre carrée, ce sera pour monter dans la pièce. Déjà on s’assied dessus, pour regarder tranquilement ce qui se passe dans les montagnes.
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on creuse la terre avec la pelleteuse vert grenouille pour mettre les grosses pierres à niveau.

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Sur les pierres viendront s’appuyer les piliers en bois. On fait comme autrefois ! Ce procédé est économique … pas besoin de camions toupie.

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Les pierres posées, on a mis une couche de terre ‘masatsuchi’

Le soba de monsieur H

De bonne heure le matin je passe devant chez monsieur H. Il est sept heures. C’est samedi et il prépare les nouilles de sarrasin, le soba, pour son restaurant. Je m’incruste un peu et lui demande de me montrer comment il s’y prend.

Beaucoup de restaurants de nouilles ici ajoutent de la farine de blé à celle de sarrasin. Cela permet de réduire les coûts de revient et facilite aussi le process, car les nouilles sont moins cassantes. Par contre le goût et la texture sont très différents. On appelle les nouilles soba faites uniquement avec du sarrasin juuwari, ce qui signifie dix dixièmes. En général c’est signe de qualité, et de dextérité de la part du préparateur.
Si vous allez manger du soba dans un tachigui, ces restaurants fast food pas chers que l’on trouve dans les gares et où l’on mange debout, vous pouvez être sûrs que beaucoup de farine de blé a été ajoutée et que la portion de sarrasin correspond au minimum syndical…
H. après avoir pris sa retraite, s’est installé dans le village et a construit un chalet. Il est ensuite parti apprendre l’art des nouilles de sarrasin soba auprès d’un grand maître. Un peu comme dans la série Kung-Fu avec David Carradine donc.
Quand je suis arrivé chez K, il avait déjà fini le pétrissage. J’ai donc assisté, en compagnie de son chien si drôle, aux étapes qui suivent.
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Voilà !
Vocabulaire
Soba (Sarasin) そば 蕎麦
100% sarasin じゅうわり 十割