Tagué: vivre à la campagne au japon
Extension du domaine de la bûche – Jour 4
Suite du projet bricolage, extension du domaine de la buche.
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4) Pose du troisième pilier. Jour 4
5 à 6 heures.
bon, je me rends compte que la première poutre horizontale posée n’était pas droite ! Et en plus le niveau que j’avais utilisé, un truc pas cher en plastique, déconnait. J’ajuste donc la hauteur de la fixation sur laquelle elle repose.
Ensuite je me mets au troisième pilier, qui doit être placé au milieu des deux premiers. Sa hauteur est déterminée par la hauteur au sol; sous une planche que je pose temporairement sur les deux piliers, moins le diamètre de la poutre.
Pour soutenir la poutre du côté de l’abri existant je bricole un support et pose aussi une solide planche entre les deux appuis existants; sur la quelle la planche viendra se poser.
Pour consolider le tout je pose dans chaque coin des diagonales liant les piliers aux poutres.
Ensuite c’est facile. je pose les chevrons, perpendiculaires à l’orientation de l’abri bois.
Pose du troisième pilier.
Par contre la diagonale est mal orientee. C’est plus joli si elle pointe vers la face avant. Je la repositionne.
C’est mieux comme ca. Les morceux de bois, verticaux empecheront les buches de tomber.
On distingue aussi la troisieme poutre.
Extension du domaine de la bûche – Jour 5
Suite du projet bricolage, extension du domaine de la buche.
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5) Continuation. 5 heures.
Apres, c’est facile. je pose les chevrons, perpendiculaires à l’orientation de l’abri bois. Ensuite les lattis.
J’aligne les chevrons a partir de l’avant la ou c’est plus haut et moins facile d’acces. Ils depassent un peu trop et dois les couper sur 20 cm sur le cote arriere.
Pour les couper tous à la même longueur, j’utilise le sumitsubo, pour tracer une ligne droite sur les chevrons.
Et place à la peinture et c’est là un moment super sympa car mon fils vient m’aider. On monte sur le tas de bois qui est toujours sous l’abri et on barbouille tout !
Il se met à neiger. Battaille de neige !…
Puis ensuite pose du toit avec les plaques de plastique ondulé.
C’est fini !
Extension du domaine de la bûche – Jour 2
Suite du projet bricolage, extension du domaine de la bûche ou la métaphysique des bûches (@bistroman :))
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2) Pose du premier pilier. Jour 2.
2 heures.
Je fais tout sans plan. Avant de commencer j’ai aligné par terre toutes les poutres. Les plus longues entre 2700mm et 3000mm seront pour le toit et les plus courtes pour les piliers.
Je commence par le pilier qui supportera la face arrière de l’abri. C’est le plus bas, et le moins visible. Donc je peux me planter un peu sur celui-là.
Avant de le poser je positionne un petit bloc de béton par terre. Mets une longue planche debout sur le bloc. Je mets une planche à l’horizontale; posée sur le point de fixation du côté de l’abri existant, qui fait face; m’assure avec un niveau que cette planche est bien à l’horizontale et marque ainsi sur la planche debout quelle devra être la longueur du pilier, pour pointer sur exactement la même hauteur que le point de fixation.
Une fois ceci mesuré je vais découper le pilier dans l’atelier et j’assemble la barre de fer. Puis je retourne sur le terrain. Pose le pilier sur le bloc de béton. Essaie de le mettre bien droit en tenant d’une main, de l’autre je le stabilise avec une planche fixée temporairement.
puis je pose dessus une poutre transversale et la fixe des deux côtés. C’est fait.
Première poutre. on voit bien les deux appuis fixés à l’abri bois existant.
Extension du domaine de la bûche – Jour 3
Suite du projet bricolage, extension du domaine de la bûche.
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3) Pose du deuxième pilier. Jour 3
3 heures. Là je peine un peu pour bien positionner le bloc de béton pour le deuxième pilier qui supportera le coté avant. Ça aurait dû aller assez vite mais ça se met à merder un peu. Mais bon c’est la même démarche pour le jour 2.
Pour positionner le bloc de béton, je mesure les X et Y pour sa position avec des planches marquées avec le X (distance appui – premier pilier) et le Y (distance entre face et arrière de l’abri bois existant).
Bon on y arrive à un moment. ensuite une fois le bloc de béton positionné je coupe le pilier à la bonne hauteur.
Une fois positionné je le fixe au premier pilier avec de belles planches de criptomère. Trois planches, deux droites et une en diagonale. Du solide.
Ensuite je pose la poutre horizontale qui fixera le deuxième pilier au point de fixation de l’abri bois existant.
Ça commence à prendre forme.
Cette année aussi, Tondo
Cette année aussi on a fait le Tondo avec les habitants du village.
C’est un grand bûcher, organisé 10 jours après le nouvel an. On assemble du bois ramassé par ci par là et du bambou.

On y met le feu. L’idée, en ce début d’année; c’est que s’exposer au bûcher, à sa fumée, à sa chaleur; garantit d’être en bonne santé pour l’année.
On jette aussi au feu les amulettes et les décorations utilisées pour le nouvel an.

Ensuite avec les braises chacun va fait cuire le mochi qui décorait la maison pendant le nouvel an. Kagami Mochi.
鏡餅 かがみもち kagamimochi ‘mochi du miroir’ pâte de riz gluant utilisée comme décoration pour le nouvel an.
Au village certains en profitent pour faire un barbecue, c’est ce que nous avons fait.
L’occasion de passer un peu de temps ensemble.
L’ambiance est bon enfant. Tous ensemble nous nous sentons en confiance et en sécurité.
Bien sûr l’alcool est là. Il n’y a pas de fête sans alcool.

T. nous raconte comment, adolescent, il a vécu pendant la guerre. Il était fan d’aviation et a failli s’engager pour rejoindre les escadrons de kamikazes. Il explique qu’il est bien content, aujourd’hui, de ne pas l’avoir fait.
特攻隊 とっこうたい kamikaze
H. lui nous raconte que après l’annonce de la capitulation du Japon en 45, avec le célèbre message lu par l’Empereur à la radio, il avait couru informer des soldats qui étaient au sommet d’une montagne à Kobe, et les soldats n’avaient pas voulu le croire.
T. raconte aussi comment autrefois, l’été; on priait pour faire venir les pluies. Les villageois allaient au sommet de la plus haute montagne. Il y faisaient un énorme bûcher et jouaient du tambour toute la journée.
Ma femme lui demande si cela avait quelque effet, et T. répond qu’en effet il pleuvait à chaque fois.
雨乞い あまごい amagoi prière pour la pluie
和太鼓 わだいこ wadaiko tambour japonais
T. ne voit pas beaucoup d’étrangers. Je suis peut-être le seul Européen qu’il ait rencontré, et il a plus de 80 ans. Quand on lui demande quel âge il me donnerait … il hésite un peu et dit ‘mmm entre 30 et 60 ans‘ ça laisse de la marge …
Un autre voisin arrive et se joint à nous, fortement éméché. Il nous raconte que sa famille est venue vivre dans le village après la guerre d’Ounin, en 1467. Après celà il s’éloigne un peu pour faire pipi, mais au lieu d’aller vers la montagne pour se dissimuler, il est déjà un peu trop bourré pour ce rendre compte, et va vers des maisons et fait pipi juste devant la route. Je rigole bien et un autre voisin fait la remarque que de toute façon il n’y a pas grand chose à voir.
応仁の乱 おうにんのらん ounin no ran la guerre d’Ounin
D’autres font allusion aux attaques terroristes qui ont frappé Paris et décimé l’équipe de Charlie Hebdo et pris la vie de nombreux autres innocents.
Le tondo et ces moments que nous passons en paix avec les voisins (ces voisins d’ailleurs pour lesquels je suis un étranger; né en France et arrivé tout d’un coup avec ma femme et mon fils sans aucun rapport avec eux… ni avec leur terre) … eh bien nous buvons et parlons ensemble. Nous nous acceptons les uns les autres avec nos différences de race ou d’âge. Cela ne veut pas dire que nous nous aimons les uns les autres pour autant, mais nous nous acceptons et pouvons discuter librement de choses et d’autres. Et en cas de coup dur nous nous aiderons mutuellement.
C’est ça; la culture, la civilisation.
Ce sont ces mêmes culture et civilisation que les terroristes souhaitent détruire et remplacer par le néant.
Une Pause et Echanges
Je prends une pause au travail, 30 petites minutes pour suer un peu et fendre de grosses bûches. En sortant de la maison j’aperçois le voisin affairé au fond de son jardin. Il est assez loin, je pousse la voix pour lui souhaiter une excellente année 2015. Ca donne la pêche de donner la voix. Faut pas se gêner et c’est pour la bonne cause des relations de voisinage.
Je commence à fendre des bûches de chêne, le même voisin arrive avec deux magnifiques yamaimo.
Vocabulaire やまいも 山芋
Dioscorea japonica (non, pas diahrrea japonica). Une sorte d’igname ?
Cette plante est courante au Japon, Corée, Chine et dans une partie de l’Inde.
On discute bien, on parle outils. Hache, tronçonneuse. Nous n’avions pas conversé ainsi depuis longtemps. Je parle de mes petits projets dans la montagne; qu’il connait très bien pour y avoir joué lorsqu’il était enfant.
C’est une personne sensible et intelligente.
Le voisin part; mais revient avec son camion quelques instants plus tard. Il m’offre une hache et un tobi. Ces deux outils ont appartenu à son père qui travaillait dans les bois. Quelle touchante intention. Je ne sais comment le remercier, vraiment, et la seule chose qui me vient à l’esprit est de lui donner un beau morceau de fromage de Hollande.
La hache est superbe. Lourde et longue elle conviendra à fendre les bûches. Elle porte bien les marques de mayoké sur la tête de la hache.
Vocabulaire mayoke まよけ 魔除け
amulette ou protection contre les esprits. Sur la tête de la hache la marque caractéristique demande la protection des dieux de la forêt et l’autorisation de couper des arbres et d’en prendre le bois.
Le tobi ressemble à un pic. Je n’ai jamais utilisé cet outil.
Tobi est l’abréviation de Tobiguchi, 鳶口 qui signifie le bec du milan noir. Cet outil ressemble en effet au bec du rapace. On le plante dans un tronc d’arbre pour le tirer et le descendre de la montagne.
Peut-être même l’outil lui-même a-t-il été conçu en observant et imitant le bec du rapace.
Vocabulaire tobi ou tobi guchi とびぐち 鳶口
Le royaume des chats et autres divagations
En continuant plus au fond de la vallée où nous vivons, il y a les ruines d’un ancien élevage de poulets. Un belle horreur de ferraille et de plastique; qu’il faudrait bulldozer, mais l’argent et le cœur manquent aux anciens propriétaires pour cela.
C’est aussi ici que l’esprit commence à divaguer et à perdre pied.
L’homme a quitté les lieux. A partir de cet endroit, la route devient un chemin forestier. Plus loin il y a un temple abandonné et une maison tombée en ruines. Le temple a brulé il y a plusieurs années. Court-circuit électrique. Le moine est parti.
Dans cette zone s’opère la lente transition entre le monde de la forêt et celui des hommes. L’homme est parti mais a marqué l’endroit, avec tous les détritus qu’il a laissés. Ces détritus sont la pour longtemps.
Comme les mines antipersonnel que laissent les guerres. La forêt tente de reprendre ce qui lui a appartenu. La forêt a tout son temps.
Des colonies de chats ont envahi l’endroit. Ils sont un peu sauvages. Ils ont pris possession des lieux. Pour l’instant. Les ruines sont devenues le royaume des chats.
Au delà de ce poste frontière, c’est le monde de la montagne et des animaux sauvages. Chevreuils, sangliers et on peut imaginer les singes et les ours qu’on ne voit jamais. Les chats assurent la transition. Vérifient les papiers des voyageurs …
J’aperçois le camion d’un villageois, arrêté près de l’ancien élevage de poulets. C’est un habitué. Il vient voir les chats tous les jours. L’homme est très discret et ne veut pas que je le photographie. Les chats eux sont moins timides.
Ils sont bien mignons les chats.
On peut continuer sur le chemin, vers le temple abandonné.
Les chats observent le promeneur s’enfoncer dans la forêt.
Celui là file dare dare vers l’ancien temple, parti dans un incendie, comme pour prévenir les dieux, ou les animaux. Ou alors les animaux sont les nouveaux dieux. Et vice versa.

Voila la maison abandonnée, où vivait le responsable du temple. Les chats montent la garde.

Ah; le camion aperçu tout a l’heure vient. Pour une caresse du conducteur, un petit chat se hisse sur la roue avant.
Postscriptum et dur retour à la réalité.
Lors de la saison de la chasse, me raconte une voisine, les chasseurs se précipitent en camions sur les chemins et écrasent sans honte tous les chatons qui s’y trouvent; ‘on s’en fout, il y a trop de chats‘ disent ils.
A croire que la c….. des chasseurs est universelle.
Mon fils et le scolopendre
07:30 du matin.
Notre fils s’apprête à sortir de la maison pour aller à l’école. Au même moment un énorme scolopendre se promène sur la porte d’entrée. La nuit a été chaude et humide. A cause d’un typhon qui s’approchait. Cette météo est propice à la visite des scolopendres.
C’était l’occasion de les prendre en photo tous les deux, mon fils et le scolopendre. Pour un joli portrait. Un portait de famille.
Et puis ça permet de donner un idée de leur taille, aux scolos.
J’ai eu ensuite envie de mettre la photo sur le blog mais je ne veux pas poster la photo de mon fils sur le web .
Après avoir considéré plusieurs solutions:
1 je renonce à mettre la photo sur le blog;
2 je pixelise le visage de mon fils avec gimp;
3 je colle un portrait de chateaubriand sur mon fils,
et demandé des suggestions à des amis sur le web:
Cracrayol @cracrayol ou le visage de Doraemon, voir le ‘logo’ du Laughing Man, de Ghost in the Shell ^^
La photo est un peu sombre. Vous avez trouvé le scolo ?
Récolte et jardin
Cet été; le jardin avait assez bien démarré. La terre était bien mieux que l’année dernière, très belle en certains endroits et une foultitude de vers de terre: yeah !
Certains trucs n’ont pas du tout pris mais les pieds de courgettes, d’okra et de concombres étaient vraiment prométeurs. Mais voilà les chevreuils la nuit ont commencé à fréquenter notre potager et y ont fait des ravages.
J’ai fini par tout barricader avec du bambou et des filets, mais celà a pris pas mal de temps et les chevreuils ont pu faire plusieurs passages et se régaler.
Du jardin il ne reste plus grand chose. J’ai pu par contre bien protéger quelques pieds de tomates qui nous alimentent et nous consolent un peu.
Les feuilles vertes sur la photo, ce sont des feuilles de shiso.
La prochaine fois je vais changer de stratégie … niveau protection de la production.
Pardon Tortue
Au pied du jardin coule une rivière.





















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