Catégorie: japon

Fin de l’abondance ? Fin de l’insouciance ?

J’aime bien ce ton théâtral et cette dramatisation dans la bouche du président français:

Nous assistons à une grande bascule et un grand bouleversement [Voir le point 2 ci-dessous] (…) nous vivons la fin de ce qui pourrait apparaître comme une abondance« , a déclaré Emmanuel Macron avant d’ajouter : « C’est la fin de l’insouciance

[https://www.rtl.fr/actu/politique/emmanuel-macron-lance-la-rentree-politique-c-est-la-fin-de-l-insouciance-7900178709]

  1. Ici (et partout ailleurs) le jardin et les choses qui continuent à y pousser toutes seules apportent une contradiction qui rassure; certes, le monde peut partir en nouilles, on peut se mettre d’accord sur ce point mais cela n’empêche pas le jardin; les insectes, les vers de terre et les légumes de faire leur boulot. Il faut sur la terre les pieds garder. Ne pas céder à la panique.

2) Le grand bouleversement qu’évoque Emmanuel, les spécialistes appellent ça, dans leur jargon, le « retour de bite ».

Un peu sur le même sujet: dans ces temps incertains, où même les leaders politiques semblent céder au pessimisme j’ai trouvé un indice, comme laissé par le Petit Poucet; vers une solution possible…. dans le supermarché de la ville voisine: un sac empli de grosses saucisses … et qui porte l’étiquette

Le Sac de la Joie お楽しみ袋!!

Voilà ne nous laissons pas abattre; ni tromper pas les messages et … la solution d’ailleurs que je devrais m’appliquer : ne pas lire les niouzes !!

L’été en résumé

L’été au Japon, chaleur et humidité, cette saison parfois nous teste et nous demande beaucoup !

Maintenant on est fin août les jours de grande chaleur sont passés et les nuits sont plus fraiches.

Ah oui, pour moi le plus difficile c’est la nuit, la nuit étouffante et humide qui empêche de dormir, dur dur quand on doit aller travailler très tôt le lendemain matin. La privation de sommeil; grande spécialité du guépéou que Soljenitsine décrit en longueurs dans l’archipel du goulag …

Mais bien sûr il y a aussi tellement de bons moments. Toute cette énergie que l’on voit partout, tout ce qui pousse dans le jardin et le transforme en une véritable jungle et puis tous les animaux qui s’en donnent à cœur joie c’est si formidable. Les insectes; les serpents c’est merveilleux de pouvoir les observer. En été la campagne japonaise est si belle. Tout resplendit!!

La solution: il faudrait être en vacances tout l’été !! et ne pas avoir à se lever très tôt le matin pour travailler … pour pleinement profiter de cette saison tout à fait époustouflante.

Le jardin a donné tout l’été. Beaucoup d’aubergines de tomates de poivrons et même des courgettes, que je n’ai jamais réussies. Et puis une quantité faramineuse de citrouilles.

Je remplis des paniers tous les 3 ou 4 jours et fais des méga ratatouilles. Parfois j’emplis un panier vers midi; et je laisse mijoter la ratatouille dehors à l’entrée du bureau pendant je finis mes mails. C’est bien de pouvoir faire plusieurs choses en même temps comma ça.

Lundi matin. 7 heures. Il ne fait pas encore super chaud. Réunion avec Saki et le chien tchatcha. On se prend un café et on discute des choses. Les nouvelles du monde avec la guerre en Ukraine sont particulièrement mauvaises. Tout part en couilles. Pour garder le morale la conversation se rabat sur le champ et les divers travaux que nous devons y faire.

Et oui! je partage mon temps entre le travail dans l’IT; à la maison et le travail au champ. C’est parfois difficile de concilier les deux. Le champ aurait besoin de beaucoup plus d’attention.

ici tout compte fait l’été n’a pas été si caniculaire. On a vu pire. Il y a eu en effet beaucoup de pluie. Ici après une nuit d’orage; je regarde le niveau de la rivière, de mon bureau.

En Juillet j’ai fait la découverte d’un marchand de disques et de cassettes, à une trentaine de kilomètres d’ici. Un endroit et un business improbables mais le business en fait semble bien marcher ! On trouve toujours des surprises…

Avec le camion en quatorze mois j’ai fait dix mille kilomètres.

Minou fait la sieste en mode grand écart; à l’ombre sous une table. Il fait chaud!!!

Très difficile de dormir certaines nuit; avec la chaleur humide. Ici je me réveille vers les deux heures et prends une photo de la maison.

Plus tard j’essaie de retrouver le sommeil et m’installant dans le jardin, dans un hamac. Les étoiles sont magnifiques. La caméra du mobile arrive à prendre ça:

En l’espace d’une petite heure on observe plusieurs poignées d’étoiles filantes !

Août c’est le début de la saison de la pèche au filet pour les ayu. Mon ami Saki fait ça chaque été; et il nous en fait toujours profiter. C’est un vrai régal.

Sur le parking d’un temple aperçu cette voiture avec toutes peluches de Capybara, le plus grand rongeur du monde (non ça n’est pas macron)

Plus tard dans le temple on découvre ces sculptures tout à fait étonnantes !!

Dans la chaleur moite les chats, ici Scotch, se laissent fondre comme un cornet de glace.

Message du temple pendant la semaine du o bon. O bon c’est la fête des morts, au Japon. Mi Août. On dit que les âmes des défunts reviennent aux villages visiter les familles.  »O bon la tiédeur de ceux qui nous ont quittés est encore vive« 

Déjà la lumière d’août en cet fin d’après midi. Je ne me lasse pas de la beauté des lieux.

Cet été et ça a été la clef du succès, je me suis tenu à un excellent rythme. Après le travail à la maison, je commence vers 4 ou 5 heures le matin, je bosse jusqu’à 13 ou 14 heures et après je me fais 10 km sur un rameur (pas sur l’eau; à la maison; zut). Ce rameur me fait le plus grand bien. Après on peut litéralement essorer le T shirt!

Parfois quand il fait beau je monte ensuite sur mon vélo et vais voir le fond de la vallée, pourquoi se priver d’une si belle vue!

Pour les cigales c’est la fin d’un très long voyage. Combien d’années aura celle-ci passées sous terre, avant de venir se perdre dans l’été?

Fin août on récolte les édamamés. Juillet et août ont été très pluvieux, et les édamamés en ont un peu souffert. On récolte ce qui n’a pas été perdu.

Ici se sont les patates douces. Elles ont l’air d’avoir une super pêche !!! On attend fin septembre pour commencer la récolte.

Un méga projet cet été c’était la préparation d’une exposition de mes dessins. L’expose commence cette semaine !!! Comment ça va se passer ? Des gens vont venir ??

L’expo est du 26 août au 3 septembre.

Le 3 septembre, un samedi, je serai à la galerie toute la journée.

Adresse de la galerie:

ギャラリーわびすけ / Galerie « wabisuke »

〒663-8113 兵庫県西宮市甲子園口1丁目4−3

663-8113 Nishinomiya Koushien guchi 1-4-3

アクセス: http://bcbweb.bai.ne.jp/waviske/access.html

PPR: Pastèques Poussins Riz

P Pastèques

Dans le champ que nous cultivons avec l’ami Saki, ce matin je vais récolter les pastèques. Pour bien faire je les aurais récoltées une à une plus tôt cet été, mais l’endroit était recouvert d’herbes hautes et comme nous partageons le champ avec les vipères j’ai dû d’abord y aller avec la débroussailleuse.

Les corbeaux n’ont pas vu les pastèques cachées dans les herbes, sinon il les auraient mangées !

Ca fait beaucoup de pastèques à manger, tout d’un coup. J’en passerai quelques unes au mixeur pour en faire un jus très désaltérant.

P Poussins

Saki à propos a reçu neuf petits poussins. Il avait des poules jadis mais il y a deux ans, un furet était parvenu à s’introduire dans le poulailler et il avait fait un massacre, style mélenchon à l’assemblée.

Je me dis que le jour où je quitterai mon job je m’occuperai de quelques poules, histoire d’apprendre et de pouvoir manger des œufs. Ce serait la continuation naturelle de nos aventures ici au village car nous essayons de maîtriser les choses simples qui nous approchent de l’autonomie: faire ses légumes, se chauffer au bois, et fabriquer des choses.

Je profite de l’occasion pour me renseigner et voir comment tout cela se passe …. dans le temps, dans les Charentes, mes grand parent avaient des poules, des pigeons, des lapins, des moutons … Presque en auto suffisance! Ce concept d’auto suffisance prend d’ailleurs tout son sens dans ces périodes inflationnistes et trempées d’incertitude.

En attendant Saki, a bricolé un abri pour les poussins, en utilisant un vieux meuble.

R Riz

On est dans l’atelier de Saki à discuter, que vient mister T.

Mister T est un personnage toujours souriant et plein d’astuces. Lui aussi d’ailleurs a des poules. Ce matin il vient inspecter sa rizière qui est juste face à l’atelier.

On parle de quelques aspects techniques. L’espacement entre ses plans de riz est plus important que dans la rizière du voisin. Je m’assieds au bord de la rizière et on discute alors tous les trois. J’adore ces moments ! C’est comme dans un film….

Je prends mister T en photo. Il inspecte une tige de riz. Je pose la question, de combien de grains de riz qu’il y a pas par brin. D’usage on dit qu’il y en a quatre vingt huit … D’ailleurs explique t il ce nombre, 88 on le retrouve dans l’idéogramme du riz !

Ah! que de choses à apprendre ! que je me dis, il y en a autant de choses à apprendre que j’en ignore …

Un café dans une maison ancienne

Nous sommes allés faire un tour et nous changer un peu les zidées dans région de Sasayama. C’est à mi chemin entre notre village et Kyoto.

Pour découvrir un super coin … Un café ou salon de thé a été installé dans une maison ancienne.

Voici quelques photos.

Suzuki Jimny
toit de chaume redevenant végétal
le nom du café ‘GENTEN’ ou le point d’origine 原点
le chat du voisin a offert ces orchidées pour célébrer l’ouverture du bistrot

Ah ces pointes d’humour !!! c’est ça qui nous sauve !!!

eh oui les câbles électriques toujours un problème avec les maisons japonaises anciennes … pareil chez nous !
je pense à mononoké
shintô et bouddhisme
détail
on va s’installer dans ce coin; sur le engawa. L’espace a été bien arrangé. Ca n’est pas évident comme ça dans une maison ancienne … pas évident du tout.

de la on a vue sur le jardin et il souffle une brise fraiche… C’est bien les engawas … arrangés comme ça c’est l’art de vivre d’autrefois… chez nous on l’utilise pour bouquiner. Ici dire dans cette maison on voit l’état d’origine: il n’y a pas de fenêtre: simplement des cloisons qui la journée se rangent dans un genre de placard et qui donc peuvent être retirés la journée… chez nous des portes coulissantes ont été installées.
pour gouter à ce ko-hi- furo-to… une boule de glace iceberg sur un café glacé. Il y a plusieurs versions disponibles; coca ou encore soda au goût melon… Avec la chaleur un peu moite pourquoi pas !!!
les anciens lieux d’aisance ne sont plus opérationnels mais évoquent avec poésie la vie d’antan
petite grenouille sur le truc pour se désinfecter les paluches à l’entrée …. covid encore et toujours…. petite grenouille à propos es tu vaccinée ???

Comment trouver le café GENTEN ?

Ils sont sur insta https://www.instagram.com/cafe_genten/

Trouvé dans Youtube: la cafétéria d’un lycée

Petite trouvaille hier sur youtube, un reportage sur la cafétéria d’un lycée, à Himeji. Notre fils a failli aller étudier dans ce lycée!

Le sujet, le couple qui tient la cafétéria.

Un couple de 80 ans qui il y a quinze ans ont arrété leur activité de pharmaciens et ont repris la cafétéria du lycée.

On les voit travailler dès six heures du matin, les élèves les plus matinaux (le club de baseball avec les exercices du matin). Et faire des super plats !!

Ca donne vraiment faim et ils ne lésinent pas … pour les plats par exemple des ishiyaki binbinba!! on voit ça rarement dans les lycées…

Une visite inattendue

Hier un petit camion blanc vient s’arrêter devant la maison. Il est 4 heures de l’après midi et nous n’attendons personne.

En descend monsieur Shimizu.

Oh ! il est venu nous voir il y a deux semaines, à l’improviste aussi. Il était venu avec son épouse.

« J’ai entendu parler de vous dans le village et il semble que vous vous intéressiez à notre dialecte local, et je vous apporte quelques documentations à ce sujet ». Nous avait il dit. Comment a t il entendu parler de nous ?? Pour le remercier de sa visite et de ces documents je lui avais offert un exemplaire de ma BD Retour sur terre, en version Japonaise (失われた田舎暮らしを求めて)

Pour cette deuxième visite nous le convions à venir s’asseoir dans le jardin où nous pourrons échanger tranquillement.

Monsieur Shimizu fait très bien pour âge. Il est très alerte, curieux et son esprit est très vif. Il est né nous dit il en 1931, en l’an 6 de l’ère Showa, ce qui lui donne 91 ans.

Il nous montre plusieurs documentations qu’il a éditées sur l’histoire du village et nous raconte des histoires merveilleuses.

  • Une pierre très ancienne sur lesquelles les gens dit on jouaient autrefois.
  • Un rocher énorme qui serait tombé dit on après un tremblement de terre.
  • Et puis ces pierres rondes que j’ai remarquées plusieurs fois en montagne et qui explique t il ont été placées autrefois après une grande bataille au 16è siècle où seraient tombées plusieurs combattants, des samourais! Monsieur Shimizu connait d’ailleurs le nombre exact de ces pierres bien caractéristiques, que l’on peut trouver sur chaque flanc de montagne dans notre vallée.

Ensuite il nous fait parcourir un recueil de notes et d’expressions du patois local. Je note que plusieurs de ces expressions Saki chan mon ami les utilise tout le temps.

Après, il sort de sa sacoche ma BD et nous dit: je l’ai lue trois fois et j’ai quelques questions et remarques. Il a en effet calligraphié ses questions sur un petit bandeau en papier!

Sur la première page, où je dessine à la façon du jeu de l’oie comment je suis allé vivre au Japon, (et comment mon grand père élevait des lapins dans son jardin) il nous raconte comment son père allait chasser des lièvres en montagne. C’était pour permettre aux enfant de prendre des protéine, nous dit-il, c’était peut être pendant ou juste après la guerre …

Il nous dit qu’ils avaient six poules et qu’il chassait les belettes.

Il a beaucoup de remarques comme cela et de souvenirs et tout fait mouche… Ce qui est aussi très amusant c’est qu’il connait de nombreux personnages de la BD; et par exemple la soeur de Saki chan qui y est un personnage principal, a été l’élève à l’école de monsieur Shimizu !

Il a vraiment épluché la BD dans tous les détails et même il nous montre une coquille que nous avons laissée dans le texte japonais, alors que nous avons dû le lire et relire une bonne cinquantaine de fois!

Je suis vraiment très honoré qu’un sacré monsieur comme monsieur Shimizu me lise ainsi trois fois; et très sérieusement.

Il dit son approbation sur la double page où je parle des pauvres cryptomères et nous donne beaucoup de détails sur l’histoire de ces arbres, et puis un autre ancien de la vallée très connu ici; qui avait élu le meilleur élagueur du Japon ! (il est d’ailleurs photographié ici en coupant un arbre, il devait avoir 90 ans aussi…)

Il y a un moment dans la BD où ça diverge vers la fantaisie -les animaux deviennent les personnages principaux- et il dit ah oui ici c’est très drôle !!!

Nous passons un bon moment en compagnie de monsieur Shimizu et il y a une chose que nous retenons: la curiosité intellectuelle, l’amour du savoir et de la connaissance permettent de rester jeune dans la tête.

La prochaine fois que je fais des crêpes j’irai lui en apporter.

Quel plaisir toujours de se faire de nouveaux amis !
Il dit mais alors c’est quoi que tu as mis sur la capsule spatiale ? Ha ? une brouette ?!
Dans la case de ma vie d’employé de bureau à Tokyo il note que lui utilise la souris de l’ordinateur avec la main gauche, et pas la droite comme moi dans le dessin
En référence au fait décrit dans la BD que les femmes et les hommes sont à différentes tables pendant les fêtes, il nous parle de la mixité à l’école; autrefois
Et oui ! Nous nous nous sommes trompé de kanji !

Cette année aussi nous avons récolté du thé

C’est chaque fois un plaisir, que d’aller au fond de la vallée récolter les feuilles des théiers.

J’ai fait déjà des articles sur cette récolte des feuilles de thé et leur préparation, et même une vidéo, sur youtube !

Voici le lien vers la vidéo si vous souhaitez voir les détails de la préparation.

Ces jeunes feuilles sont vraiment appétissantes avec ce beau vert frais qui brille!

Du thé j’en ai bu énormément l’année dernière, et toujours avec beaucoup de plaisir. Il y des arômes très fruités. Je le bois quand je travaille et j’ai remarqué que boire ce thé bancha me met très souvent de bonne humeur.

J’ai même fait des trips avec ce thé: parfois je sens un effet spécial, de légéreté et d’euphorie, lorsque je bois ce thé combiné avec ma pipe (je fume la pipe quand je bosse).

J’ai fait cette expérience; de joie et d’euphorie, plusieurs dizaines de fois.

A mesure que l’on passe les feuilles de thé sur le feu elles changent d’aspect. C’est au moment de cette préparation que le thé devient du thé vert, du thé style anglais ici on dit thé rouge, ou alors du bancha: la variante populaire du thé vert, ici.

Cette préparation prend une journée entière! A midi on se fait un bol de ramen, ici agrémenté de feuilles de laitue et de feuilles de thé.

On fait tout cela avec des amis du village, c’est un grand moment. Une voisine a préparé des financiers, délicieux, au thé matcha et à l’hojicha.

Ce sont des micro événements qui donnent à notre petite vie à la campagne tout son sens…

Préparation des pousses de bambou, en BD

C’est la saison des pousses de bambou.

Un vrai régal. J’en avais parlé dans un article, avec photos il y a plusieurs années.

On va en chercher en montagne mais en général les sangliers sont passés avant nous. La nature les avantage car ils peuvent les sentir alors que les pousses de bambous sont encore dans la terre…

On n’est pas pas les seuls à apprécier ce cadeau de la montagne!

Cette fois ci j’en parle en BD…

Vous pouvez consulter la version originale, en Japonais, ici.

Voyez comment le sanglier fait cuire le riz, comme autrefois, dans un kamado !!

Ah voila mon ami Saki chan …

Me suis pas abstenu!

Aujourd’hui dimanche 24 avril jour du second tour de l’élection présidentielle francuski je ne me suis pas abstenu de faire une grande promenade et d’aller visiter un sanctuaire shintô d’exception.

J’était allé voter pour le premier tour, jusqu’à Kyoto, et c’était en réalité une excuse pour aller voir mon ami F. Quelle promenade nous avons ensuite faite à Kyoto et il m’y a fait découvrir de véritables merveilles! Entres autres un tout petit temple où quatre cerisiers en fleurs emplissaient le ciel ! Une vision du paradis franchement.

(en fait j’aurais pu aller voter cette fois aussi mais je me suis dit plutôt qu’il est plus sage, plus efficace de me focaliser sur ce que je peux contrôler moi-même).

Et aujourd’hui nous allons voir un sanctuaire shintô d’exception …. absolument magnifique. regardez ….

Cette belle pancarte nous accueille dans le village
Y a qq qui a des problèmes avec le rangement …
Eh oui je sais ça fait penser à Elden Ring
Le sanctuaire shintô moto ise naiku
On est quasiment seuls. C’est formidable – on entend beaucoup de grenouilles

Après ce premier sanctuaire un chemin dans la montagne descend sur cinq cent mètres.

Puis une petite rivière. Un autre sanctuaire s’y trouve, à flanc de montagne. L’endroit est superbe. On s’assied sur des rochers et on fait une pause, on ferme les yeux. On en oublie les moustiques.

[Ah oui pendant cette visite il y a deux interventions divines:

alors que nous descendons vers la rivière il y a cinq petits oiseaux au plumage orange et rouge qui se mettent à tourbillonner au dessus de nos têtes deux longues minutes

et au retour nous descendons un escalier de pierre assez abrupt, une énorme femme qui fait bien 200 kg il y en a très peu au Japon pas comme aux US, belle comme un Dieu, essaie de grimper cet escalier qui mène au sanctuaire au prix d’un effort considérable et très visible…. Son effort est remarquable, se hisser sur chacune des marches et atteindre le sanctuaire, c’est son salut… Quand je la vois je me dis, ah elle est ma propre image, moi qui lutte ou m’embourbe dans mon propre moi et mon problème de surpoids… elle est ma propre image projetée… je la salue et l’encourage « le plus dur a été fait » « tu as fait les trois quarts de la distance » …..

tout cela a un sens c’est certain]

Après quelques heures de magie et de rêve -on était presque dans les gros bras velus de Totoro-, nous reprenons la voiture …. sommes allés goûter à des nouilles de sarrasin.

Dans un ptit resto au bout d’un ptite vallée; dans une ptite maison … un peu cracra ou disons un peu border line… bon ils pourraient faire le ménage quand même!! Mais l’ambiance familiale, la grande mère qui fait les nouilles de sarrasin avec sa fille et sa ptite fille et puis surtout, l’assiette des sansai, des feuilles, des bourgeons, des pousses, récoltées dans la montagne juste derrière et arrangées en une très légère tempura, voilà: un vrai régal.

C’est une façon de s’imprégner de la puissance de la végétation qui se réveille ! Des pousses de tara … des feuilles (que je ne reconnais pas) des champipi et des pousses de fougère…

Dans cette escapade c’est notre ami GPS qui nous a guidé et j’ai pas trop regardé la carte en détail mais partout dans le village, il y a des références aux petits démons.

Même sur les couvercles des vannes d’eau, avec un ptit démon ”酒呑童子” apparement il sévissait dans la région … il y a mille ans!

Une maison Japonaise traditionnelle

C’est dans un bled pas trop loin d’ici que j’ai fait la découverte de cette très belle maison, le mois dernier. Tout a été dépoussiéré et transformé en un éco musée.

J’admire la simplicité des volumes et la pureté des lignes. tout cela a été fait de bois, de terre et de paille.

Si on regarde bien on se rend compte qu’il s’agit de beaucoup de terre et de paille, et d’un peu de bois. Les proportions sont peut être similaires à celles de nos très anciennes maisons en Europe, faites à colombages.

Quelle économie de moyens ! Quelle intelligence !!

Et j’ai un peu de mal d’ailleurs à me dire que la maison où nous habitons était autrefois, comme celle dans les photos. La cuisine et les sanitaires sont différents. Et puis une autre grosse différence c’est que chez nous tout est plein de meubles -il n’y a pas ces grands espaces vides- et puis nous avons aussi un poêle à bois nord américain.

Une autres grosse différence aussi c’est que la toiture de notre maison a été changée après la guerre. La toiture originelle était de paille, en kaya, comme dans cette maison photographiée ici, mais elle a été refaite après la guerre, avec un toit de tuiles. Le toit de tuiles nécessite moins d’inclinaison et a permis alors l’installation d’un demi premier étage pour stocker de la paille pour la vache.

Au fait je suis très ‘fier’ je l’avoue de pouvoir vivre dans une maison japonaise de 200 ans. Quelque chose que je n’aurais jamais imaginé.

Je pourrais et devrait écrire un article là dessus et le faire en bande dessinée. « Vivre dans une maison japonaise traditionnelle« . Bien sûr il n’y a pas que des avantages côté pratique. Mais, le côté pratique n’est il pas juste … inintéressant ? C’est le pratique qui rend la modernité assez moche et finalement pas pratique.

Mais retournons à nos chèvres:

Point de vue structure l’agencement c’est toujours identique … ici une pièce à droite pour y mettre une vache ou un cheval, la cuisine et sur la gauche quatre grandes pièces à tatami. (ici deux de ces pièces ont un plancher en bois).

Voici les photos!

Noter la forte inclinaison du toit

Entrée de la maison. La partie à droite est sur le sol. Comme l’est la « cuisine ». La partie à gauche est surélevée pour un plus grand confort.

Côté toiture aussi, grande économie de moyens

Dextérité du charpentier qui maîtrise les courbes et les utilise à bon escient.

Vue sur deux des quatre pièces d’habitation. Des cloisons mobiles en général les séparent à volonté, ici elles ont été retirées.

Très beau irori portable où l’on faisait chauffer de l’eau, pour le thé.

Je suspecte qu’autrefois on gardait ici une vache ou un cheval pour les travaux des champs … le plancher aurait alors été ajouté.

On note la simplicité des objets et des outils.

ici un magnifique okudo; foyer où l’on faisait la tambouille; Il y en avait un comme ça chez nous, mais de facture plus récente, fait avec des briques, et beaucoup plus petit.

Ici il a été refait à neuf.

magnifique ça !!