Décoration du nouvel an
Posée stratégiquement sur un four de charbon de bois, la décoration traditionnelle pour célébrer le nouvel an.
une bouteille de saké 酒
un yuzu 柚子
un kagami mochi (deux gâteaux de riz superposés) 鏡餅

Tondo, préparation
Le Tondo, c’est un bûcher organisé dans chaque village au début de l’année. Une sorte de purification collective accompagnée de barbecue et de ripailles.
Ici le tondo aura lieu dans 10 jours. Tout le monde qui a l’occasion va déposer du bois à l’endroit habituel en guise de préparation.
Montagne: premier inventaire des arbres à abattre
La forêt a perdu toute valeur économique et, depuis, les gens ne s’en occupent plus. Normalement il faudrait éclaircir la forêt régulièrement pour permettre aux meilleurs arbres de se développer dans les meilleures conditions.
Si on ne le fait pas, les cryptomères se gênent, se courbent, ne savent developper le volume de feuillage (et de racines) adéquat et auront des problèmes.
Les mauvais cryptomères, les vents violents ou la neige vont les faire s’écrouler à un moment ou un autre. Gare à celui qui se promène dessous au mauvais moment !
山が傷んでいる Comme on dit. La montagne a mal.
Comme je viens de finir de dégager la troisième terrasse, auparavant encombrée d’arbres écroulés, nous pouvons envisager la prochaine étape.
Plusieurs options sont possibles. Ne rien faire. Couper tous les cryptomeres et planter des fruitiers à la place etc.
En attendant de décider, nous allons commencer par couper les cryptomères en situation critique. Ceux dont le tronc est courbé ou abimé. Cela permettra d’éclaircir un peu la forêt et offrira une meilleure visibilité
Nous essaierons de re-utiliser le bois, en faire des planches par exemple pour faire un wood deck dans la forêt et pourquoi pas une petite cabane pour y abriter les voyageurs égarés.
Ces cryptomères font vingt cinq mètres de haut ! Ils sont impressionnants. Je demande à un ami de venir voir. Il connait très bien la montagne et les arbres. C’est un professionnel. Nous marquons d’une ficelle blanche les arbres à abattre. Nous en avons identifié huit.
Celui la le plus dangereux est complètement courbé.
Celui-la dérange d’autres arbres en bien meilleure condition
Celui-la, je ne me souviens plus !
Le tronc est abimé. Sans doute est-il déjà pourri à l’intérieur. Notez le feuillage sous développé et déséquilibré.
Pareil pour le feuillage de celui-ci. on note des irrégularités dans la ligne du tronc également.
Il est pas droit celui-la !
et c’est le septième j’ai oublié de photographier le dernier.
Dans ce travail de grand intérêt, Minou nous a accompagnés.
Le plan de la montagne
Ragafrance avait suggéré que je fasse un plan de la montagne. C’est chose faite !
On voit bien les trois terrasses qui se succèdent. La première je l’ai nettoyée (débroussaillé la jungle) et nous y avons planté une vingtaine d’arbres depuis l’année dernière.
La deuxième terrasse est inchangée, et occupée de cryptomères et de théiers.
La troisième est couverte de cryptomères avec une grande clairière en son centre, un typhon il y a 10 ans y a tout arraché.
Je suis en train de dégager tous les arbres effondrés pour faire place nette.
Une prochaine étape aussi sera d’y abattre les cryptomères en mauvais état.
Petit à petit
Petit à petit l’oiseau fait son nid ….. petit à petit la montagne prend forme à force de nettoyer et de ranger les troncs d’arbres effondrés.
Le mieux c’est d’y aller à la hache. On travaille ainsi son swing.

Maintenant que le tout est plus facile d’accès, on peut mieux apprécier la vue sur le village …
Légumes du jour

Le marronnier de la voisine
Donc, on a coupé le marronnier de la voisine lors du nettoyage collectif de la rivière car il encombrait trop et gênait le débit de l’eau (de la rivière).
Un beau marronnier centenaire.
La voisine était triste et aurait préféré le garder et ne pas le couper. Je sentais qu’elle n’était pas tout à fait d’accord avec la décision du chef du village (par contre son mari était d’accord).
Une fois coupé on a transporté les buches jusqu’à la maison.
Le bois était très frais et ma hache suédoise l’a fendu avec beaucoup de facilité. Une vraie entente entre le bois et l’acier. On sentait vraiment qu’il était encore vivant, le marronnier. Il était frais comme un légume que l’on vient de retirer de la terre du jardin. Maintenant le marronnier est saucissonné et rangé dans mon abri bois. Où il va pouvoir sécher tranquillement.
En le fendant j’ai pu observer tous les différents insectes qui y vivaient. C’était impressionnant.
Dans une branche pourrie j’ai vu quelques termites. Cette branche je vais l’apporter au tondo, le grand bûcher annuel du village. Pas besoin de garder ça à côté de la maison trop longtemps.
J’ai trouvé aussi une colonie de fourmis. Les fourmis étaient assez grosses, un centimètre. Et d’une magnifique couleur caramel.
Dans d’autres branches il y avait une autre colonie de fourmis qui elles étaient minuscules, de l’ordre du millimètre.
Dans le bois de marronnier ici on trouve invariablement les galeries creusées par un kamikirimushi. (capricorne). On pourrait y enfoncer le petit doigt. On trouve aussi des larves de capricorne. Je sais que certains ici au Japon les passent à la poêle avec un peu de beurre, ça un goût de noisette dit-on !
Ce beau marronnier était un écosystème à lui tout seul.
La voisine disait que ce marronnier avait été planté par le grand père; elle était vraiment attachée à cet arbre. Malgré son âge avancé elle continuait à descendre dans la rivière pour y récolter ses marrons, malgré la descente acrobatique et hasardeuse le long du mur de pierres, et les gros galets glissants.
En fendant a la hache une partie du tronc j’ai gardé une petite planche. Je l’ai passée au rabot et à la ponceuse. Je vais la donner à la voisine comme souvenir de ce bel arbre.
Bricolage: remake de l’établi
L’établi dans l’atelier, je l’avais fait il y a trois ans bientôt et ça n’était pas vraiment une réussite. Je l’avais fait s’appuyant d’un côté sur un usu, un vieux mortier en bois, assez énorme, et l’idée était mauvaise dès le départ. Enfin bon… il y a trois ans nous arrivions juste dans le village, je n’avais jamais bricolé de ma vie et j’avais des idées zarrebis comme ça !
J’ai donc tout démoli pour repartir de zéro.
Et assemblé deux paires de pieds. Des poutres de cryptomère de 9 centimètre de côté, que l’on trouve partout chez les monsieur bricolage du coin.
Voila mes premiers vrais essais de tenons et mortaises. Il est toujours bon de s’essayer à quelque chose de nouveau. Quatre mortaises, et à partir de la troisième déjà je me débrouillais un peu mieux. C’est toujours étonnant de voir comment les mains peuvent apprendre vite. (plus vite que le cerveau on a l’impression).
Les deux énormes planches sont du pin, et proviennent de la maison d’un voisin, démolie il y a trois ans. Ce sont d’anciennes poutres. Elles sont super épaisses. Centenaires sans doute. C’est du solide. Je fixe les poutres directement sur les deux paires de pieds avec des boulons.
Le plus délicat c’était les mortaises et les tenons et je suis content d’avoir pu m’y essayer. Sachant qu’au prochain projet de bricolage je ferai un meilleur job.
Maintenant je vais ajouter des trucs, des petits systèmes pour pouvoir bloquer ou fixer les pièces de bois sur lesquelles travailler a l’etabli. A suivre !
Travaux collectifs: le nettoyage de la rivière
Une fois l’an, un dimanche après midi en décembre, tous les habitants du village se regroupent pour le nettoyage de la rivière. (voir aussi l’article écrit en 2012 sur le même sujet !)
Ici dans cette région du Japon les précipitations peuvent être soudaines et très importantes. Il y a aussi les typhons. Il est crucial que la rivière soit propre et qu’aucun obstacle ne vienne à freiner son débit. Sinon, il pourrait y avoir des désastres, comme des débordements, des inondations avec des maisons emportées par les flots déchainés ou encore l’effondrement de berges ou de ponts.
Le nettoyage de la rivière, c’est un événement important. Ca n’est pas unique; au Japon c’est très répandu je crois. Qu’en est-il dans les campagnes de France et d’ailleurs ?
En tout cas on peut apprécier de voir la petite communauté prendre le sort de sa rivière en main et unir ainsi ses forces cet après midi d’hiver, sans utiliser les resources ou les services de la municipalité, de la région ou de l’état. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.
Tous les hommes se regroupent. On est en habits de travail. Tout le monde porte à sa ceinture une serpe kama 鎌, ou bien une hachette nata 鉈, ou encore une scie noko 鋸.
Le chef du village aura décidé des petits groupes qui vont se répartir le travail à différents endroits le long de la rivière. Puis on va couper les bambous ou encore retirer les poubelles ou les branches de bois mort qui encombrent le lit de la rivière. Tout le monde est très bien organisé. Il y a ceux qui descendent dans la rivière pour couper et tronçonner, il y a ceux armés de leur petits camions keitora dans lesquels ils vont charger toutes les coupes pour les emmener ailleurs, là où on ira faire le tondo plus tard en janvier.
Cette année notre équipe était chargée de couper et débiter un vieux marronnier dont le tronc courbe venait freiner le débit de la rivière pendant les grandes pluies. Je suis triste de voir couper ce bel arbre. Je voulais nettoyer la rivière, pas vraiment voir couper d’arbres. Mais bon, cet arbre, un typhon aurait pu l’arracher, et il aurait pu alors se ficher sous un pont et qui sait alors si le pont aurait pu résister à la puissance décuplée de l’eau. Le malheureux marronnier, finira d’ailleurs dans notre tas de bois pour être jeté dans le ventre de calcifer.
Après deux bonnes heures de travail on se retrouve tous au foyer du village, les hommes s’asseyent d’un côté et les femmes de l’autre. La bière, le saké, le shochu. Des bouts de cochon, une soupe, une salade de pattes mmm quel régal. Les gens sont de bonne humeur. C’est une petite fête.
Quel bon moment en bonne société!




























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