Catégorie: journal
Road Kill
Road Kill, c’est les animaux tués sur la route.
Hier ma femme m’informe qu’un petit animal a été tué sur la route, devant le bureau de poste du village.
Je vais voir. C’est une belette. Ou Itachi.

Il y a deux ans un blaireau était mort sur la route devant notre maison. On avait vu l’employé municipal venir le ramasser et le mettre dans un sac plastique … mmm direction l’incinérateur …
Ayons considération et respect pour les animaux sauvages qui daignent vivre autour de nous.
Je ramasse la belette.

Je l’emmène dans notre montagne. J’y fais un trou. La terre est vraiment belle et c’est un plaisir que de la creuser.
Voilà, petite belette, tu peux reposer ici en paix.

En même temps je sens que la terre de la montagne a faim et qu’ainsi je la nourris.

Vocabulaire: itachi イタチ 鼬 belette
11 mars 2011 … 5 ans déjà
Nous pensons avec émotion et tristesse à toutes les vies perdues et bouleversées par le tremblement de terre, le tsunami et la catastrophe nucléaire qui ont frappé le Japon le 11 mars 2011 et les jours qui ont suivi. C’était il y a cinq ans. Beaucoup de malheur et de destruction qui ont frappé le Japon et son peuple.
Je vais raconter comment nous avons vécu ces événements. A l’époque nous étions à Tokyo.
J’étais au bureau; vingt deuxième étage d’un gros building quand tout s’est mis à trembler. Ma femme était à la maison avec le fils.
Le bureau s’est mis à bouger. Au début les collègues avaient un sourire amusé, jusqu’au moment où on a compris que ce serait pas comme d’habitude, car les secousses n’arrêtaient pas et étaient plus violentes à chaque coup. Alors tout le monde s’est planqué sous son bureau. Le building où nous étions, un truc super classe construit en isolation sismique, faisait des bruits de craquements, et, au 22è étage ça tanguait fort. Les tiroirs des bureaux s’ouvraient et se refermaient comme animés par un poltergeist. Par la fenêtre on voyait l’autre building en face qui tanguait lui aussi comme une énorme barque et on voyait les deux gratte ciels se rapprocher dangereusement.
Tout a bien tenu, incroyable! Plusieurs heures plus tard la TV nous informait du tsunami qui ravageait la région au nord. Je n’ai pas du tout saisi l’ampleur du désastre sur le moment je dois l’avouer. Ma méconnaissance de la géographie. Les trains étaient arrêtés et il y avait des dizaines de milliers de personnes dans la rue qui rentraient chez elles, à pied. Je suis resté au bureau jusqu’à minuit afin d’éviter prudemment la foule et les mouvements de panique en cas de nouvelles secousses, et suis arrivé à la maison vers deux heures du matin.
C’est le lendemain matin que l’on a commencé à entendre parler des centrales nucléaires. L’explosion du premier réacteur devant les caméras des TV, le 12 mars. Tout d’un coup revenaient dans ma tête les images de Tchernobyl. Donc, quoi, Tokyo était tout d’un coup devenue Kiev ? Le 13 au soir le premier ministre japonais affirmait à la TV qu’il fallait construire un nouveau Japon; autrement dit la situation était incontrôlable.
Cinq ans ont passé et on peut affirmer que cela aurait pu être bien pire. Tokyo et le reste du Japon ont eu de la chance; d’autres trucs auraient pu péter, comme les piscines de combustible etc… Le Japon a su aussi garder sa cohésion sociale. Le prix à payer, humain, sanitaire, économique, est cependant considérable. Et ça n’est pas fini, car qu’en est il de la santé de ceux qui vivent dans les régions contaminées ?
Une catastrophe nucléaire se passeraient en France, les gens feraient la chasse aux agents EDF en représailles, j’en suis certain …. Ce serait un sacré bordel.
Enfin, sur toute cette histoire nucléaire j’ai écrit une bande dessinée …
Nous sommes restés à Tokyo jusqu’à ce que nous ayons l’idée de faire examiner un échantillon de la terre de notre jardin à Tokyo et un échantillon de la terre du jardin de mes parents en région parisienne. Je voulais comparer la quantité de merde radioactive qui était tombée dans notre quartier à Tokyo avec un lieu familier et pour moi synonyme de sécurité. … Combien de merde radioactive vivions nous donc avec …
Le résultat indiquait pour l’échantillon de Tokyo une densité de césium vingt fois supérieure à celle de Paris. Je pense que si le rapport avait été seulement de cinq ou huit nous serions restés … Mais vingt c’était bien au dessus du seuil (psychologique) que nous nous étions fixé.
Ca n’est pas très scientifique me direz vous mais sur la question nucléaire les avis sont tellement partagés et les informations tellement contradictoires.
Cela nous a donc décidés à aller voir ailleurs. Par contre nous ne voulions pas fuir pour fuir, mais partir pour construire quelque chose de nouveau. Aussi nous considérions que le risque s’imposait à long terme et pas forcement dans l’immédiat. Mon job étant dématérialisé, je pouvais le faire de n’importe où. Aller vivre à la campagne s’imposait. De fil en aiguille nous avons trouvé notre nouvelle maison.
Des signes magiques de l’arrivée du printemps ?
Couper des cryptomères
La partie supérieure de notre montagne est recouverte de cryptomères.
Il faudrait couper régulièrement, tous les dix ans, les arbres en mauvaise condition pour laisser aux meilleurs assez d’espace et de lumière pour pouvoir se développer plus encore. On peut dire ‘élever une foret‘. Dans notre montagne on voit, au nombre de souches dans le sol, que le ménage a été fait à un moment autrefois. Puis ça s’est arrêté. Résultat, les arbres ont grandi considérablement mais se gênent mutuellement. Le feuillage de certains est tout a fait déséquilibré.
D’autres avec la neige et les tempêtes se sont tordus et sont devenus des dangers publics!
Bref, nous devons prendre les choses en main. En décembre nous avions identifié les arbres en mauvais état et dressé la liste des arbres à abattre.
Et ce weekend nous sommes passés a l’action.
Avec notre ami S. aux manœuvres.
S. est charpentier de métier.
Pour construire les maisons de ses clients il part lui-même en forêt couper les cryptomères qui deviendront poutres et piliers. Dans toute cette affaire j’observe et j’apprécie le temps que nous passons ensemble tous les deux. C’est vraiment chouette. A l’occasion j’aide pour transporter les outils ou tirer des câbles.
J’avais aussi une petite caméra pour immortaliser cette belle journée et la partager sur youtube.
Scarry ! ! et les crapauds de la forêt
Vous connaissez sans doute les formidables petits camions blancs japonais que l’on appelle ici keitora ou kei truck soit ‘camion léger’. On les trouve partout dans les campagnes japonaises. Il y a plusieurs fabricants; Daihatsu, Subaru, Mitsubishi, Honda et Suzuki.
Le modèle de Suzuki s’appelle Carry soit ‘transporter’. Pas mauvaise idée certainement mais les génies du département marketting à Suzuki ont fait mettre le S du logo de Suzuki juste devant le nom du modèle ….
Ce qui donne Scarry. Marrant non ? Ou bien scarry ? ?
Personne à Suzuki n’y a pensé ?
Si le marketing de Suzuki me fait un peu marrer tout seul dans mon coin, les crapauds de la forêt m’inspirent le plus grand respect. Car pendant ce temps là dans les flaques d’eau de la forêt, les crapauds font leur business. C’est la saison. Regardez cette quantité presque infinie de petits oeufs de crapauds ! Respect ! C’est la puissance de la nature …
Expo Photo … dans le journal !
Oh j’avais oublié de mettre dans l’article d’hier la photo du journaliste du journal de Kobé en train de photographier Kristophe …. voila le photographe photographié, ….
L’article est donc passé dans le journal de Kobé.
Expo Photo de Kristophe Noel dans le village: c’est parti!
Kristophe est passé au village aujourd’hui pour l’exposition de ses portraits de villageois. Sept portraits sont exposés.
Voici quelques clichés des préparatifs.
Un journaliste du journal de Kobé est passé se renseigner sur le projet et l’expo. Je pense que l’article passera dans la version distribuée dans la région harima ouest (113,000 exemplaires). A suivre !
Retourner au village
Après une semaine de boulot a Tokyo, je suis de retour au village.
Ce court séjour à Tokyo m’a rappelé les joies de la ville. Par exemple pouvoir marcher la nuit au hasard dans les rues, observer, explorer. Ou aller prendre un verre avec un collègue après une journée de travail.
Cette semaine à Tokyo m’a presque donné la gueule de bois.
Je suis de retour au village. Aujourd’hui après six heures de réunions téléphoniques, de six heures du matin à midi, je pars faire un tour à pied jusqu’au fond de la vallée. J’ai besoin de marcher, de me ressourcer et de me resynchroniser avec la vie du village.
C’est une belle marche d’une heure à peu près, et il est si bon de gambader ainsi entouré des montagnes, avec la route qui serpente le long de la rivière qui serpente.
Je continue jusque dans la forêt.
Et la dernière maison qui tombe en ruine. Le Titanic.
En levant la tète on peut admirer le ciel. La, je suis de nouveau connecté à l’univers et au cosmos, me dis-je. Il y a une connexion entre le ciel et la terre que l’on peut sentir.
A cet instant je remarque quelque chose au fond de la rivière. Un bout de bois qui n’en est pas un.
C’est le bois d’un chevreuil. C’est la première fois cette année que je trouve le bois d’un chevreuil. L’année dernière j’en avais trouvé trois fois, dont une fois avec un crâne entier.
Intéressant, n’est-ce-pas, que je fasse cette découverte peu après avoir senti cette connexion avec le cosmos….. oh yeah ! ! !
Par chance encore je porte des bottes et je descends dans la rivière saisir ce précieux présent de Dame Nature.
Expo Photo: Nouvelles affiches
Voici les affiches mises a jour, pour l’expo photo de Kristophe Noel dans le village.



Expo photo de Kristophe Noël dans le village !!!
Kristophe Noël, on a fait connaissance grâce à ce blog.
Kristophe dans le cadre de son projet photographique est venu nous voir deux fois l’année dérnière. (voir les articles un et deux). Nous sommes ainsi allés à la rencontre des villageois sympathiques et Kristophe a travaillé à son projet intitulé demande à la terre.
Ce projet a de bonnes vibrations, et ces vibrations vont très bien avec notre façon de vivre et de voir les choses, ici, à la campagne au Japon.
Et aussi c’etait l’opportunité de passer plusieurs heures avec des gens formidables du village; pour moi en fait Kristophe et son projet étaient la clef sésame qui me permettait de me faire introduire auprès de personnes que je ne connaissais pas encore. Particulièrement les légendes vivantes, ces gens mystérieux dont on entend parler ici dans la vallée mais qu’on ne voit jamais ….
Le marchand ambulant, les agriculteurs, le planteur de thé, les forestiers, les fabricants de saké, le faiseur d’épouvantails ….
Cette fois ci nous arrivons à un grande étape: Kristophe lors de son prochain passage au village en Février va faire une exposition !
L’exposition se tiendra dans un café, café do Raku. Situé dans le village, on y mange une cuisine saine et délicate.
Donc si vous passez dans les environs, venez voir!
Ci-dessous l’affiche de l’expo.



















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